Point de vue dans plusieurs extraits des Misérables

Entraide scolaire

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Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
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Bonjour à tous,

J’ai quelques hésitations sur des notions de narratologie. L’épisode où Jean Valjean se réveille, envisage de voler les candélabres de Monseigneur Myriel, s’arrête devant l’évêque endormi et s’enfuit par le jardin est-il bien écrit au point de vue interne ? Pour moi, oui, puisqu’on suit la scène à travers les yeux de Jean Valjean, on entre dans sa tête,…

Des passages comme celui-ci (avec du discours indirect puis, en fin d’extrait, du style indirect libre) me mettent sur la voie du point de vue interne :

Dans les grossissements fantastiques de la première minute, il se figura presque que ce gond venait de s’animer et de prendre tout à coup une vie terrible, et qu’il aboyait comme un chien pour avertir tout le monde et réveiller les gens endormis.

Il s’arrêta, frissonnant, éperdu, et retomba de la pointe du pied sur le talon. Il entendait ses artères battre dans ses tempes comme deux marteaux de forge, et il lui semblait que son souffle sortait de sa poitrine avec le bruit du vent qui sort d’une caverne.

Il lui paraissait impossible que l’horrible clameur de ce gond irrité n’eût pas ébranlé toute la maison comme une secousse de tremblement de terre ; la porte, poussée par lui, avait pris l’alarme et avait appelé ; le vieillard allait se lever, les deux vieilles femmes allaient crier, on viendrait à l’aide ; avant un quart d’heure, la ville serait en rumeur et la gendarmerie sur pied. Un moment il se crut perdu.

Mais j’ai parfois l’impression d’avoir à faire à un narrateur externe, comme dans ce passage de "pause" (qui fait suite à la description de Monseigneur Myriel endormi) où le narrateur semble regarder Valjean de l’extérieur, hésiter sur ce que pense le personnage (" on eût dit") comme s’il était impénétrable :

Son œil ne se détachait pas du vieillard. La seule chose qui se dégageât clairement de son attitude et de sa physionomie, c’était une étrange indécision. On eût dit qu’il hésitait entre les deux abîmes, celui où l’on se perd et celui où l’on se sauve. Il semblait prêt à briser ce crâne ou à baiser cette main.

Enfin, au début de l’extrait (réveil de Valjean), j’ai l’impression d’avoir à faire à un narrateur omniscient :

Donc, comme deux heures du matin sonnaient à l’horloge de la cathédrale, Jean Valjean se réveilla. Ce qui le réveilla, c’est que le lit était trop bon. Il y avait vingt ans bientôt qu’il n’avait couché dans un lit, et, quoiqu’il ne se fût pas déshabillé, la sensation était trop nouvelle pour ne pas troubler son sommeil. Il avait dormi plus de quatre heures. Sa fatigue était passée. Il était accoutumé à ne pas donner beaucoup d’heures au repos.

Il ouvrit les yeux, et regarda un moment dans l’obscurité autour de lui, puis il les referma pour se rendormir.

Quand beaucoup de sensations diverses ont agité la journée, quand des choses préoccupent l’esprit, on s’endort, mais on ne se rendort pas. Le sommeil vient plus aisément qu’il ne revient.

Bonsoir,

Les analyses sont justes.

1 interne

2 externe

3 omniscient parce que le narrateur connaît certains détails biographiques sur Jean Valjean. Le dernier paragraphe est un commentaire extradiégétique.

Merci beaucoup !