Zola, L’Assommoir, chapitre 7 - Pourtant, l’oie était découpée…

Entraide scolaire

17 réponses

Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
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Bonsoir,

Je suis en Première et j'ai un commentaire, à faire pour vendredi 30/11/2007, portant sur un extrait de L'Assomoir d'Emile Zola. Je vous réécris le texte :
Gervaise, une blanchisseuse qui a réussi à développer son commerce, invite ses amis à dîner.

Pourtant, l’oie était découpée. Le sergent de ville, après avoir laissé la société admirer le bonnet d’évêque pendant quelques minutes, venait d’abattre les morceaux et de les ranger autour du plat. On pouvait se servir. Mais les dames, qui dégrafaient leur robe, se plaignaient de la chaleur. Coupeau cria qu’on était chez soi, qu’il emmiellait les voisins ; et il ouvrit toute grande la porte de la rue, la noce continua au milieu du roulement des fiacres et de la bousculade des passants sur les trottoirs. Alors, les mâchoires reposées, un nouveau trou dans l’estomac, on recommença à dîner, on tomba sur l’oie furieusement. Rien qu’à attendre et à regarder découper la bête, disait ce farceur de Boche, ça lui avait fait descendre la blanquette et l’épinée dans les mollets.
Par exemple, il y eut là un fameux coup de fourchette ; c’est-à-dire que personne de la société ne se souvenait de s’être jamais collé une pareille indigestion sur la conscience. Gervaise, énorme, tassée sur les coudes, mangeait de gros morceaux de blanc, ne parlant pas, de peur de perdre une bouchée ; et elle était seulement un peu honteuse devant Goujet, ennuyée de se montrer ainsi, gloutonne comme une chatte. Goujet, d’ailleurs, s’emplissait trop lui-même, à la voir toute rose de nourriture. Puis, dans sa gourmandise, elle restait si gentille et si bonne ! Elle ne parlait pas, mais elle se dérangeait à chaque instant, pour soigner le père Bru et lui passer quelque chose de délicat sur son assiette. C’était même touchant de regarder cette gourmande s’enlever un bout d’aile de la bouche, pour le donner au vieux, qui ne semblait pas connaisseur et qui avalait tout, la tête basse, abêti de tant bâfrer, lui dont le gésier avait perdu le goût du pain. Les Lorilleux passaient leur rage sur le rôti ; ils en prenaient pour trois jours, ils auraient englouti le plat, la table et la boutique, afin de ruiner la Banban du coup. Toutes les dames avaient voulu de la carcasse ; la carcasse, c’est le morceau des dames. Madame Lerat, madame Boche, madame Putois grattaient des os, tandis que maman Coupeau, qui adorait le cou, en arrachait la viande avec ses deux dernières dents. Virginie, elle, aimait la peau, quand elle était rissolée, et chaque convive lui passait sa peau, par galanterie ; si bien que Poisson jetait à sa femme des regards sévères, en lui ordonnant de s’arrêter, parce qu’elle en avait assez comme ça : une fois déjà, pour avoir trop mangé d’oie rôtie, elle était restée quinze jours au lit, le ventre enflé. Mais Coupeau se fâcha et servit un haut de cuisse à Virginie, criant que, tonnerre de Dieu ! si elle ne le décrottait pas, elle n’était pas une femme. Est-ce que l’oie avait jamais fait du mal à quelqu’un ? Au contraire, l’oie guérissait les maladies de rate. On croquait ça sans pain, comme un dessert.
Donc, en fait, je voulais avoir votre avis sur mes 2 plans qui sont :

I. Un repas particulier et étonnant
(j'ai trouvé une sous-partie pour l'instant : Des personnages sans-gênes)
II. Une intention satirique
(aussi une sous-partie : Une critique sur les comportements)

OU

Un plan par registre :

I. Un texte comique
II. Un texte satirique
III. Un texte presque fantastique

Est-ce que vous pouvez me dire lequel de mes plans est le mieux ? (et si c'est le premier, m'aider à trouver d'autres sous-parties ? 😀).

Je vous en remercie d'avance.

[de mon côté, je continue à chercher 🙂]
A vue d'oeil, sans trop lire le texte, je dirais que ton premier plan est mieux, parce qu'un plan par registres c'est pas forcément l'idéal, et risque d'être un peu vide… Par contre tu peux faire une partie qui regrouperait les différents registres du texte, pour prouver sa richesse, ou appuyer d'autres axes 🙂
Merci pour tes conseils, j'ai amélioré mon plan et trouvé d'autres sous-parties :

I Un repas particulier et étonnant
1 Des personnages sans-gênes
2 Une scène comique
3 Une description presque fantastique

II Une intention satirique
1 Une critique sur les comportements
2 (pas encore trouvé xD)
3 Un reflet de la société

Qu'est-ce que vous en pensez ?
Bonjour,

Je suis élève en 1èreL et je dois moi aussi faire un commentaire composé sur ce texte, qui me pose quelques problèmes. En effet, je viens de finir la lecture linéaire du texte, mais elle me semble bien pauvre et je n'arrive pas à saisir le véritable fond de ce texte. Est-ce que Zola dénonce les manières des paysans ou au contraire fait-il un "plaidoyer" pour la misère de ces gens ? J'avoue que ce texte me laisse perplexe …

Merci d'avance.
Quelques pistes:
Les noms des personnages.
Gervaise, est-elle personnage principal?
Dehors et dedans: la claustrophobie.
Une oie pour tant de gens, on dirait 5 pains et deux petits poissons pour nourrir une grande assemblée de gens.
Est-ce que tout le monde est content d'être à la fête?
Quelques allitérations (surtout dans le dernier tiers) -pour mettre les paroles en bouche?
Merci beaucoup, effectivement je n'avais pas pensé à ces éléments, je me suis surtout centrée sur la nourriture et le banquet. Ces quelques pistes devraient m'aider à bien remplir mon commentaire !

Je pense donc que ma problématique sera :
Comment Zola, dans cet extrait, met-il en scène la misère de la classe ouvrière du XIXe siècle ?

I Un repas de noces ou un banquet populaire ?
(Dans le sens où tout le caractère sacré d'un repas de noces est mis de côté au profit de gens qui ne sont là que pour manger).

II L'oie, élément central du banquet

et peut-être un grand III sur la portée de l'extrait …
Essaye de voir si il n'y a pas une dimension théâtrale !

Personnellement j'ai étudié le même extrait et j'ai parlé de la dimension theatrale et j'ai eu une très bonne note !
Merci pour votre aide 😀
Ce texte est tout de même coriace à commenter !
J'ai essayé de me débrouiller comme j'ai pu …
Espérons que le résultat sera bon ! 😐
Raconte-nous après avoir eu ta note, Sandra. 🙂
J'ai eu ma copie il y a quelques temps mais malheur ! Plus d'Internet à la maison !
Je tenais à vous remercier pour votre aide, jai pu avoir 15/20 à ce commentaire !
Il y a juste un aspect qui selon le prof manquait :
"A travers la férocité des personnages, Zola traite du manque; il donne à voir une scène grossière, sans juger".

Merci encore. 😀
Bonjour ! je tiens à préciser que je suis en seconde, et que j'ai un commentaire à rédiger sur ce même extrait, c'est un désastre je ne sais pas comment faire… j'ai lu tout ce que vous avez pu dire sur cet extrait mais cela ne m'aide pas vraiment… Je voudrais donc savoir si d'autre personne du même niveau que moi sont dans une situation similaire.
Merci d'avance pour vos réponses 🙂
Bonsoir, j'ai un commentaire de texte à faire sur cet extrait: un extrait du chapitre 7 sur l'assommoir. J'ai quelques petites idées mais j'aurais besoin de précision, d'approfondir. Pourriez vous m'aider s'il vous plait merci d'avance
Pourtant, l’oie était découpée. Le sergent de ville, après avoir laissé la société admirer le bonnet d’évêque pendant quelques minutes, venait d'abattre les morceaux et de les ranger autour du plat. On pouvait se servir. Mais les dames, qui dégrafaient leur robe, se plaignaient de la chaleur. Coupeau cria qu’on était chez soi, qu’il emmiellait les voisins ; et il ouvrit toute grande la porte de la rue, la noce continua au milieu du roulement des fiacres et de la bousculade des passants sur les trottoirs. Alors, les mâchoires reposées, un nouveau trou dans l’estomac, on recommença à dîner, on tomba sur l’oie furieusement. Rien qu’à attendre et à regarder découper la bête, disait ce farceur de Boche, ça lui avait fait descendre la blanquette et l’épinée dans les mollets.

Par exemple, il y eut là un fameux coup de fourchette : c’est-à-dire que personne de la société ne se souvenait de s’être jamais collé une pareille indigestion sur la conscience. Gervaise, énorme, tassée sur les coudes, mangeait de gros morceaux de blanc, ne parlant pas, de peur de perdre une bouchée ; et elle était seulement un peu honteuse devant Goujet, ennuyée de se montrer ainsi, gloutonne comme un chatte. Goujet, d’ailleurs, s’emplissait trop lui-même, à la voir toute rose de nourriture. Puis, dans sa gourmandise, elle restait si gentille et si bonne ! Elle ne parlait pas, mais elle se dérangeait à chaque instant, pour soigner le père Bru et lui passer quelque chose de délicat sur son assiette. C’était même touchant de regarder cette gourmande s’enlever un bout d’aile de la bouche, pour le donner au vieux, qui ne semblait pas connaisseur et qui avalait tout, la tête basse, abêti de tant bâfrer, lui dont le gésier avait perdu le goût du pain. Les Lorilleux passaient leur rage sur le rôti ; ils en prenaient pour trois jours, ils auraient englouti le plat, la table et la boutique, afin de ruiner la Banban du coup. Toutes les dames avaient voulu de la carcasse ; la carcasse, c’est le morceau des dames. Madame Lerat, madame Boche, madame Putois grattaient des os, tandis que maman Coupeau, qui adorait le cou, en arrachait la viande avec ses deux dernières dents. Virginie, elle, aimait la peau, quand elle était rissolée, et chaque convive lui passait sa peau, par galanterie ; si bien que Poisson jetait à sa femme des regards sévères, en lui ordonnant de s’arrêter, parce qu’elle en avait assez comme ça : une fois déjà, pour avoir trop mangé d’oie rôtie, elle était restée quinze jours au lit, le ventre enflé. Mais Coupeau se fâcha et servit un haut de cuisse à Virginie, criant que, tonnerre de Dieu ! si elle ne le décrottait pas, elle n’était pas une femme. Est-ce que l’oie avait jamais fait du mal à quelqu’un ? Au contraire, l’oie guérissait les maladies de rate. On croquait ça sans pain, comme un dessert. Lui, en aurait bouffé toute la nuit, sans être incommodé ; et, pour crâner, il s’enfonçait un pilon entier dans la bouche. Cependant, Clémence achevait son croupion, le suçait avec un gloussement des lèvres, en se tordant de rire sur sa chaise, à cause de Boche qui lui disait tout bas des indécences. Ah ! nom de Dieu ! oui, on s’en flanqua une bosse ! Quand on y est, on y est, n’est-ce pas ? et si l’on ne se paie qu’un gueuleton par-ci par-là, on serait joliment godiche de ne pas s’en fourrer jusqu’aux oreilles. Vrai, on voyait les bedons se gonfler à mesure. Les dames étaient grosses. Ils pétaient dans leur peau, les sacrés goinfres ! La bouche ouverte, le menton barbouillé de graisse, ils avaient des faces pareilles à des derrières, et si rouges, qu’on aurait dit des derrières de gens riches, crevant de prospérité.

Mon plan (mal formulée pour le moment mais qui est présent pour préciser les idées)

I/ La nourriture

A) manière de manger grossière

la foule mangent non de manière raffinée, "grattaient des os"; bâfrer…

B) l'effet de la nourriture

sur le physique, leurs corps sont déformés : déformés « les bedons se gonflaient à mesure ». « Les dames étaient grosses » ; Gervaise est « gloutonne comme une chatte » cette comparaison déshumanise Gervaise

C) Symbole de l'oie

II / une scène théatrale

la scène est parcourut entre les personnages et la nourriture, au début on regarde Gervaise puis elle regarde Goujet qui la regarde servir le père Bru.
Salut Sandra si tu vois ce message à temps ton aide me serait très utile si tu veux bien.
Voila je suis en seconde et j'ai un commentaire de texte à faire sur ce texte également et j'avoue que toutes vos explications dans les commentaires précédents ne m'ont pas énormement aidés. Alors si tu pouvait m'éclairer un peu plus sur le sujet ça serait très aimable…
Merci d'avance 😉
Bonjour Rachel…

Cela fait six ans que Sandra n'a pas visité le site.
Il y a peu de chances qu'elle te lise aujourd'hui !
oui j'ai envoyé un e-mail…
Bonne chance…
Rachel-33 a écrit :oui j'ai envoyé un e-mail…
Un peu de bon sens, depuis 6 ans, il y a de fortes chances qu'elle n'ait plus ses travaux, ou qu'elle ait d'autres choses à faire que de se replonger dans ses cours de 1ere … 🙄
Pourquoi ne pas réfléchir toi-même sur la scène, d'ailleurs ? Je te propose quelques pistes. Ce scène est une scène de repas, ce qui constitue un topos littéraire ambivalent, dans la mesure où la représentation du corps en action en littérature est soumis à un héritage platonicien qui l'a exclu pendant un bon moment du champ artistique ( le corps, dévalorisé par l'âme, blabla … ) . Des auteurs se sont intéressés à la représentation du corps en action, parce que le corps - avec ses lois propres - est porteur de valeurs spécifiques : ici, l'enjeu du texte sera de montrer que la manière dont mangent les protagonistes est révélateur de leur éthos, ainsi que de leur milieu social.