Bonjour à toutes et à tous, tous mes vœux à ceux qui sont présents sur le site !Je lis dans Od. 5.3-4." Ἠὼς δ᾽ ἐκ λεχέων παρ᾽ ἀγαυοῦ Τιθωνοῖοὤρνυθ᾽, ἵν᾽ ἀθανάτοισι φόως φέροι ἠδὲ βροτοῖσιν·οἱ δὲ θεοὶ θῶκόν δε καθίζανον, ἐν δ᾽ ἄρα τοῖσιΖεὺς ὑψιβρεμέτης, οὗ τε κράτος ἐστὶ μέγιστον."ἐν δ᾽ ἄρα τοῖσι Ζεὺς ὑψιβρεμέτης: comment comprenez-vous cette formule en regard de la traduction classique?VF
Syntaxe dans un extrait de l’Odyssée
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ἐν δ᾽ ἄρα τοῖσι Ζεὺς ὑψιβρεμέτης: comment comprenez-vous cette formule en regard de la traduction classique?
Bonjour,
Peux-tu préciser ta question, s’il te plaît?
Oui bien sûr, j’essaie de traduire maladroitement:
οἱ δὲ θεοὶ θῶκόνδε (adv.) καθίζανον ( impft sans aug.) : Alors les dieux prenaient/prirent place pour l’assemblée,
ἐν δ᾽ ἄρα τοῖσι Ζεὺς ὑψιβρεμέτης: au milieu d’eux, Zeus, qui là-haut fait tout trembler,
οὗ τε κράτος ἐστὶ μέγιστον: et dont la force est supérieure.
Est-ce correct?
et la suite de la strophe:
τοῖσι δ᾽ Ἀθηναίη λέγε: Athéna leur disait
κήδεα πόλλ᾽ Ὀδυσῆος: les nombreuses angoisses d’Ulysse
μνησαμένη: s’étant souvenue ( dont elle s’était souvenue )
μέλε γάρ οἱ: car elle se souciait de lui ( οἱ = αὐτῷ, pronom 3e sing datif)
ἐὼν ἐν δώμασι νύμφης: étant dans la maison de la Nymphe.
οἱ δὲ θεοὶ θῶκόνδε (adv.) καθίζανον ( impft sans aug.) : Alors les dieux prenaient/prirent place pour l’assemblée, ἐν δ᾽ ἄρα τοῖσι Ζεὺς ὑψιβρεμέτης: au milieu d’eux, Zeus, qui là-haut fait tout trembler,οὗ τε κράτος ἐστὶ μέγιστον: et dont la force est supérieure.Cela me paraît compris.-ἐν δ᾽ ἄρα τοῖσι Ζεὺς ὑψιβρεμέτης.-Ne pas oublier la liaison redoublée : et parmi eux Zeus, ὑψιβρεμέτης = qui résonne en haut du ciel (mot à mot). Peut-être: tonitruant du ciel (il s’agit d’une épithète homérique qui revient)-τοῖσι δ᾽ Ἀθηναίη λέγε : Et Athéna leur disait-κήδεα* πόλλ᾽ Ὀδυσῆος : les nombreuses angoisses* d’Ulysse. Je traduirais plutôt par tourments, épreuves (c’est souci, au sens du XVIIIème siècle -μνησαμένη: s’étant souvenue ( dont elle s’était souvenue )* ici, une erreur : elle ne se souvient pas mais rappelle le souvenir des nombreuses épreuves d’Ulysse (il s’agit du participe aoriste moyen du verbe μιμνησκω)-μέλε γάρ οἱ : car elle se souciait de lui ( οἱ = αὐτῷ, pronom 3e sing datif) => oui. Il était un objet de souci pour elle. -ἐὼν ἐν δώμασι (pluriel) νύμφης : étant dans la maison (les demeures ?) de la Nymphe.C’est du bon travail.
Merci Laoshi.
Je t’en prie ! Il y avait longtemps que je n’avais plus lu des vers d’Homère !
δώμασι : pluriel "poétique" comme on en trouve souvent en latin ?
Et en français ! Oui, je crois…
On peut envisager que la demeure de la Nymphe se compose de plusieurs bâtiments, ce qui pourrait expliquer le pluriel… mais bon… elle n’est pas référencée dans les guides touristiques, donc, on ne saura jamais ;-)
Jamais !😂
Ô touriste impétueux, fidèle du Routard, Donne-nous même tard, le secret de ces lieux.Bon, OK… je sors ;-) [l’est pas beau mon chiasme alexandriné ?].
> @""#p584707 Je t’en prie ! Il y avait longtemps que je n’avais plus lu des vers d’Homère !Que dire de ceux qui passent leur vie à boire à son tonneau! À défaut d’enivrer, ses nymphes inspirent toujours à certains quelques alexandrins (sic) ;-)
Que dire de ceux qui boivent, toujours, à son tonneau ?
A défaut d’enivrer, ses nymphes inspirent toujours
à quelques plaisantins quelques alexandrins.
Et hop… c’est fait 🤣 Bon, c’est perfectible pour la rime ;-)
C’est bien de finir l’année en poésie! 2023 commence sous les meilleurs auspices.Etant donné qu’en cette saison d’hiver les voyages en Italie semblent apporter une note joviale à nos discussions, je poursuis l’introduction chant V. Ἠὼς δ᾽ ἐκ λεχέων παρ᾽ ἀγαυοῦ Τιθωνοῖο ὤρνυθ᾽, ἵν᾽ ἀθανάτοισι φόως φέροι ἠδὲ βροτοῖσιν· οἱ δὲ θεοὶ θῶκόνδε καθίζανον, ἐν δ᾽ ἄρα τοῖσι Ζεὺς ὑψιβρεμέτης, οὗ τε κράτος ἐστὶ μέγιστον. Τοῖσι δ᾽ Ἀθηναίη λέγε κήδεα πόλλ᾽ Ὀδυσῆοςμνησαμένη· μέλε γάρ οἱ ἐὼν ἐν δώμασι νύμφης· « Ζεῦ πάτερ ἠδ᾽ ἄλλοι μάκαρες θεοὶ αἰὲν ἐόντες, μή τις ἔτι πρόφρων ἀγανὸς καὶ ἤπιος ἔστω σκηπτοῦχος βασιλεύς, μηδὲ φρεσὶν αἴσιμα εἰδώς, ἀλλ᾽ αἰεὶ χαλεπός τ᾽ εἴη καὶ αἴσυλα ῥέζοι· ὡς οὔ τις μέμνηται Ὀδυσσῆος θείοιο λαῶν οἷσιν ἄνασσε, πατὴρ δ᾽ ὣς ἤπιος ἦεν. Ἀλλ᾽ ὁ μὲν ἐν νήσῳ κεῖται κρατέρ᾽ ἄλγεα πάσχων νύμφης ἐν μεγάροισι Καλυψοῦς, ἥ μιν ἀνάγκῃ ἴσχει· ὁ δ᾽ οὐ δύναται ἣν πατρίδα γαῖαν ἱκέσθαι· οὐ γάρ οἱ πάρα νῆες ἐπήρετμοι καὶ ἑταῖροι, οἵ κέν μιν πέμποιεν ἐπ᾽ εὐρέα νῶτα θαλάσσης. Νῦν αὖ παῖδ᾽ ἀγαπητὸν ἀποκτεῖναι μεμάασιν οἴκαδε νισόμενον· ὁ δ᾽ ἔβη μετὰ πατρὸς ἀκουὴν ἐς Πύλον ἠγαθέην ἠδ᾽ ἐς Λακεδαίμονα δῖαν. » L’aurore s’est donc levée et l’on aura appris au passage qu’elle couche avec le fameux Tithon. La lumière apparaît aux hommes et aux dieux, le chant V prend vie.Je note d’abord l’effet de style dans les paroles de persuasion qu’un rhéteur avant l’heure va prêter à Minerve face l’assemblée: devant les dieux, et tout particulièrement devant son père qu’elle interpelle et veut attendrir en premier lieu. Elle lui rappelle qu’Ulysse est tout comme lui à la fois un roi et un père bienveillant. Les deux fonctions fusionnent ici. Cette simple analogie de la fonction paternelle dans ce qu’elle représente de positif ( bonté, bienveillance pour autrui, sagesse et mesure) fera peut-être ressentir à Zeus plus de compassion et de sollicitude afin qu’elle obtienne de lui en dernier lieu son aide. Ζεῦ πάτερ ἠδ᾽ ἄλλοι μάκαρες θεοὶ αἰὲν ἐόντες, Zeus mon père et vous autres, dieux toujours (= ἀεί) bienheureux, Puis structure :Μή+ impératif/ μηδὲ + participe parfait, tout deux exprimant la défense:Μή τις βασιλεύς ἔτι ἔστω, μηδὲ εἰδώς Puis deux optatifs : ἀλλ᾽ αἰεὶ εἴη καὶ ῥέζοι Opposition : « αἴσιμα εἰδώς » et « αἴσυλα ῥέζοι » « μή τις ἔτι πρόφρων ἀγανὸς καὶ ἤπιος ἔστω σκηπτοῦχος βασιλεύς, φρεσὶν αἴσιμα εἰδώς, ἀλλ᾽ αἰεὶ χαλεπός τ᾽ εἴη καὶ αἴσυλα ῥέζοι » qu’aucun roi portant le sceptre ne soit plus désormais (μή ἔστω, impératif de défense) de bonne volonté (πρόφρων), doux (ἀγανὸς) et bienveillant (ἤπιος), d’un esprit sachant la mesure, mais qu’il soit au contraire toujours désagréable (χαλεπός) et qu’il agisse (ῥέζοι, optatif) de manière impie. ( accusatif de relation ) « ὡς οὔ τις μέμνηται Ὀδυσσῆος θείοιο λαῶν οἷσιν ἄνασσε, πατὴρ δ᾽ ὣς ἤπιος ἦεν. Ἀλλ᾽ ὁ μὲν ἐν νήσῳ κεῖται κρατέρ᾽ ἄλγεα πάσχων νύμφης ἐν μεγάροισι Καλυψοῦς, ἥ μιν ἀνάγκῃ ἴσχει· ὁ δ᾽ οὐ δύναται ἣν πατρίδα γαῖαν ἱκέσθαι· οὐ γάρ οἱ πάρα νῆες ἐπήρετμοι καὶ ἑταῖροι, οἵ κέν μιν πέμποιεν ἐπ᾽ εὐρέα νῶτα θαλάσσης. Νῦν αὖ παῖδ᾽ ἀγαπητὸν ἀποκτεῖναι μεμάασιν οἴκαδε νισόμενον· ὁ δ᾽ ἔβη μετὰ πατρὸς ἀκουὴν ἐς Πύλον ἠγαθέην ἠδ᾽ ἐς Λακεδαίμονα δῖαν. » Soit :ὡς οὔ τις μέμνηται Ὀδυσσῆος θείοιο λαῶν οἷσιν ἄνασσε, Puisque pas un parmi les hommes de son peuple (οὔ τις (τῶν) λαῶν, génitif partitif) sur lesquels il régnait (οἷσιν ἄνασσε, sans augment ) ne rappelle le souvenir du divin Ulysse, πατὴρ δ᾽ ὣς ἤπιος ἦεν alors qu’il était comme un père bienveillant. ἀλλ᾽ ὁ μὲν ἐν νήσῳ κεῖται κρατέρ᾽ ἄλγεα πάσχων mais lui, alors qu’il désespère dans l’île, souffrant d’ implacables tourmentsνύμφης ἐν μεγάροισι Καλυψοῦς, ἥ μιν ἀνάγκῃ ἴσχει( l’île) de la nymphe Calypso (génitif), qui l’oblige (μιν = αὐτόν) par la force,: ὁ δ᾽ οὐ δύναται ἣν πατρίδα γαῖαν ἱκέσθαι lui ne peut plus rejoindre sa patrie ( je ne comprends pas pourquoi ἣν ) οὐ γάρ οἱ πάρα νῆες ἐπήρετμοι καὶ ἑταῖροι, car il n’a pas (οὐ γάρ οἱ πάρα = οὐ γάρ πάρα αὐτῷ εἰσί ) de vaisseaux à rames ni compagnons de route οἵ κέν μιν πέμποιεν ἐπ᾽ εὐρέα νῶτα θαλάσσης qui pourraient le renvoyer (κέν/ἄν πέμποιεν, opt. actif ) sur les vastes étendues de la mer νῦν αὖ παῖδ᾽ ἀγαπητὸν ἀποκτεῖναι μεμάασιν Et à présent, ils sont tous impatients (μέμαα, μάω sont des formes hypothétiques, ne subsistent que qques formes de parfait) d’assassiner son cher enfant οἴκαδε νισόμενον: ὁ δ᾽ ἔβη μετὰ πατρὸς ἀκουὴν qui s’en revient à son foyer : celui-ci était parti chercher des nouvelles de son père ἐς Πύλον ἠγαθέην ἠδ᾽ ἐς Λακεδαίμονα δῖαν. Vers la ville sacrée de Pylos et celle de Lacédémone la divine. Bonne année 2023
Mince ! Y’en a qui bossent un 30 décembre !
C’est plutôt un moment récréatif pour moi. En général je n’ai pas le temps. C’est la raison pour laquelle je ne demande pas forcément de réponse, même si je ne peux me passer de l’acuité et de la perspicacité des professeurs ou des étudiants/es plus calées que moi. Je comprends très bien que les gens ont d’autres choses à faire!
-ἐὼν ἐν δώμασι (pluriel) νύμφης : étant dans la maison (les demeures ?) de la Nymphe. : δώμασι: certains n’ hésitent pas à traduire par " le manoir" voire "les cavernes" (sic). Le pluriel poétique ou "prétendu poétique" fait depuis longtemps l’objet de discussions sans fin…
: ὁ δ᾽ οὐ δύναται ἣν πατρίδα γαῖαν ἱκέσθαι
lui ne peut plus rejoindre sa patrie ( je ne comprends pas pourquoi ἣν )
ἣν est l’adjectif possessif ( ὅς,ἥ,ὅν) à l’acc.fém.sg: sa patrie.
Bravo Vanilléfraise pour votre enthousiasme et la qualité de votre travail.
> @""#p584760 Mince ! Y'en a qui bossent un 30 décembre !Hello vanilléfraise,Mon post n’était pas très clair ;-) Je voulais saluer le fait que certain(e)s s’attèlent à traduire Homère un 30 décembre ;-) Si, en plus, c’est récréatif… c’est encore mieux et j’admire votre enthousiasme.@poenulus@Laoshi rapprocherait-on cette utilisation du pluriel "domos" que l’on trouve chez Virgile :Ibant obscuri sola sub nocte per umbram perque domos Ditis vacuas et inania regna[je n’ai pas (encore) vérifié mais je pense que Virgile est coincé/contraint par l’hexamètre dans le choix des pluriels]
Merci Poenulus, merci au Bailly surtout! J’ai noté ἣν, adjectif possessif: manque de pratique encore et toujours ;-)



