Différence entre admirer et aimer
19 réponses
on est responsable de ce qu'on admire pas de ce qu'on aime
c'est quoi la différence entre admirer et aimer ?
Je suppose qu'admirer c'est reconnaître une qualité particulière à l'objet d'admiration mais aussi, peut-être, une reconnaissance à l'autre d'être capable de ce que l'on ne peut réussir soi-même. Cela nécessite aussi probablement de voir l'oeuvre admirée comme "belle".
Mais l'admiration ne suppose pas automatiquement d'aimer: on peut admirer un travail tout en le détestant.
Aimer, c'est ne pouvoir se passer de quelquechose ou de quelqu'un, sans lesquels tout paraît fade, ennuyeux et indigne d'intérêt.
Bonjour la-miss,
Admirer, c'est regarder vers le haut, c'est reconnaître en soi le désir d'être meilleur, c'est reconnaître dans ce que je contemple des traces de ce qui me dépasse.
Avec le verbe aimer, on entre dans un terrain miné.
Pour beaucoup, aimer traduit le désir fou. Mais est-ce que j'aime de la même manière le chocolat, la femme de ma vie ou ma mère ?
Aimer, ce n'est pas seulement être la victime d'un désir irrépressible, qui m'arriverait de l'extérieur. D'abord parce que ce désir est l'expression brute de mon être, de mon histoire intime et personnelle. Ensuite parce qu'aimer ne se réduit pas seulement au désir de captation. Enfin parce qu'il est - imparfaitement sans doute - le résultat d'un choix volontaire et éclairé de la part de ma volonté à partir de ce désir initial. Ainsi aimer la femme de ma vie me conduit probablement à renoncer à d'autres femmes potentiellement désirables ? Aimer, c'est construire une relation durable avec un être choisi, une relation qui dépasse les contingences de la vie ou du moins qui s'efforce de les dépasser. Comment dans ce cas ne pas être responsable de ce qu'on aime ? C'est d'ailleurs tout le sens humaniste du Petit prince de Saint-Exupéry.
Tu vois donc que selon le sens que tu attribueras au verbe aimer, la réponse sera bien différente.
Je ne me sens pas responsable de ce que j'admire, car en quelque sorte on admire à l'état brut, ça vous tombe dessus
Ce que j'admire a été créé, par un génie dans son domaine (par exemple l'architecture de Le Corbusier, de Niemeyer) et je ne m'en sens pas du tout responsable !
Si, responsabilité dans la conservation du patrimoine, et surtout du patrimoine naturel, de notre Planète
La Nature est admirable, la préserver est une responsabilité quotidienne et un devoir (urgentissime !)
Ce qui n'empêche pas de l'aimer 🙂
Aimer, au long terme, c'est en effet engager sa responsabilité envers une ou plusieurs personnes Avoir des enfants, les aimer, les élever, être là quand ils ont besoin de leur maman, voilà la plus belle responsabilité dans le domaine de l'amour
Ce qui n'empêche pas de les admirer 🙂
la-miss a écrit : on est responsable de ce qu'on admire pas de ce qu'on aime
c'est quoi la différence entre admirer et aimer ?
A mon avis, cette phrase se refere au fait que l'admiration porte sur la logique, c'est-a-dire que l'admire quelque chose apres avoir pense qu'elle vaut notre admiration, tandis qu'en ce qui concerne l'amour, la, c'est le coeur qui joue le premier role, c'est-a-dire, on aime quelque chose parce qu'on se sent ainsi. En ce qui concerne l'amour, parfois, il n'y a pas de standards ni de logique.
Voila a mon avis, la signification de cette phrase.
Bonsoir !
Quelques citations pour illustrer les deux thèmes.
* Je vous adore, je vous hais, je vous offense, je vous demande pardon, je vous admire, j’ai honte de vous admirer. (MADAME DE LA FAYETTE. LA PRINCESSE DE CLÈVES)
* L’imagination des femmes est très vive : elle saute de l’admiration à l’amour et de l’amour au mariage. (JANE AUSTEN)
* Nous aimons toujours ceux qui nous admirent, et nous n’aimons pas toujours ceux que nous admirons. (LA ROCHEFOUCAULD. MAXIMES)
* On admire le monde à travers ce qu’on aime. (ALPHONSE DE LAMARTINE. JOCELYN)
* Les méchants envient et haïssent ; c’est leur manière d’admirer. (VICTOR HUGO. TAS DE PIERRES)
* Admirer n’est pas aimer. (ROGER MARTIN DU GARD. LES THIBAULT)
la-miss a écrit : on est responsable de ce qu'on admire pas de ce qu'on aime
J'ai lu cette phrase 5 fois. J'y vois une complexité sinon une ambiguïté.
Ce qu'on aime = X
Ce qu'on admire
pas = Y
Y<X. C'est à dire que "ce qu'on n'admire pas" est contenu dans le group "ce qu'on aime" *syntactiquement.
Est-ce que que Y = TOUT ce qu'on n'admire pas ou une des choses qu'on n'admire pas?
AIMER dans quel sens? Émotion ou préférence ou les deux?
J'aime la compagnie pétrolière Z car ses actions continuent à monter et m'apportent de l'argent.
Je n'admire pas Z car elle ne contribue pas suffisamment au combat contre la pollution planétaire.
J'aime Sonia. On est en couple depuis 2 ans. Je n'admire pas son goût vestimentaire. Son goût fait partie de Sonia.
J'aime l'architecture. J'admire l'architecture de la Cathédrale Anglicane de Liverpool.
J'aime Sonia. J'admire sa beauté.
Dans les exemples, mon admiration est incitée par l'objet de mon admiration et ma réaction viscérale. Si cette réaction est spontanée, elle est plus dépendante sur mes sentiments que sur une critique intellectuelle.
Ma non admiration est incitée par l'application de mes propres critères à l'objet d'admiration. La non admiration est une critique (intellectuelle) pour laquelle je suis responsable.
J'ai tendance à dire que dans le deuxième cas on est plus responsable que dans le premier.
{*Naturellement, tout change si jamais on met une virgule après "admire pas"!}
En ce qui concerne la différence entre AIMER et ADMIRER, j'aime les réponses ci-dessus , mais trouve qu'il serait admirable que tous les poseurs de questions aient un dictionnaire sous la main.
Bonjour JSC 🙂
On ne peut pas réduire le sens d'un mot à la déf d'un dico ; chaque mot a aussi le sens que chacun lui donne. C'est cela qui fait la richesse du langage. Sinon, combien il serait froid et décoloré !
la-miss a écrit :c'est quoi la différence entre admirer et aimer ?
Bonjour, Léah.
Sans vouloir être réducteur, je dirais que si la-miss ne sait pas la différence, c'est peut-être car elle n'a pas commencé en regardant dans un dictionnaire. Si, après avoir regardé, elle ne sait toujours pas la différence, il y aurait un gros problème de lecture ou de compréhension.
Dans le Petit Robert, AIMER vaut 10 cm. (de colonne) d'explications avec des citations et des exemples; ADMIRER vaut 2 cm. avec une relance vers ADMIRATION (2 cm. encore). C'est dire que la définition d'ADMIRER est étonnement claire et compréhensible.
Je trouve tjrs que la difficulté dans l'interprétation de la première phrase de la-miss réside dans l'absence de virgule et l'inclusion du mot PAS après ADMIRER. Je crois être minoritaire dans ce fil pour avoir abordé ce point. 🙂
Bonjour JSC 🙂
je pense que la phrase, même sans virgule, est claire :
on est responsable de ce qu'on admire, pas de ce qu'on aime
Si tu inclus la négation on est responsable de ce "qu'on admire pas" de ce qu'on aime ; d'abord il manque le NE, ensuite la phrase ne veut plus rien dire !
La comparaison des dicos ne rend pas un verbe plus complexe qu'un autre, pour moi l'admiration est un sentiment aussi complexe que l'amour ; l'admiration infère une part d'amour et réciproquement
Essaie simplement de dire pourquoi tu admires tel compositeur !
Bach: pour avoir eu deux épouses, une vingtaine d'enfants, un poste assez désagréable pour la deuxième moitié de sa vie et d'avoir toujours produit autant d'œuvres géniales (de génie). Surtout je l'admire pour son intégrité.
Ceux qui n'arrive pas à dire pourquoi ils admire qqun ou qqchose ("contempler avec un sentiment de joie et d'épanouissement ce qu'on juge* supérieurement beau ou grand") ne méritent pas bcp d'estime.
*Jugement implique objectivité, paramètres, critères en ce qui me concerne.
Je crois qu'il est courant d'omettre le "ne" dans une négation.
Eh bien mésestime-moi 😉 car j'admire souvent inconditionnellement
Pour la phrase, sans NE OK c'est fréquent ; mais si tu rattaches le “pas” à admire, la phrase en veut plus rien dire pour la fin
Avez-vous choisi de vouloir survivre? Avez-vous choisi d´aimer? Êtes-vous responsables de quelque chose?
Vous n´êtes ni responsables de ce que vous aimez, ni de ce que vous admirez.
En revanche vous pouvez choisir dans la vie, mais vos choix ne sont jamais libres.
Vous pouvez "contrôler" votre désir. Le satisfaire de différentes manières, mais vous ne pouvez pas le supprimer.
Thais.
Bonsoir !
Selon les définitions du Petit Robert :
- ADMIRER : avoir de l’admiration (joie et épanouissement) pour ce qui est supérieurement BEAU, grand.
CORRÉLATS : être émerveillé, être enthousiaste, être ravi, être ébloui, être en extase.
- AIMER :
1 éprouver de l’affection, de l’amitié, de la tendresse, de la sympathie, de la passion pour quelqu’un ;
2- avoir du goût (aptitude à reconnaître et à apprécier ce qui est BEAU… ou bon) pour quelque chose.
CORRÉLATS : chérir, adorer, idolâtrer, affectionner, apprécier, goûter, s’intéresser à, avoir un penchant pour.
Je constate qu’en dehors du concept « beau », les deux définitions n’ont pas de traits de signification communs (traits sémiques).
On peut considérer que, dans une belle synthèse, l’admiration PEUT précéder l’amour…
* L’imagination des femmes est très vive : elle saute DE L’ADMIRATION À L’AMOUR et de l’amour au mariage. (Jane Austen)
… et que l’amour PEUT précéder l’admiration. (Qu’on m’épargne de prendre des exemples dans la sexualité !)
PAS NÉCESSAIREMENT :
* Nous aimons toujours ceux qui nous admirent, et nous n’AIMONS pas toujours ceux que nous ADMIRONS. (La Rochefoucauld. Maximes)
* Mon ADMIRATION pour Bonaparte a toujours été grande et sincère, alors même que J’ATTAQUAIS Napoléon avec le plus de vivacité. (Chateaubriand. Mémoires d’outre-tombe)
* ADMIRER n’est pas AIMER. (Roger Martin du Gard. Les Thibault)
Effectivement, il m’est arrivé d’admirer sans aimer pour autant.
Par exemple, il y a des Rubens, des Dali, des Picasso que j’admire, mais (à supposer que…) que je ne voudrais pas avoir chez moi pour les caresser des yeux.
Par exemple encore, j’admire certaines œuvres musicales (Prokofiev, Stravinsky, Ravel, Honegger) pour leur facture (comme on dit encore), pour leur originalité, pour leurs difficultés, sans pour autant les aimer ; il y a aussi des compositions gastronomiques pour lesquelles j’ai de l’admiration, mais non du goût, de l’amour, tellement elles sont éloignées du naturel et de la simplicité.
Pour vous distraire, voici quelques citations :
* Optimisme : entrer dans un grand restaurant et compter sur la perle qu'on trouvera dans une huître pour payer la note. (ALPHONSE ALLAIS. LES PENSÉES)
*Le difficile est de distinguer les restaurants dont on sort en se mordant les doigts et ceux dont on sort en se les léchant. (PIERRE BENOIT)
* C’est généralement dans les restaurants où vous accueille un chasseur qu’il faut craindre les coups de fusil. (JEAN DELACOUR)
* Plus on s’approche de la mer, plus la note est salée. (RADIO)
Bonsoir, Edy,
Admirablement clair; on ne peut qu'aimer tes communications.
Pourtant, pour reprendre la première question: où se trouve la responsabilité?
Merci, JSC !
De quelle responsabilité parlez-vous ?
De ceci peut-être ?
* On est responsable de ce qu'on admire pas de ce qu'on aime.
Je comprends mieux avec une virgule :
* On est responsable de ce qu'on admire, pas de ce qu'on aime.
L'admiration serait-elle un choix responsable, à l'inverse de l'amour ?
Pour l'admiration, la réponse me semble affirmative : il est malvenu, par exemple, d'admirer (du moins avec des signes extérieurs) des êtres humains, des choses ou des idées rejetées voire condamnées par le corps social. Si, à la rigueur, je peux admirer Rommel, autant je serais responsable de porter mon admiration sur Hitler.
L'amour ne serait donc pas responsable ? Je sais bien que la "faculté désirante" échappe pour partie à notre libre arbitre. L'amour est cependant responsable au delà de certaines limites (variables dans le temps et dans l'espace) : la pédophilie, l'inceste, l'adultère, voire la prostitution. Il est vrai que, dans certaines situations, l'auteur, parce que malade mental, échappe à la réponsabilité juridique et donc à la condamnation pénale. Sous cette réserve, je pense qu'en effet on doit assumer le choix qu'on fait dans une relation amoureuse.
Vaste sujet ! Je n'ai certainement pas épuisé la question. Mes réflexions sont en outre terriblement réductrices.
Edy a écrit :De quelle responsabilité parlez-vous ?
1. De ceci peut-être ?
* On est responsable de ce qu'on admire pas de ce qu'on aime.
2. Je comprends mieux avec une virgule :
* On est responsable de ce qu'on admire, pas de ce qu'on aime.
3. L'admiration serait-elle un choix responsable, à l'inverse de l'amour ?
Pour l'admiration, la réponse me semble affirmative L'amour ne serait donc pas responsable ? Je sais bien que la "faculté désirante" échappe pour partie à notre libre arbitre. L'amour est cependant responsable au delà de certaines limites (variables dans le temps et dans l'espace) : la pédophilie, l'inceste, l'adultère, voire la prostitution. Il est vrai que, dans certaines situations, l'auteur, parce que malade mental, échappe à la responsabilité juridique et donc à la condamnation pénale. Sous cette réserve, je pense qu'en effet on doit assumer le choix qu'on fait dans une relation amoureuse.
Bonjour, Edy.
1. Tout à fait.
2. C'était effectivement le doute que j'avais essayé d'exprimer dans msg #8 lors de ma parenthèse étoilée.Sinon j'avais proposé l'interprétation suivante.
Dans ce qu'on aime, il y aurait deux sous-groups:
- ce qu'on admire;
- ce qu'on (n')admire pas.
Sans virgule, la question pourrait donc se porter uniquement sur la partie de "ce qu'on aime mais n'admire pas." En sommes-nous responsables?
3. Tel était mon propos car admirer suppose exercer un jugement. Aimer est le plus souvent le résultat d'un sentiment.
Est-ce qu'il y aurait un 'détournement' de sens en substituant les substantifs "admiration" et "amour" pour les verbes (exprimés dans la question initiale) "admirer et "aimer"?
J'ai le sentiment que les substantifs concrétisent les verbes.
Bonsoir, JSC !
A mon avis, les traits sémiques (de signification) sont communs aux noms et aux verbes (sous réserve de quelques emplois particuliers) ; la différence est catégorielle et donc syntaxique : nom et verbe.
Types d'emplois particuliers :
* Amour courtois.
→ Aimer courtoisement. (On n'est plus dans le même sujet.)
* Amour homosexuel.
→ ? Aimer homosexuellement.
Il est vrai que dans ce fil on ne tombe pas forcément dans des considérations philosophiques. 🙂