Bergson, L’Âme et le corps - Que nous dit en effet l’expérience ?

Entraide scolaire

14 réponses

Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
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Bonjour,

Voilà je dois faire un commentaire sur ce texte de philosophie de l'auteur BERGSON tiré de son oeuvre L'Ame et le Corps. J'ai du mal à trouver la thèse qu'il défend et à l'analyser (je n'ai jamais fait de commentaire).
Pouvez vous au moins, si vous avez le manque de temps ou de courage, ce que je comprendrais, pour lire ce texte) me dire à peu près ce que vous savez sur cet auteur et sur sa conception de l'âme et du corps, du cerveau et de la conscience. Je vous en remercie d'avance.
Que nous dit en effet l’expérience ? Elle nous montre que la vie de l’âme ou, si vous aimez mieux, la vie de la conscience, est liée à la vie du corps, qu’il y a solidarité entre elles, rien de plus. Mais ce point n’a jamais été contesté par personne, et il y a loin de là à soutenir que le cérébral est l’équivalent du mental, qu’on pourrait lire dans un cerveau tout ce qui se passe dans la conscience correspondante. Un vêtement est solidaire du clou auquel il est accroché ; il tombe si l’on arrache le clou ; il oscille si le clou remue ; il se troue, il se déchire si la tête du clou est trop pointue ; il ne s’ensuit pas que chaque détail du clou corresponde à un détail du vêtement, ni que le clou soit l’équivalent du vêtement ; encore moins s’ensuit-il que le clou et le vêtement soient la même chose. Ainsi, la conscience est incontestablement accrochée à un cerveau mais il ne résulte nullement de là que le cerveau dessine tout le détail de la conscience, ni que la conscience soit une fonction du cerveau. Tout ce que l’observation, l’expérience, et par conséquent la science nous permettent d’affirmer, c’est l’existence d’une certaine relation entre le cerveau et la conscience.
Cette page de Wikipedia te donnera une vue générale ; en bas des liens te guideront peut-être vers des éclaircissements ; je te le souhaite !
Je n'arrive pas à cerner la différence entre le concept d'esprit et le concept de conscience.

Merci d'avance
Je pense que la différence se fait dans le fait que l'esprit est un rapport avec l'intelligence, dans le sens stricte du terme ; c'est à dire les facultés intellectuelle. Alors que la conscience est une notion bien plus large, une porté plus grande.
Ainsi, l'esprit ne peut s'absoudre de la conscience, alors qu'être conscient n'est pas corréler de façon forcée à l'esprit.

L'esprit c'est la conscience en exercice, la conscience c'est l'être en action de pensée.
En philosophie, on parle de conscience morale et conscience psychologique.
L'esprit est le spiritus vitalis (chez Bacon) et l'esprit animal (chez Descartes et successeurs).
Un principe de vie pratiquement, mais comme un gaz!
On l'oppose à
la matière
la Nature
la Chair
la sensibilité (et devient ainsi synonyme d'intelligence): Des esprits faible et forts!

Ma référence est André Lalande "Vocabulaire technique et critique de la philosophie" en deux volumes en livre de poche (Ed Quadrige/PUF).
J'aimerais juste savoir si je ne me trompe pas dans la formulation de la thèse de l'auteur (étape importante afin de continuer sereinement la suite du commentaire de texte philosophique…) : Bergson s'oppose à une certaine conception moniste du corps et de l'âme, étant donné que pour lui il y a une certaine relation entre ces deux réalités que sont la conscience (= l'esprit ?!) et le cerveau. (Selon les conceptions dualistes, l’esprit et la matière peuvent agir l’un sur l’autre : c’est l’interactionnisme. Lorsque, au contraire, on affirme l’unité de l’un et l’autre, sous quelque forme que ce soit, on parle de monisme.)
Pour lui, ces deux réalités intérargissent constamment.

Mais donc elles sont séparées mais en même temps un lien très fort les unit ? n'est ce pas contradictoire ? Et quelle est la différence entre mental et cérébral pour Bergson ? Est ce à rapprocher à l'âme et au corps ?

Merci beaucoup d'avance.
Quelques pistes:
Les sciences positivistes et matérielistes vers la fin du XIXe s. avaient tendance à traiter les phénomènes de la vie et de la conscience comme des choses physiques.
Bergson (faisant suite à Maine de Biran) trouve que leur essence est plutôt le mouvement et la créativité.
{Bergson ne voyait en les minutieuses activités des états intérieurs que de la continuité. là ou l'intelligence laisse supposer des vides, bergson, suivant Leibniz, est un philosophe du continu. (c'est l'intelligence qui aurait introduit ces vides elle-même).}
Pour lui, c'est la durée qui est créatrice.

Pour Sartre aussi, la conscience n'est pas une chose, mais une action.
{Il y a un petit problème de terminologie car il choisit le "pour-soi" existentiel afin de représenter la conscience, ou le néant, dans un duel entre le néant éternellement nécessaire mais déchiré entre l'opposition zéro-infinie et l'être: le "moi". (Si j'ai bien appris ma leçon!)}

https://web.archive.org/web/*/https://www.libertad.ch/plantes/nico/index.html
Bergson s'oppose à une certaine conception moniste du corps et de l'âme, étant donné que pour lui il y a une certaine relation entre ces deux réalités que sont la conscience (= l'esprit ?!) et le cerveau. (Selon les conceptions dualistes, l’esprit et la matière peuvent agir l’un sur l’autre : c’est l’interactionnisme. Lorsque, au contraire, on affirme l’unité de l’un et l’autre, sous quelque forme que ce soit, on parle de monisme.)
Pour lui, ces deux réalités intérargissent constamment.

Mais donc elles sont séparées mais en même temps un lien très fort les unit ? n'est ce pas contradictoire ? Et quelle est la différence entre mental et cérébral pour Bergson ? Est ce à rapprocher à l'âme et au corps ?
Bonjour,
Dans la philosophie aussi bien que dans les sciences cognitives, ce qui pose réel problème, ce n'est pas le monisme. Au contraire, c'est le dualisme cartésien qui est en cause. Bergson est d’ailleurs parmi ceux qui s'appliquent à résoudre ce problème de la matière et de l'esprit. Son effort vise à retrouver l’unification du corps et de l’âme, de la matière et de la conscience, bref, l’unité du monde après la séparation par Descartes. Cependant, comme les phénoménologues qui le soutiennent avec ardeur, il ne s’est jamais réellement sorti de l’aporie du dualisme.
Voilà, c’est la philosophie de Bergson telle que je la connais. Bon courage !
Je vous remercie tous beaucoup pour vos réponses. J'achève doucement mais surement ma première partie, tout en ayant bien pris le soin d'analyser chaque mot me paraissant important à la compréhension de la thèse de l'auteur. Cependant, quelques termes restent assez flous, et empêchent une totale compréhension du point de vue de l'auteur. :mad: c'est pour le moins frustrant !

Alors si vous pouviez m'expliquer, même si c'est très bref, la signification d'"expérience" ? Dans quel sens a-t-il employé ce terme ? Dois-je me fier à la définition suivante : Expérience : du latin EXPERIOR, « éprouver, faire l’essai de », associé au grec empeiria, « expérience, pratique, apprentissage », l’expérience désigne à la fois la pratique des choses que l’on éprouve dans l’usage de la vie (« faire l’expérience de ») et le savoir-faire ou l’instruction qui en résulte, par l’habitude et la répétition des mêmes situations (« avoir de l’expérience »).
ou dois-je l'entendre comme les preuves scientifiques, l'expérimentation (la neuropsychologie par exemple … et bien d'autres …)


Sinon j'ai toujours un doute quant à l'emploi de MENTAL et de CEREBRAL … Je voudrais juste savoir s'il est possible de dire : Mental = Esprit = âme Cerebral = cerveau (aspect matériel) = corps

Merci beaucoup.
Je me demande si tu écris dans le contexte philosophique ou littéraire.
Et à quel niveau d'études.Mon Lalande Vocabulaire technique et critique de la Philosophie en 2 vol. Ed Quadrige/PUF donne deux page à EXPÉRIENCE!

"C. (Théorie de la connaissance.)
L'exercice des facultés intellectuelles, considéré comme fournissant à l'esprit des connaissances valables qui ne sont pas impliquées par la nature seule de l'esprit, en tant que pur sujet connaissant.
Il est usuel en ce sens de distinguer l'expérience externe (perception) et l'expérience interne (conscience); l'expérioence dans son ensemble est ainsi apposée soit à la mémoire, soit à l'imagination créatrice et aux autres facultés dites d'élaboration, soit à la raison."

MENTAL: qui concerne l'esprit, en tant qu'il est considéré d'un pioint de vu strictement positif et experimental.

Sans dout on limite 'cérebral' aux fonctionnements physiques du cerveau.
Merci à tous pour vos réponses. Mon commentaire touche à sa fin. J'ai encore quelques petites questions. Descartes avait déjà parlé de cette individualité propre du corps et de l'âme, de cette séparation. Avait-il parlé d'une certaine relation entre les deux ? Ce que Bergson fait dans cet extrait … En fait, Bergson reprend l'idée de Descartes, comme quoi il y a séparation entre l'âme et le corps mais il va plus loin dans le fait qu'il montre une certaine relation entre les deux, disant qu'elles interagissent entre elles, c'est bien cela ?!

Mais le fait qu'elles interagissent l'une sur l'autre montre alors qu'elles ne sont pas indépendantes, mais au contraire dépendantes l'une de l'autre non ? C'est là que je bloque … Comment peut-on dire qu'elles sont séparées et totalement indépendantes l'une de l'autre et de l'autre côté appuyer sur le fait qu'elles sont liées entre elles, l'une agissant sur l'autre et vice versa …?!

Merci d'avance.
La philosophie de Descartes en dépit de sa méthode de mettre tout à l'épreuve est loin d'être rationaliste (qui de nos jours est très lié à l'athéisme). La pensée de notre cher René repose sur une métaphysique chrétienne. L'âme pour lui, on appellerait peut-être psychisme maintenant: elle contient les idées innées que Dieu y a déposées.

Dans Règles pour la Direction de l'Esprit, il cherche l'unité des connaissances.

À la fin de Méditations Métaphysiques il considère les relations entre le corps et l'âme. L'un est matériel, l'autre pas. Il veut les regarder pourtant en très étroite union "comme un mélange". Il y a un étrange dialogue entre les deux composants (il songe à l'amputé du bras qui pense toujours ressentir son membre. L'âme a photographié une image du corps que le cerveau n'arrive pas à totalement évacuer).. Il cite également "les sentiments de douleur, de faim, de soif etc. que la Nature enseigne que je ne suis pas seulement logé dans mon corps….".

Pour un chrétien, ce n'est pas difficile d'accepter le mélange de plusieurs fonctions complémentaires, mais unitaires: Cf doctrine de la Trinité; Père, Fils, Saint-Esprit - un en trois et trois en un (Dieu).
pour le commun de mortels il faudrait mieux penser à une vinaigrette. L'huile et le vinaigre se mélangent le temps de fabriquer et utiliser cette sauce. Si tu la laisses reposer, les deux éléments se séparent de nouveau.
(Wikipédia) Bergson
"Bergson distingue réellement l'âme et le corps. Contrairement à la philosophie classique de Descartes, cette distinction ne repose pas sur la spatialité mais sur la temporalité. L'âme est le lieu du passé et le corps est le lieu du présent. L'âme ou l'esprit est toujours ancré(e) dans le passé. Elle n'est pas dans le présent.Elle contemple le présent en étant logé dans le passé. Avoir conscience de quelque chose, c'est le voir du passé, donc à la lumière du passé."
(Cyberprofs) Clou de Bergson
Bergson est ce que l'on appelle en philosophie un dualiste […]
Alors, là…..deux points de vue contradictoirs! À toi de t'en sortir en fonctin de tes lectures, ton interprétation, ton problématique et ton intuition. 🙂
Finalement j'aime bien
Descartes & Bergson -Dualisme 2.2.3 Le dualisme cartésien de l'étendue et de la pensée

Descartes, philosophe français du dix-septième siècle, est dans les temps modernes la grande référence des penseurs dualistes. […]
Je vous en supplie pouvez vous répondre à ma question, je dois le rendre demain … même brièvement je voudrais juste comprendre comment c'est possible de montrer un lien entre l'âme et le corps tout en affirmant que ces deux réalités sont indépendantes … si elles sont solidaires, elles sont forcément dépendantes l'une de l'autre non ? Si l'une des fonctions est modifiée l'autre réalité est modifiée …

Merci d'avance
Tu as pris combien de temps à lire mon denrier message, qu'il ma fallu une heure à pondre? Tu ne poses aucune question sur son contenu!
yop38381 a écrit :- Descartes avait déjà parlé de cette individualité propre du corps et de l'âme, de cette séparation. Avait-il parlé d'une certaine relation entre les deux ?

- Mais le fait qu'elles interagissent l'une sur l'autre montre alors qu'elles ne sont pas indépendantes, mais au contraire dépendantes l'une de l'autre non ?

- comment c'est possible de montrer un lien entre l'âme et le corps tout en affirmant que ces deux réalités sont indépendantes
- Oui, dans la sixième méditation métaphysique.
Corps- matériel😮n se rend compte de sa tête en la touchant.
Âme - ce qui exprime le sentiments (douleur, froid, faim….) ce que le corps n'arrive pas à exprimer.
On se faisant mal, l'âme s'en rend compte, transfère un msg par les nerfs et le corps réagit. Ce n'est pas le corps qui se rend compte directemment.

- Celui qui dit "nerf" (René D) dit aussi cerveau. Il collectionne les informations pour redistibuer par le système nerveux.

- L'air dont nous avans besoin vital à respirer pouvait parfaitement exister sans nous. Nous pouvions pas exister sans lui. Un foetus fait parti de sa mère. L'independance à 100% arrive à quel moment dans notre vie? Le corps pouvait exister sans l'âme, mais il ne serait pas un corps "humain", rempli de sentiments.