> @""#p584711 δώμασι : pluriel "poétique" comme on en trouve souvent en latin ?En tout cas, nous avons aussi un pluriel avec μεγάροισι dans "κρατέρ᾽ ἄλγεα πάσχων νύμφης ἐν μεγάροισι Καλυψοῦς".Un palais avec plusieurs μεγάρον?
Syntaxe dans un extrait de l’Odyssée
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Bonjour vanilléfraiseμέλε γάρ οἱ ἐὼν ἐν δώμασι νύμφης· ….. νύμφης ἐν μεγάροισι Καλυψοῦς, ἥ μιν ἀνάγκῃ ἴσχειNon, un palais ne disposait qu’un de seul mégaron, salle d’apparat, de réunion, de repas où étaient présents les hôtes de marque.Les pluriels μεγάροισι et δώμασι peuvent s’expliquer sans nécessairement recourir au "deus ex machina" qu’est le "pluriel poétique". J’y reviendrai. Attention: Ἴσχῳ = retenir. "…dans le mégaron de la nymphe Calypso qui le retient de force…"
Reprenons donc ce vers de Virgile et ses pluriels ;-) Faisons tourner le code de scansion et voyons ce qu’il en sort, si possible sans ouvrir un dictionnaire. Les quatre possibilités sont :1) "perque domos Ditis vacuas et inania regna"2) "perque domum Ditis vacuam et inania regna"3) "perque domos Ditis vacuas et inane regnum"4) "perque domum Ditis vacuam et inane regnum"Le code renvoie immédiatement, comme POSSIBILITES : 1) pērquĕ dŏmōs dītīs văcŭās ĕt ĭnānĭă rēgna2) pērquĕ dŏmūm dītīs văcŭ[am] ēt īnānĭă rēgna3a) pērquĕ dŏmōs dītīs văcŭās ĕt ĭnānē rēgnum (spondaïque)3b) pērquĕ dŏmōs dītīs văcŭās ēt īnănĕ rēgnum4a) pērquĕ dŏmūm dītīs văcŭ[am] ēt īnānē rēgnum (spondaïque)4b) pērquē dōmūm dītīs vācŭ[am] ĕt īnănĕ rēgnumIl faut trancher dans le possible. Partons du principe que Virgile s’y connaît mieux que nous en métrique et prosodie : il a choisi la solution 1 (pour laquelle, d’ailleurs, le code ne renvoie qu’une unique possibilité). Mais cependant, ne nous intéressons pas trop à la longueur des voyelles en finale de mot.Virgile scande "dŏmōs" : premier "o" court. Du coup, 4b est exclu.Virgile scande "ĭnānĭă" : "i" court, "a" long. Du coup, 2, 3b, 4a et 4b sont exclus.Il ne reste plus que 1 et 3a :1) pērquĕ dŏmōs dītīs văcŭās ĕt ĭnānĭă rēgna3a) pērquĕ dŏmōs dītīs văcŭās ĕt ĭnānē rēgnum (spondaïque)A ce niveau, l’affaire devient un peu indécidable… On pourrait exclure 3a du fait que "et" est souvent reconnu comme "court"… mais bon… sur les mots d’une syllabe, j’ai toujours un doute quand ils sont suivis par une voyelle. Regardons cependant les coupes : 1) pērquĕ \\ dŏmōs // dītīs // văcŭās // ĕt \\ ĭnānĭă rēgna3a) pērquĕ \\ dŏmōs // dītīs // văcŭās // ĕt \\ ĭnānē rēgnūm (spondaïque)Et bien là… je suis stupéfait ! C’est absolument identique, même si c’est "sur-coupé".Donc, en résumé : Virgile n’avait pas d’autre choix que de mettre un pluriel (domos) en première position. Il avait le choix de mettre un singulier en seconde position en acceptant alors un hexamètre spondaïque. Le sens semble imposer ce second pluriel.Bon, j’espère ne pas avoir écrit trop de bêtises ! Vous me corrigerez.