Bonsoir,
J'ai encore une question !
Quelle est la règle qui précise quand il faut utiliser le pronom 'lui' et quand il faut utiliser le pronom 'le / la' ?
Merci beaucoup !
Le la les remplacent un nom COMPLEMENT OBJET DIRECT
Exemple ! je mange une pomme (une pomme =COD )
donc : je la mange
Lui remplace un nom COMPLEMENT INDIRECT (introduit par une préposition)
Exemple ! je parle à Pierre (à pierre=COI - préposition à)
donc: je lui parle
Attention s'il y a deux compléments le direct passe en premier
Exemple ! je donne une pomme à Pierre
donc : je la lui donne
Voilou !
Bonsoir !
La place des DEUX COMPLÉMENTS (direct et indirect) pronoms personnels n’est pas si simple. Je profite de l’occasion pour faire un "petit" exposé.
1 RÈGLE DE BASE :
- le COI / COS autre que lui / leur précède le COD,
- le COD précède lui / leur,
- y et en sont en dernière position, et y précède en.
DONC RESPECTIVEMENT :
- me, te, se, nous, vous,
- le, la, les,
- lui, leur,
- y et en.
* À n’en point mentir, j’aime un peu plus la vérité quand c’est moi qui la trouve que quand c’est un autre qui ME LA montre. (VINCENT VOITURE)
* Je résous maintes questions en ne ME LES posant pas. (LOUIS SCUTENAIRE)
* Si je veux avoir ton opinion, je TE LA dirai. (MARCEL JOUHANDEAU)
* Ne demande que les choses qu’on s’amoindrirait en TE LES refusant. (JEAN ROSTAND)
* Il faut courtiser sa femme comme si jamais on ne l’avait eue ; il faut SE LA prendre à soi-même. (SACHA GUITRY)
* En politique, la sagesse est de ne point répondre aux questions. L’art est de ne pas SE LES laisser poser. (ANDRÉ SUARÈS)
* Les femmes adorent souvent en nous nos plus grands ridicules, quand elles peuvent se flatter que c’est notre amour pour elles qui NOUS LES donne. (CLAUDE CRÉBILLON)
* Je n’ai pas reçu votre chèque. – Rassurez-vous, je ne VOUS L’ai pas envoyé.
* Toute femme qui, en pareille occasion, parle de sa vertu, s’en pare moins pour vous ôter l’espoir du triomphe que pour VOUS LE faire paraître plus grand. (CLAUDE CRÉBILLON)
* Dites à une femme qu’elle est jolie, le diable LE LUI répétera dix fois par jour. (PROVERBE FRANÇAIS)
* Dans la solitude, le solitaire se ronge le cœur ; dans la multitude, c’est la foule qui LE LUI ronge. (FRIEDRICH NIETZSCHE)
* Soyez, si possible, plus sage que votre prochain, mais ne LE LUI faites jamais remarquer. (COMTE DE CHESTERFIELD) [IMPÉRATIF NÉGATIF]→ Règle de base.
* La meilleure façon de se venger d’un homme qui vous a pris votre femme, c’est de LA LUI laisser. (Sacha Guitry)
* Ce que l'homme achète cent mille francs chez la femme qui lui vend son corps - la beauté -, il ne l'estime pas dix mille francs chez la femme qu'il épouse et qui LA LUI donne par-dessus la dot. (E. ET J. DE GONCOURT)
* N’attaquez jamais un homme pour les idées qu’il n’a pas : vous LES LUI donneriez. (PIERRE ROYER-COLLARD)
* Une femme qui se vend contre des promesses est moins vile que celui qui LES LUI fait, si elles sont fausses. (HENRY DE MONTHERLANT)
* Le misogyne a trop aimé les femmes et ne LE LEUR pardonne point. (Masson)
* Les femmes n’aiment pas l’avenir, qui LE LEUR rend bien. (ÉMILE HENRIOT)
* Je VOUS EN parlerai. Je VOUS Y verrai.
* La jeunesse est un défaut, mais on S’EN corrige très vite. (Goethe)
* Il Y EN aura, des truffes.
2 EXCEPTION : LORSQUE LE VERBE EST UN IMPÉRATIF AFFIRMATIF :
- COD (le, la, les),
- COI (moi, toi, lui, nous, vous, leur),
- y et en.
* Donne-LE-MOI. (Mais : Ne ME LE donne pas. Règle de base)
* Donne-LE-LUI.
* Si vous avez à choisir entre demeurer avec votre belle-mère ou vous brûler la cervelle, brûlez-LA-LUI. (Victorien Sardou)
* Si vous me savez peu de gré de ce que je vous dis, sachez-M’EN beaucoup de ce que je ne vous dis pas. (DENIS DIDEROT)
* Va-T’EN. Allons-NOUS-EN. Parlez-LUI-EN. Mettez-M’EN dix.
* Gardez-VOUS-EN bien. Souviens-T’EN. Fais-M’Y PENSER. Laissons-L’Y en paix.
REMARQUES
1 On trouve parfois le COI avant le COD lorsqu’un des pronoms est de la 1ère ou de la 2e personne :
* Rends-NOUS-LES. (Hugo)
* Montrez-MOI-LA. (Proust)
* Tenez-VOUS-LE pour dit. (Nerval et autres)
2 On observera :
- que le ou les traits d’union ne se trouvent, en postposition, que dans les formes de l’impératif affirmatif ;
- que le trait d’union disparaît en cas d’élision, laquelle en tient lieu.
Je vous remercie pour ces explications ! Et aussi pour les verbes impératifs. 🙂
Bonjour~~ !
J'ai quelques questions à vous poser.
D'abord, voici le contexte (Les misérables de Hugo) :
Elle parlait avec un parler picard qui égayait les pensionnaires. Tous les ans, elle renouvelait solennellement ses vœux, et, au moment de faire serment, elle disait au prêtre : Monseigneur saint François l’a baillé à monseigneur saint Julien, monseigneur saint Julien l’a baillé à monseigneur saint Eusèbe, monseigneur saint Eusèbe l’a baillé à monseigneur saint Procope, etc., etc. ; ainsi je vous le baille, mon père. — Et les pensionnaires de rire, non sous cape, mais sous voile ; charmants petits rires étouffés qui faisaient froncer le sourcil aux mères vocales.
Une autre fois, la centenaire racontait des histoires. Elle disait que dans sa jeunesse les bernardins ne le cédaient pas aux mousquetaires. C’était un siècle qui parlait, mais c’était le dix-huitième siècle. Elle contait la coutume champenoise et bourguignonne des quatre vins avant la révolution. Quand un grand personnage, un maréchal de France, un prince, un duc et pair, traversait une ville de Bourgogne ou de Champagne, le corps de ville venait le haranguer et lui présentait quatre gondoles d’argent dans lesquelles on avait versé de quatre vins différents. Sur le premier gobelet on lisait cette inscription : vin de singe, sur le deuxième : vin de lion, sur le troisième : vin de mouton, sur le quatrième : vin de cochon.
1. En ce qui concerne les cinq '
le(l')' que j'ai marqués en gras, je sais bien que le dernier est une partie de l'expression figée
'le céder à qqn' ; donc pas de problème.
Mais, je n'arrive pas à trouver le référent des premiers quatre '
le'.
Au début, j'ai pensé qu'ils désignent 'serment'.
Mais le mot 'serment' n'étant pas dit par la centenaire mais par l'auteur Hugo, il me semble que ce ne peut pas être remplacé par le pronom '
le' dans l'enoncé de la centenaire.
Quel est le référent des quatre '
le' ?
2. Concernant les noms soulignés, vu le verbe 'traversait' au singulier, il me semble qu'ils désignent un même personnage ; mais je n'en suis pas sûr.
Veuillez m'éclairer.
3. Dernièrement, dans 'on avait versé
de quatre vins différents', je veux savoir la nature de
'de' ; est-ce l'article partif ou le variant de 'des' devant l'adjectif numéral ou autre ?
Merci d'avoir lu mes questions qui sont longues, et j'attends vos réponses amicales.
1. Je pense comme toi que "le" se réfère à "serment". Hugo ne rapporte pas la conversation qui précède, et le mot est sous-entendu.
J'en ai profité pour apprendre ce qu'était une mère vocale.
2. Non, ce sont des personnages différents. La virgule remplace ici un "ou". C'est pourquoi l'accord est au singulier.
3. Oui, partitif.
lamaneur a écrit :2. Non, ce sont des personnages différents. La virgule remplace ici un "ou". C'est pourquoi l'accord est au singulier.
Merci, lamaneur !
J'ai voulu croire que ce sont des personnages différents.
Mais la conjonction
'et' dans '
un duc et pair' m'a empêché d'y croire.
En tout cas, je suis très satisfait de ta remarque ;
'des personnages différents' me plaisent beaucoup.
Bonne soirée, lamaneur !
Hwang(moijesuisneant) a écrit :J'ai voulu croire que ce sont des personnages différents.
Mais la conjonction 'et' dans 'un duc et pair' m'a empêché d'y croire.
Le
duc et pair, là, c'en est bien un seul !
Merci toujours, lamaneur !!! 🙂
Bonjour à tous,
En tant que prof de FLE (Français Langue Etrangère, pour ceux qui n'ont pas le français comme langue maternelle), je me frotte à un certain nombre de bizarreries de la langue française. En voici une sur les pronoms compléments, un cas qui concerne le subjonctif :
Il faut qu’il donne sa feuilleà son professeur ? -> Non, il ne faut pas…
Intuitivement je dirai "il ne faut pas qu'il lui la donne", mais cela va à l'encontre des règles puisque normalement le COD se place avant le COI. S'agit-il d'une erreur de ma part ? D'une exception dont personne ne parle ? Je n'ai pas pu trouver de cas impliquant le subjonctif dans les livres que j'ai consultés, même Riegel est muet sur le sujet…
Merci de votre aide !
Je ne pense pas que ça ait de rapport avec le subjonctif. On dit normalement : Cette feuille, je la lui donne (et non pas "* je lui la donne").
Mais c'est vrai qu'on dit : tu me la donnes, il me la donne, nous te la donnons, vous me la donnez, ils me la donnent… (mais : je la leur donne).
Je n'avais jamais remarqué cette bizarrerie du français !
Pour l'ordre des pronoms devant le verbe, voir [lien invalide]
Voir aussi Riegel page 372.
"il ne faut pas qu'il lui la donne"
"il ne faut pas qu'il la luilui la donne".
Dans la grammaire méthodique il y a bien le tableau qui donne l'ordre des pronoms mais pas explicitement de cas au subjonctif. Riegel dit un peu plus loin que "la langue familière inverse souvent l'ordre de pronoms", j'imagine donc que ma confusion vient de là.
Merci de m'avoir répondu !
En espagnol (et en portugais) on dit "donne-moi-le", et les pronoms sont même intégrés dans la forme verbale (dámelo). Encore plus fort, ils précisent : "Donne-moi-le à moi !" (Dámelo a mí!)
Ils sont fous ces Ibères… 😉
C'est pareil en italien : dammelo, "donne-le moi".
J'entends souvent autour de moi des gens qui "ne parlent pas bien" dire : Donne-moi-le.
C'est très commun, et c'est probablement ce que vise Riegel quand il dit, selon un message
supra : « Riegel dit un peu plus loin que "la langue familière inverse souvent l'ordre de pronoms" ».
L'Académie n'aime pas mais reconnaît que c'est courant :
https://www.academie-francaise.fr/donne-moi-le
Voir aussi le fil
ad hoc :
https://www.etudes-litteraires.com/forum/d/1983/place-du-pronom-personnel-a-l-imperatif-donne-le-moi