Prévert, Déjeuner du matin

Entraide scolaire

54 réponses · Page 3 / 3

ok
Bonsoir Over,

Il me semble que tu devrais analyser plus profondément ce poème… Faire un plan, c'est bien, mais qu'après avec "fouillé" le sens…

T'es-tu penché(e) sur les verbes, les sujets des verbes, les compléments d'objet des verbes ? À aucun moment le "il" n'est sujet d'un verbe dont le "je" serait l'objet. Le poète dit Sans me parler, Sans me regarder (il utilise des infinitifs qui se passent de sujet mais qui ont un "objet"…). Puis il dit Sans une parole : même l'objet disparaît… plus invisible encore qu'une tasse ou un cendrier ou des volutes de fumée…

À la fin, on sent un retour sur soi du "je" : Et moi, j'ai pris ma tête dans ma main… et j'ai pleuré. Le "je" en position sujet n'est présent que dans les trois derniers vers, comme s'il fallait qu'il s'assure de son existence.

Compare aussi tous les verbes d'actions prosaïques (boire, tourner, se lever, etc.) à : regarder, parler, pleurer
Compare les noms café, tasse, manteau, chapeau, etc., à tête, main…

Muriel
N'oublie pas non plus l'analyse stylistique…
Comment l'auteur arrive t-il a faire passer un message au lecteur dans un poème traitant de la vie quotidienne ?
Oui, mais avec quel talent il en parle de ce quotidien !
Aussi : le regard … qui voit tout ? et à la fin qui ne voit plus rien ?
Disparitions du Il et du Je
Super in térressant ce que vous venez de me dire. Vous avez raison il faut que j'approfondissse !! 😀 allez au boulot !
heu une question prosaîque c'est quand ça à un rapport avec la prose ?
Bonsoir Over,

Oui, mais ici c'est le sens figuré : cela veut dire banal, simple, qui manque d'élevation… : mettre du sucre, prendre sa tasse, tourner son café, etc.

Muriel
merci ! simple mais très détaillé…
mmh peut être un sujet de réflexion ?
En ce qui concerne ma problématique elle est potable ?
Ta problématique :
Comment l'auteur arrive t-il a faire passer un message au lecteur dans un poème traitant de la vie quotidienne ?
"passer un message" : à proscrire !

Inverser ta problématique lui donnerait, je crois, plus de force.

- Comment un poème du quotidien peut-il ouvrir, à sa lecture, tant de perspectives d'interprétation et de sens ?
Rupture d'un homme et d'une femme ? Drame de l'ignorance entre un homme et une femme ; entre deux hommes ; entre un enfant et son père ; entre un pauvre et un riche ; entre quelqu'un qui est dehors, au froid, sous la pluie et quelqu'un qui est "dedans" et qui se réchauffe d'un café ? (pourquoi pas ?). Drame universel de l'ignorance d'autrui (à laquelle tu tiens), de la solitude et des souffrances qui en découlent ?

Du cas particulier au cas universel ? On part loin avec ce poème, non ?

Muriel
oui c'est ça ! 🙂
Vous pouvez me dire ce que vous en penser ?
Bonsoir Over,

Il faudrait que tu te concentres pour produire quelque chose de plus rationnel. Tes idées sont bonnes, tu fais des efforts, mais le résultat est un peu confus… Tu ne t'appuies pas sur le texte (= tu ne justifies pas)…

Par exemple, ici, c'est peu compréhensible :
Le personnages ne sait plus où il en est, il décrit se répète souvent énumération. In visibilité du "je" par rapport à il il n'y pas de lien entre les deux
Pour ton "Eh ! l'ami", je te conseille de l'entourer de "peut-être" et de conditionnel… Tu n'as aucune preuve… ce n'est qu'une supposition… ne l'assène pas comme une vérité…

Ici :
Une scène de vie quotidienne populaire
"populaire"… : on n'en sait rien… arrête-toi à "quotidienne"…

Là :
Une description anormale du petit déjeuner l'annonce d'une chose inévitable
"l'annonce d'une chose inévitable" n'a pas lieu d'être, on ne sait rien de "l'avant"…

Muriel
Bonjour !
Je sais que ce sujet date d'il y a longtemps, mais je me dis que ça peut toujours aider quelqu'un d'avoir un avis supplémentaire =) Je précise que je ne suis qu'en Première L, donc mon avis n'est pas très professionnel…

Je trouve que la première partie du poème, jusqu'à « sans me regarder » donne un aspect assez machinal, comme une routine. Comme un robot, en somme. La reprise anaphorique de « il a mis » y contribue. J'en tire deux interprétations possibles ; la première, c'est l'indifférence ou la froideur. La seconde, c'est juste une routine, c'est-à-dire un manque d'amour en quelque sorte, comment les hommes se comportent parfois comme des robots. Par exemple « Il a mis son manteau de pluie Parce qu'il pleuvait » montre bien une sorte d'évidence, un raisonnement logique, que l'homme réalise naturellement, sans se poser de questions. Prévert, dans Paroles, dénonce la guerre, et la Seconde Guerre Mondiale était caractérisée par la brutalité, l'absence totale de pitié. Peut-être qu'il a voulu dénoncer cet automatisme des gestes, cette indifférence dans ce poème.
Pour la fin, cela ressemble au Miroir brisé « Et j'ai mis la main sur mon cœur » ; là, « Et moi j'ai pris Ma tête dans ma main », toujours introduit par un « et », tend, je pense, à accentuer le sentiment qui va venir.

Mais le narrateur reste externe, on a le point de vue de la personne qui pleure, mais jamais ses pensées, jamais ses sentiments. L'anaphore de « Et » est la même que dans la première partie du poème, je trouve que ça donne encore un aspect un peu automatique. Comme si même en pleurant, la personne n'avait pas de sentiments.
Pourtant, le changement d'énonciation, qui met le « je » en valeur, cause une rupture, une brusque humanité. Ce qui était une tasse, un chapeau, un manteau, devient une tête, une main ; on passe à un aspect beaucoup plus humain.

Prévert n'a pas besoin de détailler ce qu'il s'est passé pour que le lecteur ressente quelque chose, et imagine une histoire. Bref, je pense qu'il a volontairement laissé plein de scénarios possibles ; ou peut-être qu'il faut tout simplement ne pas chercher d'interprétations ? Dans ce poème, tout est simple, clair, et provoque pourtant une émotion ; pourquoi aller chercher plus loin ? Enfin, toute interprétation est possible, mais elle reste subjective.

Après, si on veut vraiment trouver des interprétations, on peut déjà se demander pourquoi l'auteur décrit le petit-déjeuner de ce jour en particulier : il s'est forcément passé quelque chose de spécial. Qu'est-ce qui fait que ce jour précis, le "je" pleure ? Une rupture, une simple accumulation de tensions intérieures…? Le déséquilibre même de la forme du poème tend vers cela… Quelque chose n'est pas normal. Et pourtant les gestes décrits semblent normaux, habituels - jusqu'à la rupture de la dernière strophe. On qualifie Prévert de "Parisien Bohême", parce qu'il sait si bien voir les réalités dissimulées sous les choses quotidiennes…


Je ne prétends pas du tout que ce que j'ai dit est vrai, c'est juste mon avis !
Bon salut, j'éspère que tout va bien 🙂 Je suis en 1re L et on a fait le commentaire de ce poème en classe. Et on a trouvé ce plan-ci :
I) Le récit d'un déjeuner du matin.
A) Le cadre spatio-temporel.
B) Un déroulement d'actions très précis.
C) Les personnages.
II) Un poème sur l'indifférence.
A) Le plein et le vide.
B) Une souffrance muette.
C) Un poème-parole.
ccl : Dans ce poème, P. donne la parole à tous ces vivants solitaires, que nous sommes tous, qui ont attendus une parole, un regard et ne l'ont jamais recu(e).
Rapprochement : Barbara (sorte de séparation), le Message (désespoir), les poèmes d'amour..
Bonjour,

Je voulais juste savoir, comment peut-on être sûr que cela se passe entre un homme et une femme?
Merci d'avance…
Elef
Pour l'homme, c'est évident, il suffit de relever le il.
Pour la femme, c'est par déduction : besoin d'être regardée, considérée, appréciée… De plus à la fin l'énonciateur "pleure"…
Ce n'est qu'un faisceau de présomptions, mais fort probable…