Accord du participe passé
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Dans une lettre que j'ecris, dois-je dire "les connaissances que j'avais commencé à toucher du doigt" ou "les connaissances que j'avais commencées à toucher du doigt" ?
Merci de votre aide.
commencées le COD est que (mis pour connaissances) il est antéposé donc accord
Mais tu écriras
J'avais commencé à toucher du doigt ces connaissances (COD : connaissances, postposé)
Bonsoir Cendre2lune,
En fait, la question
"quoi ?" ne se pose pas après le participe passé
commencé, mais après l'infinitif
toucher. QUE (pronom relatif dont l'antécédent est
"Les connaissances") est COD de l'infinitif
toucher, il ne faut donc pas accorder
commencé.
Extrait d'une réponse d'Edy :
A toutes fins utiles ou inutiles, je rappelle la règle de l’accord du participe passé (autre que fait et laissé, dont il déjà été question) SUIVI D’UN INFINITIF.
Le participe s'accorde avec le c.o.d. antéposé lorsque celui-ci se rapporte au verbe conjugué.
Il est invariable lorsque le c.o.d. antéposé est complément de l'infinitif.
[…]
Voyez aussi ce lien :
https://grammaire.reverso.net/accord-du-participe-passe-avec-un-infinitif/
Muriel
Si je comprends bien, Muriel, les deux peuvent se dire dans mon cas même s'il est plutot conseillé de ne pas accorder "commencé". C'est bien ça ?
Cendre2lune,
La réforme de 1990 recommande ceci (mais ce n'est pas obligatoire) :
6. Participe passé : le participe passé de laisser suivi d’un infinitif est rendu invariable : il joue en effet devant l’infinitif un rôle d’auxiliaire analogue à celui de faire, qui est toujours invariable dans ce cas (avec l’auxiliaire avoir comme en emploi pronominal).
Le participe passé de laisser suivi d’un infinitif est donc invariable dans tous les cas, même quand il est employé avec l’auxiliaire avoir et même quand l’objet est placé avant le verbe. (Voir Analyse 5.)
Exemples :
Elle s’est laissé mourir (comme déjà elle s’est fait maigrir) ;
Elle s’est laissé séduire (comme déjà elle s’est fait féliciter) ;
Je les ai laissé partir (comme déjà je les ai fait partir) ;
La maison qu’elle a laissé saccager (comme déjà la maison qu’elle a fait repeindre).
https://academie-francaise.fr/sites/academie-francaise.fr/files/rectifications.pdf
L’arrêté Haby du 28 décembre 1976 autorise ceci (citations entre guillemets) :— Le ministre de l’Instruction publique et des Beaux-Arts Georges Leygues écrivait dès 1901 : « Pour le participe passé construit avec l’auxiliaire avoir, lorsque le participe passé est suivi soit d’un infinitif, soit d’un participe présent ou passé, on tolèrera qu’il reste invariable, quels que soient le genre et le nombre des compléments qui précèdent. » (Grévisse, p. 1158).
— Quelques années plus tard, il s’agit de consignes applicables « dans les examens ou concours dépendant du ministère de l’Éducation, qu’il s’agisse ou non d’épreuves spéciales d’orthographe », mais attention, « Cette disposition ne concerne pas les concours de recrutement du personnel enseignant » !
« Il ne sera pas compté de fautes aux candidats dans les cas visés ci-dessous :
Participe passé conjugué avec avoir et suivi d’un infinitif.
Les musiciens que j’ai entendus (entendu) jouer / Les airs que j’ai entendu (entendus) jouer.
L’usage veut que le participe s’accorde lorsque le complément d’objet direct se rapporte à ce participe et qu’il reste invariable lorsque le complément d’objet direct se rapporte à l’infinitif. On admettra l’absence d’accord dans le premier cas. On admettra l’accord dans le second, sauf en ce qui concerne le participe passé du verbe faire. »
— Cette règle apparaît en effet dans l’arrêté Haby du 28 décembre 1976, publié au Journal Officiel en 1977, qui fixe les tolérances grammaticales ou orthographiques lors des examens ou concours (brochure CNDP).
Dossier Weblettres, ici :https://www.weblettres.net/spip/spip.php?article238
Le verbe
commencer ne fait pas partie des recommandations de la réforme de 1990.
L'arrêté Haby de 1976 ne parle de
tolérances que pour
les examens et concours dépendant du ministère de l’Éducation. En dehors de ce cadre, il me semble donc que cela reste une faute.
Muriel
bonjour,
je viens souvent sur ce forum quand j'ai un doute en orthographe ou en grammaire, et je remercie tous ceux qui prennent la peine de répondre.
cette fois, j'ai besoin de votre aide :
pourriez-vous me confirmer si on doit faire l'accord dans cette phrase.
Qui t'a rendu folle ?
ou
Qui t'as rendue folle ?
merci d'avance,
COD t' (mis pour toi) antéposé, donc accord : Qui t'a rendue folle
Mais A a pour sujet QUI, donc s'écrit A et pas AS
Mais : Qui a rendu TOI folle
Folle : attribut du COD t' (ou toi)
désolée, c'était une faute de frappe le "t'as".
ma question était sur le participe "rendu" merci pour la réponse.
Bonjour à tous,
Dans les phrases suivantes, certains participes passés sont accordés et d'autres pas. J'ai du mal à comprendre pourquoi.
Moi, j'aurais eu tendance à tous les accorder.
Pouvez-vous m'expliquer ces différences ?
Je vous remercie par avance pour toutes vos réponses.
Voici les phrases:
Elle s'est permis de me répondre.
Elle s'est autorisée à me parler.
Les acteurs que j'ai vus jouer.
La pièce de théâtre que j'ai vu jouer.
Merci encore.
A+
Pour le cas des pronominaux, voir cette discussion :
https://www.etudes-litteraires.com/forum/d/425/accord-du-participe-passe-des-verbes-pronominauxElle s'est permis de me répondre.
Elle s'est autorisée à me parler.
Les deux verbes ne se construisent pas de la même façon, c'est pourquoi l'accord ne se fait pas de manière identique : on permet à quelqu'un (indirect, donc pas d'accord), on autorise quelqu'un (direct, donc accord).
Les acteurs que j'ai vus jouer.
La pièce de théâtre que j'ai vu jouer.
Le participe passé, dans ce cas, s'accorde avec le COD qui précède lorsque l'être ou l'objet désignés par ce complément FONT L'ACTION exprimée par l'infinitif (dixit Grévisse). Or là, les acteurs jouent, mais la pièce est jouée → pas d'accord ici dans la deuxième phrase ("que" (= la pièce de théâtre) est en fait complément de "jouer").
Edit : j'ai répondu avant de voir qu'il y avait une longue réponse très complète à la page d'avant (message du 18/12 d'Edy), expliquée de façon bien plus pédagogique que la mienne. A consulter !
Merci beaucoup Anne-Lise pour ta réponse ainsi qu'Edy pour son explication.
Je comprends enfin mieux.
Par contre, je viens de lire une phrase pour laquelle j'hésite….
Les joies que mon métier m'a valu.
Pour moi, c'est mon métier m'a valu quoi ? des joies
A qui ? à moi-même.
Le CDI étant placé devant le participe passé, on ne fait pas d'accord.
Est-ce le bon raisonnement ?
Merci par avance.
(Désolé de ne pas avoir posté mon premier message au bon endroit)
Bonsoir !
Quelques verbes posent par eux-mêmes une réelle difficulté lorsque le COD avec avoir est antéposé.
Tout dépend du sens du verbe : combien ? quoi ?
* Les mille euros que cela m'a valu.
Parce que valoir signifie ici l'expression d'une somme. Combien ?
* Les joies que mon métier m'a values.
Parce que valoir signifie ici obtenir. Quoi ?
* Les mille euros que cette contravention m'a coûté. (Combien ?)
* Les efforts que ce travail m'a coûtés. (Quoi ?)
* Les deux heures que j'ai attendu. (Combien ?)
* Les factures que j'ai attendues.
* Les quatre-vingts ans que j'ai vécu. (Combien ?)
* Les soucis que j'ai vécus.
* Les soixante-dix kilos que j'ai pesé. (Combien ?)
* Les sacs que j'ai pesés.
* Les cent mètres que j'ai couru. (Combien ?)
* Les courses que j'ai courues.
Postposition : invariabilité quel que soit le sens.
* J'ai pesé soixante-dix kilos.
* J'ai pesé les sacs.
Merci beaucoup Edy pour toutes ces explications.
A+
Bonjour à tous,
Voilà la phrase que je viens déposer aux pieds des grammaticiens de ce forum :
« Elle s’est servi(e) de moyens sournois pour confondre ses ennemis. »
Je crois qu’il faut faire l’accord et écrire « servie » dans cette phrase car « se servir » est un verbe pronominal, qui fait donc l’accord avec le sujet « elle », n’est-ce pas ? J’ai cherché dans mes livres de grammaire et sur Internet mais je n’ai rien trouvé de convaincant au sujet de ce verbe en particulier. Ce qui me tracasse, c'est que j'ai trouve les deux formes (servi / servie), et je n'en suis que plus confus.
Si j’ai bien compris ce que j’ai lu ici et là, « se servir » est un verbe transitif indirect. Étant donné que dans cette phrase l’objet de l’action (moyens sournois) ne vient qu’après le sujet, il n’est donc pas question de faire accord avec l’objet, mais avec le sujet (elle). S’il y a un truc spécial avec ce genre de verbe, s’il vous plaît, il faut que je le sache !
Est-ce que quelqu’un ici peut rassurer mon esprit troublé à ce sujet ? J’attendrai patiemment vos réponses ! 🙂
Edy a écrit deux pages complètes sur ce sujet, tu peux t'y reporter
sens et syntaxe des pronominaux
et dans cette
discussionBonsoir, Félix !
* Elle S’est SERVIE de moyens sournois pour confondre ses ennemis.
SE SERVIR est un verbe PRONOMINAL.
Un verbe RÉFLÉCHI (° elle a servi elle), dont le pronom est COD.
Donc, accord avec SE antéposé et, par-delà, avec ce qu’il représente, ELLE. → SERVIE
Si vous l’interprétez comme un verbe ACCIDENTELLEMENT PRONOMINAL (SE SERVIR DE ayant un sens légèrement différent de SERVIR), vous devez faire l’accord avec le sujet ELLE. → SERVIE
Quelle que soit l’analyse, vous arrivez au même résultat : accord avec le COD (donc avec le SUJET) ou accord avec le SUJET.
Il est hors de question de faire l’accord avec DE MOYENS SOURNOIS, parce que ce complément est un COI et que le COI compte toujours « pour des prunes » dans l’accord. Il est d’ailleurs postposé. Deux bonnes raisons de ne pas accorder avec lui.
Bonjour à tous,
Je vous donnerai ce que m’intéresse de ce sujet.
La construction grammaticale faire + l’infinitif est une combinaison si puissante que on ne peut pas presque jamais séparer le verbe « faire » de l’infinitif. La combinaison marche comme un verbe complexe.
(Jeremy – le règle, c’est que le participe passé reste invariable dans la construction « faire + l’infinitif ».)
Bien qu’il faille la considérer comme un verbe complexe on peut néanmoins identifier le CO avec faire ou avec l’infinitif
S’il y a un seul CO
Elle fait étudier sa fille.
sa fille = COD de la combinaison (et le COD associé avec faire)
Elle la fait étudier
Mais s’il y a deux CO
Elle fait étudier le latin à sa fille.
le latin = COD de la combinaison (et le COD associé avec étudier)
La combinaison qui marche comme un seul verbe complexe ne peut avoir deux COD et puis le COD de faire est transformé en COI
« sa fille » devient COI = à sa fille
Elle le lui fait étudier.
C’est toujours le COD de faire qui devient COI
Il fait réparer sa voiture.
sa voiture=COD de la combinaison (et associé avec l’infinitif « réparer »)
Il la fait réparer.
Le COD de faire est sous entendu = c’est quelqu’un d’autre
Mais s’il y a deux CO
Il fait réparer sa voiture au mécanicien.
Il faut transformer le CO « mécanicien » en COI
Il la lui fait réparer.
"La musique, c'est ma mère qui me l'avait fait découvrir"
me = COI et l’ = la musique = COD
Avec les autres constructions comme laisser + l’infinitif et les verbes des sens + l’infinitif, la combinaison est mois puissante et on peut séparer le verbe de l’infinitif.
J’ai laissé choisir le métier qu’il préfère à mon fils. (Elle marche comme combinaison)
Encore une fois la combinaison qu’on considère comme un verbe complexe
Mais avec laisser on peut séparer « laisser » de l’infinitif « choisir » de façon que chacun ait son COD
J’ai laissé mon fils choisir le métier qu’il préfère.
mon fils – COD de laisser
le métier qu’il préfère = COD de choisir
Voila deux COD.
Avec faire + infinitif cette séparation n’est pas possible et s’il y a deux CO le CO associé avec l’infinitif = COD et celui associé avec faire = COI
Je les lui regarder brûler. (combinaison) (construction littéraire)
Je la regardais les brûler. (deux COD) (supposons que c’est une femme)
Ne me les laissez pas oublier. (me = COI) (combinaison)
Ne me laissez pas les oublier. (me = COD)
Je les lui ai vu écrire. (supposons que « lui » = féminin)
(les= COD de écrire – on n’accorde pas)
Je l’ai vue les écrire. (deux COD – c’est une femme que j’ai vue les écrire - accorde).
J’ai entendu chanter cette vedette.
Je l’ai entendue chanter (la = COD de « entendre »)
J’ai entendu chanter cette mélodie.
Je l’ai entendu chanter. (la = COD de « chanter »)
J’ai entendu chanter cette mélodie à (ou par) cette vedette. (on ne peut pas avoir deux COD)
Je la lui entendu chanter. (sans accorde)
Je l’ai entendue chanter cette mélodie. la = COD de « entendre »)
C’est la vedette que j’ai entendue chanter cette mélodie.
(« que » = COD de « entendre »; « cette mélodie » = COD de chanter)
Ce sont les pensées d’un étranger.
Wyn
Ok alors prk on n accord pas la phrase La tarte, j ai adore? la tarte est un cod du adorer?
La tarte est apposition ; c'est une fonction particulière de l'adjectif.
Mais on écrira La tarte que j'ai adorée (que, mis pour la tarte, COD de avoir adoré)
Bonsoir !
* ° La tarte j'ai adoré.
Cette tournure, que Léah vient de corriger (La tarte que j'ai adorée), n'est pas grammaticale.
Pourquoi ? Parce qu'on ne peut pas antéposer (= placer avant) le COD, sans le rappeler au moyen d'un pronom personnel :
→ La tarte, je L'ai adorée. (En accordant le participe passé avec le pronom L' antéposé, qui représente "la tarte". Et avec une virgule marqueur d'emphase.)
Dans le langage relâché, surtout dans la publicité et dans les chansons, j'ai pointé, par exemple :
* Saint-Yorre, j'adore. (Avec rimes !)
Puisque c'est du langage relâché, je serais bien étonné qu'on s'y occupe de l'accord du participe passé.
→ ° La tarte j'ai adorée.
Même ainsi, la phrase n'est pas grammaticale.