Un écrivain définissait la poésie comme "éloquence harmonieuse"…

Entraide scolaire

9 réponses

Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
Livres sur Amazon
Bonjour,

Voilà j' ai un sujet de dissertation qui est:
"Un écrivain du XVIIIème siècle définissait la poésie comme l" éloquence harmonieuse". En vous appuyant sur les textes de ce corpus … vous vous demanderez en quel sens cette formule peut convenir à la poésie.

J' ai déjà quelques idées pour mes parties, mais je n' arrive pas à bien définir l' éloquence harmonieuse et j' ai donc peur e faire fausse route ès le départ.
Pour moi l' éloquence harmonieuse peut être le fait que le poème soit musical, et qu' il soit apte à émouvoir ou à persuader.

Merci d' avance
Bonjour,

Désolé je n' ai pas pensé à mettre le corpus de texte qui est:

-Voiture La belle matineuse, 1649
-Théophile Gautier L' art 1857
-Victor Hugo Les châtiments VII 1 ("sonner, sonnez toujours clairons de la pensée."
en texte complémentaire: Verlaine Jadis et naguère "Jadis" 1884
Poèmes saturniens, Mon rêve familier

Merci d'avance!
S'il vous plait, une petite réponse.
Je n'arrive pas bien à trouver des sous-parties interressantes.
Mon plan en gros : I/Art de la parole, du discours rhétorique
II/Genre musical, harmonieux
( III/Un mixte des deux)
Oui je crois ; l'éloquence c'est l'art du discours, de convaincre ; la poésie serait cet art avec en plus l'harmonie
Art du discours : tu peux t'appuyer sans doute sur le poème de Hugo

Si tu as la possibilité de copier ici les textes de corpus je pourrai te confirmer pour les autres (ils sont certainement en ligne)
Merci, je fais ça tout de suite.
Voiture :
Des portes du matin l'Amante de Céphale,
Ses roses épandait dans le milieu des airs,
Et jetait sur les cieux nouvellement ouverts
Ces traits d'or et d'azur qu'en naissant elle étale,

Quand la Nymphe divine, à mon repos fatale,
Apparut, et brilla de tant d'attraits divers,
Qu'il semblait qu'elle seule éclairait l'Univers
Et remplissait de feux la rive Orientale.

Le Soleil se hâtant pour la gloire des Cieux
Vint opposer sa flamme à l'éclat de ses yeux,
Et prit tous les rayons dont l'Olympe se dore.

L'Onde, la terre et l'air s'allumaient alentour
Mais auprès de Philis on le prit pour l'Aurore,
Et l'on crut que Philis était l'astre du jour.
Théophile Gautier – L’Art
Oui, l’œuvre sort plus belle
D’une forme au travail
Rebelle,
Vers, marbre, onyx, émail.

Point de contraintes fausses !
Mais que pour marcher droit
Tu chausses,
Muse, un cothurne étroit.

Fi du rythme commode,
Comme un soulier trop grand,
Du mode
Que tout pied quitte et prend !

Statuaire, repousse
L’argile que pétrit
Le pouce,
Quand flotte ailleurs l’esprit ;

Lutte avec le carrare,
Avec le paros dur
Et rare,
Gardiens du contour pur ;

Emprunte à Syracuse
Son bronze où fermement
S’accuse
Le trait fier et charmant ;

D’une main délicate
Poursuis dans un filon
D’agate
Le profil d’Apollon.

Peintre, fuis l’aquarelle,
Et fixe la couleur
Trop frêle
Au four de l’émailleur.

Fais les sirènes bleues,
Tordant de cent façons
Leurs queues,
Les monstres des blasons ;

Dans son nimbe trilobe
La Vierge et son Jésus,
Le globe
Avec la croix dessus.

Tout passe. — L’art robuste
Seul a l’éternité.
Le buste
Survit à la cité.

Et la médaille austère
Que trouve un laboureur
Sous terre
Révèle un empereur.

Les dieux eux-mêmes meurent
Mais les vers souverains
Demeurent
Plus forts que les airains.

Sculpte, lime, cisèle ;
Que ton rêve flottant
Se scelle
Dans le bloc résistant !
"Harmonie du soir", Baudelaire
Voici venir les temps où vibrant sur sa tige
Chaque fleur s'évapore ainsi qu'un encensoir ;
Les sons et les parfums tournent dans l'air du soir ;
Valse mélancolique et langoureux vertige !

Chaque fleur s'évapore ainsi qu'un encensoir ;
Le violon frémit comme un coeur qu'on afflige ;
Valse mélancolique et langoureux vertige !
Le ciel est triste et beau comme un grand reposoir.

Le violon frémit comme un coeur qu'on afflige,
Un coeur tendre, qui hait le néant vaste et noir !
Le ciel est triste et beau comme un grand reposoir ;
Le soleil s'est noyé dans son sang qui se fige.

Un coeur tendre, qui hait le néant vaste et noir,
Du passé lumineux recueille tout vestige !
Le soleil s'est noyé dans son sang qui se fige…
Ton souvenir en moi luit comme un ostensoir !
Baudelaire
De la musique avant toute chose,
Et pour cela préfère l'Impair
Plus vague et plus soluble dans l'air,
Sans rien en lui qui pèse ou qui pose.

Il faut aussi que tu n'ailles point
Choisir tes mots sans quelque méprise
Rien de plus cher que la chanson grise
Où l'Indécis au Précis se joint.

C'est des beaux yeux derrière des voiles
C'est le grand jour tremblant de midi,
C'est par un ciel d'automne attiédi
Le bleu fouillis des claires étoiles!

Car nous voulons la Nuance encor,
Pas la Couleur, rien que la nuance!
Oh! la nuance seule fiance
Le rêve au rêve et la flûte au cor !

Fuis du plus loin la Pointe assassine,
L'Esprit cruel et le Rire impur,
Qui font pleurer les yeux de l'Azur
Et tout cet ail de basse cuisine !

Prends l'éloquence et tords-lui son cou !
Tu feras bien, en train d'énergie,
De rendre un peu la Rime assagie.
Si l'on n'y veille, elle ira jusqu'où ?

Ô qui dira les torts de la Rime ?
Quel enfant sourd ou quel nègre fou
Nous a forgé ce bijou d'un sou
Qui sonne creux et faux sous la lime ?

De la musique encore et toujours !
Que ton vers soit la chose envolée
Qu'on sent qui fuit d'une âme en allée
Vers d'autres cieux à d'autres amours.

Que ton vers soit la bonne aventure
Eparse au vent crispé du matin
Qui va fleurant la menthe et le thym…
Et tout le reste est littérature.
Paul Verlaine (Poèmes saturniens):
Je fais souvent ce rêve étrange et pénétrant
D'une femme inconnue, et que j'aime, et qui m'aime,
Et qui n'est, chaque fois, ni tout à fait la même
Ni tout à fait une autre, et m'aime et me comprend.

Car elle me comprend, et mon coeur transparent
Pour elle seule, hélas! cesse d'être un problème
Pour elle seule, et les moiteurs de mon front blême,
Elle seule les sait rafraîchir, en pleurant.

Est-elle brune, blonde ou rousse? Je l'ignore.
Son nom? Je me souviens qu'il est doux et sonore,
Comme ceux des aimés que la vie exila.

Son regard est pareil au regard des statues,
Et, pour sa voix, lointaine, et calme, et grave, elle a
L'inflexion des voix chères qui se sont tues.
Le poème l'Art de Gautier est éloquent (convaincre le lecteur de cette vision de l'Art assimilé à la difficulté) ; ainsi que l'Art poétique de Verlaine
Voiture : de quoi veut-il nous convaincre ?
En quoi ces trois poèmes sont-ils cependant harmonieux ?

Les deux autres je les mettrai du côté de l'harmonie ; mais y voir un aspect éloquent n'est pas impossible
Entièrement d'accord, mais les sous-parties pour classer cela risque d'être difficile à trouver.
Rien ne t'interdit de choisir d'autres exemples !
Tu peux penser aux Muses grecques comme un point de départ, il y a la muse de la poésie éloquente et de la poésie lyrique,, enfin je crois
Il est intéressant que d'autres termes musicaux ont déjà été liés à l'éloquence.

"résume avec la plus foudroyante éloquence symphonique l'esprit, le style, la philosophie et l'action" [de l'œuvre, Tannhäuser, de Wagner] (Bruneau, Mus. hier et demain, 1906, p. 69).
"Nous saurons (…) qu'ils [les compositeurs du passé] parlent le langage du cœur aussi énergiquement et avec autant de richesse que les maîtres plus modernes dont l'éloquence nous bouleverse" (Pirro, Esthét. J.-S. Bach., 1907, p. 7).
Merci CNRTL.