Bonjour à tous !!!
Je suis vraiment embêtée : je suis en train de relire mes notes pour l'oral de français et le problème c'est que dans l'euphorie du retard du programme notre professeur a, d'une certaine forme, "oublié" des textes (ou alors est passé trés rapidement). ça fait que j'ai sous mes yeux des textes en ayant l'impression de ne pas les avoir étudiés au cour de l'année…
Pourrait on m'aider sur :
- Déjà la nuit en son parc, de Joachim du Bellay (commentaires, axes de lecture)
- Le maçon, Aloysius Bertrand (je n'ai rien compris à la soi-disant "technique du blason", et sa transmutation à travers les différents paragraphes)
Ce serait génial si vous pouviez m'aider sur ces deux poèmes… un grand merci !
Bonjour Toupoutou,
J'espère que ces quelques lignes forcément rapides vont t'aider dans tes révisions.
Déjà la nuit en son parc amassoit
Un grand troupeau d'étoiles vagabondes,
Et pour entrer aux cavernes profondes
Fuyant le jour, ses noirs chevaulx chassoit ;
Déjà le ciel aux Indes rougissoit,
Et l'Aulbe encor de ses tresses tant blondes
Faisant gresler mille perlettes rondes,
De ses thésorts les prez enrichissoit ;
Quand d'occident, comme une étoile vive,
Je vy sortir dessus ta verte rive,
O fleuve mien ! une Nymphe en rient.
Alors voyant cette nouvelle Aurore,
Le jour honteux d'un double teint colore
Et l'Angevin et l'Indique orient.
J. du Bellay, L'Olive sonnet LXXXIII (1549)
Le thème de la « belle Matineuse », dont l'éclat fait pâlir l'Aurore, prend naissance avec un sonnet de l'italien Rinieri. Il donna lieu à de multiples variations dans toute l'Europe et les poètes de la Pléiade en firent un de leurs motifs privilégiés.
C'est un sonnet qui raconte un "souvenir poétique". Il appartient au registre descriptif et lyrique.
1. La description de l'aube (2 quatrains)
a. Recours aux images de la mythologie
b. Recours aux images de la grâce adolescente
2. l'apparition d'une jeune femme dénudée (1er tercet)
a. Comparaison avec l'étoile (du berger) c'est-à-dire Vénus ? Voir la naissance de Vénus de Boticelli, thème favori de la Renaissance
b. Comparaison avec la nymphe, déesse des eaux
3. La gêne du poète (dernier tercet)
a. Jeu de mots sur le rosissement de l'aurore : couleur du ciel à l'est (indique orient) et de la honte du poète (l'Angevin)
b. Le poète comme le jour est spectateur (voyeur) de l'intimité féminine. Le jour personnalisé dévoile sous sa lumière une scène charmante.
Conclusion : le tableau de la jeune femme au bain, un souvenir personnel ou une peinture de genre ? Traitement typique de la Renaissance. Poème léger et gracieux (voire précieux) sous ses recours systématiques à la mythologie antique.
Merci ça m'aide beaucoup… =D en ce qui concerne la "technique du blason" dont on m'a vaguement parlé : à quoi sert-elle dans les poèmes ? est-ce un procédé littéraire ? une figure de style ? une méthode d'écriture ? J'avoue être égarée par cette nouvelle expression dont le nom est beaucoup trop inconnu pour être intéressante !!! :roll:
Bonjour Toupoutou,
Le maçon
Aloysius Bertrand
LE MAÎTRE MAÇON. - Regardez ces bastions, ces contreforts ; on les dirait construits pour l’éternité. SCHILLER. -
Guillaume-Tell.
Le maçon Abraham Knupfer chante, la truelle à la main, dans les airs échafaudé, - si haut que, lisant les vers gothiques du bourdon, il nivelle de ses pieds, et l’église aux trente arc-boutants, et la ville aux trente églises.
Il voit les tarasques de pierre vomir l’eau des ardoises dans l’abîme confus des galeries, des fenêtres, des pendentifs, des clochetons, des tourelles, des toits et des charpentes, que tache d’un point gris l’aile échancrée et immobile du tiercelet.
Il voit les fortifications qui se découpent en étoile, la citadelle qui se rengorge comme une géline dans un tourteau, les cours des palais où le soleil tarit les fontaines, et les cloîtres des monastères où l’ombre tourne autour des piliers.
Les troupes impériales se sont logées dans le faubourg. Voilà qu’un cavalier tambourine là-bas. Abraham Knupfer distingue son chapeau à trois cornes, ses aiguillettes de laine rouge, sa cocarde traversée d’une ganse, et sa queue nouée d’un ruban.
Ce qu’il voit encore, ce sont des soudards qui, dans le parc empanaché de gigantesques ramées, sur de larges pelouses d’émeraude, criblent de coups d’arquebuse un oiseau de bois fiché à la pointe d’un mai.
Et le soir, quand la nef harmonieuse de la cathédrale s’endormit, couchée les bras en croix, il aperçut, de l’échelle, à l’horizon, un village incendié par des gens de guerre, qui flamboyait comme une comète dans l’azur.
"Le blason est un court poème écrit à la louange d'un objet quelconque, dont on célèbre les vertus singulières." A l'origine, c'est le poète Marot - avec son Blason du beau tétin - qui fut le fondateur de ce qu'on peut considérer comme un jeu littéraire. Les émules ne manquèrent pas, de Maurice Scève (Blason du sourcil) à Mellin de Saint-Gelais (Blason de l'oeil), pour s'en tenir au seul XVIe siècle.
De Clément Marot à Georges Brassens, en passant par les surréalistes, de nombreux poètes ont contribué à l'enrichissement du motif. Et c'est le corps féminin qui fut le sujet privilégié entre tous.
Ici, j'ai du mal à percevoir le genre du blason. Il semble qu'Aloysius Bertrand décrive une ville fortifiée qui passe insensiblement de la paix religieuse (les bâtiments cultuels ) et civile (la ville à l'abri de ses fortifications) à la présence insidieuse de la guerre.
Merci, c'est très gentil 🙂
bonjour à tout le monde , je suis dans la meme situation mais, c'est le texte de scarbo d'aloysius bertrand , en fait nous n'avons pas étudié réellement le texte nous avons juste fait un commentaire dessus, mais personne de la classe ne s'en sort avec ce texte.
ce serait gentille si quelqu'un pouvez- nous aidez, svp
merci d'avance, c'est trés important!!
Bonjour tout le monde 🙂
J'ai recu un petit travail à faire en Francais. Qui consiste à dire en quoi le poème "Déjà la nuit en son parc amassait" de Du Bellay (L'olive) illustre le thème de la belle matineuse ?
Voici le poème :
"Déjà la nuit en son parc amassait
Un grand troupeau d'étoiles vagabondes,
Et pour entrer aux cavernes profondes
Fuyant le jour, ses noirs chevaux chassait;
Déjà le ciel aux Indes rougissait,
Et l'aube encor de ses tresses tant blondes
Faisant grêler mille perlettes rondes,
De ses trésors les prés enrichissait;
Quand d'occident, comme une étoile vive,
Je vis sortir dessus ta verte rive,
O fleuve mien ! une Nymphe en riant.
Alors voyant cette nouvelle Aurore,
Le jour honteux d'un double teint colore
Et l'Angevin et l'Indique orient."
J. du Bellay, L’Olive, sonnet LXXXIII
Dois-je juste relever les métaphores qui disent combien la femme est belle, ou je dois dire encore autre chose ?
Merci beaucoup 🙂
La belle matineuse ; il faut donc situer temporellement le poème
Salut à tous,
En ce moment j'étudie le poème de Du bellay le sonnet LXXXIII de L'Olive.
Voici le texte :Déjà la nuit en son parc amassait
Un grand troupeau d'étoiles vagabondes,
Et, pour entrer aux cavernes profondes,
Fuyant le jour, ses noirs chevaux chassait ;
Déjà le ciel aux Indes rougissait,
Et l'aube encor de ses tresses tant blondes
Faisant grêler mille perlettes rondes,
De ses trésors les prés enrichissait :
Quand d'occident, comme une étoile vive,
Je vis sortir dessus ta verte rive,
O fleuve mien ! une nymphe en riant.
Alors, voyant cette nouvelle Aurore,
Le jour honteux d'un double teint colore
Et l'Angevin et l'indique orient.
Je dois étudier le premier tercet… d'un point de vue grammatical. Je coince sur "Quand d'occident". Je ne sais pas exactement où est sa place dans la phrase, savoir où se trouve la principale. Si vous pouviez m'aider je vous en remercie…
Bonjour tout le monde ! 🙂
Je suis en première S et mon professeur de français m'a demandé de former un dossier de 15poèmes sur le thème de l'amour. Sur chaque oeuvre choisie, je dois faire une introduction, une biographie de l'auteur et surtout commenter le poème en quelques lignes.
J'ai déjà travaillé sur 5 poèmes mais "
déjà la nuit en son parc" extrait du recueil
l'Olive de du Bellay me pose problème. :/
En effet, j'ai rédigé l'introduction ainsi que la biographie de l'auteur mais je bloque sur les quelques lignes de commentaire. Dois-je parler de la structure du poème? de son influence italienne ? de sa signification ?
Voici le texte :
J. du Bellay, L'Olive sonnet LXXXIII (1549)
Déjà la nuit en son parc amassait
Un grand troupeau d'étoiles vagabondes,
Et pour entrer aux cavernes profondes,
Fuyant le jour, ses noirs chevaux chassait.
Déjà le ciel aux Indes rougissait,
Et l'aube encor’ des ses tresses tant blondes,
Faisant grêler mille perlettes rondes,
De ses trésors les prés enrichissait :
Quand d'occident, comme une étoile vive,
Je vis sortir dessus ta verte rive,
O fleuve mien ! une Nymphe en riant.
Alors voyant cette nouvelle Aurore,
Le jour honteux d'un double teint colore,
Et l'Angevin et l'Indique orient.
S'il vous plait, aidez moi à trouver l'idée principale pour que je puisse enfin finir ce devoir ! Merci 🙂
Bonsoir,
Regarde la réponse 2.
Merci beaucoup mais je ne dois pas faire un commentaire complet, je dois juste sélectionner une information que je pourrai développer en 4 ou 5 lignes :/
Pour les autres poèmes, je n'ai pas eu de problèmes mais pour celui-ci j'hésite entre tous les axes cités auparavant.
Inspire-toi de la conclusion.
Bonjour,
j'étudie en ce moment "Déjà la nuit en son parc" de du Bellay. J'ai fait l'introduction du poème, la biographie de l'auteur et j'ai commencé à rédiger le commentaire. Mais pour un axe du plan, j'aimerai parler du thème de la Matineuse qui revient régulièrement lorsque j'entends parler de ce poème. Mais je ne suis pas sur d'avoir réellement compris ce qu'est ce thème.
Quelqu'un peut-il m'aider à éclaircir ce point ? Dois je réellement en parler dans ce commentaire ? Merci 🙂
Bonjour
J'aimerais avoir quelques précisions.
Jean-Luc suggère que "l'Angevin" puisse désigner Du Bellay dans le tercet:
"Alors voyant cette nouvelle Aurore,
Le jour honteux d'un double teint colore
Et l'Angevin et l'Indique orient"
Est-ce certain? Chassang et Senninger, dans une note sybilline de leur manuel, indiquent que le dernier vers vise "le lever de soleil sur l'Anjou (=la jeune femme) et le lever de soleil naturel".
J'examine de même le poème analogue de Ronsard
"De ses cheveulx la roussoyante Aurore
Eparsement les Indes remplissoyt
Et ja le ciel à longz traitz rougissoyt
De meint esmail qui le matin décore,
Quand elle veit la Nymphe que j'adore
Tresser son chef, dont l'or, qui jaunissoit
Le crespe honneur du sien esblouissoit
Voire elle mesme et tout le ciel encore.
Lors ses cheveux vergongneuse arracha,
Si qu'en pleurant sa face elle cacha,
Tant la beaulté des beaultez luy ennuie;
Et ses souspirs parmy l'air se suyvantz,
Trois jours entiers enfanterent des ventz,
Sa honte un feu, et ses yeulx une pluye."
En somme, Ronsard décrit une perturbation atmosphérique.
1) Le mot "émail" est-il ici pour signifier qu'une partie du ciel est uniformément rouge, comme pourrait l'être un glacis d'émail?
2) Dans "Le crespe honneur", le mot "crespe" est-il un substantif ou un adjectif? Si c'est un substantif, désigne-t-il un voile ou une chevelure crêpée?
Merci d'avance de votre réponse. Cordialement et respectueusement.
Bonjour Michel,
Déjà la nuit en son parc amassoit
Un grand troupeau d'étoiles vagabondes,
Et pour entrer aux cavernes profondes
Fuyant le jour, ses noirs chevaulx chassoit ;
Déjà le ciel aux Indes rougissoit,
Et l'Aulbe encor de ses tresses tant blondes
Faisant gresler mille perlettes rondes,
De ses thésorts les prez enrichissoit ;
Quand d'occident, comme une étoile vive,
Je vy sortir dessus ta verte rive,
O fleuve mien ! une Nymphe en rient.
Alors voyant cette nouvelle Aurore,
Le jour honteux d'un double teint colore
Et l'Angevin et l'Indique orient.
Qui est l'Angevin ? Est-ce le Je qui énonce ou une personnalisation de la contrée ? Il est difficile de retenir la seconde possibilité car rien ne l'annonce plus haut. En tout cas, l'Angevin ne peut désigner la jeune nymphe. En effet cette jeune femme ne peut avoir honte d'elle-même, toute la métaphore filée du rosissement de l'aurore et du spectateur qui surprend la nudité y perdrait son sens.
Pour Ronsard, émail peut désigner un terme de blason qui s'emploie pour les couleurs et les métaux dont un écu est chargé. Le blason a sept émaux, dont deux métaux, or, argent, et cinq couleurs, gueules, azur, sable, sinople et pourpre. Ici émail renverrait à "gueules".
Le terme crêpe est utilisé par les coiffeurs. Il s'agit de cheveux nattés et frisés par le bout.
Michel a écrit :Quand elle veit la Nymphe que j'adore
Tresser son chef, dont l'or, qui jaunissoit
Le crespe honneur du sien esblouissoit
Voire elle mesme et tout le ciel encore.
Dans "Le crespe honneur", le mot "crespe" est-il un substantif ou un adjectif? Si c'est un substantif, désigne-t-il un voile ou une chevelure crêpée?
C'est un adjectif (crépu, frisé) très fréquent chez Ronsard.
Michel a écrit :En somme, Ronsard décrit une perturbation atmosphérique.
1) Le mot "émail" est-il ici pour signifier qu'une partie du ciel est uniformément rouge, comme pourrait l'être un glacis d'émail?
Vous semblez vous inspirer de
Dassonville. Je suis moins convaincu par l'idée de la perturbation atmosphérique que par l'image rebattue du
soleil vaincu, chantée par tous les poètes (cf.
la belle matineuse).
Pour moi,
émail désigne ici la variété des couleurs de l'aurore, idée que renforce l'adjectif
meint.
Bonjour Jean-Luc et Lamaneur
Merci d'abord pour vos réponses.
Pourquoi "l'Angevin" devrait-il être confus à la vue d'une jeune femme dénudée? Pourrait-on supposer, dans le même ordre d'idées, que Botticelli ou le Titien le fussent?
Cordialement et respectueusement.
Bonsoir,
L'Angevin est honteux parce qu'il a pénétré par effraction dans l'intimité de la nymphe. Rappelle-toi que dans l'Antiquité Diane avait fait dévorer par ses chiens Actéon, celui qui l'avait surprise dans sa nudité au cours de son bain.
Bonsoir Jean-Luc.
Merci pour votre réponse. Respectueusement