Bonjour, après un conditionnel présent dans une phrase principale, la phrase subordonnée emploie- t- elle l’imparfait du subjonctif, voire le plus que parfait? Merci
Conditionnel présent dans la principale, subjonctif dans la subordonnée ?
21 réponses · Page 1 / 2
Bonjour.
Quelle sorte de subordonnée ? Complétive, relative, circonstancielle ?
Un exemple de phrase qui te pose problème serait le bienvenu.
De toute façon, le subjonctif me semble possible dans bien des cas.
Oui pardon, bonsoir; c’est dans la subordonnée complétive du genre: il faudrait qu’elle passe- (ou passât?); je crois que le subjonctif imparfait et plus que parfait en subordonnée viennent après une principale aux passés de l’indicatif alors que on parle de conditionnel présent; merci beaucoup
Concordance des temps classique, registre soutenu :Principale au présent ou au futur de l’indicatif : complétive au subjonctif présent ou passé.Il faut / Il faudra qu’elle vienne, qu’elle passe , qu’elle soit venue, soit passée.Principale à l’imparfait de l’indicatif ou au conditionnel présent : complétive au subjonctif imparfait ou plus-que-parfait.Il fallait / Il faudrait qu’elle vînt, qu’elle passât, qu’elle fût venue,fût passée..Mais dans un registre courant, on admet le subjonctif présent ou passé quel que soit le temps de la principale.ll fallait / il faudrait qu’elle vienne, soit venue.
Pourquoi justement utilise-t-on souvent (en tout cas en ce qui me concerne) le présent ou le passé du subjonctif en lieu et place des deux autres temps, comme tu l’expliques ?
Cela ne nuit nullement à la compréhension, et les formes sont plus familières et très souvent moins lourdes.
Compare Il faudrait qu’ils arrivent et Il faudrait qu’ils arrivassent.
Y eut-il une période où ces temps actuellement rares ont été utilisés suivant les règles que tu as rappelées ? "arrivassent" a-t-il toujours paru lourd ?
Pour Hippo : non, dans la langue du XVIIe ou du XVIIIe, ces temps sont "naturels".
Pour Jehan : il est un truc que je ne comprends pas. Pourquoi, après "il faudrait", qui en français contemporain me semble impliquer une idée de futur, mettre un temps passé ?
Par exemple (mais tu as raison de rappeler que c’est cependant la règle "stricte/classique") : il faudrait qu’il vînt Perso, je trouve cette concordance incohérente. Ou alors le subjonctif imparfait prend ici une valeur de "subjonctif futur" ?
Il faudrait n’implique ni plus ni moins le futur que Il faut ou Il faudra… Par définition, ce qu’il faut, faudrait ou faudra faire n’est pas encore fait.
Ici, le conditionnel présent n’a pas une valeur temporelle, mais une valeur modale (éventualité, avec effet d’atténuation polie de la requête par rapport aux plus abrupts Il faut ou Il faudra).
Or, dans la langue classique, l’imparfait du subjonctif peut lui aussi voir s’effacer sa valeur temporelle au profit d’une valeur modale d’éventualité, même si la principale est au présent. Exemple donné par Riegel : On craint qu’il n’essuyât les larmes de sa mère (Racine).
Du point de vue classique, dans Il faudrait qu’ils arrivassent, la concordance modale est parfaite. Le conditionnel présent à valeur modale de la principale et le subjonctif imparfait à valeur modale expriment tous deux l’éventualité.
Pour Hippo : non, dans la langue du XVIIe ou du XVIIIe, ces temps sont "naturels".
Je ne comprends pas ta réponse. Disait-on facilement "arrivassent" au XVIIe siècle ?
Moi, c’est ce que j’ai compris…
En effet. J’ai un exemple pour les 18e/19e siècles :Comment n’avez-vous pas laissé des postes de cavalerie pour jalonner la route et pour que vos nouvelles arrivassent promptement ?
Hippocampe ne doute probablement pas qu’on écrivait facilement le subjonctif imparfait aux siècles passés. La question qu’on peut se poser est : est-ce que le subjonctif imparfait était aussi systématiquement employé oralement, dans la langue parlée qui différait quand même sérieusement de la langue écrite ?
Lamaneur, je ne le pense pas. D’autant que le "français" tel que nous l’entendons, du moins au 17e siècle (et plus tard) était parlé par une élite.
Et la prononciation ! Le roi = le rouè (en gros).
Comme nous aimerions entendre les voix de tous ces gens !
(Voilà que je déborde encore du sujet !)
Certes… Comment le savoir ?
Peut-on se fier aux textes (pièces de théâtre en prose de certains auteurs, notamment) censés reproduire le langage parlé de tous les jours ?
On sait que Racine, envoyé à Uzès (avant d’écrire, il faisait des bêtises et sa famille l’avait envoyé en province pour le calmer, où il exerçait un vague métier) se plaignait de ne rien comprendre au parler de ces provinciaux patoisants.
@Jehan la logique voudrait que OUI. C’est par le théâtre ou la poésie qu’on connaît, en gros, la prononciation latine au sens des longueurs de syllabes et éventuellement l’accent tonique. @Jehan je reste perplexe sur le choix des temps. Ta réponse est parfaite et le choix des modes (acception volitive, ici) aussi. Mais un mode n’implique pas un temps. Pourquoi mettre à l’imparfait du subjonctif une action qui ne s’est pas encore produite ? Pour moi :il faudrait qu’il vienne : est correct et logiqueil faudrait qu’il vînt : est sûrement correct mais pas logique à mon humble sensil eut fallu / fallait /fallut/aurait fallu qu’il vînt : correct et logique
Ce qui d’ailleurs ne prouve pas que ce patois d’oc n’utilisait plus d’imparfait du subjonctif… Les "patois" sont souvent plus conservateurs (syntaxiquement) que le français officiel.
C’est vrai, on estime généralement qu’à la veille de la Révolution les trois-quarts de la population française parlaient un autre idiome que le français. Il reste donc, à parler le français, un petit quart de la population, centré en ïle-de-France et en y ajoutant l’aristocratie et la bourgeoisie provinciale. Dans cette partie, peut-être le haut du panier suivait-il des régles relativement voisines de la langue écrite, mais la population besogneuse d’ouvriers, d’artisans, de paysans devait en être pas mal éloignée. C’est effectivement par les pièces de théâtre, surtout celles représentées dans les foires, c’est dans les chansons, peut-être dans des manuscrits de souvenirs, qu’on peut trouver une image de la langue effectivement parlée à ce niveau. Je suppose que cela a déjà été étudié.
Oui. Je dispose de l’ouvrage ci-dessous, acheté après une conférence de l’auteur :Le Théâtre de Béziers Pièces historiées représentées au jour de l’Ascension (1628-1657). Tome 1 – 1628 (classiques-garnier.com)Passionnant !



