L’engagement politique est clairement perceptible dans le premier, quasiment négligé dans le second par suite du refus d’une réalité jugée décevante.Ok, l’engagement politique est clairement perceptible dans la lignée Lumières --> Réalisme --> Naturalisme (premier), et négligé dans le courant Romantisme --> Symbolisme et l’art pour l’art --> Décadentisme (second).Comment définirais-tu "absolu"/"recherche d’absolu" ("ce désir d’absolu qui ne trouve pas d’apaisement") ? Je veux dire vraiment le mot précisDans cet article (https://www.contretemps.eu/romantisme-revolutionnaire-mai-68/)[1], Löwy définit le romantisme en des termes plus concrets, et classe les situationnistes comme des romantiques.Le romantisme n’est pas seulement une école littéraire du début du XIXe siècle — comme on peut encore lire dans nombre de manuels — mais une des principales formes de la culture moderne. En tant que structure sensible et vision du monde, il se manifeste dans toutes les sphères de la vie culturelle — littérature, poésie, art, musique, religion, philosophie, idées politiques, anthropologie, historiographie et les autres sciences sociales. Il surgit vers la moitié du XVIIIe — on peut considérer Jean-Jacques Rousseau comme « le premier des romantiques » —, court à travers la Frühromantik allemande, Hölderlin, Chateaubriand, Hugo, les pré-raphaëlites anglais, William Morris, le symbolisme, le surréalisme et le situationnisme, et il est encore avec nous au début du XXIe. On peut le définir comme une révolte contre la société capitaliste moderne, au nom de valeurs sociales et culturelles du passé, pré-modernes, et une protestation contre le désenchantement moderne du monde, la dissolution individualiste/compétitive des communautés humaines, et le triomphe de la mécanisation, mercantilisation, réification et quantification. Déchiré entre sa nostalgie du passé et ses rêves d’avenir, il peut prendre des formes régressives et réactionnaires, proposant un retour aux formes de vie pré-capitalistes, ou une forme révolutionnaire/utopique, qui ne prône pas un retour mais un détour par le passé vers le futur ; dans ce cas, la nostalgie du paradis perdu est investie dans l’espérance d’une nouvelle société2. Déjà, je trouve que cette définition de Löwy (en gras dans la citation) ici est singulièrement différente de son autre définition ("Cette double exigence d’une vie en harmonie, avec la nature et avec les hommes"), et que les deux ne sont pas tellement compatibles. Passons.Par contre, je me demande si tu n’adhèrerais pas davantage à cette définition ci (en gras dans la citation). Quoi qu’il en soit, serais-tu d’accord de mettre les surréalistes, et leurs continuateurs les situationnistes dedans ?Je ne comprends pas bien pourquoi il n’a pas mis tous les arts modernes dedans (cubisme, dada, expressionnisme, art brut), et même le pop art (très proche d’un chanteur comme Lou Reed et les Velvet Underground si je ne m’abuse, et dont l’esthétique musicale est très romantique).[1] Article original paru dans la revue Thesis Eleven, n° 68, février 2002. Traduit de l’anglais par Sylvestre Jaffard.