Saint-John Perse, Pour fêter une enfance

Entraide scolaire

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Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
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BonsoirJe suis en train de lire et relire quelques poèmes de Saint John Perse. Il y a des versets que je n’arrive pas à interpréter. Je voudrais bien avoir vos avisDe quelle haute condition parle-t-il?Quelle est cette feuille à laquelle il fait référence?Pourquoi les hommes avaient ils une bouche plus grave? Que symbolisent les bras des femmes ?  [….] (Je parle d’une haute condition, jadis, entre des hommes et leurs filles, et quimâchaient de telle feuille.)    Alors, les hommes avaient    une bouche plus grave, les femmes avaient des bras plus lents;    alors, de se nourrir comme nous de racines, de grandes bêtes taciturness’ennoblissaient ;    et plus longues sur plus d’ombre se levaient les paupières . . .    (J’ai fait ce songe, il nous a consumés sans reliques.)

"d’une haute condition" : un âge d’or ? On sait les méditations — d’autres diraient divagations — de Saint-John Perse à propos des premiers âges de l’homme. Dans ce temps lointain autant que rêvé, la dignité humaine était plus haute, etc. Il y a chez ce poète une perception de l’homme moderne comme une régression, une agitation physique et une désorientation morale un peu fin de race.

Cela concorderait avec "la bouche plus grave" : les hommes de ce temps, littéralement préhistorique, faisaient bon usage d’une parole mesurée, ne la dispersaient pas et leurs propos étaient plus sérieux. On remarquera que la parole, qui agit et modèle le monde environnant, est ici la prérogative de l’homme.

"les femmes avaient des bras plus lents" : plus lents à se nouer au cou des hommes ? à les retenir, les entraver ? La femme serait ici le foyer, l’attachement, mais aussi donc l’entrave, qui empêche ou au moins ralentit l’homme dans ses aspirations. Les femmes d’aujourd’hui seraient plus rapides à se nouer à l’homme, à l’entraver, sans pour autant que cette union en soit forcément plus solide ou plus noble.

Je ne comprends pas mieux les premiers mots, il faudrait que je lise ce qu’il y a avant cet extrait.

Pour lire Saint-John Perse (que j’aime beaucoup, malgré moi !), il faut pas mal d’imagination… 😂 Certains diront que Michaux lui doit beaucoup.

Merci @Lucid_Lynx Moi aussi j’aime bien ce poète et je trouve beaucoup de plaisir à lire ses poèmes. Mais des fois je trouve du mal à interpréter certains versets.

C’est exactement mon expérience également !

Que veut-il dire par ces versets:

Il est dans l’odeur grise de poussièredans la soupente du grenierIl est sous une table à trois piedsc’est dans la caisse où il y a du sable

pour la chatte et le fût décerclé

où s’entasse la plumeJe sais qu’il fait référence à des passages de Robinson Crusoé. Mais c’est difficile à interpréter surtout qu’il y a un va et vient entre l’œuvre de Daniel Defoe et celle de Michel Tournier.

A quelle graine fait-il référence ici ?

    Dans un pot tu l’as enfouie, la graine pourpre demeurée à ton habit

De chèvre.

    Elle n’a point germé.

Bon voici comment j’ai interprété ces deux poèmes:Il est dans l’odeur grise de poussièredans la soupente du grenierIl est sous une table à trois piedsc’est dans la caisse où il y a du sablepour la chatte et le fût décercléoù s’entasse la plumePremier élément qui attire l’attention est le recourt au vers libre qui correspond mieux à l’objectif du texte énigme. Il donne plus de liberté au poète et invite le lecteur à se focaliser sur la progression de la description.Nous avons l’impression que nous sommes face à une progression à thème constant. Le thème présenté dans le titre est repris dans la suite du poème qui tente de le situer dans l’espace.Au niveau dénotatif, le texte décrit un objet banal: "le parasol de chèvre" : parasol utilisé par Crusoé pour se couvrir du soleil et de la pluie. Dès lors, les prépositions donnent une caractérisation bien particulière de l’objet "dans, sous" : Il est dans l’odeur grise de poussière: je pense qu’il y a ici une hypallage. C’est la poussière qui est grise et non son odeur. Dans la soupente du grenier, sous une table à trois pieds, dans la caisse, …. : description minutieuse qui cherche à le localiser dans l’espaceJe pense que la table à trois pieds a un sens symbolique: la table est liée à la réunion, au partage. Mais ici nous sommes face à une petite table qui est à l’image du monde de Crusoé. Le chiffre 3 a aussi une valeur symbolique. Il est très souvent associé à l’équilibre: sauf qu’ici nous sommes face à un espace abandonné: il y a l’odeur grise, le sable et la poussière: l’habitant des lieux ne prend plus soin de son logis.s’entasse la plume: il a abandonné même l’écriture. => Je ne suis pas très convaincue par cette analyse. Je sens que je frôle le sens. Il y a peut-être quelque chose qui m’échappe.     Dans un pot tu l’as enfouie, la graine pourpre demeurée à ton habitDe chèvre.    Elle n’a point germé.Le titre des poèmes courts a un rôle significatif. Il est essentiel pour comprendre le poème. Nous sommes toujours face à un poème libre qui rappelle les haikus japonais. et à la manière des micronouvelles il raconte l’histoire tragique du temps , de l’espoir et de l’existence.La graine "contient en germe toutes les potentialités de la future plante. La graine nous rappelle tout ce potentiel qui est en nous et que nous pouvons laisser épanouir. Elle nous donne à réfléchir sur ce que nous souhaitons vraiment laisser grandir en nous." Le pot est un espace caractérisé par l’ordre car il est contrôlé par l’homme. Il réfère ici à la volonté humaine. Tandis que la graine renvoie à son destin, à ses rêves, ses désirs et son avenir. Il l’enfouit/ la cache dans le pot par peur, par indécision et par manque de courage. Crusoé, de retour à Londres, retrouve ses vieilles habitudes d’homme civilisé. Il n’a pas le courage d’être ce qu’il est devenu dans l’île: un homme qui vit en harmonie avec la nature. Pourtant, cette "graine [était] pourpre"; est de couleur royale quoiqu’elle soit d’origine animale. => La graine me rappelle un conte pour enfants: un jeune garçon sème une graine magique dans la terre. Elle devient un grand arbre qui touche le ciel….il l’escalade et trouve un monstre (j’ai oublié l’histoire et je ne me rappelle plus le titre du conte).L’habit de chèvre: fait écho au poème "parasol de chèvre". La peau de cet animal était portée par les bacchantes lors des orgies dionysiaques. Elle est à la fois créature nourricière à l’image de la mère et symbole de désir et de liberté. D’ailleurs, le rejet n’est pas fortuite. Il met en saillance la valeur symbolique de cette créature. Le dernier vers prend la forme d’une chute. L’histoire se termine sur un ton tragique avec la négation totale "n’a…point" et le passé composé marquant l’accompli. La graine n’a pas germé. Elle est une opportunité perdue.