Proposition subordonnée introduite par "comme si"

Langue française

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Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
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bonjour à tous,

en relisant un texte de maupassant, je suis tombé sur des phrases de ce type :

"Depuis que son maître n’était plus là, elle hurlait souvent ainsi, comme si elle l’eût appelé, comme si son âme de bête, inconsolable, eût aussi gardé le souvenir que rien n’efface." (in "Coco")

dans mes souvenirs d'écolier, il me semblait que les propositions subordonnées introduites par si ne prenaient jamais le conditionnel.

pourtant, l'auteur utilise une forme de conditionnel passé, non ?
j'ai cherché un peu, je n'ai rien trouvé là-dessus. s'agit il d'une forme désuète d'utilisation du conditionnel passé ?

merci de m'éclairer !

cordialement,

M.
Bonjour,

Ces phrases comprennent des subordonnées mixtes : hypothétiques et comparatives.
Le temps employé dans la subordonnée n'est pas un conditionnel mais un subjonctif.
Cet emploi est recherché mais correct.
1. le verbe de la principale est à l'indicatif : il s'agit d'une simple hypothèse et les temps des propositions se correspondent directement (
Si tu pars tout de suite, tu arriveras à temps. S'il a dit cela, il a eu tort).
Notez : le futur et le conditionnel sont exclus. On emploie le présent (ou une périphrase) à la place du futur, et le passé composé à la place du futur antérieur.
(Si tu admets cette opinion, tu as tort.
Si tu as admis cette opinion, tu as eu tort.
Si cela vient à se reproduire, nous prendrons des mesures).
Si le verbe de la principale est au subjonctif ou à l'impératif, rien ne change pour le verbe de la conditionnelle (Qu'il se mette au travail, s'il est prêt).
2. le verbe de la principale est au conditionnel : la condition est seulement imaginée ou même présentée comme irréelle.
On emploie l'imparfait ou le plus-que-parfait dans la subordonnée (Tu aurais tort,
si tu admettais cette opinion. Tu aurais eu tort,
si tu avais admis cette opinion).
Selon que les faits concernent le présent, le futur ou le passé, on parle "d'irréel du présent" (Je serais satisfait,
si j'avais un bon outil = maintenant), de "potentiel" (Je serais satisfait,
si j'avais de ses nouvelles avant la fin de la semaine), "d'irréel du passé" (J'aurais été satisfait,
si j'avais eu de ses nouvelles avant qu'il revienne).
Lorsque les faits concernent le passé, on trouve parfois le plus-que-parfait du subjonctif, soit pour les deux verbes, soit pour l'un des deux seulement. (Je fusse parti, s'il ne m'eût parlé. Je l'aurais remercié, s'il fût venu. Je l'eusse remercié, s'il avait été présent).