Prononciation de "les" et de "des"
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Bonjour,
Mes enfants commencent l'apprentissage de la lecture et j'ai un petit souci au niveau de la prononciation des articles "des" et "les" (ex. : "les" amis)
Dans une méthode (bosher) on prononce : è (es=è).
Quelqu'un peut m'éclairer ?
Merci.
Je prononce toujours, suivant ce qui m'est enseigné à l'école: les [lé], des [dé]. Je pense que ça dépend de chaque région.
Je vien de regarder dans le dictionnaire Littré, et la prononciation "officielle" de "des" et "les" est bien "é". Seulement, elle n'est qu'officielle, parce que la prononciation de certain mots varie d'un individu à l'autre, d'une région à l'autre etc.
Merci pour vos réponses.
Mais c'est étonnant alors que dans ce livre de la méthode bosher on donne une autre prononciation! Surtout que cette méthode est très utilisée.
Merci beaucoup pour votre aide, et si quelqu'un a encore des éléments de réponses…je les attend avec impatience!
Le Petit Robert, sous la rubrique LE, indique que la prononciation de LES est la même que celle de "méchant".
En Belgique, nous prononçons généralement è.
Même en France, cela varie d'une région à l'autre. C'est ce qui ajoute au charme des conversations, tout comme la variété des vins et des fromages…
Chez moi (Loire-Atlantique), région historiquement bretonne, on prononce toujours "les" et "des" comme "lait" !
tout comme le présent du subjonctif du verbe voir se prononce chez nous "qu'il voye" … "qu'ils voyent" lol !
La prononciation de "les", "des", "ces", "mes", "tes", "ses" varie d'une région à l'autre, et d'un dico à l'autre !
Prononciation è (la mienne, la meilleure bien sûr !) : confirmée par le Littré et le Larousse… et puis, c'est comme cela que j'ai appris dans mon excellente école primaire (Angers).
Pour moi, "des" se prononce comme "dès", et s'oppose à dé.
Prononciation é (quelle horreur !) : indiquée pourtant par le Robert… Après quelques recherches :
1/ Il semble que la prononciation classique (au 17ème, 18ème) de "les", "des", "mes", "tes", "ses", "ces" soit en è (è ouvert) et non en é (é fermé). C'est encore celle qu'indique Littré fin 19ème.
2/ Même chose quant à la pronociation soignée pour le chant, le théâtre ou l'art oratoire.
3/ En revanche, la prononciation la plus courante en France aujourd'hui semble en é. Sur un groupe d'étudiants en région parisienne, mais venant de diverses régions, un sondage rapide (et sans valeur scientifique !) m'a donné environ 3/4 de locuteurs se référant au é et 1/4 au è.
4/ Avez-vous d'autres éclairages ?
La méthode Boscher est un vieux livre d'apprentissage - seul l'enseignant fait la méthode- remise au goût du jour depuis que l'on reparle de syllabique: j'ai appris à lire avec ce livre en 1956, avec mon grand-père, à l'époque directeur d'école primaire.
Les méthodes d'aujourd'hui demande une conaissance de la phonologie, effectivement.
J'ai toujours appris à mes élèves que "les" et "des" se prononcent comme si l'on avait "lè" et "dè".
Je réfute d'avance et "a posteriori" tout argument concernant une régionalisation des prononciations: l'école doit enseigner une norme, faute de quoi il n'y aurait plus d'éducation "nationale".
Je prononce "lè" et "dè".
1 la personne qui a regardé dans le Littré soit ne sait pas lire soit à vu ce qu'elle voulait voir. Il y a bel et bien écrit : (lê), pluriel des articles le et la, ainsi que du pronom relatif de la troisième personne. Voyez LE 1 et 2.
c'est la prononciation traditionnelle du français
2 La prononciation "lé" 'n'est pas caractéristique d'une région, elle est caractéristique d'une perte phonologique qui a eu liieu d'abord dans les régions occitanophones et dans toutes les régions où le français n'est pas historique. Elle s'étend maintenant partout, voire chez des locuteurs traditionnels dont l'oreille finit par se déformer au contact des locuteurs du français simplifié.
3 Par ailleurs, et bien que pour un linguiste il y ait prééminence du langage parlé, il existe une règle qui dit qu'en français tous les e suivis d'un s se prononcent ouverts.
4 Pourquoi le Robert indique-t-il maintenant une autre prononciation tandis que le TILF indique encore les deux (je crois) ? Tout simplement parce que leur comité de rédaction n'est plus composé par des locuteurs natifs et qu'il prennent leur prononciation, ou celle de J. Chirac peut-être ? pour la norme.
Bonsoir,
Pour ma part, c'est les (lé). Chose bizarre, mon épouse née au même endroit que moi a tendance à prononcer lè.
Je ne prononce "lè" que pour lès.
D'ailleurs, pourquoi prononce-t-on mer "mère" et boucher "bouché" ?
Cela me fait penser que nombre de personnes du baby boom prononcent cahier "cahiè" et plombier "plombié" !
Pour apporter de l'eau à ce moulin, il est vrai que le "ê" a remplacé le "es"
Comme respondre => répondre?
Je m'en ébaudit (esbaudit) !
Et droslement pour l'étymologie de
resver => rever => rêver!!!!
Pierre Fouché nous dit dans son traité (p. 66) :
" Au théâtre, les monosyllabes
ces,
des,
les,
mes,
ses,
tes, se prononcent avec [?]. Mais c'est là une prononciation artificielle, qui peut être de mise dans le discours ou même dans la lecture soignée, mais qui paraîtrait affectée dans la conversation."
La plupart des présentateurs de télévision prononcent ces mots avec [e]. Mais sont-ils recrutés sur des critères "phonétiques" ? D'une façon générale le son [?] tend d'ailleurs à céder le pas à [e], par exemple dans
lait,
mais,
sifflet… et, fait particulièrement inesthétique, dans les terminaisons verbales en -
ais, -
ait, -
aient. C'est d'autant plus dommage, dans ce dernier cas, que la distinction avec le [e] des terminaisons du futur de la prononciation soignée disparaît alors totalement. Je me demande même si la confusion orthographique si courante des formes du futur et du condtionnel ne provient pas de cette prononciation fautive.
Saute-gouillets a écrit :prononcent cahier "cahiè" et plombier "plombié"
Cf. la confusion qui s'établit de plus en plus entre
et [e] et
est [?]. "Il est fou et heureux."
Bonsoir,
Je n'en suis pas persuadé, je prononce la terminaison de la première personne du singulier des futur et conditionnel de la même façon sans toutefois les confondre.
Ce n'est pour moi pas une question de prononciation mais d'intention.
Dans l'est de la france le futur se prononce "é" mais je ne l'ai pas noté ailleurs …
En cas de doute, la liaison peut faire la différence. Sinon, il suffit de changer de personne non ?
Est-ce que je me trompe en pensant que la prononciation des langues, en général, va en se simplifiant ?
Fouché (toujours lui) dit (p. 50) :
"Dans les formes verbales la finale
-ai se prononce [e]; cf.
j'ai [e],
je parlai [e],
je parlerai [e], etc.
Rem.- Noter la différence entre
je parlai,
je parlerai, avec [e], et
je parlais,
je parlerais, avec [?], conformément à ce qui a été dit plus haut, cette différence se maintient encore aujourd'hui dans la langue soignée; elle a presque disparu dans la langue courante où l'on prononce [?]dans tous les cas."
Je me souviens de mon professeur de français qui nous répétait chaque fois que l'occasion s'en présentait "Attention à votre prononciation ! On ne dit pas
parfin, mais parfum." Qui s'en soucie maintenant ? (C'est sans doute à elle que je dois mon amour des "lettres"…)
Saute-gouillets a écrit :Dans l'est de la france le futur se prononce "é" mais je ne l'ai pas noté ailleurs …
En Picardie c'est le contraire, tout se prononce é !
Eté et
étais ne se distinguent pas à l'oreille, pas plus que
serai et
serais… : [e] dans tous les cas.
Zorah, l'évolution phonétique se fait dans le sens de la simplification depuis le début de l'histoire : la loi du moindre effort.
Dans la région bordelaise aussi, tout se prononce "é". Les articles, le présent "est" du verbe être, la finale -et, l'imparfait, le futur simple et le conditionnel. Mais ce n'est pas le cas dans mon Poitou natal, en revanche.
Zorah a écrit :En Picardie c'est le contraire, tout se prononce é ! Eté et étais ne se distinguent pas à l'oreille, pas plus que serai et serais… : [e] dans tous les cas.
Il serait difficile à confondre un nom avec une conjuguaison.
Cependant, je me demande si la durée de l'é n'est pas différencte dans les deux cas.
ÉTÉ deux syllabes ± égales et longues.
ÉTAIS deux syllabes égales, courtes et une forte diminution d'intensité.