Le romantisme a ouvert la voie a une liberté dans le choix des sujets, en opposition au classicisme qui défendait l'ordre et la mesure.
C'est en particulier l'union du grotesque et du sublime, demandée par Victor Hugo dans sa Préface de Cromwell.
Mais les auteurs plus réalistes ont aussi une grande liberté de sujets, leur permettant d'aller au-delà de la beauté classique, pour traiter de choses "laides" : notamment la description de la misère des classes populaires, qu'on retrouve chez Zola ou Dickens, ou des aspects glauques de l'existence et de la psychologie humaine, chez Flaubert (Madame Bovary).
Je souhaiterais donc ouvrir cette question : quelle est la différence entre le laid chez les romantiques et chez les réalistes ?
Sans nuance, je dirai que le laid romantique est grandiose, hyperbolique, alors que le laid réaliste est mesquin et pitoyable.
D'accord avec Jean-Luc.
Mais "le laid romantique" recèle une certaine beauté.
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PS : perso, je ne confonds pas Flaubert et Zola.
Bonsoir Fleuve
Je me permets de te donner mon avis. Le laid est un concept un peu vague et subjectif. Les romantiques ont tenté de redéfinir notre perception du beau qui n'est plus un reflet du Bon ou du vrai et du laid qui pourrait etre lié au sublime. Ainsi devient il un moyen pour marquer le passage vers une perception esthétique moderne de l'homme et du monde. L'art se libère alors des canons classiques pour donner une nouvelle représentation de la dialectique du corps et de l'âme, et des contradictions du monde qui est en disharmonie avec la nature de l'homme afin d'explorer le rapport entre éthique et esthétique.
Bonjour vemissa,
Merci de ton post.
@vemissa et du laid qui pourrait etre lié au sublime
Pourrais-tu donner un exemple ?
Ainsi devient il un moyen pour marquer le passage vers une perception esthétique moderne de l'homme et du monde.
Il me semble que c'est ce que vendent les Romantiques, que leur art et leur théorie artistique représentent la modernité (voir Baudelaire Le Peintre de la vie moderne, 1863 ?).
Or c'est assez fallacieux de présenter comme "moderne" un retour du sentiment d'identité tribale, des traditions, de l'héroïsme, du mysticisme, de l'intuition, etc.
S'il y a qqch de moderne, c'est leur "individualisme". Or (1) l'individualisme n'est pas né du tout avec les romantiques (mais avec les Grecs, la Renaissance, la réforme protestante, les Lumières (surtout anglaises)) (2) l'"individualisme" romantique c'est surtout le narcissisme, ce qui n'a en fait rien à voir avec l'individualisme (je dirais, au contraire)
L'appel à l'exotisme n'avait rien de moderne non plus, puisque les véritables explorateurs étaient les Jésuites du 14ème, 15ème, etc.
Je ne sais pas quel romantique du fin 18/début 19ème peut réellement se targuer d'être un explorateur.