Bonsoir,
Dans le chapitre sur la négation du _Grévisse de l’étudiant - 2e édition,l’auteur indique que la negation « ne…pas » peut être partielle et donne cet exemple : « Il ne mange pas à la cantine lundi ». Test pour voir sur quoi porte la négation : la focalisation par extraction : « Ce n’est pas lundi qu’il mange à la cantine », on voit que la négation est partielle et porte sur le complément non essentiel de temps.
En revanche, je ne suis plus trop convaincu quand l’auteur explique que la négation « ne…plus » ne peut être partielle.
On peut bien dire « Ce n’est plus lundi que je mange à la cantine » (c’est maintenant un autre jour), dans ce cas la négation porte sur le complément non essentiel de temps et est donc partielle ?
Il se peut que je n’aie rien compris au but de la démonstration, je ne vois pas trop où l’auteur veut en venir.
Je vous remercie pour vos éclairages et je vous souhaite d’ores et déjà une bonne année !
Bon… question intéressante.
Mon analyse à moi que j'ai qui pourra être rectifiée.
Dans l'exemple "Il ne mange pas à la cantine lundi" : en fait, on ne sait pas trop sur quoi porte la négation : "manger" ? "la cantine" ? "lundi" ? Négation partielle.
Dans l'exemple "Ce n’est plus lundi que je mange à la cantine" : il y a négation claire d'un présentatif ; la négation ne porte, à mon sens, que sur "lundi". Donc, pas partielle.
Idem pour l'exemple : "Ce n’est pas lundi qu’il mange à la cantine"
Est-ce généralisable à toutes les négations "ne… plus" ? Je ne sais.
@dudule Dans l'exemple "Ce n’est plus lundi que je mange à la cantine" : il y a négation claire d'un présentatif ; la négation ne porte, à mon sens, que sur "lundi". Donc, pas partielle.
Pas d'accord : tout aussi partielle.
- Il ne mange pas à la cantine lundi.
La focalisation par extraction
Ce n’est pas lundi qu’il mange à la cantine.
exprime effectivement que la négation est partielle et porte sur "lundi".
Tout comme la focalisation par extraction
Ce n’est pas à la cantine qu’il mange lundi.
exprimerait que la négation partielle porte sur "à la cantine".
- Il ne mange plus à la cantine lundi.
peut très bien se focaliser par
Ce n’est plus lundi qu’il mange à la cantine.
Interrogation partielle là aussi, également focalisée sur "lundi".
D'où la perplexité du demandeur :
@MaximeDrxx En revanche, je ne suis plus trop convaincu quand l’auteur explique que la négation « ne…plus » ne peut être partielle.
Je n'ai sans doute pas trouvé en ligne la même édition du Grevisse de l'étudiant. Celle que j'ai pu feuilleter donne quasimement le même exemple de négation partielle avec ne…pas (Il ne travaille pas au bureau lundi.) mais ne semble pas mentionner que la négation ne…plus ne peut être partielle.

En revanche, il est mentionné dans le paragraphe précédent que ne…plus "est à la frontière de la négation totale et de la négation partielle" :

Je ne peux qu'être d'accord… mais c'est "un peu facile" de tourner la phrase dans tous les sens, non ? Je suis perplexe quant à la "focalisation". Visiblement… on peut focaliser par extraction sur ce qu'on veut. Quel est l'intérêt de cette procédure ?
Quand on peut "focaliser" une phrase négative en employant Ce n'est pas…que ou Ce n'est plus…que, et encadrer ainsi un COD, un COI ou un autre complément, c'est qu'il s'agit nécessairement d'une négation partielle.
Comme expliqué plus haut, elle permet de distinguer les deux sens possibles d'une négation ambiguë comme "Il ne mange pas à la cantine lundi."
Je reste quand même perplexe quant au fait que ce type d'analyse grammaticale a de fortes chances de s'opposer au sens premier d'une phrase et de créer d'amusantes collisions grammaire/syllepse.
Pour moi, si la négation porte sur le verbe, elle est nécessairement totale au niveau du sens.
Nous n'irons plus, ni là ni ailleurs.
Nous n'irons plus aux bois.
Nous n'irons plus à la chasse.
Qu'importe le complément : on n'y va plus ;-)
Pour moi, si la négation porte sur le verbe, elle est nécessairement totale au niveau du sens.
Justement non, pas forcément. Cela dépend du contexte. Pour deux phrases de forme identique, seul le contexte détermine l'intention du locuteur, le caractère total ou partiel de la négation :
Nous n'irons plus à la chasse. Nous n'irons plus nulle part (négation totale).
Nous n'irons plus à la chasse, mais aux champignons. (négation partielle ).
Ce n'est plus à la chasse que nous irons, mais aux champignons.
Oui, mais encore faut-il que le locuteur énonce de lui-même le contexte de façon explicite.
Si je dis : "Je ne prends plus le bus"… pour moi, cela veut simplement dire que.. "je ne prends plus le bus". Qu'importent les autres moyens de transports que je peux utiliser.
Si on suit ton raisonnement, je crains que la notion de négation totale disparaisse car on pourra toujours trouver un complément, éventuellement implicite, à rajouter et qui sera focalisable.
Peut-être pinaillé-je ;-)