Bonsoir,
J'ai pu remarquer, sans être pour autant un observateur émérite, que de grosses "inégalités" - à défaut d'un terme plus adéquat - régnaient entre les différentes langues humaines. Je m'explique.
Des langues comme l'arabe ou l'hébreu semblent assez limitées, du point de vue de ce qu'offre, par exemple leur conjugaison. Ces langues comptent, en tout et pour tout, un seul temps exprimant le passé, un futur, un présent et un impératif.
J'ai pu également entendre que certaines asiatiques, comme le chinois - ou le mandarin - ne se basaient que sur des particules temporelles, telles que "hier", "aujourd'hui" ou encore "demain", pour se situer dans le temps. On dira ainsi, plus ou moins, "Hier je vois une fleur", "Aujourd'hui, je vois une fleur", "Demain, je vois une fleur".
En somme, selon vous, lorsque l'on considère des langues comme le français ou l'espagnol, et à fortiori le latin ou le grec (ancien) ; pouvons-nous dire qu'il s'agit là de langues à proprement parler plus "riches" que l'hébreu ou l'arabe ?
Merci
babaz a écrit :J'ai pu également entendre que certaines asiatiques, comme le chinois - ou le mandarin - ne se basaient que sur des particules temporelles, telles que "hier", "aujourd'hui" ou encore "demain", pour se situer dans le temps. On dira ainsi, plus ou moins, "Hier je vois une fleur", "Aujourd'hui, je vois une fleur", "Demain, je vois une fleur".
Vous avez tout à fait bon. Il faut cependant ajouter "le vietnamien" qui est ma langue maternelle, dont la conjugaison se voit facile au possible (adverbe de temps + verbe éternellement invariable).
Quant à l'essentiel de votre question, énormément large et qui dépasse ma capacité, je laisse la parole aux autres qui aiment partager.
Bien à tous.
Parlant du vietnamien, je trouve cette langue très étonnante à entendre.
Les mots sont très saccadés, avec pas plus d'une syllabe. Très dépaysant !
(https://www.tv-radio.com/ondemand/rfi/mere/vietnamien/info/vietnamien_1500-1600-20k.asx https://www.tv-radio.com/ondemand/rfi/mere/vietnamien/info/vietnamien_1500-1600-20k.asx)
Je vais tâcher de répondre, sans avoir la compétence d'un linguiste ou d'un polyglotte.
La richesse d'une langue peut s'apprécier en considérant :
1 l'importance et la nature du lexique et des concepts qui y sont définis,
y compris la présence de synonymes (avec leurs nuances),
2 la morphologie et ses significations,
3 la syntaxe et ses nuances,
y compris la hiérarchisation des propositions et des groupes,
4 la littérature,
5 le "pur" rayonnement de la langue et de la littérature,
6 la capacité de s'adapter, sans se "prostituer" à la mode et à la facilité.
On peut aussi envisager la phonétique et l'écriture. Par exemple, je doute de la pleine efficacité des hiéroglyphes.
Historiquement, on constate que la langue grecque (jugée plus riche et plus fine)a été enseignée chez les élites romaines et que les Gaulois ont adopté la langue latine (savante ou populaire, selon les cas). Quelles qu'aient été les motivations politiques ou économiques des uns et des autres.
En français, nous avons une belle palette de "tiroirs verbaux" (= formes verbales). Pour rejoindre ce qui a été dit, je rappelle que nous avons aussi, pour le présent, des valeurs de passé, de présent et de futur et même d'impératif.
* Je rentre de Boston ; c'est la seule chose à faire si vous vous y trouvez. (Allen)
* Son coeur ne bat plus ! - Parfait ! Rien de plus inquiétant dans un mort comme un coeur qui bat. (Giraudoux)
* Je pars (demain) pour la guerre de Cent ans. (Ponson du Terrail)
* On se calme !
Bonjour à vous,
Je ne sais pas encore aujourd'hui si vous existez sur ce forum, mais je risque une réponse à la question de la richesse des langues française, protugaise… par rapport aux langues sémitiques.
En effet, la richesse d'une langue s'évalue de plusieurs manières. Si au niveau des temps grammaticaux, l'hébreu est moins complexe que le français, il est infiniment plus riche pour le lexique. Je diras plus précisément que l'hébreu présente une palette de nuances et une multiplicité de sens pour un seul mot qui sont incomparables. En hébreu, un mot est composé d'une base (faite de consonnes)et d'affixes (les voyelles). Les consonnes donnent la ligne directrice au niveau du sens, et les voyelles nuancent, orientent, etc… Il y a même des mots qui sont formés des initiales de plusieurs mots !
Voilà, c'était mon petit grain de sel…
Merci pour vos réponses, auxquelles, il est vrai, je ne m'attendais plus.
J'avais 15 ans, lorsque j'ai posté cette question…
L'hébreu ne possède pas, à l'évidence, un lexique large et abondant (d'un point de vue purement quantitatif.)
Mais qualtitativement, l'hébreu biblique semble être bien loti (nuances, multiplicité de sens pour un même mot que vous évoquiez plus haut…)
En est-il de même de l'hébreu moderne (que certains qualifient de langue "bâtarde" ?)
En outre, pouvez-vous m'indiquer quelles expressions pourrait-on employer en hébreu, pour exprimer une antériorité par rapport à un temps simple (en français, on utiliserait couramment le passé composé, le passé antérieur, le plus-que-parfait, le futur antérieur, le conditionnel passé (1 et 2) etc.) ?
Je vous remercie