Imparfait du subjonctif à l'oral

Langue française

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Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
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Entretemps, cela fait presque un quart de siècle que l’on pouvait regarder à la télévision, tous les lundi soir – je crois que c’était sur la 1 – l’émission « Y a que la vérité qui compte ». Vous vous en souvenez encore, peut-être, de l’émission et e sa conception ? En tout cas, de temps en temps, il se trouve que j’ai, de manière inattendue, une petite heure libre où j’aime bien regarder l’un de ces épisodes anciens sur YouTube afin que mes faibles connaissances de français ne pourrissent pas dans mon environnement entièrement germanophone (je suis Allemand). Or, il m’est récemment arrivé d’entendre dire une jeune dame faisant partie de l’équipe de l’émission – et c’est vrai, je vous le jure :

« Mr Chose n’est pas venu bien qu’il ne savait pas qui l’avait invité. »

Cela m’a involontairement donné des nets frissons ; vous le comprendrez aussitôt : « bien que » + indicatif ! Brrrrrrrrrrrr ! Néanmoins, j’avoue bien que ce que « la belle Daphné », comme l’intitulait volontiers son « chef » Laurent Fontaine, voulait dire, la força dans une certaine aporie linguistique-grammaticale, car sa construction aurait exigé l’imparfait du subjonctif – qui a complètement disparu de l’oral :

« Mr Chose n’est pas venu bien qu’il ne sût pas qui l’avait / l’eût invité. »

Quelle beauté ! Mais… on ne va pas demander à la jeune femme de sortir l’imparfait du subjonctif de la naphtaline, d’accord ? (Néanmoins, je l’avoue bien, que lors de telles situations, ce serait probablement et plus belle et à la fois la plus correcte des options et que, pour des raisons de clarté, j’aimerais fort bien le réintroduire…) Hm. Bon. Donc, qu’est-ce qu’elle aurait dû faire ? Ma propre proposition serait… le passé du subjonctif :

« Mr Chose n’est pas venu bien qu’il n’ait pas su qui l’a / l’ait / l’avait / l’eût invité. »
(Prochain problème : le mode et le temps de la subordonnée…)

Mais le passé du subjonctif n’est qu’une proposition de ma part, ce n’est qu’une idée que me suggère mon sens de langue.

J'ai exposé cette situation à un francophone ces jours-ci, et il m'a dit, à mon grand étonnement, qu'il n'était pas juste que l'imparfait du subjonctif ait complètement disparu de l'oral. Macron, par exemple, dit-il, qui est passé par la formation hypokhâgne, est tout à fait capable de parler ainsi – et il le fait de temps en temps.

Hm. Qu’est-ce que vous en pensez, de cet affaire, vous, les locuteurs natifs ? De telles questions sont vraiment capables de m'empêcher de dormir…

Chaleureusement,
Achim

Bonjour Achim… Content de te relire ici ! 🙂

mes faibles connaissances de français

Je pense que tu te sous-estimes beaucoup. Pratiquerais-tu le chleuasme ? 😉

« M. Chose n’est pas venu bien qu’il ne sût pas qui l’avait / l’eût invité. »

Quelle beauté ! Mais… on ne va pas demander à la jeune femme de sortir l’imparfait du subjonctif de la naphtaline, d’accord ? (Néanmoins, je l’avoue bien, que lors de telles situations, ce serait probablement et la plus belle et à la fois la plus correcte des options, et que, pour des raisons de clarté, j’aimerais fort bien le réintroduire…)

Pour des raisons nostalgico-esthétiques, oui… Mais l'emploi ici de l'imparfait du subjonctif n'apporte aucune clarté supplémentaire. Le subjonctif présent et le subjonctif passé suffisent à exprimer les nuances nécessaires (aspect accompli ou non accompli ).
M. Chose n’est pas venu bien qu’il ne sache pas qui l’a invité.
M. Chose n’est pas venu bien qu’il n'ait pas su qui l’avait invité.

Sur ce coup-là, j'avoue ne pas être totalement d'accord avec Jehan. L'imparfait du subjonctif implique ici une explicite notion de concomitance :
M. Chose n’est pas venu alors même qu'il ne savait pas qui l’avait invité.
M. Chose n’est pas venu bien qu’il ne sût pas qui l’avait invité.

Bon, à la limite, dans ce cas précis…
Mais quelle concomitance de plus l'imparfait exprimerait-il, par exemple, dans "Il faudrait qu'il vînt" par rapport à "Il faudra qu'il vienne " ?

ATTENTION : ma remarque s'applique uniquement au cas soumis.
Là, tu introduis un autre exemple où l'imparfait ne peut évidemment pas convenir. Ici, tu as un subjonctif volitif dans le futur, et le français n'a pas d'autre choix que d'utiliser le subjonctif présent.

Là, tu introduis un autre exemple où l'imparfait ne peut évidemment pas convenir. Ici, tu as un subjonctif volitif dans le futur, et le français n'a pas d'autre choix que d'utiliser le subjonctif présent.

Eh non, le volitif ne change rien à l'affaire. Selon le système classique de concordance, quand la principale est au conditionnel présent, c'est bien le subjonctif imparfait qui est de règle dans la subordonnée, comme dans le cas de la principale au passé.
Il faudrait qu'il vînt, j'aimerais qu'il vînt.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Subjonctif_imparfait_en_fran%C3%A7ais#Cas_sp%C3%A9cial_du_conditionnel_pr%C3%A9sent
On peut en conclure que ce subjonctif imparfait ici n'a pas de réelle valeur temporelle "passée".
Et c'est le subjonctif présent Il faudrait qu'il vienne, j'aimerais qu'il vienne. qui constitue une tolérance, et qui est le plus utilisé de nos jours.

Cela dit, autrefois, après une principale au conditionnel, on pouvait utiliser au choix subjonctif présent ou imparfait, ce dernier présentant une nuance modale de doute (voir exemples dans le paragraphe dont je donne le lien).

Intéressant article. Mais j'ai encore quelques perplexités non levées.

Ah, discuter de l'emploi du subjonctif, rien de tel pour susciter les perplexités ! 😉

Un amusant petit billet de l'Académie française, qui plaira sûrement à notre ami Achim :
https://www.academie-francaise.fr/limparfait-du-subjonctif

En fait, moi… ce n'est pas le subjonctif qui me gêne. C'est le conditionnel ! Les Latins faisaient sans et ne s'en portaient pas plus mal (il n'y a pas stricto sensu de mode conditionnel en latin) ;-)

Oui, mais là, nous discutons de grammaire française.
Certes, le latin se passait de conditionnel, mais après tout, de notre côté, nous nous passons bien de participe futur ou de verbes déponents…

Le conditionnel est de moins en moins considéré comme un mode. Plutôt comme un temps de l'indicatif, tantôt à valeur modale, tantôt à valeur temporelle, à l'instar notamment de l'imparfait du même mode.

Cela dit, le sujet du post, c'est l'imparfait du subjonctif…