Racine, Phèdre, acte I, scène 3

Entraide scolaire

49 réponses · Page 3 / 3

Merci. 🙂
Bonjour ! J'ai un questionnaire sur Phèdre Act 1 scène 3 a rendre et je suis vraiment bloqué ! Pour information je suis en 2nd
Alors les questions sur lesquelles je bloque sont :

Par quels moyen Phèdre a t-elle luté contre sa passion (v.246-316) ? Pourquoi a t-elle échoué ?
Voilà les pistes que j'ai trouvé : Elle a luté en essayant de le détester.
Elle a échoué car son amour pour Hyppo. est plus fort que tout.

Et la deuxième question sur laquelle je bloque est:

Comment s'exprime le double sentiment d'horreur et de compassion que Phèdre éprouve pour elle même ?
Pour celle-ci je n'est absolument rien trouvé .

Merci d'avance pour votre aide !
Bonjour,

Donc voici ma situation: j'ai 17 et j'ai été scolarisée en Suisse pendant toute ma vie, à part les trois dernières années que j'ai passées aux Etats-Unis. Je suis revenue il n'y a pas longtemps, et on m'a dit que je devrais passer des examens d'admissions en aout. Une des branches est le français; j'aurai le choix entre une dissertation littéraire et un commentaire de texte et j'aurai 2 heures pour l'écrire. Je n'ai jamais rien rédigé en français, c'est pourquoi je ne suis pas très sûre de mon niveau. J'ai essayé de me mettre dans les conditions de l'examen et j'ai écris un commentaire sur un extrait de la scène 3 de l'acte 1 de Racine. Ce serait gentil si vous pouviez me donner un peu de feedback et des commentaires instructifs pour que je sache un peu quoi faire par la suite.
Merci beaucoup 🙂


La prise de parole dans la tragédie racinienne est souvent mortelle. En effet, la parole est l’objet , la cause de tous les malheurs dans Phèdre, célèbre tragédie classique de Racine. La première prise de parole fatale fut l’aveu de Phèdre à sa nourice Oenone. Dans cet extrait, la protagoniste fait part de son amour criminel pour son beau-fils Hippolyte. A travers cet aveu d’une Phèdre désespérée, Racine souligne les faiblesses des hommes qui ne peuvent résister aux passions. En outre, ils nous montre que le faible être humain peut perdre tout contôle de soi mentalement ainsi que physiquement face aux passion comme l’amour.


Dans la tirade de Phèdre, nous pouvons en effet constater la perte de son integrité physique. Dès le moment elle vit Hippolyte pour la première fois, elle perdit contrôle de soi “Je le vis, je rougis, je pâlis à sa vue” (v.273). Nous constaton tout d’abord un parrallélisme dans le premier hémisituche de ce vers qui est lui aussi séparé en deux parties: “Je le vis” et “je rougis”, ce qui témoigne de la rapidité et de la simultaneité des deux actions. Le deuxième hémistiche quant à lui, donne l’effet de la lenteur de l’évènement. En effet, la douleur nous paraît lente et pénible. Nous remarquons aussi l’antithèse entre “je rougis” et “je pâlis”. Etant dans le même vers, elle témoigne encore une fois la soudaineté de l’action, comme si elle était littéralement “tombée amoureuse”.

Le champ lexical du feu est repris maintes fois par Phèdre pour parler de ses sentiments et des maux qui s’y rattachent: “transir” (v.276), “brûler” (v.276), “feux redoutables” (v.277), “brûlait l’encens” (v.284), “fumer” (v.287), “ardeur” (v.305), “flamme” (v.310). Cela donne un effet d’insistance sur ces douleurs pénibles qui ne cessent de la tourmenter et sur la seule solution possible, qui est d’éteindre cette flemme, c’est-à-dire mourir.

Dans cette tirade, Phèdre parle aussi de la perte de ses sens “Mes yeux ne voyaient plus; je ne pouvais parler” (v.275). Le parallélisme entre ces deux hémistiches renforce l’effet de perte ainsi que la simultaneité de l’action. Cependant, l’utilisation de “mes yeux” comme sujet dans le premier hémistiche donne l’impression qu’elle avait perdu le contrôle total de ses yeux bien auparavant quand elle le “vis” et qu’elle “pâlis à sa vue”. C’est pourquoi, quelques vers plus bas, aussi placés en débit de vers, ils la trahiront de nouveau “Mes yeux le retrouvaient dans les traits de son père” (v.290). Ses yeux ne voyaient plus que lui et son image la hantait, ce qui causa la perte de sa lucidité.


Cet amour passioné que Phèdre ressentait malgré-t-elle la rendait folle. Elle, qui est un personnage de noblesse, fille de Minos et de Pasiphaé, perdit toute sa raison “Je cherchais dans leurs flancs ma raison égarée” (v.282). L’allitération en “r” rendorce l’idée de l’irrésonnable, de regrets, et de reproches faites à soi-même. On remarque une construction semblable quelques vers plus tôt “dans mon âme éperdue” (v.274). Ces deux groupes nominaux renvoient l’égarement.

En effet, elle est comme enfermée dans une cage de laquelle elle essaie de se libérer. “Je crus” (v.270) et “semblait” (v.271) renvoient à la naissance d’un faible espoir qui naît à chaque tentative. “En vain” (v.284), placé en début de vers, souligne l’inutilité de sa lutte contre elle-même. En effet, plus elle essaie, plus elle perd la tête.

“J’adorais Hippolyte” (v.286) et “l’ennemi dont j’étais idolâtre” (v.293) nous montrent qu’elle est passée de sentiments amoureux à des sentiments encore plus fort au point où elle en arriva à considérer Hippolyte comme un Dieu. Son amour ici est donc à son paroxysme, tout comme sa folie, ce qui signifie qu’elle a complètement perdu son esprit. Cela justifie aussi pourquoi, elle, qui est un personnage si noble, se rabaisse à de tels aveux honteux.

Ainsi Racine dans cet extrait rappelle au lecteur les faiblesses humaines. Une passion paroxystique telle que l’amour peut être fatale et peut amener à l’autodestruction, le suicuide en l’occurence. Mais ces passions affligées par les forces divines, sont-elles toujours fatales? Valent-elles la peine dans certains cas d’être vécues? Une chose est sûre: il est inutile de lutter contre la volonté des dieux puissants, conclusion qui nous rappelle encore une fois de la bassesse des hommes et qui ressemble beaucoup à la doctrine janséniste.
Je n'ai ni le temps ni la compétence pour juger du commentaire en lui-même. Quelques remarques et questions pourtant:
- Quelle est la longueur attendue pour ce type d'épreuves? Je trouve que ce que tu as fait est raisonnable en longueur, mais prends le temps de nous dire/de vérifier;
- Fais un plan un peu mieux articulé. Ne commence pas un paragraphe par des citations, mais par l'argument que tu vas développer, et que tu étayeras ensuite par des exemples;
- Attention aux fautes d'orthographe et aux coquilles: "IL nous montre", "aux passionS", "nous constatonS", "paRAllélisme", "hémistIche", "débUt de vers", "passionNé", "renForce", "irrAIsonnable", "renvoient À l’égarement", et j'en oublie;
- Petites remarques, fautes de style, et incorrections: "comme si elle était littéralement “tombée amoureuse”" est mal venu, "qui est d’éteindre cette flemme, c’est-à-dire mourir" il faut étayer par un argument venu du texte, ce n'est pas nécessairement vrai, "elle le “vis” et qu’elle “pâlis à sa vue”" soit tu cites avec le "je", soit tu ne cites pas, mais là ça ne va pas, "elle est comme enfermée dans une cage de laquelle elle essaie de se libérer" n'est pas très heureux.

Ce ne sont que des toutes petites remarques, je suis sûr que d'autres t'apporteront des commentaires plus utiles.

Bonne chance pour la suite.
un extrait de la scène 3 de l'acte 1 de Racine
Il aurait été utile de donner les limites de l'extrait sinon il est impossible d'apporter un regard sur le travail proposé.
Et même si c'est un extrait de la longue tirade de Phèdre, il faut borner le texte.
L'introduction proposée déjà est à revoir car elle ne formule pas de problématique qui conditionnerait l'annonce des axes du développement.
Pyrame: Merci beaucoup, je prendrai en compte vos remarques. On ne m'a rien dit sur la longueur attendue et c'est la première fois que j'écris un commentaire composé. Voici le champ que l'on m'a fourni.
[Lien invalide.]

Floreale: v.269 depuis "Mon mal vient de plus loin" jusqu'au v.316 "tout prêt à s'exhaler".
Mon mal vient de plus loin…
Bonjour

J'ai un devoir a faire pour ce lundi 9 mai portant sur un extrait de l'Acte 3 de la Scène 1 de Phèdre de Jean Racine.
Je dois répondre a la problematique suivante : Comment Racine met-il en valeur la révélation de Phèdre ?
Voici l'extrait a étudier :
PHÈDRE.
Je t’en ai dit assez : épargne-moi le reste.
Je meurs, pour ne point faire un aveu si funeste.

ŒNONE.
Mourez donc, et gardez un silence inhumain ;
Mais pour fermer vos yeux cherchez une autre main.
Quoiqu’il vous reste à peine une faible lumière,
Mon âme chez les morts descendra la première ;
Mille chemins ouverts y conduisent toujours,
Et ma juste douleur choisira les plus courts.
Cruelle ! quand ma foi vous a-t-elle déçue ?
Songez-vous qu’en naissant mes bras vous ont reçue ?
Mon pays, mes enfants, pour vous j’ai tout quitté.
Réserviez-vous ce prix à ma fidélité ?

PHÈDRE
Quel fruit espères-tu de tant de violence ?
Tu frémiras d’horreur si je romps le silence.

ŒNONE.
Et que me direz-vous qui ne cède, grands dieux !
À l’horreur de vous voir expirer à mes yeux ?

PHÈDRE.
Quand tu sauras mon crime et le sort qui m’accable,
Je n’en mourrai pas moins : j’en mourrai plus coupable.

ŒNONE.
Madame, au nom des pleurs que pour vous j’ai versés,
Par vos faibles genoux que je tiens embrassés,
Délivrez mon esprit de ce funeste doute.

PHÈDRE.
Tu le veux ? lève-toi.

ŒNONE.
Parlez : je vous écoute.

PHÈDRE.
Ciel ! que lui vais-je dire ? et par où commencer ?

ŒNONE.
Par de vaines frayeurs cessez de m’offenser.

PHÈDRE.
Ô haine de Vénus ! ô fatale colère !
Dans quels égarements l’amour jeta ma mère !

ŒNONE.
Oublions-les, madame ; et qu’à tout l’avenir
Un silence éternel cache ce souvenir.

PHÈDRE.
Ariane, ma sœur ! de quel amour blessée
Vous mourûtes aux bords où vous fûtes laissée !

ŒNONE.
Que faites-vous, madame ? et quel mortel ennui
Contre tout votre sang vous anime aujourd’hui ?

PHÈDRE.
Puisque Vénus le veut, de ce sang déplorable
Je péris la dernière et la plus misérable.

ŒNONE.
Aimez-vous ?

PHÈDRE.
De l’amour j’ai toutes les fureurs.

ŒNONE.
Pour qui ?

PHÈDRE.
Tu vas ouïr le comble des horreurs…
J’aime… À ce nom fatal, je tremble, je frissonne.
J’aime…

ŒNONE.
Qui ?

PHÈDRE.
Tu connais ce fils de l’Amazone,
Ce prince si longtemps par moi-même opprimé…

ŒNONE.
Hippolyte ? Grands dieux !

PHÈDRE.
C’est toi qui l’as nommé !

ŒNONE.
Juste ciel ! tout mon sang dans mes veines se glace !
Ô désespoir ! ô crime ! ô déplorable race !
Voyage infortuné ! Rivage malheureux,
Fallait-il approcher de tes bords dangereux !

PHÈDRE.
Mon mal vient de plus loin. À peine au fils d’Égée
Sous les lois de l’hymen je m’étais engagée,
Mon repos, mon bonheur semblait être affermi ;
Athènes me montra mon superbe ennemi :
Je le vis, je rougis, je pâlis à sa vue ;
Un trouble s’éleva dans mon âme éperdue ;
Mes yeux ne voyaient plus, je ne pouvais parler ;
Je sentis tout mon corps et transir et brûler :
Je reconnus Vénus et ses feux redoutables,
D’un sang qu’elle poursuit tourments inévitables !
Je voudrais avoir plusieurs éléments de réponse extérieurs aux miens.
Merci de votre compréhension.
Bonjour, voilà je suis en seconde et je dois faire une introduction de commentaire 😞 . Normalement j'arrive assez facilement
Ici, l'introduction que je doit faire porte sur Phèdre de Jean Racine. L'extrait est l'acte I scène 3. Les aveux de Phèdre à Oenone.
J'aurai juste besoin d'aide pour le plan. Juste les axes. Voici ce que j'ai trouvé
I. Les aveux difficiles de Phèdre à Oenone.
II. La passion dévorante.
III La lutte vaine de l'héroïne
Pensez vous que le plan est correcte? Voici le texte:
Mon mal vient de plus loin. À peine au fils d'Égée,
Sous les lois de l'hymen je m'étais engagée,
Mon repos, mon bonheur semblait être affermi,
Athènes me montra mon superbe ennemi.
Je le vis, je rougis, je pâlis à sa vue.
Un trouble s'éleva dans mon âme éperdue.
Mes yeux ne voyaient plus, je ne pouvais parler,
Je sentis tout mon corps et transir, et brûler.
Je reconnus Vénus, et ses feux redoutables,
D'un sang qu'elle poursuit tourments inévitables.
Par des voeux assidus je crus les détourner,
Je lui bâtis un temple, et pris soin de l'orner.
De victimes moi-même à toute heure entourée,
Je cherchais dans leurs flancs ma raison égarée.
D'un incurable amour remèdes impuissants !
En vain sur les autels ma main brûlait l'encens.
Quand ma bouche implorait le nom de la déesse,
J'adorais Hippolyte, et le voyant sans cesse,
Même au pied des autels que je faisais fumer,
J'offrais tout à ce dieu, que je n'osais nommer.
Je l'évitais partout. Ô comble de misère !
Mes yeux le retrouvaient dans les traits de son père.
Contre moi-même enfin j'osai me révolter.
J'excitai mon courage à le persécuter.
Pour bannir l'ennemi dont j'étais idolâtre,
J'affectai les chagrins d'une injuste marâtre.
Je pressai son exil, et mes cris éternels
L'arrachèrent du sein, et des bras paternels.
Je respirais, Oenone ; et depuis son absence,
Mes jours moins agités coulaient dans l'innocence.
Soumise à mon époux, et cachant mes ennuis,
De son fatal hymen je cultivais les fruits.
Vaines précautions ! Cruelle destinée !
Par mon époux lui-même à Trézène amenée
J'ai revu l'ennemi que j'avais éloigné.
Ma blessure trop vive aussitôt a saigné.
Ce n'est plus une ardeur dans mes veines cachée :
C'est Vénus tout entière à sa proie attachée.