Aristote, Politique, 3.1278a

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Merci @poenulus pour cette réponse éclairante !

En fait, cette question m'a été posée par un jeune de première
très proactif et curieux et dont j'encadre un peu l'enthousiasme.
J'avoue que je ne me l'étais jamais posée.

Mais il est venu la semaine dernière avec la définition WIKIPEDIA
d'un faux imparisyllabique (je laisse tomber le cas des neutres, ici).

Donc, sur WIKIPEDIA : "ce sont des mots en -x (sauf pour Rex); -ns ou -bs et e"

Bon, déjà… je ne vois pas de substantif masculin/féminin en "e". Passons.

Mais serions-nous bien d'accord pour dire que cette définition est erronée
et que ce n'est pas la terminaison du nominatif qui compte, mais, comme
on le déduit de ce qu'a écrit poenulus, celle du radical qui se déduit du génitif
(deux consonnes successives précédant la terminaison "is" au génitif sg) ?

Si on suit la définition WIKIPEDIA :
urBS ---> urbium
foNS ---> fontium
reX ---> *regium ---> regum (mentionné comme exception)
leX ---> *legium
noX ---> noctium
niX ---> nivium
sphinX ---> sphingium
piX ---> *picium
os ---> oris ---> orum
os ---> ossis ---> *ossum

os, pix, lex et rex seraient ainsi des exceptions.

Si on suit la définition basée sur le radical du génitif :
urbs ---> uRBis ---> urbium
fons ---> foNTis ---> fontium
rex ---> reGis ---> regum
lex ---> leGis ---> legum
nox ---> noCTis ---> noctium
nix ---> niVis ---> *nivum [cf. nivium lapsus : avalanche]
sphinx ---> sphiNGis ---> sphingium
pix ---> piCis ---> picum
os ---> oRis ---> orum
os ---> oSSis ---> ossium

Et là… c'est nix qui devient la seule exception de la liste ;-).
Explicable par analogie avec civis ?
[on peut trouver d'autres exceptions : lis, litis…]

Bref, pas simple. En fait, j'ai l'impression que ce sont les
nominatifs monosyllabiques qui posent problème.

Question : est-ce qu'Ernout évoque cette règle de la "double consonne" ?
Ou s'agit-il d'une règle opérationnelle au sens pédagogique français ?

Question subsidiaire : pourquoi la distinction ne se fait-elle pas
pour les adjectifs de la seconde classe ? Ils font tous (?) en -ium,
parisyllabiques (fortis) ou pas (prudens, simplex). Ce qui a l'avantage
de la simplicité ;-)

Question subsidiaire n°2 : parlez-moi des faux parisyllabiques ;-)

(je mets à part les comparatifs).

Bonjour Dudule,
Pour distinguer les parisyllabiques des imparisyllabiques, la règle pratique, « scolaire », générale et efficace, que ce soit pour les thèmes ou les versions, implique obligatoirement de connaître tout d’abord le vocabulaire ( le nominatif et le génitif singuliers) des mots de la 3è déclinaison que l’on aborde. Cela peut paraître évident mais ce n’est pas toujours le cas. Sans doute avez-vous pu l’observer. Par exemple, « la cendre » se dit « cinis- cineris » et non pas « cinis-cinis »,« pedes » ne vient pas de « pedis-pedis » mais de « pes-pedis ».
En pratique, toujours dans l’apprentissage des bases de la langue latine – oublions ici l’étude savante de la morphologie historique ( thème consonantique, thème en « i », subdivisions…) qui ne peut que rendre plus confus chez les étudiants ce qui l’est déjà assez- un imparisyllabique a un nombre de syllabes différent au nominatif sg et génitif sg.(type « homo-hominis). Le génitif pluriel est alors en « um ». Un faux imparisyllabique, appelé aussi « imparisyllabique à deux consonnes » ( ces deux consonnes doivent se succéder, se toucher juste avant la désinence « is » du génitif sg ) ont leur génitif pluriel en « ium » comme les parisyllabiques ( nombre de voyelle égal entre le nominatif sg et le génitif sg).
Exemples : imparisyllabique à deux consonnes ( faux imparisyllabique) : « urbs- uRB-is » gén pluriel : « urbIUM » ; « gens-geNT-is » : gén pl : gentIUM
: parisyllabique : « puppis-puppis » : gén pluriel : « puppIUM »
Évidemment, il y a des exceptions et lorsqu’on les rencontre, il est bon le cas échéant d'y insister, de les souligner et de les faire retenir si le mot est fréquent. Ainsi pour les parisyllabiques « apis-apis », a deux génitif pl : « apum et apium » ; « mensis-mensis » fait « mensum » et non « mensium »). Quant à expliquer ces exceptions, cela peut se faire en recourant à la morphologie historique mais , dans le cadre de l’apprentissage de base, cela me semble inutile sauf si un étudiant y tient…
Ernout n’évoque pas la règle de la « double consonne » puisque, en fait, elle n’a rien de scientifique. Mais elle est très efficace, opérationnelle comme vous dites, pour l’enseignant et l’étudiant.
Les adjectifs de la seconde classe ne font pas tous « ium » au gén pl…hélas… Voyez : « celer, inops, memor, supplex, vetus, dives, pauper… »
Les « faux parisyllabiques » sont, selon moi, des termes tels que « mensis, iuvenis, vates, canis etc » qui ont le génitif pl en « um » alors que selon leur apparence parisyllabique il devrait être en « IUM ». Toujours dans le cadre scolaire, seule la mémorisation de ces termes me semble utile. Illo tempore, mes professeurs, faisant preuve d’une bienveillance infinie ( !) insistaient sur les termes de « parenté » : « pater, mater, frater » , puis « senex, iuvenis et canis » en recourant à cette phrase mnémotechnique : « mon père, devenu un vieillard, ma mère, mon frère devenu un jeune homme, promènent le chien » On appréciera ou pas…

Oui, j'ai appris ces "faux parisyllabiques" sous la dénomination : "la maisonnée"… ce qui rejoint un peu la mnémotechnique indiquée ;-) Problème : la maisonnée s'agrandit très vite ! Même en laissant à part les abeilles et le devin, il reste par exemple l'épervier/faucon : l'ac(c)ipiter,- tris ;-)
« mon père, devenu un vieillard, ma mère, mon frère devenu un jeune homme, promènent le chien et l'épervier chaque mois, entourés de devins ou d'abeilles inconstants"
[pas terrible comme phrase - "perfectible "! ;-)]