Qu’est-ce que le littéraire ?

Entraide scolaire

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Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
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Nous sommes sur un forum littéraire, et une question me paraît fondamentale : selon quels critères peut-on définir un texte comme étant littéraire ? Une question difficile ! S'agit-il de critères universels et intemporels, ou variables ? Et quels sont-ils ?
Un texte se dit littéraire quand il gravite sur un rapport anthropocentrique, c'est-à-dire sur la place de l'homme au sein de l'univers ou du monde.

C'est sûrement très réducteur mais suffisant pour cerner, je l'espère du moins…

De Gaulle disait : "Il n'y a qu'une querelle qui vaille la peine : l'homme".

Un texte littéraire parle essentiellement de l'homme et de son rapport avec la nature. Et puis bien sûr un texte littéraire est également un texte qui figure comme emblématique dans une époque donnée.Il donne un impact au monde!


Être littéraire, c'est vouloir disséquer l'homme pour mieux le définir. Tâche non aisée bien sûr !
[ Petite parenthèse : Pourquoi utiliser perpétuellement des mots de language soutenu? Alors qu'il est tellement plus clair de se faire comprendre quand on écrit normalement. ]

Sinon, il n y'a rien de plus subjectif que la définition de la littérature.

Parce qu'en fait, selon Benjamin, on pourrait croire que Werber fait de la litterature.

😀
On utilise un langage soutenu parce que NOUS on n'est pas du peuple, on a fait des études alors il faut bien se démarquer de toute la marmaille piaffante scotchée 4h/jour devant TF1 🙂

Non, ce n'est pas ça ? (à prendre au 2nd degré bien sûr !)

Bref, revenons au sujet :

Quand on parle de "littérature populaire", s’agit-il toujours vraiment de Littérature ?

parce qu'à ce moment là on peut aussi dire que Marc Lévy c'est de la littérature …

Je crois qu'une oeuvre littéraire doit d'une certaine manière nous amener à réfléchir sur l'Homme en général (rapport avec lui-même, Autrui, le Monde(Nature) …) et nous le montrer d'un regard particulier, que l'on ne peut pas saisir uniquement avec nos propres sens. Il faut véritablement que dans l'oeuvre littéraire, le lecteur dévoile des vérités sur lui-même et sur le Monde (Nature et Autrui) qu'il n'avait pu découvrir jusqu'alors. C'est le propre de toute oeuvre artistique !
Ahhh pitié, pas Marc Levy ! pour moi, ce n'est vraiment pas de la littérature ! Cependant, il est vrai qu'on n'a pas besoin de faire des phrases alambiquées pour faire du beau ! Par exemple Flaubert : il passait des mois à parfaire ses phrases afin qu'elles soient épurées le plus possible ! Pour moi, le littéraire, c'est lorsque le langage se débarrasse de sa fonction utilitaire, pour avoir une finalité plus poétique, c'est à dire esthétique… Mais à ce moment-là se pose une question : la littérature doit-elle n'être que belle, et ne servir à rien, pour être littéraire ? Ne peut-on pas mêler le beau et l'engagement ?
Et pourant, Marc Levy ça fleurit sur les pages !

Mais bon, je préfère voir le peuple français lire que de ne pas le voir lire du tout !

C'est toujours mieux que les nullités de la télévision …
Andromaque a écrit :Ahhh pitié, pas Marc Levy ! pour moi, ce n'est vraiment pas de la littérature ! Cependant, il est vrai qu'on n'a pas besoin de faire des phrases alambiquées pour faire du beau ! Par exemple Flaubert : il passait des mois à parfaire ses phrases afin qu'elles soient épurées le plus possible ! Pour moi, le littéraire, c'est lorsque le langage se débarrasse de sa fonction utilitaire, pour avoir une finalité plus poétique, c'est à dire esthétique… Mais à ce moment-là se pose une question : la littérature doit-elle n'être que belle, et ne servir à rien, pour être littéraire ? Ne peut-on pas mêler le beau et l'engagement ?
Cette question s'est posée au fil des siècles et notamment pendant la deuxième GM. Bien sûr, la littérature engagée n'a pas donné les mêmes résultats en fonction des auteurs mais cela a été tout de même une grande réussite littéraire pour des auteurs tels aragon ou éluard qui se sont véritablement découverts à cette époque. L'art pour l'art, c'est souvent ce qui est le plus pénible à lire selon moi, et pour grand nombre d'élèves… (dès qu'on parle de se débarasser de la fonction utilitaire du langage je pense à Paul Valéry et j'ai vraiment du mal…).
Ecrire et ne servir à rien? ça me laisse songeuse…quel auteur pourrait rentrer dans cette définition? Si c'était le cas, ça veut dire que la moitié des reflexions cirtiques seraient à jeter à la poubelle (mythocritique, sociocritique…) parce qu'elles n'auraient pas de fondement. La littérature médiévale ne serait plus de la littérature…excepté les grands rhétoriqueurs (et peut-être les poètes de la fin'amor…)… Et les comédies de Molière? Et Sartre et Camus? C'est tout sauf seulement esthétique ou prioritairement esthétique. C'est vrai cependant qu'il n'y a de littérature que quand il y a recherche sur le langage, mais cette recherche ne se réduit pas à des fins esthétiques.
Cette histoire d'utilité me rappelle la scène du cercle des poètes disparus où dans l'intro du manuel de litt est expliquée la façon de juger un texte en faisant des diagrammes. 😉
Ca confirme ce que je pense: le littéraire constitue une véritable recherche de l'image, du beau (et donc de l'émotion), mais il peut aussi être une arme, un mode d'expression: le littéraire, c'est un … langage!
Je reprendrai d'abord l'avis partagé de tous ici : un texte littéraire parle avant tout de l'homme, de ses désirs, de ses angoisses, des vies qui gravitent autout de lui et de la sienne.
Ce texte peut ramener à la vie des hommes désabusés, désespérés, morts. Et en faire vivre d'autres. Il a tout pouvoir sur les hommes et leurs vies.
Mais pour cela, il faut une écriture ! Une écriture vivante, aussi vivante que les hommes qu'elle fait naître. Pas une écriture faite de phrases alambiquées puisqu'elles finissent par s'enliser puis mourir. Nul besoin également de mots compliqués dont on finit par perdre le sens.
Aucun style prédéfini, aucune limite à l'imagination, aucune barrière à la création.
Il faut que ce texte nous fasse prendre conscience que nous sommes vivants. Notre existence, après la lecture d'un tel texte, ne peut être qu'illuminée.

Voilà donc ce qu'est, pour moi, un texte littéraire. 🙄
Le texte littéraire peut effectivement comme tu le dis, Polo, rammener les hommes et femmes à la vie, parce qu'il permet entre autre l'introspection, c'est à dire de réfléchir à ce que nous sommes et au sens de nôtre existence, qui n'est ni plus ni moins misérable de celle des autres humains.

Voilà pourquoi on peut dire que le texte littéraire (et l'Art en général) est en quelque sorte une médiation entre moi et moi-même, moi et Autrui, tout comme nôtre corps, à la différence que celui-ci ne permet pas de nous dépasser et il est potentiellement nuisible à nôtre bien-être.
Je ne pense pas que le texte littéraire peut se définir par la recherche du Beau Andromaque mais simplement par la recherche de l'émotion , de la reflexions qui peut porter sur toutes les formes de connaissance et de la reflexion sur l'homme évidemment. Si on définit la littérature par ce qui doit être Beau cela devient un peu réducteur, c'est l'émotion qui compte, le laid ou le dérangeant peuvent provoquer une émotion ou une réflexion. Je ne définirait pas autrement la littérature et l'art en général, EMOTION ET REFLEXION
Maintenant il est vrai qu'il faut parfois faire la différence entre une Oeuvre et un simple objet commercial.
La litterature permettrait donc une seconde vie… Et cela je peux le comprendre (je pense) ! Donc a travers l'ecriture d'autrui nous pouvons ressentir et vivre des emotions ! (par exemple : pleurer ou seulement sourire). Mais pour faire ressentir au lecteur une quelconque emotion, que faut-il ? Je pense comme beaucoup d'autre sur ce site qu'il faut beaute (d'ecriture) et reflexion. La beaute malgre la superficialite que beaucoup lui accorde (est-ce vraiment francais…?), elle reste importante (Un texte avec une excellente reflexion mais avec une ecriture "fade" ne plairait pas forcement… Mais je suis ouverte a tout autres choses si vous avez une idee bien sur… 😀
MéliePuce a écrit :Je ne pense pas que le texte littéraire peut se définir par la recherche du Beau Andromaque mais simplement par la recherche de l'émotion , de la reflexions qui peut porter sur toutes les formes de connaissance et de la reflexion sur l'homme évidemment. Si on définit la littérature par ce qui doit être Beau cela devient un peu réducteur, c'est l'émotion qui compte, le laid ou le dérangeant peuvent provoquer une émotion ou une réflexion. Je ne définirait pas autrement la littérature et l'art en général, EMOTION ET REFLEXION
Maintenant il est vrai qu'il faut parfois faire la différence entre une Oeuvre et un simple objet commercial.
Ce que j'entends par recherche du beau, est une recherche qui a beaucoup évolué… Il y a deux définitions essentielles au beau:
une définition "classique", en vigueur jusqu'au XIX° siècle: l'harmonie, la régularité, l'équilibre (cf théoriciens du classicisme tel Boileau);
une définition "moderne": une esthétique de la surprise, du provocant, du dérangeant ( lancée par les poètes de la modernité comme Baudelaire): on peut faire du beau avec du laid! Ces deux définitions cohabitent aujourd'hui, voire se mêlent parfois (cf Céline).
Enfin, le rapport entre le beau et l'émotion est étroit: ils sont liés! Au fait, est-ce l'émotion qui crée l'image, ou l'image qui crée l'émotion? A suivre… Voilà un débat intéressant!
Composez des phrases à l'aide de mots derivant du language soutenu ne part pas toujours d'une but visant l'exhaustivité, mais c'est l'un des principal avantage des littéraires, alors laissons le nous 🙂
Un des buts de l'auteur est d'embarquer le lecteur dans une histoire, de façon que ce dernier n'en sorte qu'après le mot "fin". Est-il bien nécessaire d'utiliser pour cela des termes rares? Je ne le crois pas. Je crois que les mots rares, même s'ils savent aussi être intéressants, n'ont pas grand'chose à faire en littérature. Ils sont surtout un moyen de reconnaissance entre ceux qui savent, et objectivement, un moyen de décourager, de rebuter ceux qui ne savent pas et veulent apprendre.

Je ne sais plus qui a dit:

"Ce qui se conçoit bien s'énonce clairement
Et les mots pour le dire viennent aisément"

Voilà une langue simple, accessible à tout le monde: elle n'en est pas moins belle et littéraire.
lebeau a écrit :Je ne sais plus qui a dit:

"Ce qui se conçoit bien s'énonce clairement
Et les mots pour le dire viennent aisément"

.
C'était Boileau 😉 (petite parenthèse, excusez-moi !)
Il me semble que l'objectif de la littérature, et de toute forme d'art en général, est d'exprimer de l'immatériel (sentiment, pensée, élan, émotion) par du matériel. Le véritable peintre, poète, écrivain, musicien, etc. est selon moi celui qui réussit cette espèce de tour de passe passe et qui parvient à élever l'âme de celui qui regarde son oeuvre, qui l'emmène plus haut, plus loin. L'artiste et l'écrivain apporte une vision plus large du monde, il montre à ses semblables ce que lui, doué d'une observation poétique, arrive à déceler dans le monde qui nous entoure.
Cher Lebeau
Pourquoi se limiter aux mots que connaît tout un chacun ? Un des mérites de l'écrivain, c'est aussi de donner à ses lecteurs le goût des mots, et l'envie d'accroître son lexique !
et les néologismes (c'est important et ce fut important pour l'enrichissement de la langue) ? seraient-ce des "barbarismes" ?

prenons un exemple célinien (mais Céline est surement un Barbare, pour vous…) : "miraginer"…
Ah ! Céline, quel bouillonnement généreux de mots !