Les idées politiques des philosophes des Lumières et des romantiques

Littérature

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"L’importance de la nature est indéniable chez les romantiques, mais reste secondaire par rapport à ce désir d’absolu qui ne trouve pas d’apaisement. Là est le fil conducteur secret qui traverse le XIXe siècle."

Comment définiriez-vous "le désir d’absolu (qui ne trouve pas d’apaisement)"

Juste pour confirmer, c’est :

Lumières -> réalisme -> naturalisme

opposé à / v.s.

romantisme -> symbolisme et art pour l’art -> décadentisme.

C’est à dire que le réalisme et le naturalisme sont dans la lignée des (idées des) Lumières ?

Le symbolisme, l’art pour l’art et le décadentisme sont dans la lignée des romantiques ?

"L’engagement politique est clairement perceptible dans le premier" dans quel premier et second ?

Comment définiriez-vous "le désir d’absolu (qui ne trouve pas d’apaisement)"

En France, "vague des passions" chez Chateaubriand, puis "mal du siècle" chez Musset, qui se traduiront plus tard par des recherches mystiques, l’occultisme, les "paradis artificiels"…

Oui pour le reste. Le premier, c’est le courant réaliste ; le second, cette fuite d’une réalité décevante.

Pour schématiser (car il existe des exceptions) on aurait Lumières -> réalisme -> naturalisme opposé à romantisme -> symbolisme et art pour l’art -> décadentisme. L’engagement politique est clairement perceptible dans le premier, quasiment négligé dans le second par suite du refus d’une réalité jugée décevante.

Le second c’est naturalisme ? je comprends pas

Qu’est-ce que tu ne comprends pas ?

"Le premier, c’est le courant réaliste ; le second, cette fuite d’une réalité décevante."

Je comprends pas quel est le second

Le second courant de fond est celui qui procède du romantisme, puis symbolisme / art pour l’art, et décadentisme

L’engagement politique est clairement perceptible dans le premier, quasiment négligé dans le second par suite du refus d’une réalité jugée décevante.Ok, l’engagement politique est clairement perceptible dans la lignée Lumières --> Réalisme --> Naturalisme (premier), et négligé dans le courant Romantisme --> Symbolisme et l’art pour l’art --> Décadentisme (second).Comment définirais-tu "absolu"/"recherche d’absolu" ("ce désir d’absolu qui ne trouve pas d’apaisement") ? Je veux dire vraiment le mot précisDans cet article (https://www.contretemps.eu/romantisme-revolutionnaire-mai-68/)[1], Löwy définit le romantisme en des termes plus concrets, et classe les situationnistes comme des romantiques.Le romantisme n’est pas seulement une école littéraire du début du XIXe siècle — comme on peut encore lire dans nombre de manuels — mais une des principales formes de la culture moderne. En tant que structure sensible et vision du monde, il se manifeste dans toutes les sphères de la vie culturelle — littérature, poésie, art, musique, religion, philosophie, idées politiques, anthropologie, historiographie et les autres sciences sociales. Il surgit vers la moitié du XVIIIe — on peut considérer Jean-Jacques Rousseau comme « le premier des romantiques » —, court à travers la Frühromantik allemande, Hölderlin, Chateaubriand, Hugo, les pré-raphaëlites anglais, William Morris, le symbolisme, le surréalisme et le situationnisme, et il est encore avec nous au début du XXIe. On peut le définir comme une révolte contre la société capitaliste moderne, au nom de valeurs sociales et culturelles du passé, pré-modernes, et une protestation contre le désenchantement moderne du monde, la dissolution individualiste/compétitive des communautés humaines, et le triomphe de la mécanisation, mercantilisation, réification et quantification. Déchiré entre sa nostalgie du passé et ses rêves d’avenir, il peut prendre des formes régressives et réactionnaires, proposant un retour aux formes de vie pré-capitalistes, ou une forme révolutionnaire/utopique, qui ne prône pas un retour mais un détour par le passé vers le futur ; dans ce cas, la nostalgie du paradis perdu est investie dans l’espérance d’une nouvelle société2. Déjà, je trouve que cette définition de Löwy (en gras dans la citation) ici est singulièrement différente de son autre définition ("Cette double exigence d’une vie en harmonie, avec la nature et avec les hommes"), et que les deux ne sont pas tellement compatibles. Passons.Par contre, je me demande si tu n’adhèrerais pas davantage à cette définition ci (en gras dans la citation). Quoi qu’il en soit, serais-tu d’accord de mettre les surréalistes, et leurs continuateurs les situationnistes dedans ?Je ne comprends pas bien pourquoi il n’a pas mis tous les arts modernes dedans (cubisme, dada, expressionnisme, art brut), et même le pop art (très proche d’un chanteur comme Lou Reed et les Velvet Underground si je ne m’abuse, et dont l’esthétique musicale est très romantique).[1] Article original paru dans la revue Thesis Eleven, n° 68, février 2002. Traduit de l’anglais par Sylvestre Jaffard.

Je pense que cette définition du romantisme est juste à condition de la débarrasser de son angle d’attaque marxiste.

En outre, je ne saurais la suivre dans ses prolongements modernes et ses tentatives d’étendre le romantisme littéraire du XIXe siècle aux siècles suivants parce qu’ont joué d’autres influences, notamment le premier conflit mondial, rupture existentielle, économique, politique fondamentale.

Le surréalisme est dans la continuité du romantisme, symbolisme par sa sacralisation de l’onirisme (très marquée dans le romantisme allemand), de l’inconscient, et sa tentative de faire de la poésie une voie de connaissance ou d’être au monde (à la suite de Baudelaire, Rimbaud et Mallarmé).

Pour les situationnistes et autres artistes modernes, je suis incompétent.

"parce qu’ont joué d’autres influences, notamment le premier conflit mondial, rupture existentielle, économique, politique fondamentale"

En effet, particulièrement l’influence majeur de la première guerre mondiale sur l’expressionnisme (Otto Dix)

Je ne vois pas bien comment débarrasser cette définition (si on parle seulement du passage en gras) de son angle marxiste.

Pardon : Comment définirais-tu "absolu"/"recherche d’absolu" ("ce désir d’absolu qui ne trouve pas d’apaisement") ? Je veux dire vraiment le mot précis.

Le mot est précis pourtant. À défaut, tu peux essayer le terme plus général de spiritualisme.

https://www.cnrtl.fr/definition/absoluLe point central c’est donc que les romantiques recherchent un peu le grandiose, mais sur la base des émotions et de l’imagination, et pour cela les sources d’inspiration diffèrent (nature, passé révolu (Moyen-Âge), traditions ancestrales, croyances religieuses, magie, etc.)

Le romantique est celui qui se sent exilé dans un monde étriqué, décevant. D’une certaine manière, il recherche un paradis perdu. Il n’est pas en accord avec la société dans laquelle il vit.

C’est quoi qui relie les trois mouvement dans "Lumières -> réalisme -> naturalisme" ? L’engagement politique ? Si oui, est-il de même nature ?

Une tendance au matérialisme, une focalisation sur la réalité sensible, le naturalisme y ajoute une tentative d’insérer la science dans le domaine littéraire.

On a une continuité Antiquité --> Renaissance --> Lumières --> Réalisme --> Naturalisme, basée sur cette tendance au matérialisme, à la réalité sensible, et sur un attrait pour la science ?cf. https://www.etudes-litteraires.com/forum/d/67557/les-philosophes-des-lumieres-sinscrivent-ils-dans-le-classicisme-du-siecle-de-louis-xiv

Quelle est la relation entre le mouvement "l’art pour l’art" et le mouvement romantique ? En particulier, est-ce que l’art pour l’art s’opposait au romantisme, et si oui sur quels points ?

(je mets cette question dans ce fil, car je pense qu’on est sur les mêmes thèmes)

Bonjour FLEUVE,

Tu trouvera ces réponses un peu partout sur internet.

Je voudrais simplement remarquer que, d’une manière générale, chaque mouvement littéraire s’est érigé par opposition au précédent. Quant à l’art pour l’art, il ressemble au Parnasse.

Avec le symbolisme, tout cela se dresse contre les larmoiements du romantisme.

@fandixhuit Merci de ta réponse.

J’ai pu lire que l’art pour l’art s’oppose au romantisme, et qu’il s’oppose notamment à la conception romantique que l’art doit être engagé politiquement (Wikipédia et Larousse). Mais je ne suis pas sûr, car je n’ai pas lu de texte où cette conception romantique précise a été explicitée.

@Fleuve Quelques exemples de la nécessité de s’engager pour le poète romantique. On parle de mission, de la figure du mage, du guide… https://www.bonjourpoesie.fr/lesgrandsclassiques/poemes/alphonse_de_lamartine/a_nemesis https://fr.wikisource.org/wiki/Les_Rayons_et_les_Ombres/Fonction_du_po%C3%ABte https://www.bonjourpoesie.fr/lesgrandsclassiques/poemes/alfred_de_vigny/moise

@Jean-Luc Merci !