Jean Giono, Voyage en Italie

Entraide scolaire

11 réponses

Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
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Bonjour à tous,

Je dois rédiger un commentaire composé sur le texte suivant:



PADOUE, BOLOGNE, L’APENNIN

A Padoue, il y a Giotto. Je le vois avec plaisir. Je n’entends rien à la peinture (on s’en sera aperçu) comme d’ailleurs la plupart des gens qui ne l’avouent pas. Je cherche des sensations. Dans ce cas-là, l’appareil de connaissance n’est pas un instrument stable comme l’intelligence, il est soumis à des
contingences diverses : s’il fait chaud , s’il fait froid, si tout va bien, si je suis de belle humeur, ou si tout va mal et si je ronge quelque frein. La très détestable peinture me donne parfois de grandes joies ; l’excellente, il arrive très souvent que je n’en vois pas l’excellence. J’aime par exemple les accords
de bleu et de vert, comme on aime les choux-fleurs ou les asperges. Si, à point nommé, je trouve cet accord chez Tartempion, me voilà content.
Devant les murs de la chapelle des Scrovegni, j’ai le plaisir que j’ai déjà eu quelquefois devant les vitres d’un bel aquarium. Les couleurs, quoique ici immobiles, jouent les unes par rapport aux autres de la même
façon que si elles étaient noyées et mouvantes. Je pense notamment à l’ange qui apparaît à sainte Anne et est représenté en train de plonger par la lucarne vers le corail d’un coffre d’une tunique et d’une auréole. Le rêve de saint Joachim avec ses rochers arides me donne également une sensation de liquide, peut-être à cause également de l’ange qui émerge du ciel bleu comme un thon de la mer. Pour l’entrée du Christ à Jérusalem, cela tient uniquement aux couleurs : le groupe qui suit le Christ a tout entier la couleur que
découvrent les ouïes d’une dorade qui respire et l’admirable morceau de peinture du groupe vers lequel le Christ s’avance me fait penser à l’écaille des truites saumonées. Un visage toutefois (il y en a sûrement cent autres) celui de l’homme (au fait je ne sais pas : il est androgyne) en rouge, à gauche du mariage de la Vierge, n’appartient pas à la mer et aux mystères de l’océan, mais à la terre, autrement dit ici-bas. J’oubliais : le ciel du retour de Joseph du temple, exactement le ciel que j’ai vu au-dessus du Piémont au début de mon voyage.



Après plusieurs lectures du texte, je n'arrive toujours pas à dégager une problématique.
Habituellement, je cherche un plan avant ma problématique pour pouvoir la peaufiner ou la réadapter par rapport à mon plan, mais je fais un blocage sur ce texte.

Les idées qui me sont venues ne laissent pas un champ suffisament ouvert à une problématique, de plus, j'ai l'impression qu'elles suivent l'ordre du texte. . . Voici quelques points que j'ai pu tirer du texte:
- idée de sensations (plaisir, grandes joies…)
- la peinture: pas besoin de la comprendre, il suffit de la ressentir
- importance des couleurs (accords bleu/vert, rouge, écaille de truites saumonées, ciel bleu.
- dimension marine ( aquarium, plonger, corail, thon de la mer, dorade, écaille des truites en opposition à la terre (un visage toutefois n'appartient pas à la mer (…), mais à la terre)
- dimensions christique: les fresques de la chapelle des Scrovegni avec les scènes représentant le Christ, des anges ou encore des saints.

Je vois bien à travers cette description un rapport personnel qu'établit le narrateur entre le sacré et la mer mais rien de plus. Et en me renseignant un peu sur le net, j'ai appris que Giono détestait la mer "cet horrible papier de verre qui gratte les rochers" alors cette comparaison à la mer me déroute un peu.
J'ai l'impression que Giono utilise un certain humour ("j'aime par exemple les accords de bleu et de vert, comme on aime les choux-fleurs et les asperges"); ces comparaisons sont un peu étonnantes, je pense que peu de gens , en regardant des fresques dans une chapelle auraient l'idée de les comparer à l'univers marin ? Cela révélerait peut-être un désintéressement du narrateur par rapport au sacré ?

Comme vous pouvez le constater, je tâtonne beaucoup trop. . . Je pense réellement avoir besoin d'un peu d'aide !

Merci d'avance
Bonsoir Choka,

Il me semble que ta problématique pourrait être Giono, un critique d'art peu conventionnel.
Attention, il s'agit de Bologne (le pays de la sauce) et non de Boulogne.
Comment peut-on faire un plan AVANT la problématique, puisque le plan découle des axes de lecture qui déterminent la problématique ?
Oui, peu conventionnel, car Giono est toujours plongé dans la sensation pure, comme tous les personnages le sont dans ses romans
Bonsoir,

Tout d'abord, merci de la rapidité avec laquelle vous répondez aux sujets postés.
Jean-Luc, tu me proposes "Un critique d'art peu conventionnel" ? C'est vrai que cette piste semble englober la totalité du texte. Je vais essayer d'articuler des idées autour de cette problématique.

Leah, je te l'accorde, ça paraît tout à fait étrange de chercher un plan avant une problématique mais dans les faits, j'ai toujours été plus productive en agissant dans ce sens !
Arrivée en licence, il faudrait peut-être que je revois ma "méthode" puisque, apparemment, elle me fait défaut…

Merci pour votre aide ^_^
Choka
Si ta méthode est bonne, après tout, ne la change pas 🙂 Tout dépend comment tu t'appropries le texte… si ça t'es plus facile en en tirant le plan d'abord pourquoi pas ? à condition que ta problématique et tes axes s'en dégagent facilement
Bonjour,

Je suis toujours bloquée pour mon commentaire composé.
"Un critique d'art peu conventionnel" c'est ce à quoi j'approchais dans mon brouillon ("nous verrons en quoi cette description révèle un refus/une contradiction de Giono envers la norme"… Très mal dit, je vous l'accorde…).
Le problème que je rencontre maintenant c'est mon plan; au fil de mes lectures j'ai relevé des idées (humour/couleurs/sensations/évocations/opposition Mer-Terre/dimension christique) mais je n'arrive pas à les articuler dans un plan en 3 parties qui répondent à ma problématique. J'ai l'impression que toutes ces idées répondent tellement bien à la problématique qu'on ne pourrait en faire qu'une seule partie. En fait, ce que j'appelle "idées" semblent plutôt être des arguments quand j'essaye de construire un plan.
Je ne sais pas si vous comprenez le problème que j'essaye d'expliquer (tant bien que mal) ?
Eh bien pourquoi pas débattre sur la norme ?
Peu conventionnel parce que………..
Mais conventionnel quand même : il va à Padoue voir les peintures de Giotto (bon c'est un peu short !)
Certaines remarques sont moins déroutantes
Les couleurs, quoique ici immobiles, jouent les unes par rapport aux autres de la même
façon que si elles étaient noyées et mouvantes.
Un visage toutefois (il y en a sûrement cent autres) celui de l’homme (au fait je ne sais pas : il est androgyne) en rouge, à gauche du mariage de la Vierge, n’appartient pas à la mer et aux mystères de l’océan, mais à la terre, autrement dit ici-bas. J’oubliais : le ciel du retour de Joseph du temple, exactement le ciel que j’ai vu au-dessus du Piémont au début de mon voyage.

Regarder ces fresques (recherche d'images par "chapelle des Scrovegni) t'aidera à mieux comprendre je crois
Euh…
Et bien peut-être parce-qu'il me semble qu'on débat dans une dissertation ?! Non ?!?
Mais de toute façon, le problème ne se situe pas tant autour de la problématique parce-que je vois en celle de Jean-Luc la même idée, sinon mieux formulée, que celle de mon brouillon (que j'ai trouvée après avoir noté mes idées)…
Le problème maintenant c'est vraiment le plan; je n'arrive pas à rassembler mes idées sous 3 parties différentes… Toutes mes idées répondent directement à la problématique, c'est pour ça que j'ai l'impression qu'en fait, elles ne sont que des arguments… Mais des arguments qui vont tous dans le même sens, soit, ma problématique !
C'est comme si ma problématique n'était qu'une simple partie de mon devoir, mais en même temps, elle ne peut l'être parce-qu'elle est l'idée principale du texte !

Ce texte me déroute totalement…

Les fresques, je les ai regardées d'emblée… Sauf que je ne trouve pas celle de "l'androgyne"…
Cet "androgyne" est une fresque située à gauche de celle du mariage de la Vierge non? Si c'est le cas, Giono n'en donne pas le titre…
Oui je comprends c'est Giono n'est-il-pas
Regarde ce que je viens de modifier dans mon précédent message 🙂
Le problème ne se situe pas tant autour de la problématique parce-que je vois en celle de Jean-Luc ("un critique d'art peu conventionnel") la même idée, sinon mieux formulée, que celle de mon brouillon ("nous verrons en quoi la description de Giono révèle un refus/une contradiction avec la norme" (ébauche de problématique)).
Le problème maintenant c'est vraiment le plan; je n'arrive pas à rassembler mes idées sous 3 parties différentes… Toutes mes idées répondent directement à la problématique, c'est pour ça que j'ai l'impression qu'en fait, elles ne sont que des arguments… Mais des arguments qui vont tous dans le même sens, soit, ma problématique !
C'est comme si ma problématique n'était qu'une simple partie de mon devoir, mais en même temps, elle ne peut l'être parce-qu'elle est l'idée principale du texte !
Bonsoir Choka,

En quoi ou comment Giono est-il un critique d'art iconoclaste ?

Il te faut organiser tes trouvailles en ensembles.

Par ex. :
Un amateur déclaré à la recherche de plaisirs concrets et simples
Un univers de sensations surtout colorées
Un démystificateur du fait religieux mais non du surnaturel

En conclusion, je verrais bien un poète qui entretient un regard à la Dali.