Là JSC vous êtes trop pointu pour moi, je ne peux pas vous répondre. Néanmoins, à première oreille, été et étais sonnent strictement de la même façon, du côté d'Amiens. A réentendre, donc…
Zorah
J'espère me déplacer à Beauvais dans un prochain temps. 🙂
À propos de
été et
étais, JSC a écrit :
Il serait difficile à confondre un nom avec une conjuguaison.
Mais
été n'est pas qu'un nom; ce participe fait aussi partie de la conjugaison du verbe
être, tout comme
était. Confusion possible donc.
Ah bon!
Tu as l'habitude de conjuguer ^étre:
j'ai était
tu as était
il a était
…….
?
Rassure-toi, je sais conjuguer. Mais j'ai enseigné longtemps à de très jeunes élèves bordelais, qui lors des dictées ne maîtrisaient pas encore la distinction grammaticale entre participe et imparfait, et ne savaient pas toujours trop bien, quand ils entendaient "jéhété", s'ils devaient écrire "été" ou "étais" ou "était". Sans parler du "jé" : j'ai, j'est, j'es ? Pour y remédier, on faisait évidemment pas mal de leçons sur ce genre d'homophonies.
Mais sur ce fil, il n'est pas tant question de risques de confusion que de prononciation similaire. Et dans le Languedoc aussi, il semble bien qu'on fasse rimer la saison été et l'imparfait était.
Que ce soit à Pézenas avec Boby Lapointe :
"C'était l'été
Et telle était
Notre soif de tout ce qui est aqueux…"
…ou à Narbonne avec Trenet :
"C'était c'était c'était
Le temps heureux que j'envie
C'était la chanson de l'été
C'était ma vie…"
Bonjour à tous,
Qt à moi, je prononce les "lé" et des "dé", n'oublions pas que les mots ont des origines et dans notre cas c'est le latin, hors nous savons que bcp de mots se prononcent différemment selon les régions, cela ne va pas à l'encontre d'une éducation nationale : l'éducation nationale, plus exactement le dictionnaire (et donc l'académie fr) devrait s'appuyer sur la géographie du mot dans la mesure du possible.
Et oui, nous ne sommes pas tous de la même région (Paris) et de nombreux mots trouvent leur naissance dans nos belles régions et leurs prononciations ont été galvaudées par certains 😉
Au revoir lé amis 😉
Voici des extraits du message que j'ai adressé en 2009 à Madame Lucot, en charge de la phonétique et des homonymes pour la rédaction du dictionnaire Le petit Robert. Je n'ai pas reçu de réponse…
Je continue, chaque année, de relever dans les copies d'élèves des confusions orthographiques importantes, signe révélateur de la perception phonétique des mots traités dans le message. Une enquête phonétique rigoureuse permettrait sans doute de vérifier des inexactitudes dans la transcription phonétique proposée par le Petit Robert.
Objet : Transcription phonétique de : des, les, ces, ses, mes, tes.
Madame,
Professeur de français […], je me permets de vous soumettre un petit problème de transcription phonétique.
Le dictionnaire Le Robert indique pour les mots indiqués en objet une prononciation qui me semble ne pas correspondre à l’usage le plus courant.
Si je me fie à la transcription phonétique indiquée par le Petit Robert, les mots ci-après présenteraient le même phonème vocalique [é] :
des / dé,
les /lé,
ces, ses / céder,
mes / mémé,
tes / tétée.
Or, il me semble que les déterminants (articles et adjectifs) en question ont en commun le phonème [è]. Ainsi, je propose de considérer comme homophones les mots suivants :
[dè] des, dais
[lè] les, laie, lais, lait
[mè] mes, mai, mais, mets, met ;
[tè] tes, taie, tais, tait ;
[sè] ses, ces, sais, sait ; ces derniers mots étant d’ailleurs parfois confondus par mes élèves avec s’est et c’est.
Alors, suis-je influencé par une prononciation régionale (bretonne, en l’occurrence, celle de mes origines) ou y a-t-il là matière à revoir la transcription phonétique donnée par le Petit Robert ?
En vous remerciant de votre attention, je vous prie de recevoir, Madame, l’expression de mes sentiments distingués.
ses, ces, sais, sait ; ces derniers mots étant d’ailleurs parfois confondus par mes élèves avec s’est et c’est.
Cette confusion est effectivement fréquente à l'écrit, mais je doute que ce soit une question de prononciation.
Je suis née à Marseille où chacun sait que l'accent, c'est quelque chose !
Les rose, jaune, pose, pause, les é et les è, on ne les distingue guère à l'oral.
Cela n'empêche pas de bien les orthographier à l'écrit, car c'est le sens qui prime.
Par contre, j'ai souvent observé cette faute, paradoxalement lorsque j'enseignais dans le Nord :
le travaille.
Pour moi, les problèmes d'orthographe de certains de nos élèves demeurent vraiment mystérieux.
Pourquoi, par exemple, lit-on souvent sur ce forum même :
je suis en terminal. ?
Depuis plus de 40 ans en Bretagne, je n'ai jamais remarqué la prononciation de les ou des avec un e ouvert…
Alors, moi, je te dis pas.
les ou des, c'est lé et dé. 😉
Tu n'es jamais venue à Paris ?!!
Les deux prononciations existent et non seulement se répartissent selon les régions, mais peuvent coexister chez un même locuteur.
Tout d'abord, on notera que le TLFi enregistre les deux prononciations : [lε] et [le] (je ne vais considérer que le cas de "les").
En lisant le message le message de jpmoreau, je me suis dit :
« Tiens, je prononce exactement comme lui. »
Puis je me suis observé, discrètement (pour ne pas m'influencer !), dans différentes phrases, et je pense que ma prononciation varie selon les situations et le contexte. Le [lε] que je fais bien ouvert quand j'énonce le mot "les" seul, se retrouve éventuellement fermé en [le] quand le mot est en contexte.
Au fond, c'est déjà ce qu'observait Fouché dans son
Traité de prononciation comme déjà dit plus haut dans le fil :
" Au théâtre, les monosyllabes ces, des, les, mes, ses, tes, se prononcent avec [ε]. Mais c'est là une prononciation artificielle, qui peut être de mise dans le discours ou même dans la lecture soignée, mais qui paraîtrait affectée dans la conversation."
C'est une observation vieille d'un demi-siècle, l'usage a sûrement encore un peu changé.
Tu n'es jamais venue à Paris ?!!
Je suis venue pour la première fois à Paris à l'âge de 19 ans pour passer l'oral des concours.
J'y ai aussi vécu plus tard, et j'y vais plusieurs fois par an.
J'ai trouvé que certains prononcent systématiquement è même pour des mots qui portent l'accent aigu, et qu'ils ne peuvent absolument pas faire la différence en -in et -un (brin et brun), ce qui m'irrite prodigieusement.
Mais existe-t-il de vrais Parisiens ? 🙂
Prononcez-vous de la même façon les deux premières voyelles des groupes nominaux suivants:
les lézards, tes téléviseurs, des départs, ces cérémonies, ses sélections…
Moi, non. Parc contre, je le fais pour les groupes nominaux suivants:
les laisses, tes territoires, des destinations, ces certitudes, ses sèche-cheveux.
ils ne peuvent absolument pas faire la différence en -in et -un (brin et brun), ce qui m'irrite prodigieusement.
Ah bon, y a une différence ?
Je blague : mes manuels de phonétique m'ont appris l'existence de ce phonème [œ̃], mais jamais au grand jamais je ne le perçus de mes oreilles…
Cette prononciation s'est perdue : tout passe, tout casse, tout lasse…
Prononcez-vous de la même façon les deux premières voyelles des groupes nominaux suivants:
les lézards, tes téléviseurs, des départs, ces cérémonies, ses sélections
Oui. (Sauf sé- lèk-tion)
Je prononce :
Lé lè-sseu 😉
Té té-ri-toi-reu 😉
Dé dèss-ti-na-tions.
Cé cèr-ti-tu-des.
Sé sè-cheu-cheu-veu.
Cette prononciation s'est perdue
Comment ça perdue et par qui ?
Voilà bien pour me mettre en colère !
Lundi n'est pas lindi, Embrun n'est pas Embrin, un beau brun qui m'offre un brin de muguet n'est pas un beau brin de fille.
Oh, là, tu as touché le point sensible (bleu) et tu le sais (sè) bien, vilaine !
Oui, je sais nous n'avons pas gardé les oisons ensemble.
Mais bon faut bien s'amuser un peu.
Delia a écrit :Cette prononciation s'est perdue.
Pas partout, loin de là…
Certes, il m'a fallu quitter mon Poitou natal pour m'en rendre compte.
Mais venez en Aquitaine et tendez l'oreille, vous entendrez bien la différence entre un beau brun et un beau brin ! 😉
Dans mon Aunis, on entend(ait) bien la différence et j'avais été choquée que celui qui nous lisait la dictée de l'examen d'entrée en 6[sup]e[/sup] croit utile de préciser "pas brun qui fait brune, mais brin comme brindille". Peut-être était-il Poitevin ?