Bonjour,
Il y a quelque chose qui m'échappe dans ce passage… Je ne comprend pas ce que représentent ces êtres imaginaires.
Si quelqu'un veut bien m'aider, merci 🙂
Jean-Luc a écrit :Globalement, c'est bien.
Insiste sur la raison, vertu philosophique par excellence et termine sur le bonheur terrestre mesuré qui résulte de son exercice. Ce texte sous ses apparences doucereuses est une charge contre la religion.
Je n'ai pas réussi à comprendre ni à trouver une attaque contre la religion dans cet extrait, au contraire j'ai constaté que Micromégas sollicite les hommes à remercier "l'auteur de la nature". Veuillez s'il vous plait m'expliquer davantage sur cette charge contre la religion.
Merci
Bonjour,
Micromegas, porte-parole de Voltaire, se comporte en philosophe comme on l'entend au XVIIIe siècle : observation de la réalité, dédain pour les préjugés, exercice de la raison, pratique des sciences exactes…
Où se situent les "attaques" contre la religion (ici le catholicisme romain sans doute) ?
- critique contre la métaphysique jugée vaine, pure spéculation et dangereuse pour le bonheur par ses attentes non satisfaites,
- recours à l'observation de la seule réalité sensible, refus du surnaturel,
- promotion du déisme, d'un démiurge, d'un horloger, d'un architecte qui n'entretient plus de relation avec ses créatures, refus d'un Dieu personnel,
- refus de l'expression poétique pour rendre compte de l'émerveillement devant le cosmos, (ailleurs, dans d'autres contes, Voltaire se moque explicitement des hyperboles bibliques),
- dénonciation de l'anthropocentrisme ou le travers de tout ramener à l'homme comme centre de l'univers ou roi de la création (position chrétienne).
Bonjour j'ai une lecture analytique à faire pour demain sur la chapitre 2 de Micromégas. L'extrait va de "Après que Son Excellence…" à "c'est précisément la même chose" :
Après que Son Excellence se fut couchée, et que le secrétaire se fut approché de son visage : « Il faut avouer, dit Micromégas, que la nature est bien variée. – Oui, dit le Saturnien ; la nature est comme un parterre dont les fleurs… – Ah ! dit l’autre, laissez là votre parterre. – Elle est, reprit le secrétaire, comme une assemblée de blondes et de brunes, dont les parures… – Eh ! qu’ai-je à faire de vos brunes ? dit l’autre. – Elle est donc comme une galerie de peintures dont les traits… – Eh non ! dit le voyageur ; encore une fois, la nature est comme la nature. Pourquoi lui chercher des comparaisons ? – Pour vous plaire, répondit le secrétaire. – Je ne veux point qu’on me plaise, répondit le voyageur ; je veux qu’on m’instruise : commencez d’abord par me dire combien les hommes de votre globe ont de sens. – Nous en avons soixante et douze, dit l’académicien ; et nous nous plaignons tous les jours du peu. Notre imagination va au-delà de nos besoins ; nous trouvons qu’avec nos soixante et douze sens, notre anneau, nos cinq lunes, nous sommes trop bornés ; et, malgré toute notre curiosité et le nombre assez grand de passions qui résultent de nos soixante et douze sens, nous avons tout le temps de nous ennuyer. – Je le crois bien, dit Micromégas ; car dans notre globe nous avons près de mille sens, et il nous reste encore je ne sais quel désir vague, je ne sais quelle inquiétude, qui nous avertit sans cesse que nous sommes peu de chose, et qu’il y a des êtres beaucoup plus parfaits. J’ai un peu voyagé ; j’ai vu des mortels fort au-dessous de nous ; j’en ai vu de fort supérieurs ; mais je n’en ai vu aucuns qui n’aient plus de désirs que de vrais besoins, et plus de besoins que de satisfaction. J’arriverai peut-être un jour au pays où il ne manque rien ; mais jusqu’à présent personne ne m’a donné de nouvelles positives de ce pays-là. » Le Saturnien et le Sirien s’épuisèrent alors en conjectures ; mais, après beaucoup de raisonnements fort ingénieux et fort incertains, il en fallut revenir aux faits. « Combien de temps vivez-vous ? dit le Sirien. – Ah ! bien peu, répliqua le petit homme de Saturne. – C’est tout comme chez nous, dit le Sirien ; nous nous plaignons toujours du peu. Il faut que ce soit une loi universelle de la nature. – Hélas ! nous ne vivons, dit le Saturnien, que cinq cents grandes révolutions du soleil. (Cela revient à quinze mille ans ou environ, à compter à notre manière.) Vous voyez bien que c’est mourir presque au moment que l’on est né ; notre existence est un point, notre durée un instant, notre globe un atome. À peine a-t-on commencé à s’instruire un peu que la mort arrive avant qu’on ait de l’expérience. Pour moi, je n’ose faire aucuns projets ; je me trouve comme une goutte d’eau dans un océan immense. Je suis honteux, surtout devant vous, de la figure ridicule que je fais dans ce monde. »
Micromégas lui repartit : « Si vous n’étiez pas philosophe, je craindrais de vous affliger en vous apprenant que notre vie est sept cents fois plus longue que la vôtre ; mais vous savez trop bien que quand il faut rendre son corps aux éléments, et ranimer la nature sous une autre forme, ce qui s’appelle mourir ; quand ce moment de métamorphose est venu, avoir vécu une éternité, ou avoir vécu un jour, c’est précisément la même chose.
Ma problématique est: En quoi et comment ce dialogue offre t'il une réflexion philosophique sur l'homme?
Mon plan est :
I/ Les personnages sont mis en scène de manière théâtrale, à travers un échange intéressant
1- En effet, cet échange est d'emblée placé sous le signe de la différence
a)Voltaire présente 2 personnages différents et b) Les 2 "extraterrestres" ont des visions différentes
2- Par ailleurs, l'un des 2 personnages,Micromégas, témoigne d'une curiosité et d'une ouverture d'esprit qui dynamisent l'échange
a) Micromégas est un philosophe et s'intéresse à bcp de choses, b) Le personnage demande au Saturnien de l'instruire c) On apprend que Micromégas cherche 1 pays parfait et qu'il a déjà voyagé
J'aimerai savoir si c'est bien parce qu'en plus je bloque pour la suite qui serait:
II/ Ce dialogue prend une portée philosophique
1- Il propose en effet une réflexion sur la nature humaine
2- il propose aussi une réflexion sur la condition de l'homme, soit une critique de l'anthropocentrisme
Voilà, j'espère que vous pourrez m'aider et me donner votre avis !
Merci d'avance
Bonjour, je reviens à vous pour avoir votre avis sur un plan (là encore j'aimerais savoir si je paraphrase trop).
Conversation de l’habitant de Sirius avec celui de Saturne
Après que Son Excellence se fut couchée, et que le secrétaire se fut approché de son visage : « Il faut avouer, dit Micromégas, que la nature est bien variée. – Oui, dit le Saturnien ; la nature est comme un parterre dont les fleurs… – Ah ! dit l’autre, laissez là votre parterre. – Elle est, reprit le secrétaire, comme une assemblée de blondes et de brunes, dont les parures… – Eh ! qu’ai-je à faire de vos brunes ? dit l’autre. – Elle est donc comme une galerie de peintures dont les traits… – Eh non ! dit le voyageur ; encore une fois, la nature est comme la nature. Pourquoi lui chercher des comparaisons ? – Pour vous plaire, répondit le secrétaire. – Je ne veux point qu’on me plaise, répondit le voyageur ; je veux qu’on m’instruise : commencez d’abord par me dire combien les hommes de votre globe ont de sens. – Nous en avons soixante et douze, dit l’académicien ; et nous nous plaignons tous les jours du peu. Notre imagination va au-delà de nos besoins ; nous trouvons qu’avec nos soixante et douze sens, notre anneau, nos cinq lunes, nous sommes trop bornés ; et, malgré toute notre curiosité et le nombre assez grand de passions qui résultent de nos soixante et douze sens, nous avons tout le temps de nous ennuyer. – Je le crois bien, dit Micromégas ; car dans notre globe nous avons près de mille sens, et il nous reste encore je ne sais quel désir vague, je ne sais quelle inquiétude, qui nous avertit sans cesse que nous sommes peu de chose, et qu’il y a des êtres beaucoup plus parfaits. J’ai un peu voyagé ; j’ai vu des mortels fort au-dessous de nous ; j’en ai vu de fort supérieurs ; mais je n’en ai vu aucuns qui n’aient plus de désirs que de vrais besoins, et plus de besoins que de satisfaction. J’arriverai peut-être un jour au pays où il ne manque rien ; mais jusqu’à présent personne ne m’a donné de nouvelles positives de ce pays-là. » Le Saturnien et le Sirien s’épuisèrent alors en conjectures ; mais, après beaucoup de raisonnements fort ingénieux et fort incertains, il en fallut revenir aux faits. « Combien de temps vivez-vous ? dit le Sirien. – Ah ! bien peu, répliqua le petit homme de Saturne. – C’est tout comme chez nous, dit le Sirien ; nous nous plaignons toujours du peu. Il faut que ce soit une loi universelle de la nature. – Hélas ! nous ne vivons, dit le Saturnien, que cinq cents grandes révolutions du soleil. (Cela revient à quinze mille ans ou environ, à compter à notre manière.) Vous voyez bien que c’est mourir presque au moment que l’on est né ; notre existence est un point, notre durée un instant, notre globe un atome. À peine a-t-on commencé à s’instruire un peu que la mort arrive avant qu’on ait de l’expérience. Pour moi, je n’ose faire aucuns projets ; je me trouve comme une goutte d’eau dans un océan immense. Je suis honteux, surtout devant vous, de la figure ridicule que je fais dans ce monde. »
La problématique est : En quoi la rencontre entre Micromégas et le saturnien est-elle le support d'une réflexion philosophique ?
Plan :
A) La confrontation de deux mondes différents
1) Discours direct = théâtralité et vivacité de l'échange
2) Mise en scène du désaccord et de l'incompréhension (interjections, rythme rapide)
3) Le changement du débat en échange utile
B) Le recours aux chiffres et aux thèmes universels
1) L'échange s'établit sur des bases mathématiques (accumulation des chiffres)
2) Les thèmes communs (durée de la vie/désirs) lient les deux voyageurs malgré leurs différences (et malgré les chiffres fantaisistes) = indiquent l'universalité des thèmes et enclenche une réflexion philosophique classique.
Qu'en pensez-vous ? Je reconnais que les sous-parties A3 et B2 sont un peu de la paraphrase, mais est-ce que ca passe vu que les autres balancent le tout en incluant des détails sur l'écriture en elle-même ?
Merci !
Bonjour,
Lors de ces vacances j'ai reçu un devoir. Il s'agit d'un extrait du chapitre 2 qui va de "Son Excellence se fut couchée" à "il en fallut revenir aux faits". (le lien pour avoir le chapitre:
https://fr.wikisource.org/wiki/Micromégas/Chapitre_II )
Suite à sa j'ai eu des questions malheureusement je bloque. La question "Que dénonce Voltaire dans cet extrait? Quel est le registre littéraire correspondant à cette critique?" me pose de sérieux problèmes.
Quelqu'un pour m'aider ?
Bonjour,
Commençons par afficher l'extrait.
Je mets en gras ce qui me semble pouvoir t'aider à répondre à la première question posée.
Tu peux aussi te reporter aux discussions antérieures.
https://www.etudes-litteraires.com/forum/d/684-voltaire-micromegas-chapitre-2-p2.htmlCHAPITRE II.
CONVERSATION DE L’HABITANT DE SIRIUS
AVEC CELUI DE SATURNE.
Après que Son Excellence se fut couchée, et que le secrétaire se fut approché de son visage : « Il faut avouer, dit Micromégas, que la nature est bien variée. — Oui, dit le Saturnien ; la nature est comme un parterre dont les fleurs… — Ah ! dit l’autre, laissez là votre parterre. — Elle est, reprit le secrétaire, comme une assemblée de blondes et de brunes, dont les parures… — Eh ! qu’ai-je à faire de vos brunes[1] ? dit l’autre. — Elle est donc comme une galerie de peintures dont les traits… — Eh non ! dit le voyageur ; encore une fois, la nature est comme la nature. Pourquoi lui chercher des comparaisons ? — Pour vous plaire, répondit le secrétaire. — Je ne veux point qu’on me plaise, répondit le voyageur ; je veux qu’on m’instruise : commencez d’abord par me dire combien les hommes de votre globe ont de sens. — Nous en avons soixante et douze, dit l’académicien ; et nous nous plaignons tous les jours du peu. Notre imagination va au-delà de nos besoins ; nous trouvons qu’avec nos soixante et douze sens, notre anneau, nos cinq lunes, nous sommes trop bornés ; et, malgré toute notre curiosité et le nombre assez grand de passions qui résultent de nos soixante et douze sens, nous avons tout le temps de nous ennuyer. — Je le crois bien, dit Micromégas ; car dans notre globe nous avons près de mille sens, et il nous reste encore je ne sais quel désir vague, je ne sais quelle inquiétude, qui nous avertit sans cesse que nous sommes peu de chose, et qu’il y a des êtres beaucoup plus parfaits. J’ai un peu voyagé ; j’ai vu des mortels fort au-dessous de nous ; j’en ai vu de fort supérieurs ; mais je n’en ai vu aucuns qui n’aient plus de désirs que de vrais besoins, et plus de besoins que de satisfaction. J’arriverai peut-être un jour au pays où il ne manque rien ; mais jusqu’à présent personne ne m’a donné de nouvelles positives de ce pays-là. » Le Saturnien et le Sirien s’épuisèrent alors en conjectures ; mais, après beaucoup de raisonnements fort ingénieux et fort incertains, il en fallut revenir aux faits.