Jehan a écrit :Je trouve que Roméo est trop tolérant ! 😜J'étais certain que tu allais répondre cela ! C'est mal comprendre la portée des dispositions rappelées de l'arrêté du 28 décembre 1976.
Dans le cas présent, le verbe étant complété par un pronom manifestement COD (les = les histoires), l'emploi transitif de "avoir vécu" ne fait absolument aucun doute. Ici, la distinction entre emploi transitif et emploi intransitif n'est nullement difficile à effectuer. Alors que dans d'autres cas on peut effectivement hésiter, dans le cas de vivre des histoires, on voit bien qu'il ne peut pas s'agir d'un complément de durée.
Ces dispositions ne prescrivent pas de commencer par chercher si la distinction entre emploi transitif et emploi intransitif est difficile à effectuer, puis, si et seulement si elle l'est , d'accorder ou non, au choix, le participe passé. Elles prévoient qu'on a d'emblée le choix "dans tous les cas" (= que cette distinction soit difficile ou non à opérer = les élèves n'ont pas à se poser la question).
Cela dit, puisque le choix est offert (pour les examens et concours relevant du ministère de l'éducation), on peut très bien privilégier l'accord dans le cas soumis (pour les raisons que tu invoques). Mais, encore une fois, ce n'est pas obligatoire ! 😜 🙂
Hippo a écrit :
Eh bien ça ne me saute pas aux yeux, on ne pourrait pas dire le contraire ou laisser ça à l'appréciation du scripteur ?Eh oui, pour certains, c'est loin d'être évident ! C'est pourquoi l'arrêté précité a prévu que, dans son champ d'application, on peut faire ou non l'accord du p. p. "dans tous les cas".
Cela peut ne pas plaire, mais il en est ainsi ! 🙂
Passages pertinents de ce ce texte normatif :
Il ne sera pas compté de fautes aux candidats dans les cas ci-dessous.(Les deux dernières phrases sont encadrées ; je les ai graissées.)
12. Participe passé des verbes tels que : coûter, valoir, courir, vivre, etc., lorsque ce participe passé est placé après un complément :
Je ne parle pas des sommes que ces travaux m'ont coûté (coûtées).
J'oublierai vite les peines que ce travail m'a coûtées (couté).
L'usage admet que ces verbes normalement intransitifs (sans accord du participe passé) puissent s'employer transitivement (avec accord) dans certains cas.
On admettra l'un et l'autre emploi dans tous les cas.
Le "Riegel" (déjà cité dans mon message précédent) a bien vu la portée de ces dispositions, qui écrit (à propos notamment du p. p. de vivre:
Les deux types d'emplois [celui dit "transitif" et celui dit "intransitif"] étant difficiles à distinguer, l'arrêté du 28-12-76 autorise l'accord dans les deux cas.