Capacité à / capacité de

Langue française

48 réponses · Page 2 / 3

Il s'agit moins d'une question de grammaire que de style."Capacité à" n'est pas une expression incorrecte ou illogique par nature, mais ce n'est pas la plus heureuse qui soit. Néanmoins, elle n'est pas moins laide que :
Vaugelinet a écrit :point barre
Mon grand pote Vaugelinet,

Tu estimes que mon esprit ne vaut que deux ronds.
Pourquoi pas ? Estimation d'expert, sans aucun doute.
Mais par curiosité, et sans fausse modestie, chère "oreille bien née", à combien estimes-tu le tien ?
Car tu sembles te piquer toi-même d'être spirituel de-ci de-là, si je ne m'abuse…
Vérifie dans le Littré, qui ne prévoit nulle part la possibilité d'employer "tout… que" + subjonctif.
J'ai vérifié… Je cite :
On mettait quelquefois le verbe au subjonctif ; mais ce n'est plus l'usage. Tout grand jurisconsulte que je sois, je me trouve bien empêché à y répondre, VOIT. Lett. 76.
Cela dit, l'usage, ça va ça vient.
Robert 2009 :
Tout…que exprime la concession. Tout riche que je suis (MOLIÈRE) - (Avec le subj.) Tout formidable que soit ce sublime (CHATEAUBRIAND).
Pauvre français ! Déjà dégénéré du temps de Voiture et de Chateaubriand… Robert des difficultés :
TOUT…QUE : Cette locution conjonctive à sens concessif, très voisine de si…que et de quelque…que, se construit de plus en plus avec le subjonctif, alors que que l'indicatif était tenu jadis pour seul correct.
La grammaire Robert & Nathan, quant à elle, indique seulement le subjonctif. (p. 285).

Examinons maintenant posément quelques tournures concessives.
Subjonctif requis après bien que :
Bien qu'il soit malade, il travaille.
Subjonctif requis après si…que :
Si malade qu'il soit, il travaille.
Subjonctif proscrit (selon toi) après tout…que :
Tout malade qu'il soit est, il travaille.
Dans toutes ces phrases, le fait d'être malade est considéré comme bien réel.
Merci de nous expliquer logiquement, mieux que moi - et donc sans pédantisme spécieux -pourquoi le subjonctif est ici requis pour exprimer un fait réel et indubitable… et aussi pourquoi tu proscris ledit subjonctif avec le seul "tout…que". Avec le flair infaillible de la langue qui paraît-il te caractérise, ce devrait être un jeu d'enfant pour toi.

Pour ce qui est de la prétendue cacophonie de notre "é-a"…
Dans le premier cas, il y a passage d'une voyelle à une autre, ce qui est toujours à éviter.
Sauf dans ta phrase, apparemment.
Pour illustrer ton cours d'harmonie, et pour être en accord avec tes dires, tu aurais tout de même pu avoir l'élégance 😜 de choisir d'autres tournures équivalentes. Là aussi elles existent… Non ?

P.-S. aux lecteurs éventuels : ne riez pas, surtout.
Vous vous feriez encore traiter de sots par mon pote Vaugelinet. =)
Je pense que le plus naturel est de dire "je suis capable de" bien qu'il soit possible de dire (peut-être) "je suis capable à"

Les deux me semblent juste mais favorisez dans le doute la préposition "de"
J'avoue avoir aimé votre discussion. Je ne me pose qu'une seule question. Avez-vous conscience qu'au lieu de débattre du bon usage prépositionnel suite au nom "capacité", vous avez basculé dans un affrontement verbal?

Cela dit, continuez. C'est tout à fait plaisant! (évitez les fautes cependant!)
Bonsoir. =)

Oui, bien sûr, notre joute verbale a légèrement dévié du sujet initial du fil, j'en suis bien conscient. Nous avons cependant assez largement traité de l'essentiel dudit sujet au début du fil, il me semble.

Notez aussi que la fameuse "rencontre malencontreuse de voyelles" est un pseudo-argument récurrent de Vaugelinet à propos de la préposition à utiliser après "capacité". Ce n'est donc pas tout à fait en-dehors du sujet…

Bien content que la discussion vous ait semblé malgré tout plaisante.
Quant à éviter les fautes… De quelles fautes parlez-vous, par curiosité ?
Bonsoir,

Pourrions-nous éviter une deuxième déviation du sujet ? Merci à tous.

Muriel
Bonsoir, Muriel.

Oui, c'est la voix de la sagesse… 😉
C'est sûr, je me suis laissé un peu emporter.
On en reste là !
Jehan,

Tous les arguments peuvent se discuter. Et il peut y avoir du bon dans les uns comme dans les autres, étant donné qu'en effet, le français évolue. Je déplore simplement l'agressivité que vous avez cru bon de mettre dans vos répliques. Si vous le voulez bien, je resterai sur mes positions en ce qui concerne aussi bien "tout… que" + subjonctif, qui est ILLOGIQUE que "capacité de", qui est ILLOGIQUE ET LAID. Très franchement, je ne pensais pas susciter une telle virulence en signalant aimablement un usage trop laxiste. Vous avez répondu par le sarcasme facile et des propos insultants à ce qui était un avis qui continue à me sembler fondé. Mais il est vrai, d'une part que l'époque n'est pas à la rigueur, d'autre part que l'Internet et ses forums peuvent se révéler paranogènes dans la mesure où les intervenants ne se connaissent pas vraiment. Je vous promets, en tout cas, de ne plus encombrer ce forum de mes opinions psycho-rigides et vous laisse à votre flaccidité linguistique. Parce qu'avant tout, j'ai autre chose à faire que de m'énerver avec des caractériels.

Serviteur
Voilà qui confirme qu'en-dehors des grandes imprécations sur la dégénérescence supposée de la langue, tu es tout à fait incapable de répondre aux questions précises que j'ai présentées posément.
Dire simplement qu'un usage est "illogique" sans indiquer pourquoi, en estimer un autre "laid", ce n'est pas argumenter.

Ne pas confondre ce que tu estimes être de l'agressivité caractérielle avec des petites mises en boîte ironiques qui ne sont que l'écho des tiennes. Mais les tiennes, bien sûr, c'était de l'esprit et du meilleur… Jamais un mot plus haut que l'autre, aucun terme excessif, pas du tout méprisant pour quiconque. Comme tout le monde pourra le constater en relisant tes messages.

Rideau, "mon petit pote" !
Ah ! Que ces joutes oratoires sont édifiantes ! Leurs simples spectateurs ont franchement de quoi se marrer ! =D
P.S. Prière de bien vouloir corriger ma ponctuation " mal dominée " 😜.
Comme en fin de compte c'était de l'emploi de "de" et de "à" qu'on discutait et qu'on disputait, et d'une manière plus affirmative qu'explicative, je me demandais si la répulsion qui manifestait ses propriétés en moussant ne pourrait pas s'expliquer autrement que par une mauvaise naissance ou un nasillement de l'oreille.

Au cri de "Vive les mots", je ne voyais pas surgir des mots quelconques, ni même des mots rares et recherchés, mais des mots incompris et énigmatiques, et finalement une énigme tout court, qui me rappelait ce jeu de cache-cache si répandu dans la vie en société qu'il faut bien le considérer comme une réalité de la vie. Se cacher si bien qu'on ne vous trouve pas serait tricher, ne pas se cacher aussi, et finalement on fait "coucou".
C'est évidemment parce que ce jeu me répugne et qu'il me semble bête que je le repère partout où il se met, et que dans ma vie professionnelle, je m'appliquais à le dénoncer et à le poursuivre dans les sociétés de travail. Il est non moins évident qu'il ne répugne pas à ceux qui y jouent, et qu'il y a donc un malentendu qui n'est pas élucidé.

Malentendu qui n'est pas élucidé = énigme qui n'est pas… ?
Pour moi, on devine une énigme, autrement dit, c'est une devinette. Mais j'observe que certains la trouvent, pour qui c'est donc un mot recherché, d'autres qui la résolvent et pour qui c'est donc un problème, d'autres qui la retrouvent car ils parlent de mots perdus, d'autres qui….

Qu'est-ce donc que ce jeu ? Quelle est son âme ?

C'est alors que je me suis avisé qu'il y avait un champion. Il y avait consacré sa vie et suscitait probablement l'admiration de ceux qui l'imitaient. C'est le sieur Littré. Et en allant me promener sur ses platebandes, j'ai fait une découverte.

C'est au mot "résoudre". Comme on part forcément d'un préjugé, pour moi, ce mot s'appliquait à un problème et un problème se traite de deux manières: la résolution et la dissolution. Quand les gens sont coincés et vous appellent au secours, il faut passer de la première manière à la seconde. On n'y arrive pas du premier coup, et quand un client me demandait de solutionner un problème, il fallait, pour lui complaire, commencer par se pencher sur le problème en hommage aux solutionnations, avant de passer aux choses sérieuses. Mais qu'allait m'en dire Littré ?

Ce fut un éblouissement. Il commence en fanfare, cela résonne de tous les côtés, et puis ensuite on visite. Il y a 17 significations ! Diantre ! Et je ne reconnaissais rien: ces significations étaient inattendues, me paraissaient saugrenues. Il y en avait de toutes sortes. On y trouvait à boire et à manger. Cela traitait de tout, s'appliquait à tout, ne s'épuisait pas, se réfléchissait et s'étalait à l'endroit comme à l'envers et se mariait de la main droite ou de la main gauche, par "de" et par "à", selon les mœurs du temps avec des accusations de barbarisme et des condamnations par l'Académie.

Une telle profusion ne peut pas être innocente. Il faut choisir. Comme à pile ou face: si tu prends "de", je prends "à". La dispute ne porte pas sur le fond, elle est inscrite dans les formes et s'épanouit dans l'alternance et l'altercation. Et à la fin, Littré vous donne l'ultime explication: si vous croyez que résoudre, c'est ressouder, votre interlocuteur croit le contraire.

Et cela se prolonge. Si vous cherchez la signification du mot "solution", vous allez trouver "Proprement…sens qui n'est pas usité". Je vais chercher le verbe usiter, et ne le trouve pas. Et s'il n'y a pas de verbe, que vient faire l'adverbe ? Je suis obligé de traduire: "le sens propre n'est pas en usage". Il ne reste plus qu'à comprendre, comme pour "solutionner"…
Vous n'avez pas trouvé "usité" dans le Littré ?
Je n'avais pas cherché "usité", j'avais cherché le verbe "usiter". Je trouve bien "usité" adjectif, mais il n'y a pas de vie derrière. Regardez les exemples: "Quels mots sont usités dans une langue morte"
Dans ce participe passé, il n'y a plus de participe, il n'y a plus que du passé. C'est devenu un adjectif funèbre.
Volapük a écrit : Ah ! Que ces joutes oratoires sont édifiantes ! Leurs simples spectateurs ont franchement de quoi se marrer !
Tiens, c'est vrai. Pour une fois, tu n'as pas été partie prenante. Tu n'es pas venu mettre ton grain de sel pour semer la ziz… Oh, pardon: pour t'instruire !
P.S. Prière de bien vouloir corriger ma ponctuation " mal dominée ".
Hum… Je n'avais pas lu ce P.-S. C'était trop beau.
Cela dit, côté mini-provoc, je trouve que ton inspiration s'essoufle…
Attention Jehan, tu confonds Putakli et Yechoua !
Bonjour à tous,

Pensez-vous à tous les internautes qui devront lire deux pages de hors-sujet ? :/

Muriel
C'est vrai qu'on s'est un peu emballés… Moi tout le premier, je le reconnais, et malgré votre premier avertissement. Mais il est vrai que ce fil a attiré les interventions perturbatrices comme un aimant. Désolé pour les lecteurs éventuellement consternés…

(Un dernier mot pour Anne 345 avant de vraiment clore.
J'avais bien cité Volapük (message n°30) et non Putakli ou Yéochoua.)
Je "vote" pour Vaugelinet, mais me suis bien amusée tout en m'instruisant sur la finesse (et la beauté) de cette belle langue (d'adoption).

Merci donc à tous les deux de m'avoir permis (de) (à) mieux m'exprimer. PS à tout les deux :

Voici la phrase qui avait chatouillée mes yeux et fait trembler mon oreille interne né à l'étranger (et qui m'avait donné envie de chercher pourquoi) : "renforcer la fonction comptable en améliorant sa capacité de répondre aux évolutions réglementaires"…

Cette phrase ne me semblait pas bonne. Ce n'est pas la "possibilité" d'un système comptable, mais plutôt son "aptitude" à répondre aux besoins…. Si vous aviez une expression plus heureuse, je serai toute ouïe.
La capacité n'est pas qu'une simple possibilité… Elle permet de "pouvoir faire", tout autant que l' aptitude.

Cela dit, l'on aurait pu écrire :
"renforcer la fonction comptable, qui pourra ainsi mieux répondre aux évolutions réglementaires"…
Pardon, Muriel, mais la jouissance ressentie en lisant ces émouvants débats a été maintes fois décrite comme "édifiante", c'est-à-dire qu'elle répond ultimement à l'objectif que se fixe ce forum : renseigner les internautes sur le bon et bel usage de la langue. S'il est vrai que les belligérants ont quelque peu flirté avec les frontières du sujet, on aura apprécié cette joute oratoire dont Jehan, il faut le préciser, est sorti nettement vainqueur, esquivant les mesquineries de Vaugelinet l'Illustre donneur de leçons rigide(s? j'hésite) qui ne maîtrise même pas les archaïsmes dont il prétend défendre la pérennité. Jehan, vous avez mon admiration, rester calme devant tant de suffisance bornée, en alignant sans peine autant d'arguments illustrés et en soulignant les contradictions de votre détracteur, me rend admiratif.