Rimbaud, Après le déluge

Entraide scolaire

4 réponses

Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
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Bonjour,

Voilà ma fille passe l'oral de français jeudi, elle est en section S, elle a 30 textes, et un Hic.

Leur prof leur a mis "Après le déluge" d'Arthur Rimbaud; et le hic, c'est qu'ils ne l'ont jamais préparé en cours. Elle devait leur donner après mais il parait qu'il s'est volatilisé de son ordinateur.

Nous sommes donc depuis plusieurs jours à la recherche d'une explication de ce texte, est ce que parmi vous, quelqu'un l'aurait étudié et aurait l'explication, et qu'il voudrait bien nous l'envoyer par mail?

Je vous en remercie à l'avance.

J'ai fureté un peu sur votre site avant de décider de m'inscrire, et je trouve vos explications super. Merci encore

véronique
Après le déluge
Aussitôt que l’idée du Déluge se fut rassise,
Un lièvre s’arrêta dans les sainfoins et les clochettes mouvantes et dit sa prière à l’arc-en-ciel à travers la toile de l’araignée.
Oh les pierres précieuses qui se cachaient, — les fleurs qui regardaient déjà.
Dans la grande rue sale les étals se dressèrent, et l’on tira les barques vers la mer étagée là-haut comme sur les gravures.
Le sang coula, chez Barbe-Bleue, — aux abattoirs, — dans les cirques, où le sceau de Dieu blêmit les fenêtres. Le sang et le lait coulèrent.
Les castors bâtirent. Les « mazagrans » fumèrent dans les estaminets.
Dans la grande maison de vitres encore ruisselante les enfants en deuil regardèrent les merveilleuses images.
Une porte claqua, et sur la place du hameau, l’enfant tourna ses bras, compris des girouettes et des coqs des clochers de partout, sous l’éclatante giboulée.
Madame *** établit un piano dans les Alpes. La messe et les premières communions se célébrèrent aux cent mille autels de la cathédrale.
Les caravanes partirent. Et le Splendide Hôtel fut bâti dans le chaos de glaces et de nuit du pôle.
Depuis lors, la Lune entendit les chacals piaulant par les déserts de thym, — et les églogues en sabots grognant dans le verger. Puis, dans la futaie violette, bourgeonnante, Eucharis me dit que c’était le printemps.
Sourds, étang, — Écume, roule sur le pont, et par-dessus les bois ; — draps noirs et orgues, — éclairs et tonnerre, — montez et roulez ; — Eaux et tristesses, montez et relevez les Déluges.
Car depuis qu’ils se sont dissipés, — oh les pierres précieuses s’enfouissant, et les fleurs ouvertes ! — c’est un ennui ! et la Reine, la Sorcière qui allume sa braise dans le pot de terre, ne voudra jamais nous raconter ce qu’elle sait, et que nous ignorons.
Bonjour Véronique

Je n'ai pas vraiment le temps de vous dépanner.
Cependant allez sur ce site

qui devrait répondre à vos attentes même s'il demande une lecture intelligente et attentive, mais Rimbaud ne s'ouvre pas à qui le lit en passant.

Bon travail !
Je cite :
Soyez AMBITIEUX ! Il n'est pas si difficile d'obtenir une très bonne note à l'oral.
sur le lien donné par JL…

COOL !!!!! 😂
Rimbaud, apres le deluge.

La structure de la poésie: Le déluge a fini, les animaux sortent de la terre pour regarder le monde tel qu’il est à travers les fleurs des champs, heureux d’être des survivants.

« Un lièvre s’arrêta dans les sainfoins et les clochettes mouvantes, et dit sa prière a l’arc-en-ciel a travers la toile de l’araignée »

C’est une image du monde rené ou de l’aube du lendemain après la nuit, ou après le déluge de la nuit. « Les étals se dressent » dans la rue.

Tout de suite, après l’image de la campagne et de la ville en réveil, il y a le changement d’image, celle de l’écoulement de sang aux abattoirs….la juxtaposition des images choquantes parce qu’elles ne vont pas ensemble… « le sang coula, chez Barbe-Bleue, --aux abattoirs, --dans les cirques, où le sceau de Dieu blêmit les fenêtres ».

Le « sceau de Dieu » c’est quoi ? L’emblème officiel de Dieu pour ne pas nous permettre de voir à travers les fenêtres et nous empêche de regarder les scènes ou le sang coulait – les cirques (de Rome) et les abattoirs (métaphore des champs de tuerie dans la Guerre).

La poésie nous donne l’image d’un nouveau monde qui se réveille après le cauchemar de la débâcle Européen, après le massacre de milliers de jeunes hommes dans les champs où le sang coula pour faire aux champs des clochettes mouvantes et des sainfoins où l’on voit des arcs-en-ciel – le faux espoir – l’illusion inexistante de l’espoir.

Le monde est restaure aux opérations quotidiennes (« les castors bâtirent. Les ‘mazagrans’ fumèrent dans les estaminets »).

Changement de lieu. On est a l’intérieur de la maisons avec des vitres toujours ruisselantes tellement il a plu aujourd’hui. L’enfant dans la place de l’hameau, tourne comme les coqs sur les clochers de la tour. Il arrive la tempête, la giboulée, et nous sommes avec le piano de Madame ***** qui habite dans les Alpes. De revanche on mentionne les communions celebret dans les Alpes. Dans chaque coin de la cathédrale il y a la mémoire de la fête du passe. L’image de la religion est toujours trouve dans les vers de Rimbaud. Pour lui l’image est désuète, du passe, épuisée de force vitale. Il n’y a pas de signes évocateurs de l’arrivée de printemps et cette fois ci, il est pire. Comme ça, sans s’assurer qu’il voit vraiment le printemps, l’auteur changes le ton de son discours.

Au lieu de se servir toujours du style indirect libre, il prend la voix de l’impératif. Il commande a les eaux de l’étang de sourdre de la terre, de faire élever le niveau du corps d’eau, pour rouler sur le pont et pardessus les bois pour relever le Déluge, il cri pour les forces noires – les forces destructives -- qui feront rouler l’eau pardessus les bois—

« montez et relevez les Déluges » Mais des qu’ils se sont dissipes, les pierres précieuses s’enfuient, et les fleurs s’ouvrent…ton heureux, ,mais, c’est un ennui, quelque chose de désagréable. Pourquoi ? La Reine, La Sorcière, elle qui devrait savoir tout, une source des lumières (la braise), voudra garder de nous son secret.

Des mots images : pierres précieuses, La Reine, La Sorcière, allumant sa braise dans le pot de terre. Nous ignorons du grand secret de l’univers. Qu’est-ce que c’est ?
Que les Déluges ne vont jamais se rasseoir.

Pour moi c’est une poésie qui traite de la guerre et de la paix, ce cycle interminable qui caractérise la vie humaine. Les moments de paix font relever un espoir de la paix, de la vie naturelle, la vie harmonieuse de la Nature, la religion nous fait rappeler la possibilité de rédemption et de salvation mais d’une manière usée, désuète, lasse. Le poète, a bout de force, se laisse crier d’une manière vengeresse, que les déluges reviennent sur terre, contre la force de cette personnification féminine de la Reine qui sait tout mais qui ne nous enlève de notre ignorance.