Capacité à / capacité de
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Je vois employer toutes ces deux structures l'une pour l'autre sans en percevoir la différence pour un bon emploi.
Quelqu'un pourrait-il me filer un coup de main ? Mille mercis de ma part.
ip.
Normalement, c'est DE, puisque capable se construit avec DE.
* Notre capacité de production.
* Notre capacité de produire… (On trouve aussi A devant l'infinitif.)
On utilise POUR lorsqu'il s'agit de personnes et que capacité est employé (entre autres ?) avec l'article partitif ou avec l'article indéfini + adjectif.
* Ils ont de la capacité pour les mathématiques.
* Ils ont une grande capacité pour les mathématiques.
Oui, mais mes lanternes portent notamment sur la construction "capacité + préposition + infinitif". On emploie tantôt "à", tantôt "de", donc quelle différence ?
Je ne vois aucune différence ou nuance de sens.
* La capacité DE produire…
* La capacité A produire…
La construction avec DE me semble la plus fréquente ; et d'ailleurs plus simple, puisque capable se construit avec DE.
On peut préférer A pour éviter une répétition de DE :
* La capacité d'un enfant à apprendre. (Exemple du Petit Robert)
je me permets de glisser une autre question plus ou moins relative à celle-ci, c'est-à-dire à la construction "nom + préposition + verbe infinitif".
après "difficultés" et "facilités", quelle préposition est de préférable. Que diriez-vous de ces phrases:
- tu as des facilités à te procurer un programme de technique
- tu as des facilités de te trouver un bon emploi
- tu as des difficultés à sauter le pas
- tu as des difficultés de louer un appart
…
c'est pertinent ?
merci encore.
C'est grammatical.
Voici ce que dit HANSE :
FACILITE
1 Sens de "possibilité que l'on a" : de + infinitif.
* La facilité de se renseigner sur place.
* La facilité de le rencontrer tous les jours.
2 Sens de "aptitude" : à / pour + infinitif.
* Une étonnante facilité à / pour apprendre.
Je paraphrase :
* Dans ce secteur, les facilités de trouver un emploi sont grandes.
* Avec vos diplômes et votre expérience, vous aurez une grande facilité à / pour trouver un emploi.
DIFFICULTE
Avec difficulté, à / de + infinitif.
* La difficulté à / de résoudre ce problème.
Bonsoir…
Ayant eu l'occasion de faire des recherches sur le sens (et le rôle dans la syntaxe) des prépositions devant un infinitif, je me permets de vous conseiller la lecture de ce texte (lien ci-dessous), d'une part car il devrait vous apporter des réponses, d'autre part car je suis ouvert à vos critiques…
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https://linguistiticker.skyblog.com/
Cordialement…
Je vous invite à lire la page de l'Office de la langue française du Québec qui traite justement de ce sujet.
Voici le lien :
https://vitrinelinguistique.oqlf.gouv.qc.ca//bdl/gabarit_bdl.asp?Th=3&id=3427Je ne suis pas du tout d'accord avec la tolérance de "capacité à + infinitif", qui est d'ailleurs de plus envahissante à cause de l'appauvrissement du vocabulaire et de lui seul. Je m'explique.
L'adjectif "capable", qui a donné le substantif "capacité", se construit exclusivement avec la préposition "de". Restons donc logiques et n'employons que "capacité de + infinitif". Si l'on commence à employer ainsi n'importe quelle préposition à la place de la bonne, on finira par dire et écrire n'importe quoi : "J'habite SUR Paris", par exemple… horreur qui n'est déjà que trop fréquente.
L'objection selon laquelle certaines tournures employant "capacité de + infinitif" sont disgracieuses, d'où l'utilité de la préposition "à", tombe tout naturellement, car si l'on veut éviter une répétition inélégante (souci au demeurant fort légitime), on dispose d'un synonyme commode : "aptitude", qui se construit (c'est-y pas beau, m'sieur dames ?) uniquement avec "à".
La généralisation de l'odieux "capacité de + infinitif" est l'arbre qui cache la forêt, à savoir - je le répète - l'appauvrissement dramatique du vocabulaire de nos contemporains, sur lequel on pourrait écrire des volumes entiers.
Merci de m'avoir lu jusqu'ici.
Horreur, odieux, dramatique…
Cher Vaugelinet, ton illustre aïeul serait sûrement charmé de t'avoir légué
un tel sens aigu de la nuance !
"La généralisation de l'odieux "capacité de + infinitif" est l'arbre qui cache la forêt…"
Amusant lapsus.
Puisque "capacité de" est au contraire la seule construction que tu admettes. Un peu tête en l'air, ce matin ?
Avoir le choix entre "à" et "de"
(voir ici) au lieu de se contraindre rigidement à une seule préposition
constituerait selon toi un
appauvrissement dramatique du vocabulaire de nos contemporains…
? Là, ta logique m'échappe un peu.
Je pense aussi que la préposition est liée non pas au verbe, mais à l'emploi qu'on en fait.
Sa capacité en droit est de 24 litres me choquerait.
La capacité de ce récipient est de réciter une fable de La Fontaine me choquerait aussi.
Capabilité n'existe pas. Capacité en tient lieu. Un incapable manque de capacités.
PS pour Vaugelinet :
Article CAPACITÉ du dictionnaire de l'Académie :
2. Aptitude. Je doute beaucoup de sa capacité à tenir cet emploi.
Ben oui, quoi, tout le monde peut se tromper comme disait le hérisson… hihihi !… bref. Non, très cher, l'appauvrissement du langage tient au fait d'oublier que le mot "aptitude" peut être employé à la place de "capacité" quand on veut éviter une asonnance. Vu ? On aura bien voulu lire "assonnance" !… Pardon pour cette impardonnable faute d'aurtaugrâfs.
Tiens, en fait d'assonnance, en voici une, justement : à cause du voisinage malheureux du é et du à, "capacité à" sonnera toujours moins bien que "capacité de" ; à l'oral surtout, bien sûr.
(Et toc !) Eh bien, je plains fort l'Agagadémie Françouaise de n'être point d'accord avec moi, parce qu'elle a donc forcément tout faux, hahaha !
Ce n'est pas forcément parce que l'on emploie "capacité à" que la tournure "aptitude à" ne serait plus comprise ni utilisée. L'argument de l'appauvrissement du vocabulaire est donc tout à fait spécieux, je le maintiens…
En rajoutant un S à son "asonnance", le hérisson étourdi ne corrige qu'à moitié.
Il persiste en effet à écrire le mot avec deux n au lieu d'un…
De plus, en nommant "assonance" une rencontre malencontreuse de voyelles, il fait une seconde erreur.
L'assonance étant la répétition du même son-voyelle, la rencontre "é-a" n'est pas une assonance.
Et alors ? En réalité, la rencontre n'est pas si malencontreuse !
Par ma citation du dico de l'Académie, j'ai simplement voulu suggérer que les académiciens, tout frileux et conservateurs qu'ils soient en matière de langage, le sont tout de même bien moins que toi, en l'occurrence.
Plus frileux et conservateur que l'Académie, faut tout de même le faire…
Je vais être teigne et mesquin : OK, je m'ai à nouveau planté avec le lapsus "assonNance", mais on écrit "tout frileux et conservateurs qu'ils SONT" et non pas "qu'ils SOIENT", car dans l'esprit de l'auteur, du moins, la frilosité et le conservatisme des agagadémiciens semble être un fait avéré (ou est-ce que je me trompé-je derechef ?).
Suggestion de riposte : "Gnagnagna, gnagnagna, d'abord on écrit "je me SUIS à nouveau planté""… Qu'est-ce que je suis sympa, tout de même : je vais jusqu'à me planter exprès !
Comme quoi chacun est faillible selon le temps qu'il fait, la direction du vent, l'horaire des marées, l'âge du capitaine, etc. …
(Il commence à être gavant, ce Vaugelinet…)
Cela étant dit, et très sérieusement, je persiste et signe une dernière fois en maintenant que l'expression "capacité à" est à la fois fautive et écorcheuse d'oreille bien née. Comment se fait-il qu'on ne lise et n'entende cette énormité que depuis quelques années, et sans cesse davantage ? Comment nos devanciers s'y prenaient-ils pour exprimer la même idée ? Ils avaient de la logique, évitaient de dire et d'écrire n'importe quoi et employaient "capacité de" OU "aptitude à", selon les besoins de l'euphonie. Et si quelques-uns ont usé de cette tournure calamiteuse, nous dirons qu'ils ont fait là office de tristes pionniers… On peut se tourner le doigt là où l'on veut pendant des lustres, "capacité à" est une faute et une mocheté, point barre. Lénine disait (en expert) : "Il suffit de répéter un mensonge assez souvent pour en faire une vérité". Quant à Ionesco, il a bien montré, dans sa géniale pièce "Rhinocéros", combien quelque chose de mauvais peut séduire de gens à force de répétition et finir par s'imposer comme étant la norme. Mutatis mutandis, je soutiens que même en s'imposant dans la rue ou la littérature de gare, un mauvais usage reste mauvais, car le bon usage et le flair linguistique n'ont que faire de la loi du nombre.
Bonsoir, Vaugelinet.
Bien que et tout…que sont des locutions conjonctives exprimant la concession.
Bien que est toujours suivi du subjonctif.
Pour tout…que, l'indicatif est certes permis, mais le subjonctif est employable également même si le fait énoncé est avéré. Je m'explique.
Le subjonctif dans les subordonnées de concession
n'exprime pas un fait non avéré, mais bien une cause inopérante :
Bien que Vaugelinet soit gavant (fait avéré, mais cause inopérante), je prends la peine de lui répondre encore.
Tout gavant quesoit Vaugelinet (fait avéré, mais cause inopérante), je lui réponds derechef.
Tout conservateurs quesoient les académiciens (fait avéré mais cause inopérante), ils admettent "capacité à" depuis bien des lustres.
Et gnagnagna, 😜 comme tu dis si bien.
"Oreille bien née"… Il faudra m'expliquer ce que tu entends par là. Il existerait des oreilles plus nobles que d'autres ? Le français ne manque pas de mots et de tournures irréprochables dans lesquelles on ouït la séquence é-a qui écorche ici ton tympan si délicat. J'en ai déjà donné des exemples. Tu dois avoir un tympan à géométrie variable. De plus, pourquoi "sitéa" serait-il moins euphonique que "tituda" ? Ta subjectivité personnelle n'est pas un argument.
Tu ne crois sans doute plus au père Noël. Mais tu es toujours assez naïf pour être persuadé de l'existence d'un âge mythique de la langue, où l'on écrivait et parlait logiquement, sans nulle tournure qui pût écorcher l'oreille des Vaugelinets de l'époque. C'est attendrissant.
Snif, snif… C'est quoi, le "flair linguistique" ?
Ah oui, ça y est, je viens de comprendre : c'est ça, une "oreille bien nez" !
Une oreille qui se pince les narines dans les rues et dans les gares; et même, en l'occurrence, sous la Coupole ou dans les universités.
Ainsi soit-il.
Ah ! Qu'en termes courtois ces choses-là sont dites ! =)
Puis-je me prononcer en tant qu'observateur objectif et impartial pour annoncer la victoire éclatante de Jehan dans ce débat ? En toute subjectivité, je pense que oui. 😉
Mon cher Jehan,
Ne t'en déplaise, et n'en déplaise à ton fan club, tu te plantes. Avec esprit, certes, mais tu te plantes. […] Ta distinction des plus spécieuses et pédantes autour de "cause inopérante" ou non n'existe tout bonnement pas. Vérifie dans le Littré, qui ne prévoit nulle part la possibilité d'employer "tout… que" + subjonctif. Tu as dû le rêver, tout comme tu finiras par rêver un jour qu'on peut très bien dire et écrire "capable à raisonner" dans la mesure où tu auras commencé par prétendre qu'on pouvait très bien dire et écrire "capacité à raisonner". C'est exactement ainsi qu'une langue se déforme et s'appauvrit. Par renoncements successifs à sa logique, à son élégance, à son génie - lentement perfectionnés au fil des siècles. Grâce à toi, on peut constater que quelqu'un qui se pique de connaître le français peut aller jusqu'à encourager notre langue à dégénérer. C'est vraiment triste.
En outre, il faut avoir de la… cire dans les oreilles pour ne pas entendre une nette différence d'euphonie entre le son "sitéa" et le son "tituda". Dans le premier cas, il y a passage d'une voyelle à une autre, ce qui est toujours à éviter, alors que dans le second, la présence d'un e muet en fin de mot établit naturellement la liaison sonore du d de la dernière syllabe avec la voyelle suivante, en l'occurrence la préposition à. Mais au passage, tu auras fait ton petit effet au prix de la réflexion, et ton fan club n'y aura vu que du feu. Bravo, l'artiste.
"Oreille bien née" : c'était manifestement de l'humour, un innocent clin d'oeil sans la moindre agressivité, et tu fais mine de ne pas le comprendre, ce qui est un signe de mauvaise foi, doublé d'un moyen assez inélégant de faire rire les sots aux dépens de ton contradicteur (voir ci-dessus).
Qu'est-ce que le "flair linguistique", demandes-tu. Mais c'est exactement ce qui te fait défaut, mon petit pote. Tu l'as remplacé par de l'esprit à deux ronds. Et ce n'est pas en te réclamant à la fois des rues, des gares et de la Coupole que tu pourras le retrouver, si tant est que tu en aies jamais été doué.
« Il est permis de violer l’histoire, affirmait Alexandre Dumas, à condition de lui faire un enfant. » C'est peut-être vrai pour l'histoire, c'était peut-être vrai pour Alexandre Dumas, mais quand on viole la langue, on lui fait des hérédos, point barre. (Message édité)