Accord du participe passé
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Par exemple :
"Permettez-moi de vous adresser ces mots car, quoiqu'en ayant pas mal dit de mal de ce projet, je pense finalement qu'il est génial".
Ce "en" est-il complément ou annonce-t-il un gérondif ?
Le texte est : "quoiqu'en ayant pas mal dit", pas : "quoiqu'en en ayant pas mal dit".
Ou bien j'ai loupé un truc…
Oui, c'est vrai…
Mais comme je le disais, cela ne change rien à l'option "non accord".
Même si c'est pour une autre raison.
Bonsoir Jehan,
Oui, je suis d'accord avec vous.
C'est juste que si on est dans le genre de cas que j'ai imaginé, il n'y a même pas à se poser la question de l'accord 😉
"Les valeurs qu'elle avait faites siennes".
Cette phrase est-elle correctement orthographiée ?
Merci,
HB
Oui, c'est bon.
Le non accord est aussi possible si vous prenez le parti de ceux qui n'accordent pas le participe passé quand il est suivi d'un attribut du COD.
Je me demande ce qui justifie cette dernière règle. 🙄
En gros, le non-accord dans ce cas est justifié par Wilmet à peu près ainsi.
Les valeurs qu'elle a fait siennes.
Les valeurs, elle ne les fait pas, elle ne les crée pas. Le sens est différent.
Les valeurs, elle les adopte, elle les "fait siennes".
L'attribut du COD "sienne" est inséparable sémantiquement du COD.
Une partie de ce bloc inséparable pour le sens (COD + attribut) étant placée après le participe, on n'accorde pas.
Autre exemple :
Marie, nous l'avons cru morte.
Ici, ce n'est pas Marie qui est crue. C'est sémantiquement différent d'un simple Marie, nous l'avons crue (= Nous avons ajouté foi à ses propos). Nous avons cru "qu'elle était morte".
Merci pour cet éclaircissement! Où l'on voit qu'il est impossible d'être systématique avec la place du COD… même s'il n'y a rien à redire à la logique du raisonnement.
perluète tu chipotes. 😜
@lamaneur & @Anne345 : Merci beaucoup !
Jehan a écrit :Marie, nous l'avons cru morte.
Ici, ce n'est pas Marie qui est crue. C'est sémantiquement différent d'un simple Marie, nous l'avons crue (= Nous avons ajouté foi à ses propos). Nous avons cru "qu'elle était morte".
Et Marie,
nous l'avons vu(e) morte ?
On la voit bien, mais morte.
La règle de Wilmet a-t-elle des exceptions ?
Ce n'est pas vraiment une "règle" absolue pour Wilmet.
Il ne fait que constater la variabilité de l'usage pour ce genre de "support binaire hétérogène" et ce qu'il propose, dit-il, n'est qu'un "compromis des sages".
L'on pourrait laisser invariable quand la deuxième partie du support est requise par le sens (Nous l'avons cru morte) , variable dans les autres cas. Tout en reconnaissant que cette suggestion ne balaie pas toutes les incertitudes. Il conseille même, en cas de doute, d'accorder.
Cela dit, il estime dommage de perdre la nuance possible entre, d'une part :
Ma fille, vous me l'avez rendue.
Vous me l'avez rendue malade. (Vous me l'avez restituée dans cet état.)
et d'autre part :
Ma fille, vous me l'avez rendu malade. (Vous avez causé sa maladie)
Dans le cas de ta phrase, je serais tenté d'accorder.
Marie, nous l'avons vue.
Marie, nous l'avons vue morte. (Nous l'avons vue dans cet état.)
Le sens même du verbe "voir" n'est pas modifié par l'adjonction de l'attribut.
Cela dit, il estime dommage de perdre la nuance possible entre :
Ma fille, vous me l'avez rendue.
Et vous me l'avez rendue malade. (Vous me l'avez restituée dans cet état.)
et
Ma fille, vous me l'avez rendu malade. (Vous avez causé sa maladie)
Oui, c'est assez anecdotique, comme la nuance entre
La Marseillaise que j'ai entendue chanter (une femme marseillaise a chanté).
La Marseillaise que j'ai entendu chanter (on a chanté la Marseillaise).
Il me semblait pourtant que dans ce cas-là, Wilmet est plutôt partisan du non-accord. Je me trompe peut-être.
Oui. Dans ce cas-là, il préfère l'invariabilité, du fait de l'invariabilité de l'infinitif dans le support binaire.
Ce que j'ai entendu, dans les deux cas, ce n'est spécialement ni la chanson ni la chanteuse ni les chanteurs, c'est "chanter la Marseillaise".
Mais on perd une nuance ! Pas très utile, peut-être, mais quand même ! Si l'on admet que ce n'est pas bien dramatique, alors autant prôner l'invariabilité dans les deux constructions.
Par ailleurs, l'usage a été longtemps de faire la distinction dans ce dernier cas, alors qu'il était de ne pas la faire dans l'autre construction. Je ne sais pas si c'est bien la peine de changer !
C'est vrai.
On perd la même nuance qu'avec "faire + infinitif" ou "laisser + infinitif"…
Dont l'invariabilité des participes est maintenant admise.
Rappelons que dans tout cela, pas plus que dans le cas précédent du genre Je l'ai cru(e) malade, il n'a été édicté d'obligation…
Alors, on fait comme on préfère.
Et en se disant qu'en général, les ambiguïtés censées être clarifiées par les seuls accords sont suffisamment clarifiées par le contexte.
Bonsoir à tous,
J'ai cru comprendre au travers de quelques-unes de mes lectures récentes que certains participes passés étaient invariables. Il semble que ce soit le cas par exemple du verbe "dormir". Ne peut-on pas dire que les deux heures ont été dormies d'un sommeil de plomb ? Bon, à vrai dire, je trouve ça peu élégant mais je me demandais s'il y avait une règle de grammaire nette pour reconnaître un verbe dont le participe passé est invariable des autres verbes, sachant que ce n'est pas non plus hyper courant j'imagine. "Nagé" serait-il invariable également ? : Les deux-cents mètres ont été nagés à la brasse… Je ne fais pas une grande différence à vrai dire 😞
J'ai pensé que vous sauriez m'éclairer.
Bien à vous.
On ne peut pas dire "Les deux heures ont été dormies"
Dans "On a dormideux heures", c'est un complément de durée, et non un COD.
Ce n'est donc pas transposable à la voix passive.
En revanche, au sens particulier de "parcourir (une distance) à la nage", le verbe nager admet un complément d'objet. Il est donc utilisable à la voix passive, et dans ce cas le participe s'accorde.
On a nagé les deux cents mètres > Les deux cents mètres ont été nagés…
Tous les verbes intransitifs, c'est-à-dire tous les verbes n'ayant jamais de COD, ont leur participe passé invariable, sauf évidemment les quelques verbes intransitifs conjugués avec l'auxiliaire être (venir, par exemple).