Personnellement, je suis d'accord avec l'idée que la littérature est anthropocentrique. Il me semble qu'une oeuvre littéraire traite forcément de l'homme et de son rapport au monde. Toutefois, cette définition est assez réductrice, puisque comme cela a été dit plus haut, un texte scientifique traite de l'homme mais n'est pas pour autant littéraire.
Je suis également d'accord avec Alexanderplatz qui disait qu'un texte était littéraire lorsqu'on se retrouvait changé à sa lecture (j'espère vous avoir bien compris). Pour moi la littérature doit avoir un impact sur la société. Je ne veux pas dire par là que toute littérature est engagée mais bien que tout texte littéraire a un impact sur ses lecteurs et sur ses contemporains (bien que certains aient, à la manière d'une bombe, un effet à retardement). En cela, le propre de la littérature, et de l'art en général, est bien de créer la surprise.
Or pour permettre ceci, le texte doit satisfaire à des exigences esthétiques. Cela ne veut pas dire qu'il doit se plier à des règles dictées par son époque, la littérature est bien souvent un conflit entre "Anciens" et "Modernes". Il doit cependant être le fruit d'un travail approfondi sur les mots, les sonorités, bref sur le langage.
La littérature n'a pas forcément besoin d'être compréhensible, accessible. Elle n'a pas, comme cela a été très bien dit par une personne dont j'ai oublié le nom, à se baisser vers le peuple. A cet égard, Dostoïevsky est un exemple parlant et notamment l'avant-propos de mon édition (la guilde du livre de Lausanne, à ce qu'il parait), signé "M.CH".
"Il est de notoriété publique que Dostoïevsky écrivait mal. Sa phrase est le plus souvent longue et lourde, pleine de répétitions, coupée d'incidentes, et se trouve, de ce fait, complètement dépourvue d'harmonie. […] Il ne serait pas exagéré de dire qu'un collégien écrivant de la sorte n'obtiendrait pas son baccalauréat. Mais c'est ici qu'intervient le mystère du génie. […] La forme disgracieuse […] correspond au mouvement intérieur de la pensée de Dostoïevsky."
Toutefois, la complexité des phrases n'a pas le monopole de la littérature (Camus l'a bien assez démontré), et c'est heureux!
Mais comment alors différencier les oeuvres "littéraires" des "non-littéraires"? A mon sens, on ne peut jamais être catégorique. Je me permets une petite parenthèse: mon professeur de latin, à qui nous posions justement cette question, nous répondait par une autre interrogation (un jésuite caché peut-être ): comment démontrer à un personnage lambda (je ne me permets aucun mépris, chacun est savant en son domaine) que Andromaque est un chef d'oeuvre et qu'un roman de Marc Lévy n'en est pas?
Je trouvais à ce sujet la réponse de mon professeur de français intéressante: un texte littéraire a forcément passé l'épreuve du temps. Je ne verse pas là dans un nostalgisme déplacé, je sais bien que les "classiques" d'aujourd'hui n'ont pas toujours été considéré ainsi. Loin de moi l'idée de dénier aux auteurs du XXIème siècle des qualités littéraires, simplement c'est bien le temps qui fera le tri.
A cela j'ajouterais une phrase de la préface du Portrait de Dorian Grey d'Oscar Wilde: "Diversity of opinion about a work of art shows that the work is new, complex, and vital." C'est également la diversité des points de vue, des interprétations sur une oeuvre qui prouve sa qualité littéraire (bien que cet aspect ne suffise évidemment pas à en faire un texte littéraire).
Je suis également d'accord avec Alexanderplatz qui disait qu'un texte était littéraire lorsqu'on se retrouvait changé à sa lecture (j'espère vous avoir bien compris). Pour moi la littérature doit avoir un impact sur la société. Je ne veux pas dire par là que toute littérature est engagée mais bien que tout texte littéraire a un impact sur ses lecteurs et sur ses contemporains (bien que certains aient, à la manière d'une bombe, un effet à retardement). En cela, le propre de la littérature, et de l'art en général, est bien de créer la surprise.
Or pour permettre ceci, le texte doit satisfaire à des exigences esthétiques. Cela ne veut pas dire qu'il doit se plier à des règles dictées par son époque, la littérature est bien souvent un conflit entre "Anciens" et "Modernes". Il doit cependant être le fruit d'un travail approfondi sur les mots, les sonorités, bref sur le langage.
La littérature n'a pas forcément besoin d'être compréhensible, accessible. Elle n'a pas, comme cela a été très bien dit par une personne dont j'ai oublié le nom, à se baisser vers le peuple. A cet égard, Dostoïevsky est un exemple parlant et notamment l'avant-propos de mon édition (la guilde du livre de Lausanne, à ce qu'il parait), signé "M.CH".
"Il est de notoriété publique que Dostoïevsky écrivait mal. Sa phrase est le plus souvent longue et lourde, pleine de répétitions, coupée d'incidentes, et se trouve, de ce fait, complètement dépourvue d'harmonie. […] Il ne serait pas exagéré de dire qu'un collégien écrivant de la sorte n'obtiendrait pas son baccalauréat. Mais c'est ici qu'intervient le mystère du génie. […] La forme disgracieuse […] correspond au mouvement intérieur de la pensée de Dostoïevsky."
Toutefois, la complexité des phrases n'a pas le monopole de la littérature (Camus l'a bien assez démontré), et c'est heureux!
Mais comment alors différencier les oeuvres "littéraires" des "non-littéraires"? A mon sens, on ne peut jamais être catégorique. Je me permets une petite parenthèse: mon professeur de latin, à qui nous posions justement cette question, nous répondait par une autre interrogation (un jésuite caché peut-être ): comment démontrer à un personnage lambda (je ne me permets aucun mépris, chacun est savant en son domaine) que Andromaque est un chef d'oeuvre et qu'un roman de Marc Lévy n'en est pas?
Je trouvais à ce sujet la réponse de mon professeur de français intéressante: un texte littéraire a forcément passé l'épreuve du temps. Je ne verse pas là dans un nostalgisme déplacé, je sais bien que les "classiques" d'aujourd'hui n'ont pas toujours été considéré ainsi. Loin de moi l'idée de dénier aux auteurs du XXIème siècle des qualités littéraires, simplement c'est bien le temps qui fera le tri.
A cela j'ajouterais une phrase de la préface du Portrait de Dorian Grey d'Oscar Wilde: "Diversity of opinion about a work of art shows that the work is new, complex, and vital." C'est également la diversité des points de vue, des interprétations sur une oeuvre qui prouve sa qualité littéraire (bien que cet aspect ne suffise évidemment pas à en faire un texte littéraire).