Recherche de personnages inspirés d’Antigone

Littérature

4 réponses

Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
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Bonjour,
je suis en fac de lettres modernes et je travaille sur un exposé en littérature comparée. Il s'intitule "Les Antigones" et je dois parler de différentes versions de la pièce, des différentes visions du personnage d'Antigone, de son évolution, de sa symbolique.
Pour compléter je voudrais faire des rapprochements avec d'autres oeuvres dans lesquelles il y aurait un ou des personnages qui ressembleraient à celui d'Antigone, sans forcément avoir la même histoire, le même caractère mais qui aurait cette même force tragique peut être, cette attirance inévitable vers la mort… J'avais pensé au personnage de Tchen dans La condition humaine de Malraux, personnage qui se jette avec sa bombe sur la voiture du général Tchang Kaï-chek, en vain puisque celui-ci n'est pas dans sa voiture. Je lui trouve une ressemblance avec Antigone dans le sens où il meurt seul dans une sorte de suicide par procuration et dans un but idéologique qui ne devient presque qu'un prétexte pour atteindre une mort sacralisée, comme si le but de sa vie était de mourir. Mais je ne sais pas si c'est un bon exemple, je voudrais savoir si vous aviez d'autres idées à me soumettre qui pourraient m'aider…
Si c'est le cas et même si ce n'est pas le cas, merci d'avance d'avoir pris le temps de lire ce sujet.
Je peux te soumettre l'exemple de Nora, l'héroïne de Une Maison de Poupée de Ibsen : elle court à sa perte, sans regarder en arrière et faisant fi de toutes les échappatoires. dans une certaine mesure, Marguerite, la première reine du Roi se meurt de Ionesco. Pour le moment, c'est tout ce qui me vient à l'esprit.
Un ouvrage de l'essayiste George Steiner portant le même titre ("les antigones") a justement été publié en poche. Vous y trouverez sans doute quantité de personnages sujet à comparaison.
Bonsoir Vio,
le personnage de Bérénice, dans Aurélien d'Aragon, me semble pouvoir être rapproché d'Antigone. Comme l'héroïne de Sophocle, Bérénice a "le goût de l'absolu": elle préfère se condamner à une mort symbolique plutôt que de renoncer à son idéal de pureté et d'amour. Elle possède une forme d'exigence face au monde qui terrifie Aurélien, homme des compromis(sions)… Elle n'hésite pas à s'affranchir des normes sociales pour ne pas démériter de la passion, valeur suprême des héroïnes tragiques.
Voici un extrait intéressant d'Aurélien sur le thème:

"Car Bérénice avait le goût de l’absolu.

Elle était à un moment de sa vie où il fallait à toute force qu’elle en poursuivît la recherche dans un être de chair. Les amères déceptions de sa jeunesse qui n’avaient peut-être pas d’autre origine que cette volonté irréalisable d’absolu exigeaient une revanche immédiate. Si la Bérénice toujours prête à désespérer qui ressemblait au masque doutait de cet Aurélien qui arrivait à point nommé, l’autre, la petite fille qui n’avait pas de poupée, voulait à tout prix trouver enfin l’incarnation de ses rêves, la preuve vivante de la grandeur, de la noblesse, de l’infini dans le fini. Il lui fallait enfin quelque chose de parfait. L’attirance qu’elle avait de cet homme se confondait avec des exigences qu’elle posait ainsi au monde. On m’aura très mal compris si l’on déduit de ce qui a été dit de ce goût de l’absolu qu’il se confond avec le scepticisme. Il prend parfois le langage du scepticisme comme du désespoir, mais c’est parce qu’il suppose au contraire une foi profonde, totale, en la beauté, la bonté, le génie, par exemple. Il faut beaucoup de scepticisme pour se satisfaire de ce qui est. Les amants de l’absolu ne rejettent ce qui est que par une croyance éperdue en ce qui n’est peut-être pas."
J'espère avoir pu t'aider… En tout cas ton sujet est passionnant!
Bonne continuation dans tes recherches.
Alma