Vive ou vivent ?
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Non, "présentatif" ne constitue pas une "classe", une nature de mots.
Ce terme de linguistique, bizarrement, ne figure d'ailleurs pas encore dans le Petit Robert (peut-être dans le Grand ?) ,
La grammaire susnommée, elle, le définit comme "mot ou locution généralement invariable servant à introduire un mot ou un groupe de mots en le mettant en relief". Sans autre explication particulière…
Tu avais trouvée meilleure celle de Denis-Sancier, que j'avais déjà proposée le 5 avril dans une discussion :
On pourrait dire, un peu comme Denis-Sancier, que leur rôle sémantique est de présenter quelque chose à la connaissance du destinataire de l'énoncé… de lui en annoncer l'existence (ou parfois l'inexistence) : C'est…, voilà…, il y a…, (il n'y a pas…).
Et pour "soit" (Soit un triangle ABC…) Grevisse parle d' "introducteur"…
Bonsoir Jehan,
Il est dans le Grand :
PRÉSENTATIF n.f. [ sic ] — milieu XXe ; de présenter.
Ling. Terme, expression servant à présenter, à mettre en situation le nom désignant une personne ou une chose.
Je précise qu'il n'y a aucun exemple, aucune citation, seulement ce que j'ai recopié.
Bonne soirée !
Muriel
Merci, Muriel. =)
La "présentation" semble donc s'entendre au sens très large, puisqu'elle va jusqu'à la "mise en situation"…
Une mise en situation bien agréable pour l'intéressé avec "Vive", et un peu moins flatteuse avec "A bas" !
Personnellement, j'aurais plutôt tendance à assimiler le sens de cette expression à "Que vive le roi", "Que vivent les fleurs". Je l'accorderais, donc.
Ou "Vive le roi !" n'est qu'une simple contraction de "Pourvu que vive le roi !" / "Que vive le roi !".
Eh bien…Que "vivent" les débats !!
Personnellement, écrire "vive les vacances" représente une faute.
Vive, dans ce sens-là, représente le verbe vivre qui doit s'accorder avec son sujet.
Dans cette forme grammaticale inversée, le sujet, présent en fin de phrase (ici "les vacances") gouverne automatiquement le verbe placé devant.
Ce sujet était renforcé par la présence de "que" ou "qui" qui peut s'effacer.
Le verbe "vivre" s'entend dans le sens d'"exister" ou "perdurer".
Donc :
- Que vive le roi ! ====> Vive le roi !
- Que vive le Stade Toulousain ! ====> Vive le Stade Toulousain !
- Que vivent les vacances ! ====> Vivent les vacances !
- Qui est vivant ? ====> Qui vive ?
- etc…
Benoît.
Le que dans ces expressions n'a jamais existé, vive est directement issu du subjonctif latin vivat.
Vive, dans ce sens-là, représente le verbe vivre qui doit s'accorder avec son sujet.
Justement, "dans ce sens-là", ou plutôt dans cet emploi-là, le mot, malgré son origine verbale, n'a plus vraiment le sens originel du verbe quand on l'applique à des entités inanimées, non vivantes par nature. Et il n'a même pas le sens figuré de "perdurer" : il connote simplement l'approbation, la satisfaction, l'enthousiasme… Le contraire de "À bas" et non de "Meure(nt)".
La tendance naturelle de la langue, dans de tels emplois purement "présentatifs", c'est de ne plus accorder ces formes verbales avec leur sujet (explicite ou implicite)… ou d'évoluer vers un accord facultatif.
Puisqu'on dit "
Voilà l'été" à quelqu'un que l'on tutoie ("vois là")
dira-t-on "
Voyezlà l'été" à quelqu'un que l'on vouvoie ? ("voyez là")
"C'est les vacances" est plus familier, certes, mais tout aussi admis par les dictionnaires que
"Ce sont les vacances". Vous pouvez vérifier…
Je ne suis ni grammairien ni linguiste et encore moins énarque. Je suis cependant un fervant admirateur de la langue française et de son écrit. Pour ma part il m'apparaît tout aussi naturel d'accorder un "Vivent les mariés !" (animés) qu'un "Vivent les vacances !" (inanimées). En effet, je pense que la notion "d'animation" n'a rien à faire ici étant donné que la langue française accepte, et pourrait targuer même de "poêtiques" ou "philosophiques", des phrases telles que "cet artiste décédé vit toujours au-travers de son oeuvre" (ce qui suppose à mon humble avis de scientifque tordu que la-dite oeuvre vit elle-même…). D'ailleurs, sans aller jusque-là, ne peut-on pas dire que "mon message fait vivre ce forum" inanimé ?
Pour le cas du "Vive(nt) nous !", ne pourrait-on pas régler le problème en supposant que l'expression originelle de "Vivent les mariés !" aurait sous-entendu quelquechose comme : "Que les personnes désignées comme les mariés vivent !". D'où un : "Vivent nous" pouvant s'expliquer par une expression du genre "Que les sujets représentés par nous vivent !" ? Je sais, c'est un peu capillotracté, mais ça a le mérite de pouvoir mettre nombre de personnes d'accord ! 😉
A bientôt !
P.S. : Si je peux me permettre… Que continuent de vivre ces forums linguistiques passionnants !
Bonjour,
Pour moi ça restera toujours "vivent les vacances" car je revois encore notre prof de français nous l'expliquer devant le tableau noir (à l'époque il ne devait y avoir qu'une solution possible !) et que c'était une prof géniale qui inculquait le français et le latin avec une passion qu'elle savait nous transmettre.
=)
Je comprends très bien… =) Mais on peut expliquer avec tout autant de passion et d'amour de la langue que vive, dans beaucoup de cas, est devenu un présentatif invariable, une interjection dont le sens n'a que peu de rapports avec le verbe "vivre".
Si je puis me permettre, et bien que ce post ne soit plus tout récent, j'ai vraiment trouvé très intéressantes toutes les tentatives d'explications concernant la polémique sur "l'expression/subjonctif" 'vive'.
J'ai cherché une explication parce que ce soir, un ami a fait cette réflexion en sortant d'un restaurant "j'ai honte de manger dans un restaurant où il est écrit 'vivent les serveurs' en bas de la note"…j'ai tenté de lui expliquer que cela était tout à fait correct, mais sans grand succès, concluant que je chercherais sur Internet en rentrant.
Moi ce qui m'intrigue, c'est que sur les quelques forums et sites où j'ai pu lire des explications aussi plausibles les unes que les autres, l'on trouve souvent, en résumé "avant ça se disait, mais on a décidé que maintenant ce serait comme ça" ou encore "ça s'est imposé dans la langue française aujourd'hui".
Alors, qui est ce "on" qui décide que les règles qui ont fait de la langue française une si jolie langue depuis des siècles et des siècles, qui décide, oui, qu'aujourd'hui il en soit autrement?
Je crois plutôt, et tout simplement, que de nos jours, les gens ne savent plus parler correctement français et qu'il serait, ô combien audacieux et inutile, de tenter de leur imposer des règles qu'ils seraient incapables de comprendre et d'appliquer… c'est dommage, et surtout c'est triste. Alors merci aux trop rares personnes qui continuent à faire vivre notre belle langue qui je l'espère "vive"ment, ne rejoindra jamais le latin sur le banc des langues mortes, pour laisser la place aux onomatopées et autres langages smsiquement codés en dehors desquels de trop nombreuses personnes ne savent plus s'exprimer aujourd'hui.
@+ dans l'bus, lol, tkt, tmtc de quoi je parle.
Et sinon, respectueusement.
V.
Si je puis me permettre… ça n'est en rien une question de langue française. Juste une question d'orthographe, la prononciation ne change pas (ce ne serait le cas que très hypothétique où a) le mot suivant commencerait par une voyelle, c'est-à-dire un nom propre, b) le pluriel serait exigé et c) le locuteur respecterait la liaison).
Personnellement, j'ai plutôt tendance à accorder, mais je suis peut-être influencé par d'autres langues qui marquent l'accord (Es leben, Да здравствуют…). Mais l'invariabilité est bien fondée aussi (on écrit uniquement soit… soit… par exemple - même s'il y a des hésitations dans les énoncés thétiques du type soi(en)t a et b deux entiers, cas entièrement parallèle à celui de vive). Dans d'autres présentatifs, c'est la syntaxe qui contraint au singulier : il y a, il était une fois, et bien sûr l'hésitation c'est / ce sont.
Cordialement,
Je ne sais pas si ça apporte au débat, mais je voulais juste dire qu'en espagnol, la faute (ou amalgame, ou simplification…) est impossible parce que la différence s'entend.
Ainsi on dira :
!Viva la vida! (verbe vivir conjugué au subjonctif présent, troisième personne du singulier, sans le que introductif) = Vive la vie !
et
!Vivan(prononcé "Vivane") las vacaciones! (verbe vivir conjugué au subjonctif présent troisième personne du pluriel, sans le que) = Vive(nt) les vacances!
de même en maths
Sea un punto = Soit un point
Sean dos puntos = Soi(en)t deux points
Donc selon moi cela corrobore la thèse d'une simplification progressive du français que plus personne ne sait parler… (désolée pour cet instant mamie réac). Et comme je parle espagnol couramment j'ai tendance à faire l'accord en français puisque je suis habituée à le faire en espagnol. Et c'est sûrement la même chose en italien, j'imagine.
Bonne journée !
D.D.E.
En italien : Viva gli sposi !
ça veut dire vive(nt) les mariés c'est ça?
Et il n'y a pas de différence avec Viva la Dolce Vita ou Viva la mozzarella… 🙂
Peut-être que cette différence n'existe qu'en espagnol, une langue comportant des raretés ignorées 😉 ?
D.D.E.
(Ev)viva est anciennement un subjonctif, mais il s'est figé et a le statut d'une interjection. Ce n'est pas parce qu'il y a des simplifications structurelles dans une langue qu'on doit considérer que celle-ci se dégrade…
Désolée mais je ne comprends pas ce que vous dites? (Ev)viva? Dans quelle langue?
(question sûrement idiote mais vous me déroutez!)
Je ne sais pas si on peut considérer qu'une langue "se dégrade", mais parfois je suis un peu triste de voir que beaucoup de gens ne savent pas d'où viennent les mots qu'ils emploient, ne savent pas à quel temps ou à quel mode ils parlent… Une simplification de la langue induit souvent une perte d'information, au profit du côté purement pratique… Ce que je dis n'a rien de méprisant, mais cela m'attriste un peu, ou me pose question en tout cas.
D.D.E.
En italien, on peut dire soit "evviva" soit "viva".
Ce que vous dites est intéressant, mais dépasse de beaucoup le cadre de la variabilté ou de l'invariabilité de "viv(ent)" !
Un débat passionant sur 6 pages pour ce post déjà ancien (plus de 7 ans).
Bien que j'aie assez nettement la préférence pour "vivent", y compris quand le sujet est impersonnel (préférence à titre purement subjectif notez bien, car il me semble malgré tout évident que les arguments sont tout aussi valables et légitimes pour choisir l'une ou l'autre orthographe), je me permets de venir ajouter ici ce qui sera je le souhaite un point final, la conclusion ultime à cette discussion théorico-linguistique :
Selon Dorothée (qui a consacré l'une des oeuvres de son répertoire classique à la question -- ayant bien entendu eu la prémonition que ce débat allait diviser la France longtemps avant qu'il n'éclate), la réponse à ce dilemme est tranchée et sans appel :
https://img.cdandlp.com/2015/06/imgL/117576452.jpg
En vous remerciant,
Le choix est personnel