Colette, Les Vrilles de la vigne, La Guérison

Entraide scolaire

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Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
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Bonjour, je dois préparer une analyse linéaire sur cet extrait des Vrilles de la Vigne de Colette (La Guérison) pour une colle demain. J’ai énormément de mal à faire des analyses de roman. J’ai essayé de diviser le texte en 3 parties mais je ne suis pas satisfaite et je ne trouve pas de bon découpage. Je vous mets ici le début de mon étude qui est assez légère. Pouvez vous me dire ce que vous en pensez ? Il y a t’il des éléments qui vous sembles essentiels que j’ai loupé ?

Ma chatte grise est ravie que je fasse du théâtre. Théâtre ou music-hall, elle n’indique pas de préférence. L’important est que je disparaisse tous les soirs, la côtelette avalée, pour reparaître vers minuit et demi, et que nous nous attablions derechef devant la cuisse de poulet ou le jambon rose… Trois repas par jour au lieu de deux ! Elle ne songe plus, passé minuit, à celer son allégresse. Assise sur la nappe, elle sourit sans dissimulation, les coins de sa bouche retroussés, et ses yeux, pailletés d’un sable scintillant, reposent larges ouverts et confiants sur les miens. Elle a attendu toute la soirée cette heure précieuse, elle la savoure avec une joie victorieuse et égoïste qui la rapproche de moi…
 
Ô chatte en robe de cendre ! Pour les profanes, tu ressembles à toutes les chattes grises de la terre, paresseuse, absente, morose, un peu molle, neutre, ennuyée… Mais je te sais sauvagement tendre, et fantasque, jalouse à en perdre l’appétit, bavarde, paradoxalement maladroite, et brutale à l’occasion autant qu’un jeune dogue…
 
Voici juin, et je ne joue plus La chair, et j’ai fini de jouer Claudine… Finis, nos soupers tête à tête !… Regrettes-tu l’heure silencieuse où, affamée, un peu abrutie, je grattais du bout des ongles ton petit crâne plat de bête cruelle, en songeant vaguement : « Ça a bien marché, ce soir… » Nous voilà seules, redevenues casanières, insociables, étrangères à presque tout, indifférentes à presque tous… Nous allons revoir notre amie Valentine, notre « relation convenable », et l’entendre discourir sur un monde habité, étrange, mal connu de nous, plein d’embûches, de devoirs, d’interdictions, monde redoutable, à l’en croire, mais si loin de moi que je le conçois à peine…
 
Durant mes stages de pantomime ou de comédie, mon amie Valentine disparaît de ma vie, discrète, effarée, pudique. C’est sa façon courtoise de blâmer mon genre d’existence. Je ne m’en offusque pas. Je me dis qu’elle a un mari dans les automobiles, un amant peintre mondain, un salon, des thés hebdomadaires et des dîners bi-mensuels. Vous ne me voyez guère, n’est-ce pas, jouant La chair ou Le faune en soirée chez Valentine ou dansant Le serpent bleu devant ses invités ?… Je me fais une raison. J’attends. Je sais que mon amie convenable reviendra, gentille, embarrassée, un de ces jours… Peu ou beaucoup, elle tient à moi et me le prouve, et c’est assez pour que je sois son obligée…

I. (1er §)
« tous les soirs, vers minuit et demi, Trois repas par jour, derechef, passé minuit, Elle a attendu toute la soirée cette heure » Aspect cérémonial, beaucoup de précision sur le temps. Rituel installé avec l’animal. Rythme temporel régulier. Symbole de stabilité et de réconfort dans une monde où la narratrice oscille entre le monde du spectacle et la réalité quotidienne. Cette dimension du rituel est appuyé par des aliments « cuisse de poulet ou le jambon rose… ».
« Ma chatte grise est ravie »« théâtre ou music-hall, elle n’indique pas de préférence. » : on passe d’un sentiment précis de la chatte à une indifférence de sa part quant à la nature spécifique de la performance qui suggère une compréhension limité de l’activité humaine. Aussi cela met l’accent sur l’aspect important du rituel et de la « disparition » de sa maîtresse le soir. L’excitation du chat est montrée par la ponctuation, l’exclamation de « trois repas par jour au lieu de deux ! » marque particulièrement cela.
«  Assise sur la nappe, elle sourit sans dissimulation, les coins de sa bouche retroussés, et ses yeux, pailletés d’un sable scintillant, reposent larges ouverts et confiants sur les miens » nous continuons cette idée d’excitation avec la description de la chatte et de sa posture. La narratrice anthropomorphise l’animal et donne une dimension émotionnelle à son comportement. Nous avons une image visuelle et poétique de l’animal qui renforce le regard que le lecteur porte à ce dernier.

II. (2nd§)
« Ô chatte en robe de cendre ! » : registre lyrique, ode à l’animal. Changement de registre afin de mettre l’accent sur la chatte de la narratrice. Tournure d’ouverture du paragraphe exclamative. Tout est tourné vers le sentiment et vers l’émotion. Le plus visible est l’apostrophe avec le ô.
Énumération des caractéristiques pour les compléter et faire une comparaison avec les autres chats. Adjectifs utilisés qui sont péjoratifs ou pas très glorifiants. Le « mais » introduit de nouveaux adjectifs qui viennent se cogner aux précédents pour montrer la spécificité du chat qui n’est pas quelconque. Ces adjectifs sont d’ailleurs surprenants pour un animal. On est encore face à une forme d’anthropomorphisme.

III. (2 derniers §)
?

Le chat : présence féline : auditeur, spectateur, interlocuteur, compagnon,confident, complice. La maison, le cocon.
La scène : théâtre, music hall, comédie, pantomime. Le jeu de scène et les relations à l'extérieur.
L'art de goûter la vie. L'émerveillement.

Bonjour,
Il convient de noter l'aspect autobiographique, présence des pronoms ou adjectifs de la 1re personne.
Des confidences de Colette sur sa vie d'artiste, une vie hors normes que condamne son amie. Des confidences sur sa vie affective. Colette se sent exister pleinement dans ses activités scéniques. Elle se désocialise quand elles cessent. Le mimétisme de l'animal.
En face, une chatte qui devient une personne, au même titre que Valentine, mais en plus séduisante et gratifiante.
Des jeux de rôle fondés sur le besoin. Quand le besoin disparaît, la relation s'étiole.
La magie de la nuit, l'évocation des gourmandises (nourriture, sentiments)
Un regard amoureux : Colette voit au-delà des apparences chez sa chatte. La chatte est jalouse. Colette a besoin de Valentine, pourtant si différente.
Colette expose ses besoins : le monde du spectacle, l'amitié de Valentine, sa relation fusionnelle avec l'animal. Elle évoque ses difficultés à nourrir ses besoins en raison de leur antinomie. Colette nous révèle, à cette occasion, son extrême sensibilité et son sentimentalisme.