Bonjour.
Je suis en première S et j'ai écris une écriture d'invention en classe. Ma note (7/20) m'a surpris et, alors que j'aime profondément écrire, m'a destabilisé.
Je sais que ma démarche semble peu conventionnelle et même un peu stupide, mais ce n'est pas seulement de l'amertume qui me pousse à vous demander de juger mon écriture d'invention, mais plutôt de l'intérêt.
Etant notamment en pleine écriture d'un livre (qui ne se prétend pas pour autant particulièrement littéraire) et n'ayant aucune autre note de rédaction sur quoi m'appuyer depuis que je l'ai écrit, je me demande si je me fais des illusions sur mon style.
J'amerais donc recueillir plusieurs avis différents de façon à me cerner à peu près mon niveau sur cette écriture d'invention.
Merci.
Le sujet : Ecrire un monologue théâtral dans lequel le héros hésite entre deux grandes alternatifs et pèse le pour et le contre. (par exemple être ou ne pas être comme dans shakespeare)
Voici mon écriture : (j'ai alissé les nombreuses fautes d'ortographe et de synthaxe telles que je les ais rendu à mon professeur.
A la fin du XVIII ème siècle, Pierre, ancien page du roi, a toujours du subir ses vexations pour survivre et en a beaucoup souffert. La révolution ayant destitué son souverain, il retrouve une certaine liberté de mouvements qu’il n’avait encore jamais connu. Il hésite, ici, entre se mettre au service d’un nouveau maître ou profiter de ses rentes pour jouir de sa liberté nouvellement acquise.
Dans cette scène, Pierre est vêtu d’un costume de tissu rouge très élégant symbole de son ancien statut, mais déchiré à plusieurs endroits. Le côté gauche de la scène représente en fond un château majestueux et extrêmement compliqué du point de vue architecturale. A droite une végétation luxuriante et paisible avec des papillons et des biches a été dessinée.
« Rien ni personne ne devrait en ce jour être en mesure de choisir entre ces deux destinées : Travailler ou cueillir la vie qui nous est offerte ? Quelle terrible tentation vient ainsi m’appâter ! Ma résistance, effilochée au fil du temps, commence à faiblir devant mes espérances. Que faire et que choisir ? Quel terrible dilemme s’offre ainsi à nous, hommes ? D’un côté le doux chant de la paresse m’incline à céder, alors que de l’autre le tumulte de la pensée m’entraîne vers ma destinée ! Je suis né homme, et homme je resterais jusqu’à la fin de mes jours… (l’acteur prend alors sa tête entre ses mains dans un geste visible de désespoir) Etre un homme signifie-t-il devoir assumer la responsabilité de sa charge de connaissances et chaque jour rajouter au savoir commun ? (L’acteur semble soudain retrouver un peu de modération et s’avance prudemment vers la droite de la scène une main sur son cœur et la seconde devant lui tendue comme pour cueillir les fruits d’un arbre.) J’aimerais tant laisser mes pulsions m’emporter et profiter de chaque instant de la vie. Elle est si courte que chaque moment se doit d’être savouré. Chaque saveur et chaque senteur de ce si beau monde recueille une infinité de miracles et de curiosités. Mon désir, sans cesse plus dévorant que se prolonge mon abstinence, vient me susurrer chaque nuit de me laisser emporter à cet océan de délices et de splendeurs avant que ne s’interrompe mon temps en ce monde. (L’acteur presse le pas pour finalement arriver totalement du côté droit de l’estrade et tombe à genoux, signe manifeste qu’il ne souhaite plus bouger.) Le travail ne sert qu’à exploiter notre suffisance. A quoi sert de posséder tout le faste d’un empereur si c’est pour tomber de si haut ? Rien ne sert de se plaindre. La richesse et le luxe ne représente que le côté perverti de la nature humaine… Je peux aisément me contenter de mes rentes et vivre au gré de mon humeur ne me souciant que de temps à autre de ma survie tout en exploitant avec simplicité mes rêves et mes espoirs. Les basses courbures de la cour ne seraient plus pour moi qu’un sujet fort plaisant d’amusement qui se transformerait rapidement en divertissant spectacle de sournoiserie. Toute ma vie j’ai erré sans but, alors que je comprends seulement à présent la solution à mon lourd problème. Aucun objectif humain ne peut être une fin en soi. (Le comédien garde alors un lourd silence pendant une dizaine de secondes pour imprégner de son malaise l’assistance. Et soudain il se relève et repart dans sa tirade.) Qui suis-je pour ainsi critiquer la science, la culture de plusieurs centaines de générations ? Qu’est-ce qui peut faire de nous un homme sinon notre capacité à choisir ? Pourquoi rejeter ma nature alors que je veux être en communion avec elle ? (tout en parlant il effectue le trajet inverse, vers le centre de la scène) Ma conscience de vivre ne me donne-t-elle pas un avantage certain sur les bêtes et autres créatures ? Si je me mettais au service d’un autre j’encourrais son courroux sans fléchir. (Il est à présent en plein milieu de la scène mais ne s’arrête pas pour autant. Son pas devient traînant, mais ses gestes dénotent une véritable détermination de sa part.) Il me sermonnera, et pourtant je refuserai de courber l’échine. Il me menacera et je soutiendrai son regard avec toute ma dignité. Car enfin j’aurai compris que nul ne peut commander mon destin. Ce ne sera pas un nouveau maître que je servirai, mais bien plus. A travers mon travail, je participerai à l’avancée sociale et au progrès de notre grande civilisation… Je saurais m’en montrer digne dans les joies comme dans les peines. J’élèverais ainsi mon esprit à un niveau bien supérieur à celui de ma chair !
( L’acteur, arrivé finalement au bout de la scène, menace de tomber de l’estrade, mais se retient au dernier moment. Une fois encore il prend sa tête dans ses mains.) Que me laissais-je emporter par ma fougue ! Je ne suis rien en ce monde et je resterais rien ! L’ego si meurtrier de mon espèce qui me répulsait tant auparavant, a failli avoir raison de moi… Seuls mes désirs rentrent en compte ici. (D’un bond il regagne le milieu de l’estrade, mais n’y bouge plus). Aucune solution n’est facile, et pourtant je devrai en assumer les pesantes responsabilités. ( Il commence alors des allers-retours entre les deux côtés). Je suis comme un bateau perdu au milieu du courant sans terre à l’horizon. Si je ne prends pas très vite une décision le destin risque de la choisir à ma place. Ce serait tellement plus reposant de laisser mon sort au gré du vent sans me blâmer des répercutions. Hélas, l’amer regret viendrait me hanter sitôt que j’aurais heurté un récif. Ma tranquillité d’esprit me soufflerait d’opter pour la prudence et d’établir bien à mon aise un sérieux capital qui me rassurerait jusqu’à la fin de mes jours ! Pourtant le côté espiègle en moi m’engage à me lancer corps et âme dans la mer sans plus me préoccuper des conséquences. Je me laisserais alors emporter par le doux courant et ne ferait plus qu’harmonie avec lui ! ( Les pas de l’acteur se font plus rapide, et moins méthodique., mais il continue à se balancer d’un côté et de l’autre). Et si par un affreux hasard, un danger devant moi se présentait ? Je mourrais. Bien sûr vivre comme simple valet au gré de l’humeur fantasque de quelques bourgeois bouffis de complaisance ne me paraît pas sort plus enviable. Est-ce que toute une vie de servitude peut équivaloir à ne serait-ce qu’un instant de liberté ? On me respecterait, ça, je n’en doute point. On me verserait du monseigneur voici, ou du monseigneur voilà. On me respecterait, pensant avec une touchante naïveté que je partage la vie de mes maîtres et que, de eux, j’en suis en tout point égal. Je prendrais femme, attirée par ma situation, et elle m’honorerait d’une ribambelle de descendants. Respecté et riche je le serais, mais serais-je véritablement heureux ? Je possède assez pour ne rendre de compte à personne sans pour autant me laisser aller à partager la vie de mes pairs. Mes amis me lanceraient des quolibets au début moqueur, puis se désintéresserait de moi. Je tomberais dans l’oubli aussi sûrement que l’autre solution me ferait tomber dans le malheur. Mes parents, eux, ont choisi la sûreté et ont travaillé toute leur vie. Ai-je le droit de renier le fruit de leur labeur ? Simplement en profiter comme un parasite, puis laisser à mes enfants le maigre héritage que je n’aurais pas dépensé ? Je ne sais pas ! Je ne sais plus ! Que je choisisse un chemin plutôt qu’un autre, j’ai toujours l’impression de me retrouver dans une impasse. ( Il choît sur le sol sans tenter de retenir sa chute. Il prend alors un air de désespoir total. Soudain l’acteur relève la tête et d’un bond se redresse). J’étais si occupé à me demander quel était mon intérêt que l’idée même de vie après la mort m’était passée au dessus de la tête. Voilà qui rajoute une inconnue au problème. Cependant si je résous la question, cette nouvelle donnée pourrait très bien faire pencher la balance pour une des deux solutions. Car qu’est-ce qu’une vie malheureuse pour une éternité de délices ? (L’acteur se gratte le front, signe d’intense concentration, puis soupire). Comment pourrais-je démêler à travers tout ce flou la voie à suivre ? Avec tous ces abuseurs de bonne foi, je ne sais si une place là-haut m’est réservée ou s’il y a un quelconque là-haut et quel choix m’aiderait à m’élever le plus ! Plus je réfléchis et plus je me noie. Fleuve de tristesse, Océan de malheur et mer de doute ! A travers toute cette eau comment discerner la terre ferme ? Rien n’est clair, tout est opaque ! Rien ne me permet de me soutenir, tout semble meurtrier ! Plus je me débats et plus mes forces m’abandonnent ! Je coule !
Je coule… ( L’acteur chuchote la dernière phrase qui contraste avec ses appels précédents. Finalement, se baissant lentement de plus en plus derrière l’estrade, il passe le rideau sans une dernière parole).
Je suis en première S et j'ai écris une écriture d'invention en classe. Ma note (7/20) m'a surpris et, alors que j'aime profondément écrire, m'a destabilisé.
Je sais que ma démarche semble peu conventionnelle et même un peu stupide, mais ce n'est pas seulement de l'amertume qui me pousse à vous demander de juger mon écriture d'invention, mais plutôt de l'intérêt.
Etant notamment en pleine écriture d'un livre (qui ne se prétend pas pour autant particulièrement littéraire) et n'ayant aucune autre note de rédaction sur quoi m'appuyer depuis que je l'ai écrit, je me demande si je me fais des illusions sur mon style.
J'amerais donc recueillir plusieurs avis différents de façon à me cerner à peu près mon niveau sur cette écriture d'invention.
Merci.
Le sujet : Ecrire un monologue théâtral dans lequel le héros hésite entre deux grandes alternatifs et pèse le pour et le contre. (par exemple être ou ne pas être comme dans shakespeare)
Voici mon écriture : (j'ai alissé les nombreuses fautes d'ortographe et de synthaxe telles que je les ais rendu à mon professeur.
A la fin du XVIII ème siècle, Pierre, ancien page du roi, a toujours du subir ses vexations pour survivre et en a beaucoup souffert. La révolution ayant destitué son souverain, il retrouve une certaine liberté de mouvements qu’il n’avait encore jamais connu. Il hésite, ici, entre se mettre au service d’un nouveau maître ou profiter de ses rentes pour jouir de sa liberté nouvellement acquise.
Dans cette scène, Pierre est vêtu d’un costume de tissu rouge très élégant symbole de son ancien statut, mais déchiré à plusieurs endroits. Le côté gauche de la scène représente en fond un château majestueux et extrêmement compliqué du point de vue architecturale. A droite une végétation luxuriante et paisible avec des papillons et des biches a été dessinée.
« Rien ni personne ne devrait en ce jour être en mesure de choisir entre ces deux destinées : Travailler ou cueillir la vie qui nous est offerte ? Quelle terrible tentation vient ainsi m’appâter ! Ma résistance, effilochée au fil du temps, commence à faiblir devant mes espérances. Que faire et que choisir ? Quel terrible dilemme s’offre ainsi à nous, hommes ? D’un côté le doux chant de la paresse m’incline à céder, alors que de l’autre le tumulte de la pensée m’entraîne vers ma destinée ! Je suis né homme, et homme je resterais jusqu’à la fin de mes jours… (l’acteur prend alors sa tête entre ses mains dans un geste visible de désespoir) Etre un homme signifie-t-il devoir assumer la responsabilité de sa charge de connaissances et chaque jour rajouter au savoir commun ? (L’acteur semble soudain retrouver un peu de modération et s’avance prudemment vers la droite de la scène une main sur son cœur et la seconde devant lui tendue comme pour cueillir les fruits d’un arbre.) J’aimerais tant laisser mes pulsions m’emporter et profiter de chaque instant de la vie. Elle est si courte que chaque moment se doit d’être savouré. Chaque saveur et chaque senteur de ce si beau monde recueille une infinité de miracles et de curiosités. Mon désir, sans cesse plus dévorant que se prolonge mon abstinence, vient me susurrer chaque nuit de me laisser emporter à cet océan de délices et de splendeurs avant que ne s’interrompe mon temps en ce monde. (L’acteur presse le pas pour finalement arriver totalement du côté droit de l’estrade et tombe à genoux, signe manifeste qu’il ne souhaite plus bouger.) Le travail ne sert qu’à exploiter notre suffisance. A quoi sert de posséder tout le faste d’un empereur si c’est pour tomber de si haut ? Rien ne sert de se plaindre. La richesse et le luxe ne représente que le côté perverti de la nature humaine… Je peux aisément me contenter de mes rentes et vivre au gré de mon humeur ne me souciant que de temps à autre de ma survie tout en exploitant avec simplicité mes rêves et mes espoirs. Les basses courbures de la cour ne seraient plus pour moi qu’un sujet fort plaisant d’amusement qui se transformerait rapidement en divertissant spectacle de sournoiserie. Toute ma vie j’ai erré sans but, alors que je comprends seulement à présent la solution à mon lourd problème. Aucun objectif humain ne peut être une fin en soi. (Le comédien garde alors un lourd silence pendant une dizaine de secondes pour imprégner de son malaise l’assistance. Et soudain il se relève et repart dans sa tirade.) Qui suis-je pour ainsi critiquer la science, la culture de plusieurs centaines de générations ? Qu’est-ce qui peut faire de nous un homme sinon notre capacité à choisir ? Pourquoi rejeter ma nature alors que je veux être en communion avec elle ? (tout en parlant il effectue le trajet inverse, vers le centre de la scène) Ma conscience de vivre ne me donne-t-elle pas un avantage certain sur les bêtes et autres créatures ? Si je me mettais au service d’un autre j’encourrais son courroux sans fléchir. (Il est à présent en plein milieu de la scène mais ne s’arrête pas pour autant. Son pas devient traînant, mais ses gestes dénotent une véritable détermination de sa part.) Il me sermonnera, et pourtant je refuserai de courber l’échine. Il me menacera et je soutiendrai son regard avec toute ma dignité. Car enfin j’aurai compris que nul ne peut commander mon destin. Ce ne sera pas un nouveau maître que je servirai, mais bien plus. A travers mon travail, je participerai à l’avancée sociale et au progrès de notre grande civilisation… Je saurais m’en montrer digne dans les joies comme dans les peines. J’élèverais ainsi mon esprit à un niveau bien supérieur à celui de ma chair !
( L’acteur, arrivé finalement au bout de la scène, menace de tomber de l’estrade, mais se retient au dernier moment. Une fois encore il prend sa tête dans ses mains.) Que me laissais-je emporter par ma fougue ! Je ne suis rien en ce monde et je resterais rien ! L’ego si meurtrier de mon espèce qui me répulsait tant auparavant, a failli avoir raison de moi… Seuls mes désirs rentrent en compte ici. (D’un bond il regagne le milieu de l’estrade, mais n’y bouge plus). Aucune solution n’est facile, et pourtant je devrai en assumer les pesantes responsabilités. ( Il commence alors des allers-retours entre les deux côtés). Je suis comme un bateau perdu au milieu du courant sans terre à l’horizon. Si je ne prends pas très vite une décision le destin risque de la choisir à ma place. Ce serait tellement plus reposant de laisser mon sort au gré du vent sans me blâmer des répercutions. Hélas, l’amer regret viendrait me hanter sitôt que j’aurais heurté un récif. Ma tranquillité d’esprit me soufflerait d’opter pour la prudence et d’établir bien à mon aise un sérieux capital qui me rassurerait jusqu’à la fin de mes jours ! Pourtant le côté espiègle en moi m’engage à me lancer corps et âme dans la mer sans plus me préoccuper des conséquences. Je me laisserais alors emporter par le doux courant et ne ferait plus qu’harmonie avec lui ! ( Les pas de l’acteur se font plus rapide, et moins méthodique., mais il continue à se balancer d’un côté et de l’autre). Et si par un affreux hasard, un danger devant moi se présentait ? Je mourrais. Bien sûr vivre comme simple valet au gré de l’humeur fantasque de quelques bourgeois bouffis de complaisance ne me paraît pas sort plus enviable. Est-ce que toute une vie de servitude peut équivaloir à ne serait-ce qu’un instant de liberté ? On me respecterait, ça, je n’en doute point. On me verserait du monseigneur voici, ou du monseigneur voilà. On me respecterait, pensant avec une touchante naïveté que je partage la vie de mes maîtres et que, de eux, j’en suis en tout point égal. Je prendrais femme, attirée par ma situation, et elle m’honorerait d’une ribambelle de descendants. Respecté et riche je le serais, mais serais-je véritablement heureux ? Je possède assez pour ne rendre de compte à personne sans pour autant me laisser aller à partager la vie de mes pairs. Mes amis me lanceraient des quolibets au début moqueur, puis se désintéresserait de moi. Je tomberais dans l’oubli aussi sûrement que l’autre solution me ferait tomber dans le malheur. Mes parents, eux, ont choisi la sûreté et ont travaillé toute leur vie. Ai-je le droit de renier le fruit de leur labeur ? Simplement en profiter comme un parasite, puis laisser à mes enfants le maigre héritage que je n’aurais pas dépensé ? Je ne sais pas ! Je ne sais plus ! Que je choisisse un chemin plutôt qu’un autre, j’ai toujours l’impression de me retrouver dans une impasse. ( Il choît sur le sol sans tenter de retenir sa chute. Il prend alors un air de désespoir total. Soudain l’acteur relève la tête et d’un bond se redresse). J’étais si occupé à me demander quel était mon intérêt que l’idée même de vie après la mort m’était passée au dessus de la tête. Voilà qui rajoute une inconnue au problème. Cependant si je résous la question, cette nouvelle donnée pourrait très bien faire pencher la balance pour une des deux solutions. Car qu’est-ce qu’une vie malheureuse pour une éternité de délices ? (L’acteur se gratte le front, signe d’intense concentration, puis soupire). Comment pourrais-je démêler à travers tout ce flou la voie à suivre ? Avec tous ces abuseurs de bonne foi, je ne sais si une place là-haut m’est réservée ou s’il y a un quelconque là-haut et quel choix m’aiderait à m’élever le plus ! Plus je réfléchis et plus je me noie. Fleuve de tristesse, Océan de malheur et mer de doute ! A travers toute cette eau comment discerner la terre ferme ? Rien n’est clair, tout est opaque ! Rien ne me permet de me soutenir, tout semble meurtrier ! Plus je me débats et plus mes forces m’abandonnent ! Je coule !
Je coule… ( L’acteur chuchote la dernière phrase qui contraste avec ses appels précédents. Finalement, se baissant lentement de plus en plus derrière l’estrade, il passe le rideau sans une dernière parole).



