isaline a écrit :Bonjour,
Le 25 août j'ai un examen de phonétique d'ancien français et j'ai encore quelques questions à poser. La première: Est-ce que quelqu'un pourrait m'expliquer 'la thèse des deux u' de De Poerck? Je sais qu'il s'agit de la fermeture du timbre et qu'en italoroman il s'agit de l'ouverture mais… Merci par avance! Encore une autre question:
Dans l'évolution du latin vers le roman et les langues romanes on passe de:
1. accent musical/mélodique VERS accent dynamique/d'intensité
2. accent analytique de mot VERS accent cumulatif de groupe
3. rythme quantitatif descendant VERS rythme syllabique ascendant
Quelqu'un pourrait un peu concrétiser cette matière assez abstraite?
Merci beaucoup.
Je ne sais pas ce qu'est la thèse des deux u de Poerck, donc je ne peux pas te répondre là-dessus.
Pour les variations d'accent et la recherche bien légitime de concrétisation à leur sujet:
1. L'accent mélodique est un accent qui implique une variation de note dans la prononciation de la voyelle. Si tu veux avoir une idée de ces variations, écoute des exemples de Vietnamien, c'est le plus facile d'éccès, mais au moins tu verras ce que sont les tons.
A vrai dire, les JO se passant à Beijing, tu devrais entendre du Mandarin: il y a moins de tons, mais ils sont bien là.
Imagine une partition musicale: si je varie la mélodie, je change les notes, mais si je varie la dynamique ou l'intensité, c'est la vitesse de prononciation de certaines voyelles, ou le volume de leur prononciation que je fais varier.
Pour revenir au Latin, je ne crois pas que l'on puisse parler d'accent mélodique. L'accent latin se place sur une syllabe pénultième ou ultime selon des règles de position, et sans tenir compte du timbre de la voyelle qui l'accueille. Il en va de même de l'ictus, en vers, qui ne se place pas nécessairement sur cet accent, et est frappé au sol par le récitant. Je ne vois pas comment l'on pourrait frapper un accent tonal, en revanche, je vois bien comment l'on peut accompagner une hausse d'intensité ou une accélération…
2. Un accent analytique de mot est un accent qui porte sur une voyelle du mot, quelle que soit la place du mot dans une phrase. Un accent cumulatif de groupe dépend en revanche de la phrase, et plsu du mot seul.
Par exemple, si je prononce ton prénom, je mettrai toujours l'accent au même endroit en français, que je t'appelle, te réprimande ou te susurre des mots doux. En revanche, certains mots n'ont pas d'accent par eux-mêmes, et reposent sur l'accent du mot qui suit (proclitique) ou du mot qui précède (enclitique); en outre, onpeut les accentuer pour changer la focalisation de la phrase:
Je t'ai
vu avec Priscill
a aujourd'h
ui. (sont accentués, légèrement , les voyelles en gras)
Je t'ai vu av
ec Priscilla (et pas simplement à côté)
J
e t'ai vu avec Priscilla (ne me prends pas pour un idiot, je sais bien que tu cultives une passion exaltée et sans scrupule à son égard!)
Là aussi, faute de latin parlé, et surtout de structures parallèles d'une langue à l'autre, c'est très dur de vérifier que le latin n'a qu'un accent analytique. La langue comprend assez d'élision (au théâtre, dans les graffiti) pour qu'on puisse suppsoser une accentuation de phrase aussi. Le grec, qui a le bon goût denoter son accentuation mélodique, note de l'accent grave les accents de mot qui ne se réaliseront pas parce que leur place dans la phrase les amuit, mais sa syntaxe est un peu plus soudée que celle du latin.
Là aussi, Vietnamien pour des exemples d'accent analytique, anglais britannque pour des accents de phrase.
3. quantitatif: voyelles longues et courtes (si tu ne sens pas la différence, trouve des exemples de japonais ou de finnois, ce sera le plus clair)
syllabique: l'accentuation inclut la consonne qui ferme la syllabe dans son intensité
ex quantitatif:
l?git (présent) : l?git (parfait): que le e soit long ou court, les consonnes ont la même puissance, et du coup d'amuïssent de la même façon en passant au français (il) lit.
je ne trouve pas d'exmple simple d'une évolution syllabique.
quant à descendant et ascendant… Je suppose que comme l'accent latin porte sur l'antépénultième, la dernière voyelle a moins de force, et donc on peut parler d'une montée en intensité puis d'une descente. En français en revanche, l'accent est systématiquement sur la dernière syllabe, donc l'intensité monte snas jamais redescendre sur le mot. C n'est pas l'évolution de l'italien ou de l'espagnol.
j'espère t'avoir un peu aidé(e).