Non respect de la césure à l'hémistiche

Littérature

10 réponses

Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
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Bonjour,

Voici la première strophe du poème de Victor Hugo : Demain, dès l'aube

Demain, dès l’aube, à l’heure où blanchit la campagne,
Je partirai. Vois-tu, je sais que tu m’attends.
J’irai par la forêt, j’irai par la montagne.
Je ne puis demeurer loin de toi plus longtemps.

Et voici un vers tiré de À Villequier, un autre poème de Victor Hugo

Bon, clément, indulgent et doux, ô Dieu vivant !

Dans les deux vers en gras, la césure à l'hémistiche au sens de la versification régulière semble ne pas être respectée.

Je m'interroge sur les raisons qui peuvent pousser un poète à déroger à la règle de versification régulière de la césure à l'hémistiche et quels sont les effets de style que cela peut produire sur le lecteur. D'autre part, est-ce que Racine ou des auteurs classiques auraient pu se permettre la même chose ?

N'hésitez pas à me faire part de vos commentaires et remarques.

On peut supposer que le poète accepte de vivre son émotion et de la transcrire précisément en ne respectant pas les règles.
Par rapport aux classiques du XVIIe, les romantiques peuvent se permettre certaines libertés.
Racine n'écrivait pas de poèmes lyriques, puisque, selon Pascal, "le moi est haïssable".

Pour un alexandrin, l'hémistiche est plutôt bien défini : 6 / 6 (certains ont étendu la définition première pour résoudre le problème).
Mais en fait, absolument rien n'oblige la césure (//) à tomber dessus pour faire : 6//6
cf. : Au milieu des éclats / de rire // de la foule ! (Hugo, aussi : césure nécessaire ???) :
Demain, dès l’aube, // à l’heure / où blanchit la campagne, (ici, de toute façon, il est coincé par la ponctuation)
Bon, // clément, // indulgent / et doux, // ô Dieu vivant !

Je ne suis même pas certain que la césure doive être unique ou obligatoire.

Romeeeeeeeu, // l'unique objet / de mon ressentiment !

J'ai disloqué / ce grand niais / d'alexandrin.
Hugo, encore…

https://fr.wikipedia.org/wiki/Alexandrin#Analyse_rythmique

Bref, c'est le foutoir !

La liberté, veux-tu dire…

Voui.

Merci à vous tous pour ces réponses.

Bonjour, c'est assez fréquent chez Molière (le vers d'A Villequier a des précédents dans le Misanthrope, je crois), et j'ai souvenir de quelques occurrences chez Racine également. On en trouve beaucoup d'exemples dans Tartuffe, notamment, avec une césure entre "Monsieur" et "Tartuffe", aux alentours du IVe acte. Effet d'emphase, dans ce cas, à n'en pas douter, que ce soit dans un sens comme dans l'autre. Mon exemple préféré de jeu absolument canaille avec la césure, c'est le "tohu-bohu" du Bateau Ivre : "N’ont pas subi tohu-bohus plus triomphants".

@dinozor
Merci beaucoup pour ces informations. C'est intéressant de savoir que cela se pratiquait aussi à l'époque classique.