Chrétien de Troyes, Le Chevalier de la charrette, vers 6817 à 6863

Entraide scolaire

3 réponses

Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
Livres sur Amazon
Bonjour, je suis en L2 lettres modernes et j'ai un exposé oral à faire sur les vers 6817 à 6863 du Chevalier de la Charrette: c'est le retour de Lancelot à la cour.
Je ne sais pas comment aborder ce passage car ce n'est pas un passage clé du roman, et j'ignore si je dois rappeler les thèmes essentiels de la fine amor la chevalerie, etc..
Je ne sais pas du tout comment mener ce commentaire…
Si quelqu'un peut m'aider, merci d'avance.
Céline
Je n'ai pas trouvé les vers sur internet, je les ai donc recopié avec la traduction, les voici.
"Ja set li rois, ja sevent tuit
que Lanceloz, cui qu'il enuit,
qui tel piece a esté gaitiez,
est venuz toz sains et haitiez.
S'an font grant joie tuit ansanble,
et por lui festoier s'asanble
la corz, qui lonc tant l'a bahé.
N'i a nul tant de grant ahé
ou de petit, joie n'an face.
Joie depiece et si efface
la dolor qui ençois i ert.
Li diaus s'an fuit, si i apert
joie, qui formant les rapele.
Et la reïne n'i est ele
a cele joie qu'an demainne?
Oïl voir, tote premerainne.
Comant? Dex, ou fust ele doncques?
Ele n'ot mes si grant joie onques
com or a de sa bien venue,
et ele a lui ne fust venue?
Si est voir, ele an est si pres
qu'a po se tient, molt s'an va pres
que li cors le cuer ne sivoit.
Ou est donc li cuers? Il beisoit
et conjoïssoit Lancelot.
Et li cors, por coi se celot?
N'estoit bien la joie anterine?
A y donc corroz ne haïne?
Nenil certes, ne tant ne quant,
mes puet cel estre, li auquant,
li rois, li autre qui la sont,
qui lor ialz espanduz i ont,
aparceüssent tost l'afeire,
s'ainsi veant toz, volsist feire
tot si con li cuers le volsist.
Et se Reisons ne lit tolsist
ce fol panser et cele rage,
si veïssent tot son corage.
Lors si fust trop granz la folie.
Por ce Reisons anferme et lie
son fol cuer et son fol pansé,
si l'a un petit racenssé
et a mis la chose an respit
jusque tant que voie et espit
un boen leu et un plus privé,
ou ils soient mialz arivé
que il or ne sont a ceste ore."

Traduction:
"Déjà, le roi sait, déjà tous savent que Lancelot qu'on a si longtemps attendu est, n'en déplaise à certains, revenu sain et sauf. L'allégresse est générale et la cour qui, depuis si longtemps, espérait le retrouver se rassemble pour faire la fête.
Chacun, quel que soit son âge, jeune ou vieux, exprime son bonheur. La joie chasse et dissipe la douleur qui régnait auparavant. La tristesse s'enfuit, tandis que se répand la joie qui les transporte tous. Et la reine, ne participe-t-elle pas à toutes ses festivités? Si, assurément, et même la toute première. Comment cela? Mon Dieu, où serait-elle donc? Jamais elle n'éprouva joie si intense que celle que lui cause cette arrivée. Et elle ne serait pas venue à sa rencontre? En vérité, elle est si près de lui que peu s'en faut que le corps ne suive le coeur. Que fait donc le coeur? Il couvre Lancelot de baisers et de caresses. Mais le corps, pourquoi se cache-t-il? Sa joie n'est-elle pas parfaite? S'y mêle-t-il colère ou haine?
Non, bien sûr, d'aucune façon. Mais peut-être que certains, le roi et d'autres dans cette compagnie, avec leurs yeux tout grands ouverts auraient tôt fait de découvrir l'affaire si, devant tous, elle avait laissé son coeur lui dicter sa conduite. Et si Raison ne réprimait cette folle pensée et cette passion, on aurait connu le fond de son coeur, mais ce serait une trop grande folie. Aussi enferme-t-elle et enchaîne-t-elle son coeur insensé et ses folles pensées. Elle les a quelque peu assagis et a remis la rencontre à plus tard, pour guetter le moment propice et découvrir un endroit favorable et plus discret où, plus paisiblement qu'en ce moment, ils pourront mieux se retrouver."
Ce texte montre la liesse générale que cause le retour de Lancelot, et celle toute intime de Guenièvre qui craint de trop laisser transparaître ses entiments. Il n'y a pas lieu de débattre sur la fine amor