Musset, La Confession d’un enfant du siècle - L’apprentissage de la débauche…

Entraide scolaire

5 réponses

Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
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Bonjour je suis un élève de première, et j’aurais un devoir de commentaire de texte à faire sur la partie 2, du chapitre 2 sur le roman "Confessions d’un enfant du siècle" de Alfred de Musset, néanmoins j’ai du mal à bien comprendre le texte. Est ce que quelqu’un pourrait m’aider? Merci beaucoup

L’apprentissage de la débauche ressemble à un vertige ; on y ressent d’abord je ne sais quelle terreur mêlée de volupté, comme sur une tour élevée. Tandis que le libertinage honteux et secret avilit l’homme le plus noble, dans le désordre franc et hardi, dans ce qu’on peut nommer la débauche en plein air, il y a quelque grandeur, même pour le plus dépravé. Celui qui, à la nuit tombée, s’en va, le manteau sur le nez, salir incognito sa vie et secouer clandestinement l’hypocrisie de la journée, ressemble à un Italien qui frappe son ennemi par derrière, n’osant le provoquer en duel. Il y a de l’assassinat dans le coin des bornes et dans l’attente de la nuit, au lieu que dans le coureur des orgies bruyantes, on croirait presque à un guerrier ; c’est quelque chose qui sent le combat, une apparence de lutte superbe. « Tout le monde le fait, et s’en cache ; fais-le, et ne t’en cache pas. » Ainsi parle l’orgueil, et une fois cette cuirasse endossée, voilà le soleil qui y reluit.

On raconte que Damoclès voyait une épée sur sa tête ; c’est ainsi que les libertins semblent avoir au-dessus d’eux je ne sais quoi qui leur crie sans cesse : « Va, va toujours ; je tiens à un fil. » Ces voitures de masques qu’on voit au temps du carnaval sont la fidèle image de leur vie. Un carrosse délabré ouvert à tout vent, des torches flamboyantes éclairant des têtes plâtrées ; ceux-ci rient, ceux-là chantent, au milieu s’agitent comme des femmes ; ce sont en effet des restes de femmes, avec des semblants presque humains. On les caresse, on les insulte ; on ne sait ni leur nom, ni qui elles sont. Tout cela flotte et se balance sous la résine brûlante, dans une ivresse qui ne pense à rien, et sur laquelle, dit-on, veille un dieu. On a l’air par moments de se pencher et de s’embrasser ; il y en a un de tombé dans un cahot ; qu’importe ? on vient de là, on va là, et les chevaux galopent.

Mais si le premier mouvement est l’étonnement, le second est l’horreur, et le troisième la pitié. Il y a là en effet tant de force, ou plutôt un si étrange abus de la force, qu’il arrive souvent que les caractères les plus nobles et les organisations les plus belles s’y laissent prendre.

Une phrase qui résume ce texte certes un peu alambiqué : " Si tu veux jouer au libertin, fais-le au vu et au su de tous."

@Felix563

Tu as affaire à la revendication très romantique de la transgression et d’une forme de suicide déguisé.

Merci pour vos réponses, mais je ne vois pas vraiment le côté romantique du texte. Pourriez-vous m’aider svp ?

@Felix563 Bonjour,Jean-Luc te donne une partie de la réponse : les romantiques aiment la transgression dans de nombreux domaines et tournent le dos à une société trop traditionnelle. Libertinage, alcool, drogue, etc. Le monde bourgeois ne leur convient pas. Rien d’autre à faire que de trouver le néant à travers les excès. Fascination pour la mort. Le romantisme (le vrai) n’a rien d’une poésie au clair de lune aux pieds de la femme aimée. Voir aussi Baudelaire et le spleen.