Bonjour,
Je viens de lire "la montagne magique" de Thomas Mann.
Lecture faite, je ne parviens toujours pas à expliquer l'adjectif "magique" du titre.
Le pouvoir de guérison de l'air pur ne peut être une explication au vu du nombre de décès. Est-ce l'oubli du temps que l'on ne voit pas passer ou autre chose ?
Merci.
Thomas Mann, La Montagne magique
7 réponses
Il me semble que nous avions déjà parlé de ce roman sur un fil de ce forum.
"magique" serait à comprendre au sens de "ensorcelée, envoûtante", avec une connotation négative, rapport à l'altération de la perception du temps, oui. Au demeurant, dans Der Zauberberg, "zauber" se traduit plutôt par "charme, sortilège" que par le terme générique de "magie". Ma lecture est semblable à la tienne.
J'ai trouvé le roman pénible, je lui reprochais une narration mal construite et une dilution du sens, je m'en étais justifié sur ce forum.
Merci.
Pour information, j'ai lu la traduction de Maurice Betz qui date si j'ai bien compris des années 1930.
Peut-être y a t-il quelques approximations qui ne rendent pas complétement ce que l'auteur a voulu exprimer.
Je n'irais pas jusqu'à pénible. il y a de belles pages. Je pense entre autres à la section "le coup de tonnerre" du dernier chapitre. Pénibles ont été pour moi les joutes entre l'humaniste, le jésuite et le héros, qui. il est vrai, constituent une part non négligeable de l'ouvrage. Mais l'auteur ne peut être rendu responsable des déficiences intellectuelles du lecteur. 🤦♂️
Je trouve dommageable et regrettable de juger une œuvre selon sa traduction. Germaniste de formation, je ne peux adhérer à un constat si négatif.
Cela dit, œil lucide a raison : "Zauber" se traduit malaisément par magie.
Avez-vous vu le film avec notre regrettée Marie-France Pisier ?
Conclusion 1 : traduction = trahison. Nous ne sommes plus au temps des "belles infidèles".
Conclusion 2 : voir mes tentatives de la traduction du poème de Heine "La Lorelei" et les diverses options proposées.
Je ne remets pas en question la traduction. Durant mes études, j'ai eu l'occasion de recevoir un cours sur cette œuvre, avec le texte en allemand. Ce cours me fut par ailleurs assez ennuyeux, malgré l'érudition impressionnante du professeur (ce qui valait déjà, en soi, le détour). Je l'ai donc relu pour la seconde fois. Je n'ai rien à redire sur le style de l'auteur. C'est au niveau narratif que j'ai trouvé l’œuvre mal construite, déséquilibrée. Oui, ma lecture jusqu'au terme en fut pénible. C'est mon expérience, pas une vérité générale, merci de faire la part des choses. Mon avis n'a ici rien à voir avec la question de la traduction.
Quant au sens, il continue de m'échapper. Peut-être l'auteur s'empare-t-il d'un sujet par trop évanescent pour le sauvage que je suis, accoutumé à une littérature qui se frotte au réel, à l'organique, au phénomène, comme diraient les philosophes.
Je ne suis pas germaniste de formation, mais je sais tout de même un peu l'allemand et la place qu'occupe cet auteur dans le patrimoine germanophone. Et je sais bien ce qu'est, en France et en français, un Chauchat. 😄
Je ne demande à personne d'adhérer à mon constat. Que l'on soit du domaine ou non, il faut accepter que les "classiques" ne fassent pas l'unanimité. Avec moi, il faut s'y habituer : je déteste Manon Lescaut et Voltaire me parait aussi fade que convenu.
@fandixhuit Sois rassurée : 2 de mes 3 auteurs favoris sont allemands (E. Jünger, H. Hesse). Je peux ajouter W.G. Sebald et G. Grass pas loin derrière.
Bon.
Mais j'ai tellement travaillé (et transpiré) sur tous ces auteurs qu'ils font en quelque sorte partie de ma seconde nature ; sans doute ai-je du mal à prendre du recul… Nostalgie sans doute aussi de mes premières études (et donc, de ma sage jeunesse…)
😊



