Je m’interroge sur la pertinence du passé simple
75 réponses · Page 3 / 4
Ne cherchez plus : Google et Evene m'ont donné la réponse.
Louise LEBLANC, romancière canadienne, née en 1942.
Katarina a écrit :… Hélas, elle n'est pas de moi …
Mille excuses de cette usurpation de terrain 🙂 mais pourrais-je dire "elle n'est pas
à moi" pour l'idée de possession (
c'est à qui, ceci), au lieu de "elle n'est pas
de moi" ?
Merci de m'obliger.
ip.
Bonjour,
Moi, je dirais : elle n'est pas de moi, pour répondre à la question d'Edy.
Edy dirait : elle n'est pas à moi, pour l'insérer dans son livre.
Enfin, ce n'est que mon humble avis.
Katarina
Bonjour !
Je réponds sans avoir le temps de consulter les auteurs.
Les deux formes expriment la possession, mais il y a une nuance : A s'emploie pour les produits d'une activité intellectuelle.
* Ce livre est à moi (= mien). = Il m'appartient.
* Ce livre est de moi. = C'est moi qui l'ai écrit.
Il est correct d'écrire : "Cette citation n'est pas de moi."
Excusez-moi ! Un lapsus…
DE s'emploie pour les produits d'une activité intellectuelle.
C'est à nouveau moi !
C'est très intéressant, Edy, mais où trouve-t-on ce genre de réponses ? C'est justement mon gros problème, je me demande souvent quelle préposition il faut mettre dans telle ou telle situation. Le dictionnaire n'apporte pas toujours la solution. Existe-il un ouvrage de référence, si, oui, je cours l'acheter…
Pour ce genre de question, je me réfère au Petit Robert.
L'édition 2007 est superbe (2837 pages) et bien lisible. Mais le cédérom, si je m'en rapporte au précédent, doit être plus rapide à consulter.
Parfois, je trouve dans le Bon usage, de Grevisse, mais c'est une (grosse) grammaire plus qu'un dictionnaire.
Je n'ai pas encore essayé le TLFI ; je le ferai.
Je pense qu'il existe au moins un petit livre rien que sur les prépositions, mais je ne connais pas de référence.
Extraits du Petit Robert
A
Marque l'appartenance.
* Ce livre est à moi.
* A qui sont ces gants ?
* A nous la liberté ! (Ellipse)
* La fille à ma tante. (Vieux ou populaire)
(Souvenez-vous de : Mon mec à moi.)
etc.
DE
Introduit un nom de personne que l'on indique comme agent ou comme AUTEUR.
* Les oeuvres de Beckett.
J'ajoute :
* Ces oeuvres sont de Beckett.
CONCLUSION
* Ce livre est à moi. (Il m'appartient.)
* Ce livre est de moi. (J'en suis l'auteur.)
Bonsoir,
Tout d'abord je vous remercie, vous tous, de m'avoir répondu. En effet, cette nuance m'échappait pour de vrai.
Ensuite puisque l'on parle de "à" et "de", je me permets de poser une autre question, pour ce qui est des verbes "continuer" et "commencer", employés avec les 2 prépositions de manière indifférente. Existerait-il une nuance, même trop fine ?
Je suis votre obligé.
ip.
Parfait, j'ai le petit Robert 2007. J'avoue ne pas avoir regardé aux prépositions mais aux expressions directement. Merci de m'y faire penser. Qu'est-ce que c'est bien de discuter de la langue française avec des passionnés !
Bonjour, Ipseite !
Avec commencer ou avec continuer + infinitif, on utilise indifféremment A ou DE, sans qu'il y ait de nuance perceptible. C'est souvent l'oreille qui décide.
La préposition A est cependant la plus courante.
DE se rencontre surtout à l'écrit.
Grevisse donne un certain nombre de citations avec DE, notamment :
* J'ai commencé d'entrevoir ces faces gothiques. (Malraux)
* Il avait continué d'y adhérer longtemps. (Beauvoir)
Vous remarquerez que le choix semble avoir été euphonique :
* commencé à entrevoir → é a en
* continué à y adhérer → é à y a.
Voilà, j'ai consulté le TLFI sur la préposition DE.
J'en ai pris copie : avec ma police de caractères, j'ai 43 pages en format A4. On est bouche bée devant une telle somme.
Le problème, c'est que la forêt cache l'arbre : je n'ai rien trouvé à propos de "Ce livre est de moi". Ou alors j'ai mal parcouru.
J'ai même activé ma recherche sur "est de". Néant !
Ce qui se rapproche le plus : "C'est de ma faute."
Expérience à refaire sur un autre terme ! Car, bien évidemment, je me servirai de cet admirable outil pour d'autres recherches pointues.
Edy a écrit :Avec commencer ou avec continuer + infinitif, on utilise indifféremment A ou DE, sans qu'il y ait de nuance perceptible. C'est souvent l'oreille qui décide.
La préposition A est cependant la plus courante.
DE se rencontre surtout à l'écrit. […]
Bonsoir Edy,
Je viens de lire que l'Académie juge en effet « littéraires » les emplois « commencer de » et « continuer de ».
Continuer à ou, litt., continuer de, suivi de l'infinitif, persister à, ne pas cesser de.
Commencer à ou, litt., commencer de, suivi d'un infinitif, sert à marquer le début d'une action.
Le Robert écrit :
REM. Selon l'Académie, commencer de indiquerait une action qui aura de la durée et qui n'en est qu'à ses débuts, ce qui distinguerait l'emploi de commencer à. Cette distinction, négligée depuis Vaugelas, se fait désormais uniquement pour éviter un hiatus. Ex. : La foule commença d'arriver (pour commença à arriver).
Je le précise car j'avais déjà entendu en cours de linguistique que
commencer de et
continuer de appartenaient à un niveau de langue un peu plus élevé que
commencer à et
continuer à.
Bonne soirée,
Cyril
Bonsoir, Webmestre !
Je vous ai lu avec intérêt.
Nous pouvons conclure à propos de commencer et de continuer + infinitif :
1 Aucune nuance de sens entre A et DE.
Même la nuance de durée qu'on a voulu voir avec DE est abandonnée.
2 DE ressortit à l'écrit, surtout au niveau littéraire.
3 DE s'emploie, à tous les niveaux, pour éviter un ou des hiatus.
Bonne soirée aussi, Cyril !
Edy
Bonsoir !
Quelqu'un peut-il me dire si j'ai le droit d'écrire : presqu'aucun ?
Cordialement
Katarina
Bonsoir !
L'élision graphique de presque ne se fait que dans presqu'île.
* Un ouvrage presque achevé. (Académie)
* Un habit presque usé. (Idem)
* Presque aussitôt.
* Presque avec grossièreté.
* Presque ininterrompu.
* Presque au même instant.
On doit considérer comme de l'inattention :
* Presqu'immédiatement. (Brunot)
* C'était déjà presqu'un sourire. (Gide)
* Projet presqu'irréalisable. (R. Martin du Gard)
* Presqu'un enfant. (Mauriac)
Pour les trois dernières citations, la correction a été faite dans les éditions ultérieures.
Sources : Grevisse et Hanse.
Bonjour Katarina,
L'e de presque ne s'élide que dans presqu'île.
Presque aucun doute à ce sujet !
Vous pouvez tourner la difficulté avec quasiment plus pompeux ou quasi beaucoup plus savant.
Merci, je vous embrasse tous les deux. Décidément, je vais devenir savante !
Bonjour à tous,
"Fini la mode des tapisseries! " ou "Finie la mode des tapisseries!"
Merci d'avance.
Katarina
Grevisse :
Le participe passé "fini" placé en tête dans une phrase averbale s'accorde le plus souvent. Certains auteurs le laissent invariable, peut-être parce qu'ils voient ici la réduction de "C'est fini".
Grevisse donne neuf références avec l'accord et huit sans l'accord.
Hanse : l'accord se fait généralement, mais fini peut rester invariable.
Riegel donne le choix.
Dans l'invariabilité, fini fonctionne comme un présentatif, à l'instar de voici/voilà, et de façon analogue à Vive les vacances.
Un petit problème de virgule :
* Finies, les vacances.
* Fini les vacances.
Toutefois, selon les références données par Grevisse, la virgule se met ou ne se met pas dans dans les deux situations.
Mais je pense que Riegel donne un bon conseil, du moins quant à la virgule ; pour le reste, l'accord a ma préférence.
Bonjour edy,
Ah oui, la virgule, je n 'y avais même pas pensé, c'est vrai que ça peut tout changer. Je m'aperçois que finalement, je me creuse trop la tête, il y a souvent deux solutions, reste à trouver la meilleure. Ouf! cette fois, j'ai vraiment fini. Je n'ai pas encore pris le temps de voir où je pouvais commander votre dictionnaire des citations, le problème étant que je n'ai pas de carte bancaire. Bon, j'appelle votre éditeur mercredi, c'est promis…
Cordialement
Katarina