Bonjour à tous. Point de lendemain débute par l'épître de Saint-Paul aux Corinthiens : "le lettre tue, et l'esprit vivifie".
Je me demandais si on pouvait, sémantiquement, le comparer au "science sans conscience n'est que ruine de l'âme" de Rabelais.
Merci d'avance.
Bonjour,
Les deux citations reposent sur une opposition et renvoient à une éthique.
Celle de Rabelais joue sur la paronomase pour signifier que la connaissance sans la clairvoyance débouche sur le mal.
Celle de Denon empruntée à Saint Paul est en fait une subversion du sens original par un esprit libertin.
Mais revenons au sens paulinien. Il faut revenir au contexte religieux des débuts du christianisme. Le judaïsme dominé par le pharisaïsme est vécu comme un carcan d'interdictions qui définit ce qui est pur et impur. Ce légalisme tend à faire avorter toute initiative et toute interprétation. Le croyant peut donc se sentir en règle à bon compte en respectant à la lettre des préceptes extérieurs au mépris de tout dynamisme intérieur. Pour le christianisme naissant, ce qui importe est la force d'amour qui doit habiter le disciple, force inspirée directement par l'Esprit de Dieu et considérée comme la seule source de la vie de l'âme.
Par la suite les juristes ont adopté cette formule pour signifier que trop légiférer en un domaine donné risque de tuer la loi en perdant de vue les principes fondateurs.
Merci pour cette réponse plus que fournie… Néanmoins, pour être sûr d'avoir compris dans sa totalité votre argumentaire : on peut donc établir un lien entre les deux citations, leurs sens ne sont pas totalement sans lien(s) ?
Oui, si l'on considère que la finalité de ces deux affirmations est une éthique, un comportement moral, et qu'elles opposent en quelque sorte un formalisme stérile à une implication personnelle (un engagement) qui seule peut donner un sens à l'action.
Je suis satisfait, j'avais grossièrement compris cela, avec une tournure moins élégante évidemment… Merci encore !
P.S. : pourrais-je, sans être indiscret, connaître votre parcours scolaire Jean-Luc ? Vous semblez vraiment calé, et je suis curieux de savoir la formation que vous avez reçu.
Bonsoir,
Je suis partagé entre modestie et reconnaissance. 😂
Un fil appelé "qui sont les membres de ce site ?" lève une partie du voile.
je ne comprends pas le rapport entre le texte et l'épigraphe de saint paul?pouvez vous m'éclairer merci
salut!
j'ai un dm de français à faire sur "Point de lendemain" de Vivant Denon, j'ai 13 questions et j'en suis à la 8ème mais je bloque sur le rôle du mari de Mme de T. dans l'histoire. Et puis je n'ai pas trés bien compris, il est au courant de rien?
aidez-moi s'il vous plaît!
Bonsoir Juju,
Comment ne pourrait-il pas être au courant des aventures de sa femme ? Comment ne pourrait-il pas connaître l'existence des lieux de rendez-vous (le pavillon, le temple de l'amour) qui ont demandé des travaux d'aménagement importants ?
Moralité : il est complice ou complaisant. La question est de savoir s'il est, lui aussi, libertin, exerçant son art hors de chez lui ou bien le spectateur caché des jeux amoureux de son épouse. Quelle que soit la forme de sa sexualité, nous n'avons pas à douter du surplus de plaisir qu'elle doit procurer aux complices. Nous sommes bien là dans la transgression et la liberté totale des metteurs en scène libertins (c'est le même mode de fonctionnement pour Valmont et Madame de Merteuil dans les Liaisons dangereuses, sauf que l'échange est alors épistolaire).
Cette oeuvre comme celle de Laclos n'a pu que scandaliser les contemporains. Nous pouvons nous consoler en pensant qu'il s'agit peut-être plus de l'expression de relations fantasmées que de situations habituelles dans une aristocratie décadente.
Pour ton information, sache que Denon, créateur du Louvres et diplomate, a écrit des oeuvres encore plus osées comme les Histoires du roi Phallus actuellement visibles dans l'exposition de la Bibliothèque Nationale : "L'Enfer de la Bibliothèque, Eros au secret" dont l'entrée n'est permise qu'aux personnes âgées de plus de 16 ans… quand même !