Niveau nécessaire pour réussir l’agrégation externe de lettres modernes

La filière littéraire

9 réponses

Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
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Bonjour,

Je suis actuellement en 2e année de lettres modernes, donc il est vrai que j'ai encore le temps de voir venir.
Cependant, j'aurais aimé savoir quel était selon vous le niveau à avoir pour passer l'agrégation externe de lettres modernes ?
En deuxième année de licence comme plus tard.

Pourriez-vous me faire part de vos expériences ?

Merci beaucoup à tous ! 🙂
Clémence
Hé bien… le niveau requis est très sérieux!

Malgré l'évolution récente (ouverture internationale, harmonisation européenne), l'agrégation reste un concours très respecté, peut-être parce que c'est, hors grandes écoles, la seule véritable garantie d'excellence qu'un étudiant peut brandir.

Réfléchissons: le Bac n'est plus ce qu'il était, les premiers diplômes universitaires ont beaucoup perdu en sélectivité, et avec une Licence en poche, n'importe qui a le droit de faire une maîtrise ou même une thèse, diplômes qui ne sont jamais ou presque refusés (en thèse, on peut avoir une mention pourrie mais pas être recalé).

Du coup, par ces temps de dévaluation universitaire, l'agrégation joue le rôle d'une valeur refuge, comme l'or en période de dévaluation monétaire.
Ainsi, ce n'est pas pour rien que les "commissions de spécialistes" (qui recrutent les Maîtres de conférences en Fac) regardent en priorité si les candidats sont agrégés, alors même que ce titre n'est pas officiellement requis pour se présenter.

La conclusion est facile à tirer: en sciences humaines (ce serait moins vrai en maths), l'agrégation externe, c'est ce qu'on peut présenter de plus difficile (après l'ENS ou l'ENA tout de même).

Ce n'est pas pour autant un concours inaccessible. Mais ça n'est pas pour les touristes, c'est sûr.
bonjour
pensez vous que l agreg interne soit moins prisée car comportant moins d épreuve ou est elle tout autant valable?
Pour le recrutement dans l'enseignement supérieur, l'agrégation interne est évidemment moins prisée des commissions de spécialistes, du moins en lettres modernes, car le concours interne ne comporte pas d'épreuves d'histoire de la langue, de latin, ni de langue vivante, sauf erreur de ma part ; et comporte en revanche des épreuves de didactique qui n'ont pas de rapport avec les compétences demandées pour l'enseignement supérieur. - Mais l'agrégation interne reste un concours sélectif, plus sélectif que le CAPES externe, et donc, entre un capétien et un agrégatif interne, une commission de spécialiste préférera le second…
Ceci dit, cela dépend du poste sur lequel le candidat à l'enseignement supérieur postule. En études théâtrales, par exemple, l'agrégation n'est pas requise ; avoir l'agrég interne est donc un atout.
Mais l'agrég n'est pas tout. Pour espérer pouvoir se faire recruter dans le supérieur, il faut aussi avoir fait une thèse appréciée par une excellente mention, et avoir déjà une expérience de l'enseignement supérieur, acquise pendant la période doctorale, ou après. Bref, le parcours du combattant est long, et ne se mesure pas uniquement aux concours, même s'ils demeurent un atout de sélection.

Maintenant, pour répondre à la question sur le "niveau" pour préparer l'agrégation : le meilleur possible, bien sûr ! Et pas de faiblesses dans les matières grammaticales, le latin, etc. Cela ne s'improvise pas en une année de préparation ; c'est l'aboutissement de tout un cursus d'excellence.
Bonjour, je suis tombé par hasard sur ce sujet et j'ai une question à peu près similaire.
J'ai 19 ans et je passe en troisième année de Lettres Modernes avec 14 de moyenne. J'ai des résultats constants dans toutes les matières, que ce soit les matières de littérature (LGC, Littérature française, Litérature latine) ou les matières de langue française (grammaire, linguistique). Je suis plutôt un gros bosseur. Je compte aller à la Sorbonne pour mes deux années de master de Littératures Comparées.

Donc je voudrais savoir si j'ai des chances de réussir le concours de l'agrégation en continuant ainsi ou …
J'ai un problème de confiance en moi, et ça me fait plus peur que de ne pas être capable de l'avoir (lol).
Voici mon témoignage, sachant que j'ai raté l'admissibilité cette année =)

Je dirais que c'est un concours difficile mais accessible : au moins deux étudiantes (et sans doute plus) de ma promo ont eu les écrits alors que c'était la première année qu'elles le passaient, et qu'elles ne se sentaient pas au point, de leur propre aveu. Après, l'oral, c'est sans doute autre chose.
Mais je trouve pour ma part (qui ai passé le capes et l'agreg cette année) que, si le niveau d'agreg est plus dur que le capes (pour une même épreuve, comme la version, ou l'épreuve d'AF qui porte sur le même programme dans les deux concours, l'épreuve d'agreg est de niveau supérieur… quoique ça puisse dépendre des années), la difficulté est compensée par le fait qu'à l'agreg, il ya un programme…
Aussi bête que ça en ait l'air, le fait de travailler sur un nombre fini (mais imposant : entre 15 et 20 oeuvres à lire) d'oeuvres limite le stress : quand on a révisé toutes ses oeuvres (ce qui n'était pas mon cas cette année…), on est sûr de tomber sur quelque chose qu'on connaît. Alors que pour le capes, il y a le stress de tomber sur un sujet non maîtrisé, aux écrits comme aux oraux, stress qui n'est pas à négliger. Du coup, on fait des révisions tout azimut, c'est vraiment de la "culture gé".
Donc pour l'agreg, il faut d'abord être un bosseur. Ne pas avoir peur de lire, beaucoup lire, relire aussi (il faut une bonne maîtrise des oeuvres), et de s'intéresser aux travaux critiques (mais ce qui compte surtout c'est la connaissance de l'oeuvre et une réflexion intéressante).
Mais que cela ne me fasse pas dire que c'est une épreuve de bachotage ! Si le travail permet (je pense) d'avoir au moins les écrits, il me semble que la sensibilité, le fait d'avoir ses idées persos sur les oeuvres, permet au jury de faire la différence entre un bon et un très bon candidat.
Je parle beaucoup des épreuves de littérature (qui sont des dissertes) parce qu'elles sont coeff 12 (littérature française) et 10 (comparée), mais il ne faut pas oublier les autres épreuves, et donc essayer de ne pas être minable en grammaire (AF et moderne) et en langues (version de latin et version de langue vivante). Mais il me semble que c'est la note en disserte qui donne un peu le ton.
Donc, en résumé, travailler et aimer la littérature me semblent deux bonnes qualités pour réussir l'agreg (peut-être pas du premier coup, en revanche…)

Les autres agrégatifs (ou agrégés) sont-ils d'accord avec moi ?…
Tes conseils sont précieux, lapetitemu, merci !
Je me pose les mêmes questions que toi concernant les chances de réussite, Human 😉
pour réussir l'agrégation il faut dès la licence (le plus tôt possible, donc dès la 1ère année) faire du latin, des versions de langue vivante, de la grammaire et de l'ancien français. c'est impossible d'atteindre le niveau demandé sans en avoir fait avant l'année d'agrégation.
Il faut aussi avoir de bonnes notions d'histoire littéraire (avoir lu les "classiques" en gros connaître les auteurs qu'il y a dans les lagarde et michard) et de critique littéraire (ex : Boileau, Du Bellay, Balzac, Zola, Hugo et bien sûr le 20ème!).

bref c'est un concours qui se prépare en 4 ans.
Etant donné le peu de places (90 cette année) et le nombre de postulants compétant (les normaliens entre autres) qui ont obtenu bien plus que 14 en licence, il faut un très bon niveau général!

toutefois e n'est pas impossible, c'est juste beaucoup de travail
J'ajouterai un point important:

Il est essentiel, l'année où l'on prépare l'agrégation, d'être totalement dégagé de toute obligation, de toute tâche, de toute charge professionnelle ou familiale. Pas question d'avoir un job, même à temps partiel, d'élever un bébé ou de faire du sport de compétition. L'agreg représente un énorme travail, et il est impossible de l'avoir sans lui consacrer l'écrasante majorité de son temps de veille.