Bonjour à tous,
Je suis professeur des écoles stagiaire et j’ai des CM1 en REP/ZEP.
Je dois préparer une séquence autour du verbe pour mes élèves.
Et je voudrais leur expliquer l’importance du verbe, pourquoi étudions nous le verbe?
Si certains sont professeurs et ont des conseils à me donner je prends. Je prends tous…
Merciiii à tous
Il faudrait peut-être commencer par le commencement, que nous négligeons souvent : un verbe est un mot qui désigne une action (les verbes dits d’état ne font pas exception). De fait, le verbe présente des désinences (les terminaisons) qui permettent de préciser les circonstances de cette action : la personne, le moment (le temps). En CM1, je ne crois pas qu’on puisse déjà aborder les modes, ou bien incidemment seulement. On devrait pourtant sensibiliser dès cet âge à la distinction du réalisé/non-réalisé.On peut dans un premier temps expliquer que le verbe permet d’agir, en commençant par la 1ère personne : je mange, je cours, je cherche, je dors, etc. Ensuite et par extension du principe d’action, expliquer que les autres peuvent aussi agir : découverte des autres personnes (tu, il, elle, …). Le plus logique (du moins dans ma logique) est de terminer par le "nous", qui reste une personne et une énonciation à part, réunissant les autres et moi-même, ce qui conceptuellement est le plus dur à appréhender, puisque dépassant la dialectique "je/les autres" que le petit enfant a élaborée pour sortir des premiers stades de son développement cognitif et mental.On peut aussi expliquer, en guise d’argument, que tous les autres éléments de la phrase s’enracinent sur le verbe. C’est un abus de langage, car ce sont surtout les éléments d’une même proposition qui le font, mais il sera toujours temps plus tard d’expliquer la différence entre proposition et phrase (ce qui est d’ailleurs au programme, cf. socle commun de compétences ou autre référentiel). Par ailleurs, personne + verbe, c’est déjà en soi une petite phrase, que l’enfant emploie déjà naturellement.En français, le verbe est le fondement de la phrase. Notre conception de la réalité et la façon dont on agit sur elle se fondent entièrement sur l’idée d’action, dont le corrollaire est la modification : c’est la modification que nous appliquons au réel (ou à l’objet, comme dirait les plus savants) qui déterminent ce que nous sommes et ce que nous exprimons. On entre là dans un champ épistémologique passionnant.
un verbe est un mot qui désigne une action (les verbes dits d’état ne font pas exception)
J’ai quand même du mal à te suivre pour les verbes d’état. Quelle est l’action dans "le ciel est bleu" ?
Le verbe être peut faire débat, je l’admets. Le fait d’être reste considéré comme une action, non ? Du moins en français. Énoncer une caractéristique ou un état ne suffit pas en français, il faut lui adjoindre le verbe être pour que cela soit réalisé. Selon vous, les verbes d’état formeraient vraiment une catégorie à part ?
Avec les verbes d’action, le sujet accomplit ou subit ladite action : Le chat mange la souris. La souris est mangée par le chat.
On appelle verbes d’état ou verbes attributifs des verbes ou locutions verbales n’exprimant pas une action accomplie ou subie, mais jouant un simple rôle de copule entre le sujet et un état (qualité ou statut) attribué à ce sujet : Le ciel est bleu. Le lynx un félin. Paul semble malade. Marie reste tranquille. Ton raisonnement me paraît correct. La soupe a l’air bonne. Jacques devient sourd.
Le verbe être n’est pas forcément un verbe attributif : Je pense, donc je suis. (J’existe, j’ai une réalité).
Le verbe paraître n’est pas forcément un verbe attributif : Le soleil paraît. (Il se montre)..
Le verbe rester n’est pas forcément un verbe attributif : Je reste à Paris. (Je ne quitte pas Paris).
On appelle verbes d’état ou verbes attributifs des verbes ou locutions verbales n’exprimant pas une action accomplie ou subie, mais jouant un simple rôle de copule entre le sujet et un état (qualité ou statut) attribué à ce sujet : Voilà. Il y a d’ailleurs si peu d’action dans une telle copule que beaucoup de langues se passent complètement de verbe "être" dans ce sens et utilisent une simple phrase nominale : c’est le cas du russe et de l’arabe.
Et c’est aussi le cas du seigneur de la jungle : Moi Tarzan, toi Jane ! 😀