Prévert, Déjeuner du matin
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Bonjour,
Je travaille sur ce poème de Prévert, Déjeuner du Matin, se trouvant dans le recueil Paroles.
Bien qu'il soit composé de mots simple il est courts et il est difficile de trouver de quoi faire un commentaire éttoffé.
pour l'instant mon plan est le suivant
1° scéne de vie quotidienne
champ lexical du petit déjeuner
2° Lyrisme du poème
préscense d'anaphores Il a… , Dans…
un "Je " romantique ?
poème riche en images
Je voulais savoir si l'utilisation du passé composé dans la quasi totalité du poème avait une signification particulière ?
C'est un peu pauvre et c'est pour cela que je souhaiterai que vous puissiez m'aider a trouver d'autres exemples ou une autre figure du plan .
Je vous remercie d'avance pour vos réponses.
Déjeuner du matin
Il a mis le café
Dans la tasse
Il a mis le lait
Dans la tasse de café
Il a mis le sucre
Dans le café au lait
Avec la petite cuiller
Il a tourné
Il a bu le café au lait
Et il a reposé la tasse
Sans me parler
Il a allumé
Une cigarette
Il a fait des ronds
Avec la fumée
Il a mis les cendres
Dans le cendrier
Sans me parler
Sans me regarder
Il s'est levé
Il a mis
Son chapeau sur sa tête
Il a mis son manteau de pluie
Parce qu'il pleuvait
Et il est parti
Sous la pluie
Sans une parole
Sans me regarder
Et moi j'ai pris
Ma tête dans ma main
Et j'ai pleuré
Je cherche toujours et je n'arrive toujours pas à trouver quelque chose qui se tient .
Est-ce-qu'il critique ou il fait simplement passer des sentiments ?
S'il vous plait… Merci
Bonjour, over.
Il y a un fil actuel sur le passé simple et le passé composé dans la rubrique langue française. Il me semble qu'un poète du XXè siècle, voulant raconter un fait banal, aurait recours au passé composé, comme s'il parlait. En chantant la poésie, ça fait plus 'actuel'. L'utilisation du passé simple de nos jours est plutôt gardée pour un style littéraire davantage 'appuyé', même s'il n'est pas interdit de l'utiliser en parlant.
Le fait banal se raconte, comme tu le dis, avec des anaphores. Non seulement les mots café, lait, tête etc, mais des syntagmes il a mis (qui devient j'ai pris dans le dernier vers). La répétition est un jeu de mots, activité préférée de Prévert? Les rîmes café, allumé, levé, ne sont pourtant pas reprises à la fin, volontairement plus sèche et frappante.
Le fait n'est pas si banal que ça. Dans le Sans me parler et dans les Sans me parler Sans me regarder et Sans une parole Sans me regarder qui reviennent, renforcés par la répétition eux aussi,comme un refrain. Le point de chute Et moi j'ai pris Ma tête dans ma main Et j'ai pleuré peut nous surprendre autant que le récit a été impersonnel au début (9+6+7 lignes de récit avant les refrains). On n'a qu'à imaginer qui est l'observateur/observatrice et pourquoi il/elle pleure. Est-ç'une histoire d'amour? Est-ce la pauvreté qui me permets même pas de m'acheter une deuxième petit noir?
Pour moi, l'élément répétitif continue jusqu'au bout de par une similarité de racine pour les verbes PLEUvoir et PLEUrer.
Over
Relis bien ce poème, il est structuré sur un déséquilibre, sur une rupture ; c'est flagrant dans sa forme
Des images ? perso je n'en vois aucune… Du lyrisme ? où ça ?
JSC
Nan nan, les poètes du XXème et même du XIXème commençant ont le droit impératif, dirait Warulf 😜 d'abuser du passé simple
Excellente remarque sur les refrains, Sans… Sans…
Bonsoir, Léah. Je crois même d'en avoir 'abusé dans un poste cet après-midi sur "Barbare". C'est dire jusqu'à quel point on peut être stimulé par la dissension. 🆒
🙂
Je le découvris tout-à-l'heure et l'ai trouvé très bien ton commentaire sur Barbare
Bisous!
Très interessant par ces hypothèses, comme celle du pavillon qui serait l'Union Jack ; j'avais suggéré que ce pouvait être le pavillon de l'oreille, par laquelle le poète entend tous les mots, why not ?
Mais il serait mieux que je t'y réponde sur le fil idoine, isn't it ?
Oups ! pardon, je suggérai…
et : il aurait été mieux que je t'y répondisse…
Ok ! merci pour les réponses !
Donc mon plan n'est pas bon …
Sinon vu qu'il a écrit son oeuvre Paroles en 1945 pas très longtemps après la 2e Guerre Mondiale. On voit qu'a moment dans Déjeuner du matin que le "il" part est on voit qu'il prend un manteau et un chapeau et puis on sait qu'il fume, se serait possible qu'il s' agisse d'un résistant qui part en mission… Il dénoncerai ainsi la guerre
C'est peut-être trop subjectif…
Mais en même temps pendant tout le texte s'est assez subjectif : pas de ponctuation On est libre de penser.
Et aussi il n'y aurait pas une opposition entre l'intérieur qui est quand même plus chaleureux avec le petit déjeuner et l' extérieur qui lui est plutôt agressif avec la pluie.
Beaucoup d'assonance et "é"…
Je pense que l'auteur ici veut chercher a créer l'émotion plutôt que de dénoncer ?
Mais la guerre en France était bien finie en 1945……
N'empeche que l'on pourrait imaginer un homme en uniforme pleurer de voir un homme en civil partir au travail quand lui, il était toujours destiné au Front….oui…trop subjectif.
Over
Tu vas chercher bien loin ce qui est à portée de main !
Je suis vraiment désolé mais j'ai beau lire et relire le texte, Je ne vois pas "la chose flagrande". Vous avez parlé de rupture mais je n'arrive pas à la cerner…
Soit ce sont deux amants qui se disent adieu, sans épanchements ; soit c'est un homme qui ce jour-là pour une raison quelconque se comporte ainsi avec sa compagne, qui en est triste
La rupture c'est le passage du Il (tout le poème) au Je (trois lignes)
Merci ! Est ce que le "sans me parler , sans me regarder … annonce cette rupture ? Parce qu'on peut situer la rupture au niveau du "il s'est levé " … Mais c'est vrai que les 3 derniers vers sont beaucoup plus sec par rapport au reste du poème.
Soit ce sont deux amants qui se disent adieu, sans épanchements ; soit c'est un homme qui ce jour-là pour une raison quelconque se comporte ainsi avec sa compagne, qui en est triste
Pourquoi assumes-tu ce degré d'intimité entre les deux personnages?
Il tourne (et me voit).
Il ne me parle pas.
Il pouvait parfaitement être au bar et moi assis(e) à une table.
C'est cela qui me gêne dans ce texte , Il y a trop de scénario possible et c'est difficile a cerner le tout pour obtenir un plan carré …
En tout les cas une chose est sure "Et j'ai pleuré " c'est parce que "il est parti"
Si l'homme est au café et que la femme le regarde partir, d'abord pourquoi pleurerait-elle ? c'est un rituel quotidien, tous les détails font entrer dans un cercle intime.
Je ne trouve pas forcément!
Pendant que l'homme était là et tourné vers moi, j'aurais eu peut-être honte à pleurer (sur ma vie solitaire, sur le loyer que j'ai à payer, sur mon chômage, sur la mort de mon meilleur ami au front, sur mon bébé en gestation…….). Maintenant que je ne suis plus en vue, je peux laisser libre cours à mes larmes.
Remarque, tant qu'à chercher des interprétations capillotractées, elle peut aussi pleurer de soulagement “ouf il est ENFIN parti” 😂
JSC, si je peux rectifier ton expression : maintenant je peux laisser libre cours à mes larmes