Accord du participe passé
4223 réponses · Page 173 / 212
Bonsoir,
"Entre les deux années, la forme de la pyramide a-t-elle changé ?"
Pourquoi n'écrit-on pas "changée" ici ? Puisque le COD est "la forme de la pyramide", que c'est féminin et qu'il est avant l'auxiliaire avoir ?
Merci de votre retour,
Bonne soirée !
PS : j'ai tendance à être un peu insistant avec mes questions mais tant que je n'aurai pas compris cette règle de manière définitive je me permettrai de continuer à en poser.
Bonsoir.
Il n'y a pas de COD ici.
Et "la forme de la pyramide" n'est pas COD, mais sujet de "a changé".
C'est la forme qui a changé, c'est la forme qui a évolué…
Avec l'auxiliaire avoir, on n'accorde jamais le participe avec le sujet.
Merci Jehan !
Bonsoir,
J'aurais une question sur les compléments circonstanciels de mesure.
Je suis tombé sur deux phrases vraisemblablement justes :
"Ces vingt mille dollars que ce projet de rénovation vous a coûté"
Et
"Le coût du repas s'élève au six cents dollars que nous avions calculés durant la soirée"
Dans les deux cas nous pouvons dire "combien", mais alors pourquoi l'un s'accorde et l'autre non?
Merci !
C'est sûr que ces deux phrases sont justes, vu que tu les as relevées sur le site de dépannage linguistique dont je t'avais déjà donné le lien.
Le verbe
calculer est transitif direct.
On ne pose pas la question "combien ?".
L’expression de grandeurs ou de mesures peut même être complément direct de verbes comme ajouter, calculer, couper, enlever, passer, prendre et supprimer. L’accord du participe passé se fait donc avec le complément s’il est placé avant.
https://vitrinelinguistique.oqlf.gouv.qc.ca//bdl/gabarit_bdl.asp?id=1856
Tout cela montre combien ces règles sont artificielles en l'occurrence, ainsi que les "trucs" trouvés pour les appliquer.
Je pense qu'on pose bien, en pratique, aussi a question "combien" après "calculer" comme après "ajouter" ou les autres cités.
-Tu as calculé combien par personne pour ce repas ; les 25 € que j'ai calculés devraient suffire.
-Tu as ajouté combien de zéros sur ton chèque ? Deux zéros ? Les deux zéros que tu as ajoutés multiplient le nombre par cent.
Tu as raison, c'est vrai que la question "combien" peut être piégeuse.
Autre approche pour expliquer à Gresson…
La différence, c'est que le verbe calculer ne signifie pas "avoir telle ou telle valeur" comme coûter. Avec calculer, on a l'action de déterminer une valeur, et le sujet du verbe est une personne dont l'action s'applique à un objet, d'où le COD. Avec coûter, le sujet est une chose nantie de telle ou telle valeur. Le projet de rénovation n'exerce aucune action sur sa propre valeur. La valeur mentionnée n'est donc pas un COD
Excellente explication de Jehan ! Merci.
De plus, la question à poser ici après calculer n'est pas vraiment calculer combien tout court… mais calculer combien ça coûte.
Tandis qu'après coûter, la question combien suffit.
Ne pas employer la question combien ? pour reconnaître un complément adverbial essentiel (C.A.E.) de prix notamment. Elle peut être piégeuse, comme l'écrit Jehan. (Comme la question quoi ? pour le C.O.D., d'ailleurs).
Verbes couter, marcher, mesurer, peser, régner, reposer, valoir, etc. Accord du part. passé. Différences entres les C.A.E. et les C.O.D. :
- Les premiers n'admettent pas la passivation : Félix pèse 120 kg ==> °Les 120 kg sont pesés par Félix ;
- ils commutent avec les adj. utilisés adverbialement : Ce cadeau de Noël coûte 2 000 € ==> Ce cadeau de Noël coûte cher ;
- en principe, quand il y a un C.O.D., ces verbes sont employés dans un sens figuré. Les efforts que ce travail m'a coutés (Ac. française). Ici, coûter signifie "causer, occasionner". Alors que ce n'est pas le cas dans Les trois mille francs [sic] que ce meuble m'a couté.
On a aussi un tel complément lorsque valoir = "procurer"* ; peser = "constater le poids, examiner" ; courir = "s'exposer à, parcourir"… Etc.
* La gloire que cette action lui a value (Ac. fr.).
- bien sûr, les C.A.E. n'exercent aucune influence sur l'accord du part. passé employé avec avoir.
Merci pour cette explication très complète Jehan !
J'aurais une autre question,
J'en avais posé une récemment quant au participe passé "laissé". En allant sur les liens donnés j'ai pu comprendre qu'il fallait accorder le pp si le sujet faisait l'action du verbe à l'infinitif mais que s'il était l'objet de cette action : pas d'accord.
Mais pouvez-vous me confirmer que le seul verbe exempt de cette règle est "faire"?
Et que dans la phrase "Tu l'as fait rire" (l' =féminin) bien que ce soit "l'" qui fait l'action de rire on n'accorde pas?
Je confirme.
Bonjour :
On écrit bien :
"L’homme à tout faire s’occuperait de remplir les grands cartons quand la société en aurait récupéré d'autres"
et non
"L’homme à tout faire s’occuperait de remplir les grands cartons quand la société en aurait récupérés d'autres."
Il me semble que l'orthographe qui convient est celle de la première phrase car on accorde jamais le pp lorsque le cod est pronominalisé par "en".
Mais le COD ici est "d'autres" placé derrière le participe passé. La question de l'accord ne se pose donc pas.
Mais est-ce que le "en" n'est pas aussi le COD ?
S'il n'est pas cod, qu'est-il ?
Je pense que nous avons des fils sur l'accord du p.p. précédé de "en" et sur la fonction de "en". Probablement aussi sur la question : un verbe français peut-il avoir deux COD (autres que coordonnés) ?
On pourrait effectivement considérer que le COD est globalement en…d'autres, puisque récupérer d'autres sans en ne se dit pas.
Mais il faut bien voir que le en , renvoyant aux cartons, n'est ici que pour préciser de quels autres il s'agit (d'autres parmi ces cartons). Il complète d'autres, mais n'est pas vraiment COD. Le véritable COD, c'est bien d'autres, même s'il ne peut se passer du en.
Le "en" n'a-t-il donc aucune fonction ? Je sais que ça arrive pour certains mots, comme le "se" de certains verbes pronominaux, le "que" lorsqu'il est conjonction je crois…
J'ai dit que le en, ici complétaitd'autres.
C'est donc un complément de ce pronom indéfini.
Cela dit, il est vrai que dans certaines locutions verbales figées (en vouloir à quelqu'un, par exemple) il est assez vain de chercher une fonction bien définie à ce pronom adverbial. Mais ce n'est pas le même cas ici.