Il est sorti, et il a pris la saucée du siècle. === Clair
Il est sorti, et la saucée du siècle, il a pris. === Ce n'est vraiment pas joli.
??? Il est sorti, et la saucée du siècle, il a prise. === Pas joli non plus, et ça sonne fautif.
Il est sorti, et la saucée du siècle, il l’a prise. === Parfait.
ricardo a écrit :Il est sorti, et la saucée du siècle, il a pris. === Ce n'est vraiment pas joli.
??? Il est sorti, et la saucée du siècle, il a prise. === Pas joli non plus, et ça sonne fautif.
Ben oui, ça sonne pas joli, parce qu’on est en présence d’une structure relativement atypique, puisqu’en principe un COD ne peut pas être détaché de son verbe sans être repris par un pronom.
et ça sonne fautif
Donc finalement quand la marque féminine du participe passé est audible, tu n’es plus / tu es moins d’accord pour appliquer la règle simple ?
(cf. ton commentaire 2662)
Bon, c’est clairement un cas épineux, voici ce que j’ai trouvé :
https://books.google.fr/books?id=_v8CHB7yvW0C&pg=PA405&dq=%22ce+livre,+j%27ai+lu%22&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwjhooaAwrHUAhWBWxoKHWQfCzgQ6AEIKDAB#v=onepage&q&f=false
Ce qui est terrrriblement frustrant dans l’histoire, c’est que l’article n’est accessible en gros que pour moitié, difficile de tout à fait bien saisir le raisonnement de l’auteur dans ces conditions ! 😞
Je crois qu'il faut distinguer des situations où le nom antéposé est vraiment un COD, notamment en poésie (Tendre amie, combien votre tarte j'ai aimée, légère et fruitée), des cas où ça n'en est pas un, comme dans les exemples donnés dans ce bouquin (La tarte, j'ai aimé).
Mais bon, en pratique, tout cela reste bien tordu et ne nécessite pas qu'on légifère !
A noter qu'en l'absence de reprise par un pronom, des grammairiens aussi éminents que Gravisse et Goosse ne donnent que des ex. avec l'accord : Bien des malheurs, il avait eus. Ma chemise j'aurais donnée pour en [des surprises-parties] en être.
En fait, il s'agit surtout un problème théorique, car on ne peut que déconseiller, en principe, de rédiger ce type de phrases (avec ou sans reprise par un pronom personnel ou démonstratif), dont d'ailleurs le B.U. (version électronique, 2017, § 301) indique qu'elles restent, "en général, d'une langue assez relâchée".
Passe pour Ma chemise j'aurais donnée…
Mais la virgule de Bien des malheurs, il avait eus me fait un peu tiquer.
Mais la virgule de Bien des malheurs, il avait eus me fait un peu tiquer.
Idem pour moi, mais ptet qu'il s'agit d'une phrase tronquée ne servant qu'à l'exemple, non ?
Bien des malheurs, il avait eus.
Dans ce genre d'interrogation, et je reviens sur mon affirmation précédente, comme Kat me l'a fait remarquer, on doit rédiger comme on le ressent.
Que la phrase soit tronquée ou pas, je ne vois pas bien ce qui peut justifier cette virgule…
ricardo a écrit :Mais la virgule de Bien des malheurs, il avait eus me fait un peu tiquer.
Idem pour moi, mais ptet qu'il s'agit d'une phrase tronquée ne servant qu'à l'exemple, non ?
Bien des malheurs, il avait eus.
Dans ce genre d'interrogation, et je reviens sur mon affirmation précédente, comme Kat me l'a fait remarquer, on doit rédiger comme on le ressent.
A. Bien des malheurs, il avait eus.
1. La phrase originale comporte bien une virgule, et il ne s'agit pas d'une phrase tronquée. Cf. Marguerite Duras,
La vie tranquille, Gallimard, 224 p.
La virgule ne s'impose aucunement. Toutefois, n'oublions pas que nous sommes en présence d'un
phénomène emphatique (dislocation en tête de phrase ou, plus exactement, détachement à gauche),
dont l'auteure a pu vouloir accroître l'effet d'insistance ou de mise en relief en créant une pause au moyen d'une virgule.
2.
Le Bon usage 2017 considère que l'élément détaché en prolepse et non repris par un pronom est un
c.o.d. : cf. § 301, titre, et d) 1° :
d) Quand on place le complément d’objet en tête de la phrase (ou de la proposition), ou du moins devant le sujet, pour mettre ce complément en relief ou pour établir une liaison avec ce qui précède,
1° Le complément d’objet direct est généralement repris par un pronom personnel placé devant le verbe :
[…]
Parfois, moins rarement que ne le disent certains grammairiens, des auteurs se dispensent de reprendre par un pronom l’objet direct placé en tête, et cela ne se produit pas seulement quand ils veulent imiter la langue parlée (où cette façon de faire est fréquente). Cela reste pourtant, en général, d’une langue assez relâchée. H4
Un joli attrapage vous allez voir ! (Zola, Nana, i .) — Écrire un traité , il n’osait. Construire un drame , il ne savait (Louÿs, Aphrodite, II, 2). — Une seule chose il voyait : la divine bonté de son sourire compatissant (R. Rolland, Jean-Chr., L. P., t. III, p. 148). |…] Bien des malheurs , il avait eus (Duras, Vie tranquille, F°, p. 150). […] Ma chemise j’aurais donnée pour en être (M. Cerf, Les rois et les voleurs, p. 168).
L'honnêteté commande toutefois de dire que tous des auteurs ne partagent pas la position de grevisse et de Gosse (sur la fonction grammaticale du composant détaché). Surtout, d'autres évitent de se prononcer.
3. De quelle interrogation parles-tu, Ricardo ?
B. Ma chemise j'aurais donnée pour en [des surprises-parties] être.
1. Il n'y a pas de virgule : cf.
Les rois et les voleurs, Mercure de france, 1975, p. 168.
https://books.google.fr/books?redir_esc=y&hl=fr&id=HorxAAAAMAAJ&focus=searchwithinvolume&q=ma+chemise+j%27aurais+donn%C3%A9e
Cela dit, une virgule ne me choquerait nullement, pour la même raison que précédemment.
2. Fonction grammaticale de
Ma chemise :
idem, pour
le Bon usage, que
Bien des malheurs (c.o.d. : cf. A, 2, ci-dessus).
Il s'agissait de mon auto-interrogation, à moi et personnelle… 😂
Ah, OK ! 😀
Bonne soirée !
Merci pour toutes ces réponses. Il s'agit en effet d'un problème épineux…
Ma chemise j'ai donnée. Bien des malheurs, il avait eus.
J'ai failli oublier de dire qu'un collègue agrégé de grammaire et le responsable de l'excellent blog(ue) Parler français considèrent (comme je suis enclin à le penser : cf. certains de mes précédents messages) que les éléments détachés en tête de ces deux phrases sont des c.o.d. Ils raisonnent tout simplement ainsi : J'ai donné quoi ? Ma chemise. Il avait eu quoi ? Bien de smalheurs.
Dans tes exemples, vu l'absence de virgule, peut-on dire que ces éléments soient détachés ?
Disons juste que ce sont des COD à une place inhabituelle.
Ah ! tu as répondu avant que j'aie fini de modifier mon message.
La seconde phrase comporte en fait une virgule ; je l'ai ajoutée après ton message et sans avoir lu celui-ci. Excuse-moi de l'avoir oubliée dans un premier temps ; il faut dire que tu es rapide ! 🙂
A une place inhabituelle ? Assurément !
J'emploie détaché aussi pour la phrase non ponctuée, car il s'agit du terme utilisé d'ordinaire par les auteurs qui ne veulent pas écrire disloqué (ce dernier terme ne correspondant pas à la définition de la dislocation phrasique en l'absence de reprise du composant détaché par un pronom personnel ou démonstratif : voir certains de mes précédents messages.
Bonjour,
Pouvez vous svp me dire donner la règle de la phrase suivante:
Les politiques ont voté (je pensais que l'on devait mettre un s à voté) puisque on peut dire "ce qui ont voté "les politique"
Merci
apprendrecomprendre
Le participe passé conjugué avec l'auxiliaire avoir s'accorde avec le COD si celui-ci est placé après.
Les politiques ont voté quoi? Ce n'est pas précisé. Pas de COD, pas d'accord.
Merci, je pensais que l'on pouvait dire également "qui" quand il s'agit de personnes ou bien
"ce qui est" la méthode wilem
Méthode Wilmet :
Qu'est-ce qui est voté ?
On ne le sait pas.
perluète a écrit :Le participe passé conjugué avec l'auxiliaire avoir s'accorde avec le COD si celui-ci est placé après.
Les politiques ont voté quoi? Ce n'est pas précisé. Pas de COD, pas d'accord.
Bonjour,
Perluète, tu es sûre que la règle générale est bien celle-là ?