Bonjour,
La fonction "rechercher" ne m'a rien rapporté, je pose donc la question, après avoir fait chou blanc dans mes recherches sur internet :
"Fabulateur" ou "Affabulateur" ?
Dans les discussions, on entend régulièrement des gens qui veulent étaler leur science (passez-moi l'expression) à grand coups de "on dit affabulateur et pas fabulateur (d'abord, na)", sauf que, après avoir recherché, et n'étant pas particulièrement pro-l'un ou pro-l'autre (je précise de suite ), aucun site n'a pu me renseigné sur l'origine de ces deux mots.
Fabulateur vient-il de "affabulateur", suite à l'évolution de la langue, comme un "voire même" ou un "ceci dit" ?
Sont-ce deux mots complètement distincts aux sens différents, dès l'origine ?
Quelqu'un peut-il me répondre céans ?
D'avance merci, à votre bon coeur 🙂
Bonjour à toi,
Excellente question en effet… J'ai longtemps privilégié "fabulateur/trice", quoique ta question m'ait intrigué, et poussé à effectuer quelques recherches. En voici le fruit.
Selon mon dictionnaire "papier", le Larousse illustré, "fabulateur, trice", une "personne qui fabule", donc qui "élabore des fabulations", des récits de pure invention qu'il fait passer pour vrai, est la seule forme existante. L'on peut affabuler, c'est à dire se livrer à un arrangement de faits imaginaires, à une invention plus ou moins mensongère, peut-être ici à une mystification, à une vérité dévoyée, embellie ou non, en tous cas altérée ; l'on peut déjà apprécier ici une acception différente, en sachant que l'affabulation peut aussi être "une trame, une organisation des événements intervenant dans une oeuvre de fiction". Il n'y a, selon ce dictionnaire, pas d'affabulateur ou d'affabulatrice, simplement des hommes de plume. Du reste, j'ai aussi recherché dans un dictionnaire en ligne ; outre le classique dictionnaire de l'académie Française, qui aboutit à une recherche infructueuse à l'entrée "affabulateur", ceux de la gamme médiadico affirment : "affabulateur,trice
(nom)
Personne qui pratique le mensonge et l'invention systématique d'histoires.". Un fabulateur est plutôt, selon eux, une "Personne qui fait un récit imaginaire en le présentant comme vrai.". L'on perd le sens perçu à la lecture du dictionnaire plus classique, et l'on a bien deux mots ; hors, ce dictionnaire est… "progressiste", si je puis dire. Encore qu'il faille distinguer le progressiste d'avec le mauvais élève, ce dictionnaire propose en général une orthographe nouvelle discutée à l'Académie, des termes usuels dont il faut cependant user avec réserve. Je pense qu'ici, seul "fabulateur" se plie aux conventions, mais si tu te sens l'âme d'un jeune dissident séditieux, pourquoi ne pas utiliser "affabulateur", en signe de révolte face à la société qui t'opprime ?
Tu es libre, mon ami, vole, tel le pigeon majestueux !
Pigeon…
Oiseau à la grise robe,
dans l'enfer des villes,
à mon regard tu te dérobes,
tu es vraiment le plus agile. (Comprenne qui pourra…).
Loutre.
Haha 🙂 pas mal.
J'aurai pourtant soutenu que le terme "affabulateur" était la version ancienne… Le côté "rallongé", sans doute. Du coup, j'aurai mis le terme "fabulateur" dans la bouche des révoltés, comme quoi.
J'attends toutefois une autre version, potentielle, car deux validations valent mieux que un "tu l'auras", rien de personnel bien sûr 😉.
En-vous-remerciant-bonsoir. (pour répondre à ton poème)
Si je puis me permettre, voici de nouveaux éléments : Si tu aimes les mauvaises toiles [lien invalide], tu peux éventuellement utiliser "affabulateur", voire La mauvaise presse centriste [lien invalide], mais je persiste, cette forme ne se retrouve que sur des forums de discussion ou des sites assez obscurs auxquels je n'accorderais pas le moindre crédit, à ta place. M'enfin, Internet est toute ma culture, ça et mon précieux dictionnaire, alors je vais laisser les vrais spécialistes te répondre…
A bientôt, l'ami !
Fabulateur selon les ouvrages de psychologie et psychiatrie.
Quoi qu'il en soit, c'est une personne malade et qui peut faire de fameux dégâts dans son entourage proche.
Bonjour,
Voici, extraits du Petit Robert et du Dictionnaire historique Robert, quelques éléments utiles.
Tous ces mots viennent (Gaffiot) :
- du verbe latin FARI (dire, parler, conter, célébrer, chanter) ;
- du nom latin FABULA (1 conversations, 2 propos familiers, 3 récit sans garantie historique, récit mythique, légende, 4 pièce de théâtre 5 conte, fable, apologue).
AFFABULATEUR (1964, de affabuler) : qui affabule, qui présente comme réels des faits imaginés.
AFFABULER (1926, de affabulation) :
1 litt. composer les épisodes d’une œuvre de fiction, organiser un récit, une narration (Gide) ;
2 (milieu XXe) psych. fabuler. → rêver.
AFFABULATION (bas latin affabulatio)
1 (1798) vx moralité d’une fable,
2 (1863) arrangement de faits constituant la trame d’un roman, d’une œuvre d’imagination (emploi critiqué par les puristes)
3 psych. fabulation.
FABULATION (1830 latin fabulatio, discours, conversation ; ensuite, en latin chrétien, bavardages, mensonges ; de fari, dire → fable)
1 (1830) vx représentation imaginaire, version romanesque d’un ensemble de faits → affabulation,
2 (1856) psych. récit imaginaire présenté comme tel, mais sans adaptation aux circonstances ; représentation imaginaire des faits ;
→ organisation des faits qui constitue la trame d’un rêve ;
* La fabulation est normale chez le petit enfant, pathologique chez l’adulte.
→ mythomanie
3 (fin XIXe) philos. activité de l’imagination, production imaginaire.
* Convenons alors de mettre à part les représentations fantasmatiques et appelons « fabulation » ou « fiction » l’acte qui les fait surgir. (Bergson)
FABULATEUR (1519 fabuliste, narrateur, du latin fabulator, conteur → fable)
1 didact. relatif à la fabulation ; auteur de récits, conteur ;
2 (fin XIXe) psych. personne qui a l’habitude de la fabulation.
FABULER (1892 raconter des choses fabuleuses, début XVIe dire en inventant ; répandu milieu XXe ; de fabulation) → espagnol hablar, hâbler.
Présenter comme réels des faits imaginés → inventer, → affabuler
(1892) didact. raconter des choses incroyables (se répand en psychologie au milieu du XXe)
FABULISTE
(1668) conteur de fables, du latin fabula, de l’espagnol fabulista, conteur de mensonges) ;
(dérivé savant de fabula) auteur qui compose des fables (La Fontaine).
FABLE (1155, latin fabula, récit, propos, récit mythologique, allégorique, récit, apologue, de fari, parler)
I récit à base d’imagination populaire ou artistique
1- (1160) vx ou litt. récit de fiction dont l’intention est d’exprimer une vérité générale → conte, légende, fiction.
2 (1180) cour. petit récit, en vers ou en prose, mettant en scène des animaux et destiné à illustrer un précepte → apologue.
(vers 1700) mythologie de l’antiquité païenne.
Fable express : récit bref et humoristique se réduisant souvent à une ou à deux phrases et dont la moralité repose sur le jeu de mots.
3 litt. anecdote, nouvelle ou allégation mensongère → conte, histoire, imagination, invention.
II
1 didact. vx ce qui constitue l’élément narratif d’une œuvre → récit, sujet,
2 mod. loc. être la fable d’un groupe, d’une collectivité, un sujet de moquerie → être la risée de.
DANS LA MÊME FAMILLE : fabliau, fablier, fabuleux, fabuleusement, faconde, affable, ineffable, enfant (qui ne sait pas encore parler : infans), infantile, infanticide, préface.
Outre : fée, féerie, fatal, fatidique, mauvais (malifatius) ; famé (mal famé), fameux, infâme, infamie, infamant, diffamer, diffamation ; confesser, confession ; professer, profession, professeur.
De l’italien infante (enfant, fantassin…) : infanterie, fantassin, fantoche.
De l’espagnol hablar : hâbler, hâbleur.
Source : Dictionnaire des racines des langues européennes (Larousse).