Phonologie : les mots "séisme", "pays" et "paysan"

Langue française

17 réponses

Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
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Bonsoir,

Je fais un travail sur la phonologie, j’ai une question concernant les mots séisme, pays et paysan. Combien comptent-ils de syllabes orales et écrites ? J’hésite entre:
séisme = une syllabe orale (une seule émission vocale)
séisme = deux syllabes orales, sé-isme
séisme = trois syllabes écrites, sé-is-me
Pour pays et paysan je n’y parviens pas…
Merci d’avance pour votre aide.
Bonne soirée.
Christophe

@CFJ

Bonsoir,

Pour moi, dans séisme il y a deux syllabes sé-ism(e), le e final est muet.
Dans pays, 1 seule syllabe à cause de la diphtongaison.
Dans paysan, 2 syllabes, pay-san.

Tu peux consulter ce site pour t'aider : [https://www.silabas.net]

  • Syllabes orales.

@Jean-Luc Pour moi, dans séisme il y a deux syllabes sé-ism(e), le e final est muet.

Oui, deux syllabes orales.

Dans pays, 1 seule syllabe à cause de la diphtongaison.

Je dirais deux syllabes orales, sans diphtongue : on prononce "pé-i" rimant avec "obéi", et non "peil" rimant avec "Corbeil". Dans un vers, le mot compte bien pour deux syllabes. De même, abbaye (a-bé-i) a trois syllabes orales, tandis que abeille (a-beill') n'en a que deux.

Dans paysan, 2 syllabes, pay-san.

Pour la même raison, trois syllabes orales: "pé-i-zan"

  • Syllabes écrites . (les seules indiquées par le site silabas.net)

"sé-is-me" : 3 syllabes écrites.
"pays" : une seule, le mot écrit étant impossible à scinder par un tiret.
"pay-san" : 2 syllabes écrites (un seul tiret possible).

Perso, je penche pour la réponse de Jehan… mais je n'y connais rien. Parle-t-on bien de la même chose ?
CFJ : peux-tu préciser tes doutes ?

D'accord avec Jehan pour les syllabes orales. "Pays" a toujours compté pour deux syllabes orales, c'était même autrefois indiqué dans les dictionnaires (déjà dans Furetière : On l'écrit plus ordinairement pays, tant pour l'ornement de l'écriture, que pour marquer qu'il est de deux syllabes).
Le site "syllaber" apparaît plus fiable, au moins pour les syllabes orales "pays" et "paysan".
https://www.scribblab.com/outils/syllaber

Pour les syllabes écrites (je ne me rappelle pas qu'on faisait cette distinction dans mon enfance), c'est plus compliqué. Certes, on ne coupe pas "pays" par un tiret, mais j'aurais aussi quelque réticence à devoir écrire "sé-isme" ou "séis-me" en bout de ligne : donc y a-t-il vraiment trois syllabes écrites ?

Ah… j'ai fini par comprendre (enfin… je crois) la problématique de la question !
Comme Lamaneur, je ne me vois pas écrire "séis-me". La coupure "sé-isme" me choque moins car, inconsciemment, on va considérer que "-isme" est un suffixe que l'on pourrait donc "naturellement" isoler (NB. pour le cas précis de "séisme", je ne sais pas si c'est un vrai suffixe).
Si on pousse ce raisonnement, on peut se demander quoi faire avec le préfixe "supra" : "sup-ra" ? "su-pra" ? ou… rien ?

@lamaneur Pour les syllabes écrites (je ne me rappelle pas qu'on faisait cette distinction dans mon enfance), c'est plus compliqué. Certes, on ne coupe pas "pays" par un tiret, mais j'aurais aussi quelque réticence à devoir écrire "sé-isme" ou "séis-me" en bout de ligne : donc y a-t-il vraiment trois syllabes écrites ?

Il est certain qu'en pratique typographique, en début ou en fin de ligne, on ne laissera pas un élément tronqué ne comportant que deux lettres, et le tiret que j'ai utilisé dans ce cas précis n'est qu'un repère visuel commode pour séparer les différentes syllabes. Dans l'antique méthode de lecture syllabique Boscher, on avait opté pour une espace; on aurait écrit sé is me ou sé i sme : trois syllabes.

@dudule on peut se demander quoi faire avec le préfixe "supra" : "sup-ra" ? "su-pra" ? ou… rien ?

En méthode syllabique, on décomposera plutôt su-pra. En pratique typographique, on ne pourra couper le mot composé qu'après le préfixe : supra- .

Est-ce que l'étymologie entre en compte dans ce genre de coupe ?

Il semblerait…
https://guide-typographie.com/Coupures.htm

Lecture très intéressante. Mais finalement, il n'en ressort que du "bon sens", non ?
Mais c'est un peu toujours pareil : 95% des cas ne posent aucun problème et ne vont prendre que 5% de temps pour être traités, mais que de problèmes pour les 5% restants… qui prendront 95% du temps pour être traités.

Il faut tenir compte des variations régionales du français. Le français dit "standard" des cours de phonologie et phonétique n'existe que dans les livres… ou dans l'esprit des parisiens !
Le concept arbitraire et virtuel de français standard est probablement nécessaire à l'apprentissage en 1er cycle, mais il peut engendrer de fausses conceptions et des négligences. Il y a bien des régions où "paysan" se prononce en 2 syllabes : [pɛzɑ̃], sauf erreur d'API de ma part. Ce n'est pas l'emploi majoritaire, je l'admets, mais il me fallait défendre le rude terroir qui a vu fleurir mon adolescence.

Quant à la coupure typographique, il est intéressant d'en questionner les règles ou les usages. Heureusement, la césure peut se gérer désormais de façon logicielle (activée-désactivée). Il vaudrait la peine de vérifier quelle règle les logiciels suivent.

Bien d'accord avec toi, oeil de lynx ! On trouve encore la prononciation [pɛzɑ̃] (mais c'est quand même de plus en plus rare).
Je ne sais pas si tout cela va aider l'auteur de la question initiale qui doit se plier, dans ses réponses, à un formalisme académique strict.
Egalement d'accord pour la typo : l'hyphénation/césure peuvent se gérer "à la main" dans de nombreux logiciels, mais… effectivement, par défaut… on ne sait guère sinon quelles sont les règles appliquées, du moins quels en sont les détails.
En confinement, j'avais tenté un code de syllabation latine. C'est super compliqué, en fait… mais au final on reste toujours dans ce rapport de 95 OK / 5 pas OK. Et à mon avis… c'est mieux ainsi car ça laisse cette marge de manoeuvre essentielle à la création innovante.

@Lucid_Lynx Le français dit "standard" des cours de phonologie et phonétique n'existe que dans les livres… ou dans l'esprit des parisiens !

Ce sont les Parisiens qui n'existent que dans les livres !

Bonsoir, je reviens vers vous après une longue absence. Je vous remercie vivement pour vos réponses très intéressantes. Et je vous remercie aussi pour vos conseils. Mon questionnement était venu simplement du constat que de nombreux livres d’apprentissage de la lecture proposent aux élèves des exercices de reconnaissance des sons à l’intérieur des mots. Par exemple, l’image d’une moto est proposée, avec deux cases à cocher en dessous de l’image (autant que de syllabes orales). À la question «  dis si tu entends o » l’élève est supposé cocher les deux cases. Jusque là cela me va. Cela me gêne, en revanche, lorsqu’une image est proposée avec le mot associé découpé en syllabes écrites, par exemple, trois cases pour tomate. Oui je sais je pinaille… Mais j’ai déjà vu des élèves lire tomate en prononçant le e final, en trois syllabes. Je pense donc que ce type d’exercices les induit en erreur… Et je me demande ce qui est le mieux pour eux. Quant à séisme, la question s’est posée à moi suite à cette réflexion. Merci à vous.

Bonsoir CFJ,

En français "contemporain", un "e" final est en général "muet" (on me corrigera…)… mais, effectivement, avec certains accents régionaux, certains les prononceront peut-être, ce qui ne peut évidemment être considéré comme fautif.
D'ailleurs… n'est-ce pas Racine lui-même qui avait cassé cette règle dans un vers célèbre ?

Mais j’ai déjà vu des élèves lire tomate en prononçant le e final, en trois syllabes. Je pense donc que ce type d’exercices les induit en erreur…

J'ai moi-même enseigné en classe de CP durant de nombreuses années, en utilisant la méthode syllabique, et au stade du déchiffrement et de la découverte du mot, il est certain que l'élève déchiffrera de prime abord "to-ma-te". Mais l'apprentissage du déchiffrement doit être constamment mené en vérifiant la compréhension de ce qui est lu. Et l'élève, une fois compris le mot, le relira sans problème " tomat' " . Cela ne l'induit pas plus en erreur que les mots comportant des consonnes finales muettes. Quand on est entraîné à toujours essayer de comprendre ce qu'on lit, il ne viendrait pas à l'idée de les prononcer.

Merci encore à vous pour vos interventions. 🙏